germaine chagnol

organiste, compositrice


 

À l'orgue de l'église de Colombes en 1955
(coll. J.-C. Sangouard) DR.

 

 

Née le15 décembre 1926 à Lyon (Rhône), Germaine Chagnol débutait la musique auprès de Marie-Louise Gonin à Nevers où sa famille était installée à l’époque. Après avoir rejoint la région parisienne une fois la guerre terminée, elle se livrait à l’étude de l’orgue avec Pierre Pavie (1905-1972), organiste de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul de Colombes (Hauts-de-Seine), gendre d’Abel Decaux, lui-même ancien élève de Massenet, Widor et Guilmant. Parmi ses autres élèves, notons les noms de François Tricot et Elisabeth Havard de la Montagne. Parallèlement, elle prenait des cours d’harmonie auprès de Noël Gallon, puis entrait en 1952 à l’Ecole supérieure de musique César Franck. Dans cet établissement, elle put perfectionner ses études musicales avec René Malherbe (harmonie et improvisation), Marcel Labey (piano supérieur), Edouard Souberbielle (orgue) et Guy de Lioncourt (composition). Sortie en 1957 avec les diplômes d’orgue supérieur et de composition, elle poursuivait une carrière d’organiste, déjà entamée depuis plusieurs années. Dès 1952, elle avait en effet touché l’orgue de l’église Saint-Jean-des-Grésillons à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), puis en 1955 celui de Saint-Martin à Meudon (Hauts-de-Seine) que Léon Delibes avait également tenu un siècle plus tôt.

 

Après un court séjour en 1957 d’une année à Aubenas, dans l’Ardèche d’où sa famille était originaire, pour y tenir l’instrument de l’église Saint-Laurent, et bientôt revenue à Paris, elle assurait la suppléance de René Meugé au grand orgue Mutin de l’église Saint-Pierre à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) entre 1959 et 1961, avant d’être nommée en mars 1961 à l’orgue de chœur Daublaine-Callinet de Saint-Gervais (Paris 4e) ; à cette époque Jean Ver Hasselt était le titulaire du grand orgue. Quelques mois plus tard, elle quittait ce poste, puis en 1963 succédait à Xavier Guerner à l’orgue Cavaillé Coll-Mutin de Notre-Dame-du-Travail (Paris 14e). Trois années plus tard, le 1er octobre 1966 elle recueillait la succession de Joachim Havard de la Montagne à l’orgue Rochesson de l’église Sainte-Odile (Paris 17e) où elle restait durant 9 ans avant de céder les claviers en juin 1975 à Françoise Rieunier. Elle pouvait ainsi se consacrer davantage à l’enseignement du solfège (depuis 1960) à l’Ecole César-Franck et à la composition. Néanmoins elle continuait de jouer de l’orgue en assurant quelques suppléances dans des églises de Paris et sa banlieue, notamment à Saint-Jean-Baptiste de Neuilly-sur-Seine où elle assurait le casuel entre1975 et 1982.

 

Compositrice, on lui doit environ 200 opus répartis dans plusieurs domaines, mais principalement dans la musique religieuse avec bon nombre de motets, messes, psaumes, dont un Stabat mater, et une centaine de pièces pour orgue. Mais, toutes ses œuvres sont restées inédites à ce jour, en dehors de quelques rares pages éditées, parmi lesquelles sa transcription pour orgue de la Petite Suite classique de Guy de Lioncourt (Delatour France, 2009) et son choeur pour 4 voix mixtes et orgue, Le jour où la mort viendra, sur un poème de Rabindranath Tagore, composé en septembre 1967 et dont le manuscrit a été retrouvé dans les archives de l’église Saint-François-Xavier à Paris (édition par L’Ensemble vocal de Saint-François-Xavier, evsfx, 2014). Seulement une soixantaine de titres a été déposée à la SACEM ; citons, entre autres : Suite en la mineur pour orgue, Suite pour orgue en ut mineur, Suite en si mineur, Suite dans le style ancien, Sept Strophes Amen sur Veni creator, Prélude, divertissement et fugue en ré majeur, Prélude à l’Antienne, Méditation en mi bémol majeur, Méditation en ut majeur, Résonnance en mi bémol majeur, Offertoire en la, Triptyque, Interlude en sol majeur, Chant en ré majeur, Grand choeur en ut mineur, Divertissement en sol majeur… et plusieurs arrangements : Salve regina mater misericordiae, Choral Herzlich tut mich verlangen, Salve mater, Ego sum pastor, Te Deum, Alleluia du cinquième dimanche, Veni sancte spiritus, Ecce panis angelorum, Verbum supernum prodiens, Tantum ergo, Lucis creator optime, Alma redemptoris mater, Ave Maria, Vêpres de Sainte Jeanne d’Arc, Ubi caritas, etc. Mentionnons encore deux enregistrements auxquels elle avait participé à l’orgue en compagnie du compositeur et organiste Yves Ramette à la tête de son chœur mixte « Vox ardens » (fondé en 1968) : Schubert, Salve regina en si bémol majeur, Psaume 23, Nachtgesang im walde, Messe n° 2 en sol majeur, et Claire François, soprano solo, Jean-Louis Faucheron, ténor solo, Louis Houlet, basse solo (33 tours vinyle, Vox ardens DT 17) ; Chant triomphal (Altenbourg), O vos omnes (Vittoria), deux Psaumes (Goudimel), O Jesu Christe (Van Berchem), Missa Choralis (Liszt) (33 tours vinyle, Vox ardens DT 13).

 

Germaine Chagnol a longtemps résidé 8 boulevard Sébastopol à Paris, puis 85 rue Aristide-Briand à Levallois-Perret, où elle est décédée le 9 janvier 2010, à l’âge de 83 ans. Incinérée dans l’intimité le 18 janvier au crématorium de Nanterre, ses cendres ont été dispersées en Ardèche. Elle avait aussi souhaité que le choral « Que ma joie demeure » de Bach soit écouté par les personnes présentes à cette cérémonie.

 

Denis Havard de la Montage

 

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