Edouard Devernay
( 1889 - 1952 )


 

Edouard Devernay à la console de l'orgue de choeur de Notre-Dame des Victoires, Trouville, années 1950
(photo X..., coll. Monique Devernay) DR.

 

Edouard Devernay est né le 8 novembre 1889 à Roubaix [NDLR. : où son père, Edouard, est chef de bureau du secrétariat de la Mairie de cette ville]. Après des études avortées de chimie, il étudie avec passion la musique, au conservatoire de sa ville natale où il obtient les premiers prix de solfège, harmonie, contrepoint et piano, puis au sein de la classe d'orgue du conservatoire royal de Bruxelles où il obtient le Prix Mailly.

 

En 1912, il est nommé sur concours titulaire de l'orgue Cavaillé-Coll de Notre-Dame-des-Victoires de Trouville. Il se marie le 19 avril 1920 avec Germaine Rigaud, issue d'une respectable famille de Trouville :

 

« CARNET DE MARIAGE. Jeudi dernier, à 11 heures, a été célébré en l'église Notre-Dame des Victoires, le mariage de M. Edouard Devernay, prix Mailly, du Conservatoire de Bruxelles, professeur et compositeur de musique, avec Mlle Germaine Rigaud dont la famille, une des plus anciennes de notre ville, y jouit de l'estime et de la sympathie générales.

Pendant la messe, Mlle Lecourt, professeur de violon, et Mlle Darfeuille ont interprété avec le remarquable talent qu'on leur connaît, des morceaux et chants de circonstance. Le grand orgue était tenu par un collègue et ami du marié, M. Guillaume, le distingué organiste de Saint-Etienne de Caen.

Après l'office, un grand nombre de concitoyens et d'amis sont venus apporter aux nouveaux époux leurs vœux de bonheur. Nous sommes particulièrement heureux d'y joindre les nôtres. »

(L'Ouest-Eclair, 26 avril 1920, p. 3)

 

En 1931, il remporte le premier prix du concours de composition de la SACEM :

 

« Le jury du concours des œuvres lyriques en un acte (concours organisé sous le patronage de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques), composé de MM. Reynaldo Hahn, Henri Hirchmann, Jacques Ibert, Charles Levadé, Albert Willemetz et Valentin Tarault, a décidé de partager le prix entre deux œuvres de caractères différents : le Festin de minuit, drame lyrique de M. G. Mouren, musique de M. Paul Bonaud, et Au temps du bon Roy Henri, opérette de M. Yvandri, musique de M. Edouard Devernay. »

(Le Ménestrel, 15 avril 1932, p. 176)

 

Il donne de nombreux concerts :

 

« CONCERT SPIRITUEL. Le dimanche 18 mars, à 2 h. ½, dans l'église Saint-Etienne, l'Ecole d'orgue et la Schola Saint-Grégoire de Caen organisent un grand concert spirituel.

En cette solennité musicale, le grand orgue sera tenu par un organiste de grand talent, Edouard Devernay, organiste de Notre-Dame-des-Victoires de Trouville, compositeur de musique, prix Mailly du Conservatoire royal de Bruxelles.

Le programme d'orgue sera, malgré sa brièveté, des plus intéressants, l'artiste exécutera les pièces suivantes : Soeur Monique, de Francis [sic] Couperin, rondeau pour clavecin, arrangé pour grand orgue par Alexandre Guilmant, Prélude et Fugue en la mineur de Bach et la difficultueuse fugue en ré majeur du même auteur l'Air varié en mi majeur ou plus exactement l'Harmonieux forgeron de Haendel, avec ses rythmes imitatifs, les retombées du marteau sur l'enclume, le grand Final en si bémol de César Frank et le Final de la dernière Symphonie de Louis Vierne, organiste de Notre-Dame de Paris.

Enfin l'éminent organiste qui est en même temps compétiteur de musique, nous fera entendre deux parties de sa Symphonie en la majeur le 1er mouvement (Maestoso sostenuto) et l'interlude. »

(L'Ouest-Eclair, 9 mars 1928, p. 4)

 

Pédagogue recherché, il organise également des auditions de ses élèves :

 

« AUDITION MUSICALE. Mardi, à 15 heures a eu lieu, dans la salle du Cinéma du Casino municipal de Trouville, une audition des élèves de M. Edouard Devernay, pianiste-compositeur de musique, prix Mailly du Conservatoire de Bruxelles, avec le concours de Mlle Bestel, violoniste, qui a été chaleureusement applaudie.

Cette intéressante audition avait groupé une assistance d'élite, heureuse de constater les progrès accomplis par les virtuoses en herbe qui se sont fait entendre dans divers morceaux appropriés à leur âge et surtout de rendre hommage au talent du Maître chargé de diriger leurs premiers pas dans l'art si complexe et si délicat de la musique.

Le public ravi a fait aux jeunes pianistes et à leur distingué professeur, une chaleureuse ovation. »

(L'Ouest-Eclair, 27 juillet 1934, p. 6)

 

Edouard Devernay s'éteint le 5 juillet 1952 à Trouville.

 

On lui doit des pièces pour orgue, pour piano, des œuvres lyriques, des mélodies et pièces vocales religieuses. Le célèbre organiste de Notre-Dame de Paris Yves Devernay (1937-1990) lui était apparenté. [NDLR. : neveu d’Edouard, organiste de Saint-Christophe de Tourcoing à partir de 1962, puis de Notre-Dame de Paris de1985 à 1990]

 


Catalogue des œuvres

 

Edouard Devernay

 

 

Né à Roubaix en 1889, Edouard Devernay commença ses études musicales au conservatoire de sa ville natale où il obtint les premiers prix de solfège, piano, harmonie et contrepoint, étant élève de M. Koszül (élève de Saint-Saëns et condisciple de Fauré). Titulaire du prix d’honneur, médaille de vermeil attribué à l'élève le plus méritant, il continua ses études au Conservatoire de Bruxelles, Edgard Tinel étant directeur, dans les classes d’orgue et d’harmonie pratique, où, il obtint les premières récompenses. Nommé après concours au poste d’organiste du grand orgue à Notre-Dame des Victoires à Trouville en 1912. Il organisa pendant plus de quarante ans des concerts spirituels et des récitals d’orgue. Il donna également en radio plusieurs récitals d’orgue aux postes Radio-Paris et Poste Parisien. En 1931, il obtenait le premier prix de composition musicale au concours de la pièce lyrique en un acte, organisé par le groupe des stagiaires de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques, avec l’ouvrage en un acte : Au temps du bon Roy Henry. Deux auditions par radio ont été données à P.T.T. en 1934 et à Nantes en 1936.

 

Au mois de juillet 1946, Rennes P.T.T. a donné en première audition une opérette en trois actes Monette et ses cousins, musique d’Edouard Devernay, livret de Yvandré. Cette période de quarante ans est coupée par la guerre de 14-18 où il fut combattant et gravement blessé.

 

Mais l’opérette est loin de constituer l’essentiel de son œuvre. II est l’auteur de nombreuses pièces d’orgue dont plusieurs très importantes ; signalons tout spécialement sa deuxième Symphonie sur le « Te Deum » qui par l’abondance de son développement et la richesse de ses harmonies constitue un véritable chef-d’œuvre. Il écrivit d’autres œuvres religieuses vocales : une Messe à 4 voix mixtes., un Tantum ergo et harmonisa à 4 voix le Stabat Mater.

 

Il fut également attiré par la musique pour orchestre et écrivit un poème symphonique : Le Rossignol et le Bûcheron, et orchestra deux œuvres écrites d’abord pour piano : Cloches d’octobre dans la mélancolie du crépuscule et Cortège rustique de Moissonneurs.

 

Enfin, le genre où il excella est la mélodie ; ce fut surtout dans l’œuvre de Baudelaire qu’il puisa son inspiration. Un recueil de trois mélodies vient [1954] de paraître aux Editions Costallat, sous le titre Trois Poèmes de Baudelaire qui groupe Recueillement, Paysage et Brunes et pluies. Il écrivit également d’autres mélodies sur des poèmes de Samain, Verlaine, Théophile Gautier, Victor Hugo, etc...

 

Le caractère essentiel de l’œuvre d’Edouard Devernay est le maintien constant de la ligne mélodique largement soutenue par une harmonie très riche, très puissante, chaude et colorée, infiniment personnelle. Souhaitons que le mélomane puisse un jour goûter cette œuvre méconnue. C’est après une vie entièrement consacrée à son art que Edouard Devernay, atteint depuis plusieurs mois d’une douloureuse maladie, mourut à Trouville le 5 juillet 1952.

René Sedant (1890-1991)

Maître de chapelle de la basilique d’Argenteuil

Directeur de la Procure du clergé, Paris

Administrateur de la revue Musique sacrée-L’Organiste

(in Musique sacrée-L’Organiste, n°18, 1er mars 1954)

Pièces pour piano :

 

Murmure du printemps (Caen, Bonaventure et Fils, 1924)

Chut... bébé dort (Caen, Bonaventure et Fils, 1924)

Cloches d'octobre

Cortège rustique des Moissonneurs

 

Pièces pour orgue :

 

Pièce symphonique sur « O filii et filiae » (Paris, Fortin-Armiane)

Le Miracle de la tempête (Paris, Hérelle)

1ère Symphonie en la majeur « Marche pour la victoire »

2ème Symphonie en fa mineur « Final sur le Te Deum »

Intermezzo de concert

Interlude sur « Ave Maria »

Méditation

Pastorale (La Petite Maîtrise, nov.-déc. 1938)

Fantaisie sur des Noëls

Communion

 

Oeuvres lyriques :

 

Au temps du Bon Roy Henri, drame lyrique en un acte

Le Soleil de Bali

Monette et ses cousins, opérette en trois actes (livret d'Yvandri)

 

Mélodies :

 

Trois poèmes de Baudelaire (Recueillement, Paysage, Brume et pluie) (Paris, Costallat)

Mélodies sur des vers d'Albert Samain, Paul Verlaine, Théophile Gauthier, Victor Hugo

 

Oeuvres vocales religieuses :

 

O vos omnes (Strasbourg, Le Roux, 1957)

O crux, ave (Strasbourg, Le Roux, 1957)

Pie Jesu (Hérelle)

Messe à quatre voix

Messe à deux voix égales

Panis Angelicus (Hérelle)

 

(Source biographique principale : www.orgues-trouville.org/oeuvres-edouard-devernay.html)

 

 

Composition des deux orgues de Notre-Dame-des-Victoires de Trouville

 

Grand orgue de tribune (Cavaillé-Coll 1870, agrandissement Mutin 1899) :

 

Grand-orgue (56 notes) : Bourdon 16', montre 8', flûte harmonique 8', bourdon 8', prestant 4', nazard 2 2/3', doublette 2', plein-jeu progressif II-V rgs, trompette 8', clairon 4'.

Récit expressif (56 notes) : Diapason 8', cor de nuit 8', viole de gambe 8', voix céleste 8', flûte octaviante 4', basson 16', trompette harmonique 8', basson-hautbois 8', voix humaine 8', clairon 4'.

Pédale (30 notes) : Soubasse 16', basse 8', violoncelle 8', flûte 4', basson 16', trompette 8'.

Tir. I et II, Acc. II/I, appel machine, octave grave, trémolo II, jeux de combinaison I et II.

Au pédalier, le jeu de basse 8' est en extension de la soubasse et les autres jeux sont empruntés au récit.

 

Orgue de choeur (Cavaillé-Coll 1894)

 

Grand-orgue (56 notes) : Montre 8', flûte harmonique 8', bourdon 8', prestant 4'.

Récit expressif (56 notes) : Viole de gambe 8', voix céleste 8', flûte octaviante 4', trompette 8'.

Pédale (30 notes) : Soubasse 16'.

Tir. I et II, acc. II/I, appel et retrait trompette, trémolo II.

 

Olivier Geoffroy

(septembre 2021)

 

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