François ETIENNE
clarinettiste et musicien éminent

François Étienne
François Etienne, vers 1917
( photo Pathé-Marconi ) DR

 

Fils de Jean François Marius, ouvrier du port de Toulon, et d'Augustine Célestine Veslin, François Marius Louis ETIENNE est né le 12 avril 1901 à Toulon. Ses parents, qui n'étaient pas insensibles à la musique, lui firent débuter des études musicales au Conservatoire de sa ville natale, alors dirigé par le chef d’orchestre Joseph Grégoire. En 1917, il en ressortait avec un 1er prix de clarinette obtenu dans la classe de Charles Blin, soliste à l’orchestre du Grand Théâtre de Toulon, puis montait dans la capitale pour entrer au Conservatoire national supérieur de musique de la rue de Madrid. Elève de Prosper Mimart (1859-1918), dédicataire et créateur à la Salle Gaveau de la Rhapsodie pour clarinette de Debussy (16 janvier 1911), et de son successeur Auguste Périer (1883-1947), il décrochait un 1er prix de clarinette en 1919 avec une Pastorale de Busser, la même année qu’Augustin Duquès, future 1ère clarinette au NBC Symphony sous Toscanini, Ferranti, Leclercq et Dubois. Commençait alors pour lui une carrière qui débuta bien modestement au sein d'orchestres de cinémas parisiens, pour accompagner les films alors muets. Mais, en 1926, il était engagé dans l’Orchestre de l’Opéra de Paris, alors dirigé par Jacques Rouché, et y restera clarinette solo durant près de 40 ans, jusqu’en 1964. Après son mariage en 1928 avec Madeleine Meyniel, il ne tardait pas à rejoindre aussi l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, où, en juin 1933, il était nommé clarinette solo, succédant à ce poste à Louis Costes. C’est ainsi que durant une vingtaine d’années (jusqu’en février 1956, date de sa démission), il joua successivement sous les baguettes de Philippe Gaubert, Charles Münch et André Cluytens, tant qu’en France qu’à l’étranger (Belgique, Grande-Bretagne).

François Étienne
François Etienne, début des années 1950
( photo X... ) DR

Dès la fin des années trente, François Etienne intégrait également l’Orchestre de la célèbre Société des Instruments à vent, alors dirigé par Fernand Oubradous, et de 1942 à 1944 l’Orchestre de chambre Maurice Hewitt, avant de rejoindre, en 1951, le Quatuor Loewenguth.

Durant l’année scolaire 1947-1948, c’est lui qui assurait l’intérim, comme professeur contractuel, de la classe de clarinette du CNSMP, entre le décès d’Auguste Périer et la nomination d’Ulysse Delécluse. A ce titre, le clarinettiste canadien Rafaelle Masella (né en 1922) sera l’un de ses élèves.

François Etienne, parallèlement à ses activités de soliste au sein d'orchestres symphoniques, aimait aussi à se produire en formation de chambre. C'est ainsi que, notamment, le 29 décembre 1941, à Paris, avec les musiciens de la Société des Instruments à vent, il joue le Sextuor (pour 2 clarinettes, 2 bassons et 2 cors) et l'Octuor (pour 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 cors et 2 bassons) de Beethoven ; le 22 novembre 1942 à la Salle du Conservatoire à Paris, il interprète les Pièces pour clarinette de Strawinsky avec cette même formation dirigée par Fernand Oubradous ; et le 9 mai 1947 on le trouve à la Salle Gaveau, aux côtés de la soprano Lotte Schoene et de la pianiste Claire Lipmann, dans un programme éclectique : Scarlatti, Pergolèse, Paisiello, Schubert, Schumann, Brahms, Roussel, Ravel et Debussy.

Au milieu des années soixante, après avoir pris sa retraite de l’Opéra de Paris, il regagnait Toulon où il est mort le 12 juillet 1970.

"Musicien éminent, attentif", renommé pour l’enchantement que procurait son jeu, son "apparition sur l’estrade [était] la garantie d’un divertissement musical de grande classe" [Suzanne Demarquez]. Son enregistrement en 1941 du Concerto pour clarinette en la majeur (KV 622) de Mozart, avec l’Orchestre de chambre Maurice Hewitt (Les Discophiles Français, D.F 7 à 10) a fait date et est longtemps resté la version de référence (réenregistré en 1953). Réédité (avec le Quintette) en 1981 (EMI, "Collection Références", VSM C051-73.051 M), il a alors obtenu un Diapason d’or. En compagnie du Quatuor Vegh, François Etienne enregistre en 1952 le Quintette pour clarinette et cordes en la majeur (KV 581) de Mozart (Les Discophiles Français, EX 25031). De ce compositeur, on lui doit également l’enregistrement du Trio pour piano, alto et clarinette (KV 498), avec Lili Kraus et Pierre Pasquier (D.F. 164). Il grave encore, en 1957 le Bal masqué de Poulenc pour baryton, piano et orchestre de chambre, avec Pierre Bernac et l’auteur au piano (Adès 140522) ; en 1959, aux côtés de Henri Merckel (violon), Catherine Lauverjon (alto), André Navarra (violoncelle), André Ameller (contrebasse), Maurice Allard (basson) et Reumond (cor), sous la direction d’Edouard Lindenberg, le Septuor en mi bémol majeur, op. 20, de Beethoven (Odéon, XOC 106) et la même année, des chansons anciennes et autres chants populaires, avec Nicole Robin (soprano) et Claude Kahn ou André Collard (piano) pour Ducretet Thomson (Encyclopédie sonore 190E835, 190E836, 190E838 et 190E839). Signalons aussi la publication en 1947, chez Leduc, de Douze Etudes pour clarinette d’Ernest Cavallini, nouvelle édition entièrement revue, corrigée et annotée par François Etienne (in-fol., 26 p.) et en 1960, la parution d’un disque "Hommage à Félix Passerone" par les solistes de l’orchestre de l’Opéra de Paris et avec la participation de Francis Poulenc, dans lequel il interprète avec Christiane Verzieux le Rondo du Grand Duo concertant pour clarinette et piano, op. 48, de C.M. Von Weber (Véga, C30S244).

En 2010, Alain Deguernel, directeur de Forgotten Records, a eu l'excellente idée de rééditer le Concerto KV 622 et le Quintette KV 581 de Mozart, enregistrés au début des années cinquante par François Etienne. Les mélomanes ont ainsi la possibilité de découvrir le jeu enchanteur de cet artiste injustement oublié de nos jours. Son interprétation du Concerto est assurément encore une version de référence, un demi-siècle plus tard!

Denis Havard de la Montagne
(octobre 2010)


Mozart :
Concerto pour clarinette, Quintette pour clarinette et quatuor
François Etienne, Orchestre Maurice Hewitt, Quatuor Vegh
Adagio et fugue, Ode funèbre maçonnique
Quatuor Vegh, Orchestre Maurice Hewitt
enregistrés en 1952 et 1953
CD Forgotten Records, fr452

Audio lecteur Windows Media Extraits (avec l'aimable autorisation de Forgotten Records) :
Concerto : Allegro, Adagio
Quintette : Allegro, Larghetto

Note : rappelons que les impératifs techniques d'Internet (compression des fichiers) peuvent parfois altérer la qualité sonore des enregistrements originaux gravés sur CD.

 


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