Claude Guillon–Verne

(1879 – 1956)


 

Claude Guillon-Verne âgé
(coll. D. Taitz) DR.

 

 

Enfant, vers 1885
(coll. D. Taitz) DR.

Claude Guillon-Verne est un compositeur malheureusement oublié aujourd’hui mais qui tint une grande place à son époque dans la vie musicale.

 

« Mon père avait un fort beau visage, grand, mince avec des yeux rieurs », comme nous le dit sa fille.

 

C’était un être sensible, délicat ; Il avait une grande culture et une intelligence très vive mais timide et réservé, ce qui explique peut-être qu’il soit resté dans l’ombre.

 

 

Une enfance bourgeoise

 

Il est le neveu du grand Jules Verne par sa mère : Marie, surnommée « le Chou » à cause de sa beauté, était la petite sœur de Jules, la dernière-née de la famille en même temps que sa filleule. Même s’il l’intimidait beaucoup comme il le dit lui-même, Claude admirait beaucoup son oncle et ils avaient ensemble certains gènes communs comme nous auront l’occasion de le voir.

 

Par son père Léon Guillon, notre compositeur descend d’une grande famille d’armateurs comme il y en avait tant à Nantes depuis le XVIIème siècle. La famille Verne s’était implantée dans cette ville et Marie et Léon s’étaient épousés le 5 novembre 1861.

 

Ils eurent 6 enfants et Claude, né le 26 septembre 1879 au château de la Boucardière, dans le quartier de Chantenay, alors commune voisine de Nantes proche de la Loire, était le petit-dernier.

 

C’est donc au sein d’une famille bourgeoise très aisée, tout au moins au début car la marine à voile vivait alors ses dernières heures de gloire, que Claude passa son enfance, au milieu de ses frères et sœurs et d’une mère très protectrice, famille qui, ce n’était pas rare dans ce milieu, s’intéressait autant aux lettres et au théâtre qu’aux arts plastiques et à la musique.

 

Après quelques jeunes années d’éducation à domicile, ce fut, à neuf ans, le moment d’aller en pension dans l’établissement des « Enfants Nantais », encore très réputé aujourd’hui mais où il ne fut pas heureux. On le voit dans ses lettres à sa mère : « Si vous saviez comme ça me fait de la peine quand je ne sors pas, ma chère maman ! Je vous promets que si vous saviez ce que ça me fait de peine, vous me feriez sortir. Je vous dis ça avec bien du chagrin, quand je ne revois plus maman, papa, mes sœurs, mes frères, je pleure. J’espère ma petite mère après tout ce que je viens de vous dire, je pense que vous allez me mettre externe. » (9 mars 1889)

L’audition à 11 ans de Sigurd d’Ernest Reyer » au théâtre Graslin, fut un moment décisif pour lui et c’est à l’adolescence qu’il commença vraiment ses études musicales, les poursuivant au Conservatoire local, avec Charles Odion, professeur d’harmonie, également organiste, élève du renommé Théodore Dubois. Il n’obtînt qu’un second prix d’harmonie car « il cultivait les quintes comme on cultive les anémones » mais, le moment venu de décider de son avenir, choisit la voie musicale. Or, dans la famille Guillon, presque tous les garçons devenaient armateurs ou assureurs maritimes. Claude n’y échappera pas et en 1901 est fondée la société d’armement naval Norbert et Claude. Mais il ne s’intéressait que de très loin aux affaires et c’est sur son frère Norbert que tout reposait. Claude se contentait de choisir le nom des navires : Charles Gounod, Ernest Reyer, François Coppée etc... mais il avait un goût atavique pour la mer et la navigation.

 

Il dut être persuasif et insister fortement, ses parents n’étant que peu favorables, soutenus en cela par le compositeur Louis Albert Bourgault-Ducoudray, grand ami de la famille qui écrit à son père : 

 

« Je désire que ton fils, s’il passe le Rubicon, réussisse dans la carrière infernale où le pousse son mauvais génie » C’est grâce à l’intervention de Vincent d’Indy qui réussit à convaincre Marie, et à l’assurance qu’il avait un œil sur ses jeunes que la chose put se réaliser : « Si votre enfant […] a le ferme désir de faire de la musique, et de la bonne, je crois qu’il serait imprudent d’entraver absolument ses idées et il me semble que vous pouvez au moins essayer quelque temps d’entrer dans ses vues……Si vous voulez bien me le confier , Madame, soyez sûre que je ferais tout ce qui me sera possible pour développer en lui le sens de l’art, tout en lui donnant des conseils pratiques sur sa vie d’artiste militant. » (lettre de 1902)

 

Adulte, vers 1904
(coll. D. Taitz) DR.

 

Les années parisiennes à la Schola Cantorum

 

Claude entre donc à la Schola Cantorum de Paris à la rentrée 1903, date qui est le point de départ d’une époque fructueuse.

 

Il a déjà écrit ses premières mélodies, genre qu’il affectionne particulièrement.

 

Il mène désormais une vie d’étudiant, libéré de la tutelle familiale, logeant, après quelques mois dans la pension voisine de la Schola, au 6ème étage sous les toits, au 56 de la rue Gay-Lussac d’où il avait une vue magnifique au soleil couchant. Il co-louait avec un ami connu à la Schola, Daniel Lamotte, compositeur originaire d’Angers.

 

S’il retrouve à Paris son grand-ami de toujours, le nantais Paul Ladmirault, il entre surtout dans le monde musical parisien, côtoyant d’Indy dont les cours de composition le passionnent, Albert Roussel, également son professeur mais aussi Alfred Bruneau dont la musique constitue pour lui une bouffée d’oxygène.

 

Guillon-Verne eut « La » révélation de sa vie en découvrant en 1906 Pélleas et Mélisande et tout l’univers debussyste. Debussy devînt alors son idole pour toujours et c’est là le paradoxe : Claude Guillon-Verne sera toujours en porte à faux entre le monde de la Schola, rigoureux, héritier de César Franck, adorateur de Bach dont il apprécie peu l’esprit mais auquel il est formé, et le double courant novateur, l’art naturaliste d’une part, incarné par Bruneau, ami de Zola, et l’art debussyste d’autre part, traduisant avant tout des impressions et qui sera toujours pour lui un modèle. S’il comprend moins Ravel, il voue à Debussy une admiration sans borne « Debussy est à jamais lié à moi par les fibres les plus sensibles d’un art inégalé. » Il dira à propos de Pelleas qu’il verra 79 fois : « oh, ces inconcevables harmonies, cet orchestre diaphane, comme voilé de soies, ces sonorités inconnues, ces accents, ces silences, cette distinction suprême, ce poème de l’impondérable. »

 

Son Dieu, il n’osera jamais approcher. C’est seulement après son décès qu’il entrera en contact avec Emma, sa veuve, à la faveur d’une demande d’autorisation pour orchestrer quelques Préludes et le contact entre Emma et la famille durera jusqu’à la mort de cette dernière en 1934. En témoignent une vingtaine de lettres, toutes entourées de noir, d’Emma à Claude et sa femme. Claude achètera même un thonier qu’il baptisera « Claude Debussy » dont Emma sera la marraine et à 52 ans, il retapera une barque « la Mélisande ». Sa fille écrira : « son Dieu Debussy bercera notre enfance ».

A bord de son bateau "Mélisande"
(coll. D. Taitz)
Son thonier
(coll. D. Taitz)

 

A cette époque, il ne faut pas oublier quelque chose d’important : le rôle de la SNM : créée en 1871 par Franck, Fauré et Saint-Saëns et dirigée par d’Indy, la Société Nationale de Musique sera, pour Claude comme pour d’autres, un facteur créateur pour les œuvres composées par les élèves de la Schola : c’est là que seront créés en 1905 par Jane Bathori Les Poèmes de la Mer, son premier grand cycle de mélodies, qui n’est pas sans évoquer les Chansons de Bilitis.

 

En 1906, ce seront les Petits Tableaux campagnards, mise en musique de 4 poèmes de sa sœur Anna, grande admiratrice de François Coppée qui la conseillera.

 

En 1907, il écrit Pénombre, œuvre orchestrale sur un poème osé de Pierre Louys, mis en exergue.

 

Ce sera enfin le Quatuor, devenu l’œuvre phare de ses compositions, tant qu’un orchestre ne ressortira pas de l’ombre les œuvres symphoniques qui, au dire des critiques de journaux d’alors, représentent le sommet de ses compositions. Claude Guillon-Verne avait en effet un don inné pour le mariage des timbres et des couleurs instrumentales.

 

Le fameux quatuor fut créé le 22 février 1908 à la SNM, puis repris au Salon du Grand-Palais, à l’automne suivant par le quatuor d’Armand Parent où il obtînt un vif succès. On y sent en arrière-plan un parfum de Debussy et il fut maintes fois rejoué à Nantes par la suite ainsi qu’à la TSF pendant la 2ème guerre mondiale.

 

C’est également pendant ses années parisiennes qu’il mettra en chantier son unique opéra, La Visionnaire écrit sur un livret de Henri Bordeaux, écrivain qui deviendra un ami et même un témoin de son mariage. C’est en effet un aspect caractéristique de la personnalité de Claude Guillon-Verne de se lier autant avec des musiciens qu’avec des écrivains, des poètes ou des peintres et il baignera dans le monde culturel de toute cette époque.

 

La Visionnaire aura une longue gestation car, non créé à l’opéra-comique et après des espoirs déçus à Nantes, ce sera la guerre qui arrêtera toute création et il faudra attendre 1920 pour que cet opéra voie le jour.

 

Claude semble désormais bien introduit dans le monde musical parisien et se lie également avec des d’interprètes : Jane Bathori et Émile Engel bien sûr, souvent venus à Nantes, mais aussi Geneviève Vix qui créera le rôle féminin de La Visionnaire en 1920. Il est également proche de la famille Beetz, dont la fille Marie-Louise, harpiste, en épousant Henri Casadesus, deviendra la mère de Gisèle et la grand-mère de Jean-Claude Casadesus.

 

C’est à cette époque encore que le peintre Charles Péquin, fera de lui un portrait exposé au Grand-Palais au salon de 1908. Ce tableau, après avoir longtemps orné le salon familial, se trouve aujourd’hui dans les réserves du musée des Arts de Nantes.

 

Avec sa fille Albine, en 1917 à Epernay
(coll. D. Taitz) DR.

 

1910-1920 une période difficile

 

Nous arrivons maintenant à un tournant : c’est la fin de la vie à Paris et le retour en province. Cela coïncide avec la fin de la jeunesse et de son insouciance et également, comme c’est assez souvent le cas, la fin d’un dynamisme créateur sur le plan musical : le stimulant est moindre. Claude écrira bien sûr d’autres œuvres mais ce ne sera plus jamais la même chose.

 

Il faut ajouter que les écueils de la vie ne l’épargneront pas.

 

C’est d’abord la perte de ses parents à 6 mois d’intervalles, en janvier 1913 pour sa mère et en juillet 1913 pour son père. Il s’en suivit la vente par adjudication de la propriété de la Boucardière où il avait passé toute sa jeunesse et qu’il aimait tant, en mai 1914. Il quitte la région pour Reims.

 

Un événement heureux l’aide à surmonter son chagrin : il a rencontré quelques temps auparavant Jeanne Brétignière qui va devenir sa femme. Le mariage est célébré à Paris le 18 mai 1914 par l’abbé Maurice Allotte de La Fuÿe, un membre de la famille.

 

Jeanne, née en 1888 à La Rochelle, appartient par sa mère à une famille d’industriels-papetiers. Victor Catala avait créé en Belgique avec son frère, une usine renommée qui sera active jusqu’en 1980.

 

Les conséquences de ce mariage seront la naissance successive de 3 enfants dont 2 naîtront à Épernay. Il fut un excellent père et ses enfants l’adoraient.

 

C’est ensuite la « Grande Guerre » qu’il vivra en direct. Les 3 et 4 septembre 1914 : les Allemands arrivent à Reims qui est bombardée : la maison qu’occupe Claude et sa femme est détruite. Comme une grande partie de la population, il se replie alors à Épernay, ville d’arrière-front où la situation semble plus stable. Néanmoins 1422 obus y tomberont entre 1916 et 1918.

 

Pour tous, ce fut une période épouvantable faîte de carnages et de désolation. Des amis et des membres de sa famille y laissèrent leur vie.

 

Travaillant dans une usine de fournitures militaires, il bénéficie d’un sursis pour être incorporé mais le 27 décembre 1914, son sursis est terminé (peut-être parce que l’usine qu’il dirigeait n’existe plus) et il est affecté à la 6ème section de COA (commis et ouvriers d’administration) à Châlons-sur-Marne, puis à Bourges avant d’être affecté dans l’infanterie, à Toulon : est-il parti en Afrique du Nord comme ce régiment ? En tous cas, il revient en avril dans l’escadron du train de réserve des équipages, où il reste jusqu’en décembre 1919. En janvier 1920, le 11è escadron du train des équipages reconstitue un état-major à Nantes, ce qui lui permet de revenir définitivement dans sa ville natale et lui assurera des revenus réguliers.

 

Pendant toute cette période, la musique fut mise en veilleuse.

 

 

D’une guerre à l’autre, la vie à Nantes

 

La guerre se termine. La vie va reprendre peu à peu son cours normal. Claude, chargé de famille est désormais revenu définitivement à Nantes où vont se succéder joies et chagrins.

 

Après quelques temps dans un appartement sombre et vieux, la famille s’installe rue Gresset dans un très bel appartement qui donne également sur le cours Cambronne, mail arboré du centre-ville.

 

Là naîtront ses trois derniers enfants. Le bonheur d’avoir une petite Sylvette est grand mais celle-ci décèdera à l’âge de 20 mois. Suit un petit Joël qui décèdera à 10 mois. Enfin naît Michaël en 1930, le petit-dernier.

 

La même année, Claude s’installe à Oudon près d’Ancenis, au « Manoir du Tertre », résidence secondaire achetée par son grand-père et dont il hérite en partie de sa sœur Anna qui vient de mourir. Il se plait à la campagne au milieu de la Nature si importante pour lui.

 

Sur le plan musical, Claude cherche à se faire jouer à Paris, mais il est redevenu provincial et c’est plus difficile même si Lamoureux et Pasdeloup joueront quelques œuvres.

 

C’est en province qu’il réussira le mieux.

 

Dans la région, à Angers d’abord où il est connu depuis longtemps, sera créé Euskualleria, Paysages Basques en 1921, rejoué chez Pasdeloup en 1925. Le Pays basque a toujours attiré Claude. Ce n’est pas un hasard s’il se lie avec Francis Jammes qui lui écrit depuis Hasparren et sera le parrain de la petite Sylvette. Dès 1905, il avait projeté d’écrire un drame à partir du Ramuntcho de Loti, mais sans s’informer que celui-ci avait donné l’exclusivité musicale de l’œuvre à Gabriel Pierné ! Euskualleria est une suite qui réutilise ce premier travail.

 

A Orléans ensuite, Antoine Mariotte, la grande personnalité musicale de la ville, reprend en 1923 puis en 1928 les Poèmes arabes, 7 mélodies utilisant 7 poèmes du Jardin des Caresses de Franz Toussaint et qui montrent un goût du dépaysement, comme Jules Verne et Loti, un autre ami.

 

Mais c’est surtout à Nantes, sa ville, qu’il acquiert la célébrité : il y joue plusieurs rôles à la fois :

 

Il y est chef d’orchestre et collabore beaucoup avec Madame Fernande Caldaguès, chanteuse, professeur de chant et surtout chef de chœur très réputée dans la ville. Son mari a fondé avec Francesco de Lacerda, d’origine portugaise et également ancien élève de la Schola Cantorum, l’« Association des Concerts Historiques de Nantes ».

 

Il est également critique musical, au journal l’Echo de la Loire de 1919 à 1931, grand journal local, concurrent du Phare de la Loire.

 

De plus, il est co-fondateur de «la Boîte à Musique », petite SNM, destinée à promouvoir la musique française contemporaine et notamment locale mais dans les salons privés de ses membres.

 

Il est enfin compositeur quand il lui reste du temps.

 

C’est au théâtre Graslin, le 4 mars 1920 que sera enfin créé avec succès - Il ne sera plus jamais redonné ensuite - son unique opéra : La Visionnaire, drame qui se passe dans la forêt, et dans lequel se fait jour une grande source d’inspiration : la Nature « le sentiment de la Nature en musique, est une des plus pures et idéales jouissances qui soit au monde. » écrit-il dans un article intitulé « la Nature en Musique. ».

 

Nous retrouvons cette nature dans le poème pour violon et piano Au cœur de la Forêt dont le thème principal est la transcription du chant d’un merle entendu dans la forêt du Gâvre près de Nantes, car les « leçons des oiseaux sont bien plus précieuses que celles des pédagogues »

 

C’est de 1927 que date le très évocateur Prélude à la Montagne, inspiré par un voyage au mont Cervin qui devînt en 1929 une fantaisie pour orchestre avec piano solo car l’orchestration évoque d’une manière plus grandiose et plus persuasive la splendeur des cimes et chante mieux le grandissant murmure des mille voix alpestres. »

 

On y perçoit sous-jacente l’influence à la fois de Debussy et de d’Indy par la primauté de la polyphonie et la présence d’un motif cyclique.

 

1928 est l’occasion de se rapprocher de l’univers de son oncle, en célébrant à Nantes le centenaire de sa naissance. Le ballet océanique Nemo découvrant la perle mystérieuse combine le 1er et le 4ème Poème de la Mer qui avaient été orchestrés, avec un argument emprunté à 20.000 lieux sous les mers : la reine des perles sortant d’une coquille.

 

Il continue dans cette voie avec, en 1931, la musique pour les Tribulations d’un Chinois en Chine, dont Charles Méré et Georges Farrère ont tiré une pièce à grand spectacle montée au théâtre Sarah Bernard. Ceux-ci demandèrent au neveu de l’écrivain d’écrire la musique de scène. Il ne reste hélas que 4 chansons, chantées lors des changements de décors.

 

Contemplant la mer à Belle-Île
(coll. D. Taitz) DR.

L’année précédente, 1930, avait vu la naissance du Poème des Îles, pièce en 3 mouvements qui dépeint Noirmoutier, Belle-Île et Ouessant. Cette dernière, Eunez-Eussia pour les bretons, sera d’ailleurs mise en musique à plusieurs reprises.

 

On remarque cette fois encore l’attirance forte de Claude vers la mer. Reprenant la maxime de Jules Verne ––« je n’aime que la liberté, la musique et la mer » –– celle-ci constitue une source d’inspiration fondamentale. Il se sent en osmose avec l’océan et ses tempêtes qui l’émerveillent. Cet attrait le poussera à acheter une petite maison de pêcheur qu’il aménagera à Belle-Ile-en-mer, jouissant du spectacle enivrant des tempêtes avec « des embruns à ne pas voir à 20 m devant soi », maison qui est toujours habitée par la famille.

 

Guillon-Verne devient par ailleurs membre du cercle celtique fondé par son ami Ladmirault, en 1919, occasion pour lui de connaître et d’utiliser dans ses œuvres quelques thèmes inspiré du folklore.

 

Il devient également membre du cercle des Beaux-Arts de Nantes qui diffuse musique et peinture et où il expose : en effet Claude a une autre corde à son arc : la peinture et surtout l’aquarelle, don héréditaire que l’on retrouve chez plusieurs membres de la famille dont Pierre Roy, un cousin, qui deviendra un peintre surréaliste célèbre. Pendant une dizaine d’année, jusque vers 1937, il délaissera même la composition pour l’aquarelle.

 

 

La tristesse d’une fin de vie

 

Sur les ailes du rêve exprime le rêve d’évasion d’un pilote et de sa fiancée pour s’unir dans l’azur céleste et quitter la terre. Cette cantate pour voix et orchestre, écrite après un survol de la région avec son fils Hubert, jeune et brillant pilote, est la dernière composition de Guillon-Verne qui nous reste. La 2ème guerre mondiale met en effet un terme à son œuvre de compositeur. « Il n’y a plus de pensées musicales possibles. « L’idée de guerre a remplacé …les idées ! toute beauté s’est éteinte »

 

Le 18 juin 1940, il s’installe à Belle-Île. Le lendemain 19 juin les Allemands entrent dans Nantes.

 

En juillet 1941 sa maison de Belle-Île est réquisitionnée par les Allemands qui installeront là des postes de défense et Claude rejoint Oudon jusqu’à la libération.

 

Malheureusement, les finances ne sont pas florissantes et les frais nécessaires à l’entretien de la propriété d’Oudon l’obligent à s’en séparer, la mort dans l’âme. Il s’installera avec Jeanne dans une petite maison, tout près du bassin du Hâvre, affluent de la Loire où il peut utiliser souvent sa barque, la « Mélisande ».

 

Il s’intéresse de plus en plus à l’astronomie : Ce goût « est affaire d’atavisme, atavisme qui vient, dit-on, de mon oncle, l’illustre Jules Verne ». Déjà dans sa jeunesse, la visite de l’observatoire de Paris avec un ami de la Schola, futur astronome, l’avait passionné. Il correspond régulièrement avec l’abbé Moreux, qui gère l’observatoire de Bourges. Il est abonné puis chroniqueur à La revue du ciel et achète même une lunette d’observation qui lui permet de photographier et, comme son oncle, il sera obsédé par le rayon vert.

 

Il passe ses dernières années entre Oudon et Belle-Île où il fait la connaissance d’Arletty qui vient l’été en vacances et avec laquelle il a sympathisé et joue aux échecs, « aussi mal l’un que l’autre » dira sa fille.

 

Il s’éteint à Oudon où il repose, le 10 février 1956 :  On retrouvera ce texte : « Mon Dieu, vous m’avez appelé parmi les hommes, je m’en irai où vous voudrez, quand vous voudrez. »

 

Danielle Taitz

(juin 2021)

 

 

 

 


L’association Claude Guillon Verne (ACGV) a pour but de faire connaître ce compositeur nantais, et de sortir de l’ombre ses œuvres en organisant des rencontres, des manifestations culturelles, des expositions  de documents (lettres, partitions, photos et archives diverses) et bien sûr  d’organiser des concerts.

 

Pour nous aider, vous pouvez adhérer à l’association, moyennant une cotisation de 15 €, valable pour l’année civile, en nous contactant. Vous serez tenu au courant régulièrement de l’avancée de nos démarches, par le blog ou par mails, et recevrez tous les mois les Causeries qui relatent avec photos à l’appui, la vie, la famille et les centres d’intérêt du compositeur.

 

Claude Guillon Verne pourra ainsi, grâce à nos efforts à tous, retrouver la place qu’il mérite dans l’histoire de la musique, et faire peut-être devenir réalité cette affirmation-fiction, prédisant après son décès que « mille ans après sa mort, sa mémoire n’aurait point pâlie »

 

Association Claude Guillon Verne (association loi 1901)

9 rue du 24 février, 44100 Nantes

danielle.taitz@numericable.fr

 

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