Au sujet de quelques œuvres de Jules Maugüé

(1869-1953)


 

 

Voici quelques extraits d'articles de presse ou de périodiques relatifs à des œuvres de ce compositeur nancéien, violoniste, compositeur et théoricien.

 

« Les Impressions d'un site agreste, de M. Jules Maugüé, témoignent de connaissances techniques incontestables, mais la trompette y intervient de façon bien intempestive. Il est vrai que cette fois elle n'est pas bouchée. Ce poème symphonique dont on nous donnait la première audition n'obtint qu'un accueil réservé. »

(Le Journal, 2 novembre 1908, p. 6)

 

« Aux Concerts Lamoureux : Dimanche, l'admirable orchestre dirigé par M. Camille Chevillard donnait, salle Gaveau, la première audition de l'oeuvre de M. Jules Maugüé : Impressions d'un site agreste. La facture de cette charmante pièce symphonique est d'une simplicité remarquable ; la ligne mélodique très originale et le coloris orchestral plein d'imprévu. Cette oeuvre fut très appréciée des musiciens. »

(L'Aurore, 5 novembre 1908, p. 3)

 

« Les Impressions d'un site agreste, de M. Jules Maugüé, ont une allure indécise et papillotante, formant contraste avec l'oeuvre si fermement écrite de M. Saint-Saëns. La dénomination de poème symphonique parait un peu prétentieuse pour ce tout petit tableau d'impressionnisme musical ; il y a là quelques motifs un peu secs et très sommairement ouvragés, parmi lesquels une assez jolie phrase que se passent les instruments. L'orchestration ne s'offre pas exceptionnellement brillante ou colorée. »

(Le Ménestrel, 7 novembre 1908, p. 356)

 

« Le 1er novembre, une autre oeuvre inédite, Impressions d'un site agreste de M. Jules Maugüé : composition honorable, un peu vieillotte, nullement désagréable avec sa danse rustique bien rythmée, mais d'une mélodie un peu courte. »

(Revue musicale de Lyon, 15 novembre 1908, p. 141)

 

« La dernière nouveauté qui nous y fut offerte, Impressions d'un site agreste, signée d'un compositeur tout à fait inconnu de moi, M. Jules Maugüé, dont les intentions sont sûrement bonnes et les efforts intéressants, mais qui n'arrive encore à produire que des pages bien impersonnelles, où les idées ainsi que la mise en œuvre sont de qualité très secondaire. »

(Journal des débats politiques et littéraires, 15 novembre 1908, p. 2)

 

« Deux Episodes légendaires, de M. Jules Maugué ce sont encore des tableaux descriptifs, l'un « la Fontaine aux corbeaux l'autre « le Scarabée géant ». Le premier dépeint un paysage hivernal en un motif syncopé et doux qui revient avec une insistance excessive aux diverses classes d'instruments et constitue la substance un peu grêle de cette page. Le « Scarabée géant », plus animé, expose en un large unisson des cordes un thème de quelques mesures qui, lui aussi, selon le même procédé, se répète à plusieurs reprises pour amener une conclusion brève sur des coups de timbales prolongés. L'accueil a été courtois, sans plus. »

(Le Gaulois, 16 novembre 1921, p. 4)

 

« Deux Épisodes légendaires, de Jules Maugüé. Musique descriptive, — qui, plutôt que des paysages ou des scènes, se propose de traduire symphoniquement des êtres. Et voici les corbeaux, avec leur vol qui se recourbe et de plus en plus se resserre, — jusqu'à l'instant où, la proie devenant proche, leur groupe n'est plus qu'une force unique et rectiligne ; — puis, dans la seconde pièce, le scarabée géant, entravé par sa propre masse et qui, après chaque bond, se rassemble et se ressaisit. Pour traiter de tels sujets, il faudrait une ample diversité de lignes mélodiques et de timbres, — une constante audace inventive. M. Maugüé, au contraire, semble s'être effrayé de sa pensée initiale, — et n'avoir su se décider ni pour une atmosphère de féerie ni pour une série de notations réalistes. »

(Le Ménestrel, 18 novembre 1921, p. 454)

 

« M. Jules Maugüé, de qui deux Episodes légendaires, versant dans la musique exclusivement descriptive, évoquent devant nous autant que faire se peut l'un, quelque paysage d'hiver sous l'intitulé de La Fontaine aux corbeaux, et. L’autre, je ne sais trop quoi sous le titre de Le Scarabée géant. Ne voilà-t-il pas quand même un bien singulier objectif musical ? »

(Journal des débats politiques et littéraires, 27 novembre 1921, p. 4)

 

« La semaine précédente, M. Paray nous avait révélé un poème symphonique de Jules Maugüé : Le cavalier à la tulipe noire. Galop fantastique d’une âme inquiète à la poursuite d’un idéal insaisissable, faisant d’abord trois cent soixante-cinq fois le tour de la terre, puis abordant successivement toutes les planètes pour sombrer enfin dans les abîmes du désespoir, cette légende, dont l’auteur reste anonyme mais qui pourrait bien être quelque romantique allemand, nous apparaît comme l’éternel désenchantement de tous les désirs humains qui s’évanouissent devant les tristes réalités, si loin que 1 homme aille les chercher. La musique de M. Maugüé, au point de vue purement technique, est évidemment intéressante. Adaptée à une conception littéraire moins extra-humaine, la conception sonore de M. Maugüé pouvait réaliser un ensemble séduisant. Elle a de la couleur et du pittoresque. Mais elle est loin de la sauvagerie, du dynamisme, de la fantasmagorie que requérait un tel sujet, quasi surnaturel et qu’on a peine à concevoir qu’un musicien, vu les ressources de nos orchestres terrestres, si limitées au regard des vastitudes infinies, ait eu, si respectable fût-elle, la témérité d’entreprendre. »

(Musique et Théâtre, 15 mars 1925, p. 11)

 

Collecté par Olivier Geoffroy

(mars 2021)

 

Note : le lecteur intéressé trouvera d'autres extraits de périodiques ainsi que de nombreuses informations sur Jules Maugüé dans l'ouvrage de Jean-Paul Montagnier intitulé "Catalogue des œuvres de Jules-Marie Laure Maugüé (Nancy, 1869-Paris, 1953) et autres documents sur sa vie et son œuvre" (Nancy, chez l’auteur, 2019. ISBN 978-2-9545458-1-3)

 

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