L'orgue Cavaillé-Coll du Palais de l'Industrie d'Amsterdam


 

Orgue Cavaillé-Coll du Palais de l'Industrie d'Amsterdam (DR.)

 

 

L'orgue Cavaillé-Coll du Palais de l'Industrie d'Amsterdam (1875) est instrument de grande valeur et unique à plus d'un titre dans la production du facteur (le cornet harmonique de 8 rangs ne constitue pas la moindre des curiosités de cet orgue). Les responsables hollandais avaient préféré s'adresser à Aristide Cavaillé-Coll et accepter l'orgue déjà monté qui se trouvait dans ses ateliers plutôt que de retenir le projet d'un facteur allemand qui ne proposait que deux jeux d'anches sur un ensemble de 45 jeux et pas même un cornet !

 

Avant même son installation au Palais de l'Industrie, l'orgue de la Manufacture parisienne avait déjà acquis une bonne réputation :

 

« AUDITION D'UN GRAND ORGUE CHEZ M. CAVAILLE-COLL.

M. Cavaillé-Coll vient de terminer un grand orgue de concert pour le Palais de l'Industrie d'Amsterdam. C'est là une conquête nouvelle de l'art français. Elle présente, cette fois, d'autant plus d'intérêt que la Hollande, célèbre jadis par les grands instruments de Christian Muller et de ses autres organiers du XVIIème siècle, était jusqu'à ce jour restée à peu près fermée aux progrès réalisés dans la facture instrumentale depuis bientôt un demi-siècle. M. Cavaillé-Coll, à qui ces progrès sont dus pour la plus grande part, va les affirmer à Amsterdam par un instrument d'une remarquable perfection. Si cet orgue n'atteint pas aux dimensions colossales de plusieurs de ceux dont il a doté Paris, ni même à celles du magnifique instrument de Sheffield, il peut sans désavantage paraître à côté d'eux, tant sous le rapport de sa puissance relative que sous celui de la richesse des effets. Il se distingue surtout par une pureté de timbre, par une délicatesse de sonorité qui lui créent une valeur exceptionnelle.

Ces qualités ont été mises en relief par les deux belles auditions que M. Widor a données ces jours derniers dans les ateliers de M. Cavaillé-Coll. — La première a eu lieu le samedi 17 de ce mois devant un auditoire d'élite. Plusieurs virtuoses y prêtaient leur concours. M. de Vroye tenait la flûte, M. Marsick le violon, M. Delsart le violoncelle, M. Diémer le piano. Quant au basson, au hautbois, à la clarinette, au quatuor d'instruments à cordes, à la contrebasse, aux trompettes brillantes et fières, on les entendait, on les cherchait des yeux. Et pourtant l'orgue seul ou, pour mieux dire, M. Widor seul avec l'orgue évoquait tour à tour ces absents et semblait même par instants se complaire à porter un malin défi d'imitation aux voix des vrais instruments qui l'entouraient. Les voix humaines de M. Cavaillé-Coll ont même lutté de charme et de timbre avec celles de Mme Trélat et de M. Waldeck dans plusieurs remarquables mélodies de M. Widor, qui n'est pas seulement un grand organiste.

La seconde audition de l'orgue d'Amsterdam a eu lieu, mardi dernier en présence de Mer le comte et Mme la comtesse de Paris. Cette fois le même pianiste Francis Planté, — de passage à Paris pour quelques heures, — secondait M. Widor. Le flûtiste de Vroye prenait également part au programme de cette seconde séance. Cette fois encore et les artistes et l'orgue ont conquis les suffrages les plus flatteurs et, à l'issue de la séance, les illustres visiteurs ont chaleureusement félicité M. Cavaillé-Coll sur les mérites de son nouveau chef-d'oeuvre Sous sa conduite, ils ont visité l'intérieur de l'orgue, et parcouru les ateliers.

A leur arrivée M. Cavaillé-Coll avait eu l'honneur de leur présenter les personnes invitées à l'audition et, en particulier les membres .de la Commission envoyée d'Amsterdam pour la vérification de l'instrument. »

(Le Ménestrel, 25 avril 1875, p. 166)

 

 

L'inauguration à Amsterdam donna lieu à des articles élogieux :

 

« — Tous les journaux hollandais sont pleins d'éloges à l'adresse de l'habile facteur d'orgues Cavaillé-Coll, et du superbe instrument qu'il vient de monter au Palais de l'Industrie d'Amsterdam. Nous avons déjà parlé dimanche de la solennité d'inauguration à propos de laquelle on nous envoie un article complet que nous avons le regret de ne pouvoir insérer in extenso, mais dont nous empruntons avec plaisir le dernier paragraphe. « La fin du concert, dit notre obligeant correspondant, a été un véritable triomphe pour M. Cavaillé-Coll et pour M. Guilmant. Rappelé, salué à trois reprises par les fanfares de l'orchestre, des bravos frénétiques et un tonnerre d'applaudissements, M. Guilmant gardera, nous n'en doutons pas, un vif souvenir de l'accueil dont il a été l'objet à Amsterdam. M. Cavaillé-Coll a reçu les plus chaleureuses félicitations de tout ce qu'il y avait d'artistes, de savants et de connaisseurs dans le nombreux auditoire. Quelques organistes qui ne peuvent se détacher des vieux errements soutiennent toutefois que le noble, riche et puissant instrument qu'il nous a donné n'est pas un orgue mais « un monde d'harmonies. » Somme toute, très belle et très bonne soirée où l'art néerlandais .et l'art français se sont dignement unis afin d'ouvrir pour Amsterdam et pour, le Palais de l'Industrie une ère nouvelle : celle des grandes exécutions de la grande musique. Terminons par une remarque. Au moment où les nations étrangères viennent demander à l'art français ces magnifiques instruments, n'est-il pas à désirer de voir placer dans notre Palais de l'Industrie à Paris, comme on vient de le faire à Amsterdam et comme cela existe depuis longtemps déjà à Londres, un orgue monumental qui représenterait dignement l'art national et qui rendrait possible l'organisation de ces grandes solennités musicales où des milliers de voix et d'instruments se réunissent pour l'interprétation des chefs-d’œuvre des grands maîtres, Bach, Haendel, Haydn, etc., et dont l'Angleterre et l'Allemagne nous donnent depuis longtemps de si fréquents exemples ».

Parmi les oeuvres exécutées au Palais de l'Industrie, à l'occasion de l'inauguration de l'orgue de M. Cavaillé-Coll, le même correspondant nous signale une cantate en trois parties, paroles du docteur Heije, composée par le chef d'orchestre du Palais, M. J.-M. Coenen. C'est, dit-il, une oeuvre importante, à l'allure chaleureuse, où la réunion des voix, de l'orchestre et de l'orgue produit des effets grandioses, et qui a été très-applaudie du public. »

(Le Ménestrel, 14 novembre 1875, p. 398)

 

 

Un ouvrage parut à son sujet :

 

« - « A la suite de l'inauguration récente d'un grand orgue au palais de l'Industrie d'Amsterdam, M. Philbert, chancelier du consulat français et amateur de musique des plus distingués, a voulu écrire une monographie sur ce remarquable instrument sorti des ateliers de Cavaillé-Coll, l'habile facteur de Paris. Mais, entraîné par son sujet, il a multiplié les chapitres : son opuscule qui est devenu un très intéressant traité de la facture : l'orgue ancienne et moderne. M. Philbert a pour l'orgue, son jeu, sa connaissance, sa construction, ses progrès, un goût profond, nous pourrions dire une véritable passion. Aussi a-t-il acquis sur ce sujet une ; compétence rare qui donne à son écrit une autorité et un attrait particuliers. Si nous ajoutons à ces mérites celui d'un style à la fois clair, abondant et imagé, nous en aurons dit assez pour recommander aux amateurs spéciaux l'étude de M. Philbert, qui a été éditée à Amsterdam, chez Binger, sous ce titre : l'Orgue du Palais de l'Industrie d'Amsterdam et la facture d'orgues modernes » (Univers).

(Le Ménestrel, 16 juillet 1876, p. 263)

 

 

Dans l'ouvrage en question (Amsterdam, Binger Frères, 1876), l'auteur donnait de précieux renseignements sur la construction de l'orgue et ses particularités :

 

« L'ornementation du buffet ; due à M. Alphonse Simil, architecte de la maison Cavaillé- Coll ; était d'ailleurs parfaitement conforme aux dessins joints au devis, riche, très élégante, bien appropriée à un instrument de concert et semblait devoir s'harmoniser d'une manière satisfaisante avec l'architecture du Palais de l'Industrie. »

(p. 110)

 

« Le personnel chargé de cette opération arriva à Amsterdam le 30 mai et un contre-maître, puis M. Cavaillé-Coll lui-même, vinrent inspecter la mise en train des travaux. Le matériel parvint à pied d'oeuvre en diverses expéditions consécutives et de vifs remerciements sont dus à l'administration des douanes néerlandaises pour l'extrême bienveillance qu'elle mit à accorder toutes les facilités compatibles avec ses devoirs.

L'ensemble du matériel était renfermé dans soixante caisses ou colis, mesurant cent vingt mètres cubes et pesant en totalité vingt-quatre mille kilogrammes. »

(p. 120)

 

« M. Cavaillé-Coll s'était spontanément décidé à y faire, en dehors du devis et tout-à-fait gratuitement, des modifications et des additions considérables. Ainsi, au buffet primitif dans lequel l'orgue avait été acheté, il avait fait ajouter, d'après les dessins de M. Simil, un élégant couronnement de huit pieds en montre, composé de vingt et un tuyaux, répartis entre trois tourelles et deux plates-faces ; agrandissement qui rehausse beau coup l'effet de l'ensemble décoratif, en y prêtant plus de grâce et de légèreté. Il avait introduit une Trompette et un Bourdon de seize pieds au clavier de récit et échangé contre une plus puissante la Clarinette qui s'y trouvait originairement. Enfin ; chose de beaucoup la plus importante ; tant pour donner aux deux claviers supérieurs, quelque excellents qu'ils fussent déjà, une perfection de toucher plus exquise encore, que pour mieux garantir la précision des tirages contre les influences du climat humide des Pays-Bas ; à l'appareil de leviers pneumatiques du grand-orgue il en avait ajouté deux autres, l'un pour le positif, l'autre pour le récit ; munis chacun d'un accouplement d'octave indépendant. »

(p. 123)

 

Le résultat sonore dépassait les espérances :

 

« En ce qui touche la puissance, une majestueuse ampleur est d'abord assurée par vingt-trois jeux de fond dont un de trente-deux pieds et quatre de seize pieds, fortement embouchés en général en vue de l'étendue du vaisseau, et parmi lesquels bon nombre de jeux de large mesure et plusieurs jeux harmoniques déploient une plénitude de timbre toute particulière.

A cette ampleur vient s'adjoindre l'énergie d'un magnifique grand-choeur de douze retentissants jeux d'anche, dont trois de seize pieds, six de huit pieds et trois de quatre pieds.

Cet ensemble grandiose est sobrement coloré par trois jeux seulement d’octaves suraiguës et cinq jeux de mutation. »

(p. 126)

 

« Ainsi le Principal du récit et la Viole de gambe du positif, sans perdre en rien de leur caractère de Principal et Viole de gambe, sont très-sensible ment différents des jeux de même nom placés au clavier du grand-orgue. Il en est de même des quatre Flûtes, toutes vraies flûtes et très belles, mais se discernant parfaitement l'une de l'autre. Les quatre Trompettes de huit pieds ont chacune leurs qualités distinctes : celle de la pédale d'une rondeur mâle et puissante ; celle du grand-orgue pleine de fierté, d'éclat, de tranchant ; celle du positif plus tendre et plus fine, celle du récit ferme, vive et chantante à la fois. Parmi les jeux de cette même famille, il convient encore de citer comme un chef d'œuvre de délicate perfection le brillant Clairon harmonique du positif, parlant sans reprise dans toute son étendue. […]

Les jeux ondulants, aux arpèges éoliens, la Voix humaine qui séduit l'oreille même la plus sévère, parce que sa sobre et délicate imitation, toute saisissante qu'elle soit, ne dépasse jamais un harmonieux reflet ; voilà certes encore de délicieux éléments de variété. Il n'est pas jusqu'aux jeux de mutation qui ne présentent des différences très accentuées. Ainsi le Cornet du positif est d'une espèce toute particulière. Dans une série complète de huit harmoniques par touche, il contient cet intervalle de septième mineure, d'un effet si neuf, dont M. Cavaillé-Coll a doté l'orgue. »

(p. 129-130)

 

Philbert donne également le détail du rapport de réception de l'instrument :

 

« La Commission s'est réunie, le 26 octobre 1875, dans la grande salle du Palais de l'Industrie, où M. Guilmant, organiste de l'église de la Trinité à Paris a fait entendre l'orgue dans différents morceaux. Elle a ensuite examiné, avec soin et dans le plus grand détail, la construction intérieure et extérieure de l'instrument et entendu séparé ment chacun des jeux dont il se compose.

D'après les résultats de cet examen, la Commission déclare à l'unanimité :

Que l'orgue est établi en conformité parfaite au traité passé entre les parties.

Qu'il est construit de la façon la plus largement com prise et d'après les méthodes les plus modernes, avec leviers pneumatiques (appareils Barker), réservoirs régulateurs, pédales de combinaison & c.

Qu'il se fait remarquer par le choix et la qualité des matériaux et par le soin apporté à la main d'oeuvre, jusque dans les plus petits détails.

Qu'il est surabondamment alimenté de vent et cela avec une si constante stabilité de pression, qu'en se servant de toute la force de l'instrument, on peut tenir d'une main soit une seule touche soit un accord entier, tandis que l'autre main frappe et détache de grands accords, sans qu'il soit possible de découvrir le moindre choc, la plus légère oscillation dans le vent.

Que la sonorité de l'instrument est puissante, d'une vigoureuse plénitude et suave tout à la fois.

Que chaque registre présente son caractère spécial et que la mise en harmonie est d'une grande égalité et excellente sous tous les rapports.

Que les jeux d'anche, en général, sont d'une qualité supérieure ; le Hautbois, la Clarinette et la Voix -humaine en particulier : nuancée par l'emploi du crescendo et du decrescendo, cette dernière est d'un effet magique.

Que ces moyens d'expression obéissent à l'organiste avec une égalité d'action qui ne saurait être surpassée.

Que l'attaque des claviers est aisée et légère alors même qu'ils sont accouplés tous ensemble et que le jeu des registres et des pédales est également d'une facilité qu'on ne retrouve dans aucun orgue des Pays-Bas.

Qu'en conséquence, cet orgue, dans son entier, doit être considéré comme un instrument d'une excellence entière ment hors ligne.

La Commission ne saurait, du reste, passer sous silence que M. Cavaillé-Coll, sans aucune indemnité pécuniaire, d'une façon entièrement désintéressée et uniquement par amour pour son oeuvre, y a ajouté divers perfectionnements non stipulés dans ses engagements et qui, portés au devis, auraient représenté une valeur de trois mille florins, (plus de six mille francs).

 

Ces perfectionnements ont principalement été les suivants :

Au clavier de récit la Dulciane de quatre pieds a été remplacée par une Trompette de huit pieds.

Le Quintaton de seize pieds a été transformé en Bourdon de seize pieds. Ces deux modifications ont, de plus, entraîné certains changements dans le mécanisme des registres.

Des leviers pneumatiques avec leurs accessoires ont été adaptés aux deux claviers du positif et du récit. Cette addition, tout en adoucissant le toucher, a permis d'établir des accouplements d'octave qui doublent la puissance de ces deux claviers.

Les proportions architectoniques de la partie centrale de la montre et du couronnement ont été considérable ment augmentées, ce qui a mis l'orgue mieux en rapport avec l'étendue et le style de la salle.

La Commission croit donc devoir décerner les plus grands éloges à cet excellent orgue et conclure, en toute sûreté de conscience, à ce qu'il soit reçu, comme remplissant largement les conditions stipulées.

 

Amsterdam, le 6 novembre 1875.

 

(Signé) : S. DE LANGE, président.

C. PHILBERT, vice- président.

J. M. COENEN,

A. GUILMANT,

G. A. HEINZE,

J. P. HEIJE,

J. A. VERHEIJEN,

S. W. WITTE,

J. DELPRAT, secrétaire. »

(p. 144-147)

 

 

Il fut une dernière fois question du livre de Philbert lors du décès de son auteur :

 

« NECROLOGIE.

Le 16 juin dernier est mort à Avranches, sa ville natale, un homme fort distingué qui, sans être musicien de profession, avait, par divers travaux fort intéressants, rendu de véritables services à l'art musical. Nous voulons parler de M. Charles Philbert, ancien consul général de France aux Pays-Bas, qui, avec un véritable talent, s'était beaucoup occupé de toutes les questions relatives à l'acoustique, ainsi qu'à la construction et à la facture des orgues. En 1876, M. Philbert publiait à Amsterdam un ouvrage important : L'Orgue du Palais de l'Industrie d'Amsterdam, la facture d'orgues moderne et la facture d'orgues néerlandaise ancienne et contemporaine. Ce livre avait une portée beaucoup plus haute que ne semblait l'indiquer son titre. L'auteur, en effet, ne se bornait pas à décrire le magnifique instrument construit par M. Cavaillé-Coll pour le palais d'Amsterdam; il faisait connaître, au point de vue général, le principe et les conditions mécaniques de l'orgue, traçait un historique rapide de la facture et de ses progrès dans les divers pays européens, constatait son état actuel et par conséquent la supériorité de la facture française, enfin, dressait en quelque sorte le procès-verbal de la construction et de la pose de l'orgue d'Amsterdam. On sentait que ce livre, fait avec le plus grand soin, était écrit par un homme de longue main familiarisé avec son sujet et chez qui l'amour de l'art était porté à son plus haut degré. Depuis lors, l'auteur avait publié divers autres écrits moins importants, mais non moins utiles, entre autres une description de l'orgue de Saint-Ouen de Rouen et, tout dernièrement, une Etude d'acoustique pour la détermination des dimensions des tuyaux d'orgues à anche battante, qui donnait une nouvelle preuve de l'étendue et de la sûreté de ses connaissances spéciales. M. Philbert, qui était chevalier de la Légion d'honneur et consul général honoraire, était âgé de soixante-six ans. »

(Le Ménestrel, 8 juillet 1894, p. 216)

 

 

Un certain nombre de concerts, orgue seul ou avec orchestre ou solistes, furent donnés au Palais :

 

« — Samedi 17 février, seconde audition d'orgue au palais de l'Industrie d'Amsterdam. Même succès artistique. Affluence de public bien plus considérable. Programme : prélude de Lemmens pour les jeux de fond, Scherzo de Widor, fugue en ut mineur de Bach, Allegretto de Guilmant, Andante et finale de la première sonate de Mendelssohn, improvisation. »

(Le Ménestrel, 25 février 1877, p. 102)

 

De moins en moins joué au fil du temps, l'instrument subit divers dégâts avant d'être démonté et stocké en 1917. Il fut transféré à la Philharmonie de Haarlem entre 1922 et 1924, modifié en 1965 et restauré en 2006. Avant son transfert à Haarlem, l'orgue subit des transformations (installation de sommiers pneumatiques, console neuve, changement d'ordre des claviers). Entre 1964 et 1965, la transmission a été électrifiée et quelques remplacements de jeux ont été effectués (unda-maris du positif transformée en tierce 1 3/5', notamment). La restauration de 2005-2006, effectuée par la Manufacture Flentrop, fut rigoureuse et destinée à rendre à l'instrument son caractère et ses timbres d'origine.

 

En voici la composition actuelle :

Grand-Orgue : Jeux de Fonds :  Principal 16', Bourdon 16', Montre 8', Bourdon 8', Flûte Harmonique 8', Salicional 8', Viole de Gambe 8', Prestant 4'. Jeux de Combinaison : Octave 4', Plein Jeu 7 rangs, Cornet 5 rangs, Bombarde 16', Trompette 8', Clairon 4'.

Positif Expressif : Jeux de Fonds : Flûte Travers 8', Viole de Gambe 8', Quintaton 8', Voix Céleste 8', Flûte Octaviante 4', Viole d'Amour 4'. Jeux de Combinaison : Quinte 2 2/3', Octavin 2', Cornet Harmonique 8 rangs, Cor Anglais 16', Trompette 8', Clairon 4', Trémolo.

Récit Expressif : Jeux de Fonds : Bourdon 16', Principal 8', Cor de Nuit 8', Unda-Maris 8', Flûte Douce 4', Dulciana 4', Voix Humaine 8'. Jeux de Combinaison : Doublette 2', Piccolo 1', Plein Jeu 6 rangs, Basson-Hautbois 8', Clarinette 8', Trompette 8', Trémolo.

Pédale : Jeux de Fonds : Sousbasse 32', Contrebasse 16', Flûte 8', Violoncelle 8', Flûte 4'. Jeux de Combinaison : Bombarde 16', Trompette 8', Clairon 4'.

Accouplement du Positif au Grand-Orgue, Accouplement du Récit au Grand-Orgue, Accouplement du Récit au Positif, Tirasse Grand-Orgue, Tirasse Positif, Tirasse Récit, Octaves Graves Grand Orgue, Octaves Graves Positif, Octaves Graves Récit, Anches Pédale, Anches Grand Orgue, Anches Positif, Anches Récit, Orage.

 

 

Elle est quasiment identique à celle qui fut relevée en 1885 :

 

Grand Orgue : Principal 16', Bourdon 16', Montre 8', Flûte Harmonique 8', Bourdon 8', Salicional 8', Viole de Gambe 8', Prestant 4', Octave 4', Plein Jeu Harmonique (III-IV rangs), Cornet V rangs, Bombarde 16', Trompette 8', Clairon 4'.

Positif : Flûte Traversière Harmonique 8', Quintaton 8', Viole de Gambe 8', Voix Céleste 8', Flûte Octaviante 4', Viole d'Amour 4', Quinte 2 2/3', Octavin 2', Cornet Harmonique VIII rangs, Cor Anglais 16', Trompette 8', Clairon 4', Trémolo.

Récit : Bourdon 16', Principal 8', Cor de Nuit 8', Unda-Maris 8', Flûte Douce 4', Doublette 2', Piccolo 1', Plein Jeu Harmonique (II-V rangs), Trompette 8', Basson-Hautbois 8', Clarinette 8', Voix Humaine 8', Trémolo.

Pédale : Sousbasse 32', Contrebasse 16', [Grosse] Flûte 8', Violoncelle 8', Flûte 4', Bombarde 16', Trompette 8', Clairon 4'.

Effet d'Orage, Accouplement Grand Orgue sur machine, Expression Positif, Expression Récit, Tirasse Grand Orgue, Tirasse Positif, Tirasse Récit, Accouplement Positif sur Grand Orgue, Accouplement Récit sur Grand Orgue, Accouplement Récit sur Positif, Octaves Graves Grand- Orgue, Octaves Graves Positif, Octaves Graves Récit, Combinaisons Pédale. Combinaisons Grand Orgue, Combinaisons Positif, Combinaisons Récit.

 

 

Et voici enfin celle de l'instrument entre 1964 et 2004 :

 

Grand-Orgue : Principal 16', Bourdon 16', Montre 8', Bourdon 8', Flûte Harmonique 8', Salicional 8', Viole de Gambe 8', Octave 4', Doublette 2', Flûte 2', Cymbale 4-6 rangs, Plein Jeu 7 rangs, Cornet 5 rangs, Bombarde 16', Trompette 8', Clairon 4'.

Positif Expressif : Flûte Traversière Harmonique 8', Viole de Gambe 8', Quintaton 8', Voix Céleste 8', Bourdon 8', Flûte Octaviante 4', Viole d'Amour 4', Quinte 2 2/3', Octavin 2', Cornet Harmonique 8 rangs, Cor Anglais 16', Trompette 8', Clairon 4', Trémolo.

Récit Expressif : Bourdon 16', Principal 8', Nachthorn 8', Flûte Douce 4', Doublette 2', Tierce 1 3/5', Piccolo 1', Plein Jeu 6 rangs, Basson-Hautbois 8', Clarinette 8', Trompette 8', Voix Humaine 8', Trémolo.

Pédale : Sousbasse 32', Contrebasse 16', Sousbasse 16', Flûte 8', Violoncelle 8', Bourdon 8', Octave 4', Bombarde 16', Trompette 8', Clairon 4'.

Accouplement du Positif au Grand-Orgue, Accouplement du Récit au Grand-Orgue, Accouplement du Récit au Positif, Tirasse Grand-Orgue, Tirasse Positif, Tirasse Récit, Tirasse Grand-Orgue en 4', Octaves Graves du Récit, six combinaisons ajustables, Appel Jeux de Combinaison.

 

 

 

Les autres orgues Cavaillé-Coll en Hollande

 

 

Amsterdam, église Saint-Jean et Sainte-Ursule (chapelle du Béguinage)

L'orgue fut livré le 25 décembre 1879 (opus 530/668) à « l'Hospice Saint-Bernard » d'Amsterdam et inauguré le 6 février 1880. L'orgue ne possédait que 6 jeux et demi à l'origine (sans boîte expressive) et la doublette a été ajoutée en 2010 lors de la restauration et du transfert de l'instrument dans l'église Saint-Jean. A l'occasion d'une réparation en 1910, l'octavin 2' fut remplacé par une voix céleste. Cinq ans plus tard, l'orgue était déplacé dans la nouvelle chapelle de l'asile.

 

Composition :

Manuel (54 notes) : Montre 8', bourdon 8' (basse) – flûte harmonique 8' (dessus), voix céleste 8', prestant 4', doublette 2', trompette 8', hautbois 8' (dessus)/

Pédale (20 notes) en tirasse. Appel et renvoi trompette.

 

 

Amsterdam, église Saint-Augustin

L'instrument a été livré le 1er septembre 1881 (opus 545/ 669) et a connu différentes affectations : ancienne église Saint-Augustin puis, en 1932, dans la nouvelle église remplaçant l'ancienne démolie deux ans plus tôt et enfin dans la chapelle qui remplace actuellement la nouvelle église démolie à son tour en 1979.

 

Composition :

Grand Orgue :  Bourdon 16', Montre 8', Salicional 8', Bourdon 8', Flûte Harmonique 8', Prestant 4', Flûte Douce 4', Plein Jeu 2 à 5 rangs.

Récit Expressif : Cor de Nuit 8', Viole de Gambe 8', Voix Céleste 8', Flûte Octaviante 4', Basson 16', Trompette 8', Basson et Hautbois 8', Clairon 4'.

Pédale : Soubasse 16', Basse 8', Basson 16', Trombone 8'.

Tirasse du Grand Orgue, Tirasse du Récit, Copula des Claviers, Tremblant Récit, Effet d'Orage, Tacet, Sonnette.

Les jeux de pédale sont empruntés aux manuels.

 

 

Den Haag (La Haye), église Wallone

L'orgue a été livré le 5 novembre 1885 (opus 608/670) et inauguré le 9 novembre de cette même année. Il a fait l'objet de modification dans sa composition mais a finalement été restauré dans son état originel en 1983-84, à l'exception d'un cornet ajouté au grand-orgue.

 

Composition :

Grand-Orgue : Bourdon 16', Montre 8', Salicional 8', Flûte Harmonique 8', Bourdon 8', Prestant 4', Cornet 5 rangs, Plein Jeu 3-4 rangs.

Récit Expressif : Cor de Nuit 8', Viola de Gamba 8', Voix Céleste 8', Flûte Octaviante 4', Octavin 2', Basson 16', Trompette 8', Basson et Hautbois 8', Clairon 4', Trémolo, Tacet.

Pédale : Soubasse 16', Basse 8', Violoncelle 8', Bourdon Doux 8', Basson 16', Trompette 8'.

Tirasse Grand-Orgue, Tirasse Récit, Copula, Appel et renvoi Plein Jeu, Appel et renvoi Grand Choeur.

Les jeux de pédale sont empruntés aux manuels.

 

 

Hilversum, église de la Toussaint

L'ancien orgue Mutin construit en 1910 pour le salon de Mme Sulzbach a été transféré en 1940 à Hilversum dans l'église Saint-Joseph avant de connaître un nouveau déménagement pour l'église de la Toussaint en 1999. L'ensemble de l'instrument est en boîte expressive et les tuyaux de façade sont des chanoines.

 

Composition :

Grand Orgue (56 notes) : Bourdon 16', Montre 8', Bourdon 8', Flûte Harmonique 8', Salicional 8', Prestant 4'.

Récit (56 notes) : Cor de Nuit 8', Viole de Gambe 8', Voix Céleste 8', Flûte Octaviante 4', Quinte 2 2/3', Octavin 2', Tierce 1 3/5', Basson 16', Trompette Harmonique 8', Basson-Hautbois 8', Voix Humaine 8'.

Pédale (30 notes) : Soubasse 16', Flûte 8' Basse Douce 8', Trombone 16', Tuba 8'.

Tirasse Grand Orgue, Tirasse Récit, Récit Unisson (accouplement II/I), Récit Octave Grave, Appel Anches, Appel Montre, Trémolo.

Les jeux de pédale sont empruntés aux manuels.

 

 

Leuwarden, église Saint-Boniface

Cet orgue de choeur a été livré le 25 août 1886 (opus 583/671) au « Gymnase de Matwijk » (Matwyk-sur-Rhin) (collège des Jésuites). L'orgue a été acheté par le facteur Pels en 1945 et a terminé son périple en 1984 lorsqu'il a été remonté dans l'église Saint-Boniface.

 

Composition :

Manuel (54 notes) : Bourdon 8' (basse) – flûte harmonique 8' (dessus), prestant 4' (basse et dessus), doublette 2' (basse et dessus), trompette 8' (basse et dessus).

La pédale de 25 notes est accrochée au manuel.

 

 

Nunspeet, église de Sion

L'orgue avait été construit en 1876 pour le festival d'Anvers, livré le 27 août, cette année-là (opus 386-379/590). Il a ensuite été installé dans la chapelle des pères rédemptoristes d'Anvers avant d'être vendu à Nunspeet en 1971 et d'être installé dans l'église qui l'accueille aujourd'hui.

 

Composition :

Grand-Orgue (54 notes) : Bourdon 16', Principal 8', Flûte Harmonique 8', Prestant 4'.

Récit (54 notes) : Violoncelle 8', Flûte Octaviante 4', Plein-Jeu 1 à 4 rangs, Trompette 8', Clairon 4'.

Pédale (27 notes ; 20 à l'origine) : sans jeu réel.

Accouplement des Claviers, Tirasse Grand Orgue, Tirasse Récit, Trémolo.

Le clairon 4 a été ajouté a posteriori sur une chape en flanc de sommier mais est de facture Cavaillé-Coll.

 

 

Oosterhout, chapelle des sœurs bénédictines (Abbaye Notre-Dame)

L'orgue est un Mutin-Cavaillé-Coll construit en 1914. La transmission mécanique d'origine fut remplacée par une traction pneumatique en 1930 (Pels) et la composition fut modifiée. De nouvelles réparations en 1972 affectèrent une nouvelle fois la composition.

 

Composition actuelle :

Grand Orgue (56 notes) : Bourdon 16', Montre 8', Flûte Harmonique 8', Gambe 8', Bourdon 8', Prestant 4', Flûte 4', Octave 2', Mixtur III-V rgs, Hautbois 8'.

Récit expressif (56 notes) : Cor de nuit 8', Dulciane 8', Voix Céleste 8', Prestant 4', Flûte Octaviante 4', Nasard 2 2/3', Flageolet 2', Tierce 1 3/5', Basson 16', Trompet 8'.

Pédale (30 notes) : Flûte 16', Soubasse 16'.

Accouplement Grand Orgue - Récit, Tirasse Grand Orgue, Tirasse Récit, 2 combinaisons libres, 6 combinaisons fixes, crescendo, transpositeur.

 

Composition en 1930 :

Grand-Orgue : Bourdon 16', Montre 8', Flûte Harmonique 8', Salicional 8', Bourdon 8', Prestant 4', Mixture, Trompette Harmonique 8'.

Récit expressif : Principal 8', Flûte Traversière 8', Cor de Nuit 8', Dulciane 8', Voix céleste 8', Flûte Octaviante 4', Nasard 2 2/3', Flageolet 2', Basson 16', Basson-Hautbois 8'.

Pedale : Flûte16', Soubasse 16'.

 

Un orgue de choeur avait également été commandé à Mutin pour l'abbaye mais il semble avoir disparu.

 

 

Panningen, séminaire Saint-Joseph (séminaire lazariste)

Un orgue a été commandé à Mutin-Cavaillé-Coll en 1912 pour ce séminaire. La console est en fenêtre latérale.

 

Composition :

Grand' Orgue (56 notes) : Bourdon 16', Montre 8', Flûte Harmonique 8', Prestant 4'.

Récit Expressif (56 notes) : Cor de Nuit 8', Viole de Gambe 8', Voix Céleste 8', Flûte Octaviante 4', Trompette 8', Basson-Hautbois 8'.

Pédale (30 notes) : Soubasse 16', Basse Ouverte 8'.

Les deux jeux de pédale sont empruntés au grand-orgue.

 

 

Wassenaar, église

L'orgue de salon Mutin-Cavaillé-Coll avait été construit vers 1905 avant d'être vendu et posé en 1936 dans la chapelle des Ursulines de Wassenaar puis déplacé dans l'église paroissiale en 1999. L'ensemble de l'orgue est en boîte expressive, à l'exception de la montre.

 

Composition :

Grand Orgue (56 notes) : Bourdon 16', Montre 8', Flûte Harmonique 8', Bourdon 8', Prestant 4'.

Récit (56 notes) : Cor de Nuit 8', Dulciane 8', Eoline 8', Flûte Douce 4', Nasard 2 2/3', Plein Jeu 3 rangs, Basson 8'.

Pédale (30 notes) : Soubasse 16'.

Tirasse Grand Orgue, Tirasse Récit, Copula au 1er Clavier Récit Uni (accouplement II/I), Copula au 1er Clavier Récit o.g. (II/I en 16), Jeux de Combinaisons Récit, Expression Grand Orgue, Expression Récit.

La soubasse de pédale est empruntée au bourdon 16' du grand-orgue.

 

Olivier Geoffroy

(mars 2021)

 

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