Amédée REUCHSEL

 (Lyon, 21 mars1875 – Montereau, 10 juillet 1931)



 

 

Si de cette dynastie de musiciens lyonnais Eugène Reuchsel (1900-1988), pianiste virtuose, demeure actuellement le plus connu, son père Amédée a beaucoup servi la musique dans différentes compositions notamment pour orgue, usant d'un langage romantique empli d'accords altérés, qui rappelle celui de César Franck mais toutefois légèrement moins chromatique que celui du Pater seraphicus.

 

Amédée Reuchsel, fils de Léon (1840-1915), organiste à Lyon, fut élève du Conservatoire Royal de Bruxelles où il eut entre autres Alphonse Mailly pour maître. Il y obtint les premiers prix d'orgue, d'harmonie, de contrepoint et de composition. Il étudia ensuite auprès de Gabriel Fauré. Il fut organiste de la chapelle du Lycée Ampère de Lyon où il avait été élève, puis au Grand Temple avant de monter à Paris et d'être nommé organiste de Saint-Denis-du-Saint-Sacrement. Il s'adonna avec succès à la composition et outre quelques ouvrages pédagogiques, on lui doit des pièces de qualité dans des genres variés (opéra-comique, ballet, musique de chambre, musique orchestrale, œuvres pour orgue).

 

Voici deux portraits du musicien glanés dans la presse du début du XXème siècle :

 

     « Nous ignorons trop nos gloires lyonnaises et notre indifférence vis-à-vis de nos plus illustres compatriotes est excessive et vraiment coupable. Nous voudrions réagir contre cette tendance, essayer d'enrayer un mouvement plus nationaliste, en notant en quelques lignes la biographie des plus justement glorieux fils de Lugdunum.

     Amédée REUCHSEL, officier d'académie et de plusieurs ordres français et étrangers, compositeur, organiste du Nouveau-Temple, professeur au Lycée, membre des jurys d'examens au Conservatoire, est né à Lyon, en 1875, d'une famille bien française comme l'indique son nom à la sonorité si franchement gauloise. Il est le fils aîné de Léon Reuchsel-Dieu (professeur éminent, organiste distingué, auteur émérite de l'Art pianistique et de tant d'autres poèmes délicatement pédagogiques et finement littéraires dont une critique ignorante et partiale essaya vainement de nier la beauté, l'inspiration et la vie, chevalier de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, plusieurs fois lauréat de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Lyon, etc.). Dès le berceau, il s'adonna avec ardeur à cet art divin de la musique qui devait être la passion de toute sa vie. Les bonnes leçons ne lui manquèrent pas et, ses étonnantes dispositions naturelles aidant, il connut à fond, et dès l'âge le plus tendre, les secrets abscons de l'Indépendance des doigts et du Parfait Mécanisme, d'après les méthodes ingénieuses (dirai-je géniales ?...) instaurées par son éminent père. Pourtant l'étude de la musique ne faisait pas négliger au jeune Amédée les autres branches de l'activité humaine. Bien loin de là! Il fut un des meilleurs élèves du lycée Ampère et, à 16 ans 1/2, il était bachelier ès-lettres ! Peu de temps après, il obtenait, à un concours de l'Académie de Lyon, le prix Ampère-Chevreux, et partait à Bruxelles, puis à Paris, pour achever au Conservatoire ses études musicales. Il resta absent pendant huit années de sa ville natale et y revint, nous dit l'auteur à qui nous empruntons ces détails biographiques « avec cinq premiers prix et un talent aussi solide que brillant ». Depuis son retour à Lyon, l'histoire d'Amédée Reuchsel se confond avec l'histoire musicale de notre ville. Il ne se passe pas de jours sans que la personnalité, pourtant point encombrante, du musicien ne soit mise en vedette. Chaque hiver, Amédée donne, avec son frère Maurice, une série de concerts d'un vif intérêt ; notons spécialement ceux de la Sonate ancienne et moderne, de la Société de Musique ancienne), fondées par les deux frères, et signalons simplement les immenses succès remportés presque quotidiennement par notre artiste comme organiste du Nouveau-Temple. Comme compositeur le bagage d'Amédée Reuchsel est considérable ; citons : Pièces pour grand orgue, Transcriptions pour orgue, une cinquantaine de morceaux de piano, plus de soixante mélodies, quinze motifs pour soli, chœurs et orgue ; Chants moraux pour les collèges, Sonate pour piano et violon, une Messe, Attila, poème symphonique ; Cantate en trois parties, Ronde joyeuse, scène lyrique ; Lugdunum, pièce d'ombres ; Ouverture symphonique pour un drame quelconque, jouée à la Symphonie Lyonnaise en 1903 avec un succès colossal ; une Suite d'orchestre, un opéra-comique en trois actes, encore innommé et inédit ; enfin une vingtaine de chœurs pour orphéons. Parmi ces derniers, il faut citer l'Ode à la République exécuté dernièrement au Grand-Théâtre avec un succès énorme et dont la beauté impressionnante a désarmé les critiques les plus grincheux. La place nous manque pour dire les qualités morales et faire le portrait physique de notre éminent et modeste compatriote. Disons seulement que sa physionomie sympathique et attirante est le miroir de son âme simple et sereine, âme d'un grand artiste d'autrefois attardé dans notre misérable XXème siècle, et concluons avec l'Annuaire des Artistes : « Amédée Reuchsel est une des personnalités les plus marquantes du monde artistique lyonnais ».

(Th. M, « De viris illustribus » in : La Houle, revue d'art, de littérature et de combat, Lyon, mai 1905, p. 27-29)

 

[Note Musica et Memoria : Concernant l’origine de la famille Reuchsel, Th. M., l’auteur de cet article ignorait probablement à l’époque qu’en réalité elle était originaire du duché de Saxe-Meiningen (Allemagne, actuel land de Thuringe) ; c’est Johann Reuchsel (1791-1871), chef d’orchestre du Théâtre royal de Wurtzbourg (Bavière), qui émigra en France au début des années 1820, à Nuits-Saint-Georges, comme maître de musique et organiste, avant de s’installer à Lyon sous le Second Empire. C’était le grand-père d’Amédée]

 

     « M. Amédée Reuchsel, ancien élève de G. Fauré au Conservatoire de Paris, est un musicien de race. Il est fils d'un artiste lyonnais réputé qui, pendant cinquante ans, a fait résonner les magnifiques orgues de St-Bonaventure, et le frère de M Amédée Reuchsel, violoniste de talent et rédacteur en chef d'un journal de musique qui a beaucoup contribué au mouvement musical de la seconde ville de France. M. Reuchsel a fait, en même temps que le dur apprentissage de l'organiste-compositeur, de fortes études littéraires. J'insiste sur ce point, car je suis désolé de voir tous les jours la pauvreté intellectuelle et l'ignorance des jeunes gens qui se destinent à la musique. Nos musiciens sont en général trop des « professionnels » ; ils n'ont pas assez de culture générale. Déjà connu avantageusement comme pianiste par ses séances de musique de chambre et comme claveciniste par les concerts de la Société Lyonnaise des Instruments Anciens, M. A. Reuchsel s'est fait, comme compositeur, surtout dans le genre si difficile et si noble de la musique de chambre, une réputation de bon aloi que beaucoup pourraient lui envier. Sa belle Sonate de violoncelle, son Quatuor avec piano, son Trio pour violon et violoncelle ont été joués à Paris et dans les principales villes de province avec un réel succès. Outre un Quatuor à cordes et une Sonate pour piano et violon, M. A. Reuchsel prépare pour ces admirables instruments à vent (trop dédaignés en dehors de leur emploi à l'orchestre, ce qui oblige leurs spécialistes à ne jouer que de la musiquette !) un Sextuor pour piano, flûte, hautbois, clarinette, cor et basson. Quoique jeune (il est né en 1875), M. Amédée Reuchsel a derrière lui un bagage composé de plus de 60 œuvres de haute musicalité (pièces d'orgue, motets, poème et ouverture symphonique, suite d'orchestre, chœurs de femmes et scènes chorales à 4 voix d'hommes, etc.). Déjà, son talent vient d'être consacré par l'Institut de France, qui lui a décerné, dans sa séance du 30 mai dernier, le prix Chartier (pour la musique de chambre). Les dilettantes sont en droit d'attendre beaucoup de ce noble artiste qui va bientôt, j'espère, nous donner son premier drame lyrique. »

(Clément Morro, « Amédée Reuchsel » in : Revue Moderne des arts et de la vie, Paris, juin 1908, p.  7)


Solfèges d'Amédée Reuschel
Amédée Reuchsel a publié 16 à 18 volumes de leçons de solfège (selon la manière dont on compte les exemplaires "bis").
Les illustrations suivantes extraites des volumes 7 et 8 montrent la diversité de leur contenu.

Extraits choisis du répertoire classique.


Exercices en diverses clés et à changements de clés.


La véritable étude de la lecture en transposition: avec les clés.
(Coll. Michel Baron)

 

 

 

Catalogue non exhaustif d'oeuvres d'Amédée Reuchsel

 

Musique de chambre :

 

-       Fantaisie Appassionata pour clarinette et piano

-       Premier Quatuor en ré mineur (deux violons, alto et violoncelle)

-       Quatuor pour violon, alto, violoncelle et piano

-       Trio pour violon, violoncelle et piano

-       Sextuor pour flûte, hautbois, clarinette, basson, cor et piano

-       Sonate pour violon et piano

-       Deuxième Sonate pour violon et piano

-       Ballade pour hautbois et piano

-       Cantilène pour violoncelle et piano

-       Rêverie pour violoncelle et piano

 

Musique pour piano :

 

-       Ballade

-       Barcarolle

-       Capriccio

-       Chanson de Provence

-       Chant hindou

-       Danses hongroises

-       Elégie

-       Gavotte à l'antique

-       Gavotte de Lorraine

-       Loure normande

-       Chant de mai

-       Menuet de concert

-       Murmures printaniers

-       Orientale

-       Petite russienne

-       Pièces caractéristiques

-       La Plainte du torrent

-       Scène de ballet

-       Sérénade florentine

-       Tarentelle

-       Triptyque n°1

-       Trois Préludes et fugatos en octaves

-       Valse arabesque

-       Zuleika

 

Musique pour orchestre :

 

-       Brise d'Orient

-       Chanson et danse d'Aïcha

-       Chevauchée dramatique

-       Conte d'autrefois

-       Course dramatique

-       Dans la tempête

-       Dans les pampas

-       Deuil

-       Divertissement hindou

-       Epithalame (violoncelle solo et orchestre)

-       Fileuses bretonnes

-       Les Gnomes

-       Heroïca Polonia

-       Joyeuses Pierrettes

-       Marche montmartroise

-       Mélodrames (nos 1, 2, 3, 4, 5, 6)

-       L'Oasis

-       Perdus dans la tourmente

-       Poème héroïque (violoncelle et orchestre)

-       Poursuite nocturne

-       Remembrance

-       Le Rêve de Psyché (violon solo et orchestre)

-       La Rixe

-       Sérénade (violon solo et orchestre)

-       Un soir à Rio

-       Sur les bords du Nil

-       Tendresse éperdue

-       Les Titans

 

Mélodies (chant et piano) :

 

-       L'Hiver

-       Noël de la Grande Guerre

-       Hymne au printemps

-       Reliques d'amour

-       Le vieux beffroi

-       Hymne à la Serbie

-       Caprice fleuri

-       Le coq gaulois

-       Courte pensée

-       Dernier aveu

-       Dix chansons morales et pittoresques

-       Dors petit ange !

-       Elégie d'amour

-       L'Eté

-       Les Glorieuses

-       Grande nature

-       Invocation

-       La Mer

-       La Pâquerette

-       Sourire d'avril

 

Choeurs :

 

-       Au génie des arts

-       L'Aurore

-       Aux poètes

-       Echo d'Espagne

-       Fête païenne

-       Les fiancés bretons

-       Fructidor

-       La Grand' veillée

-       Hymne à la nature

-       Hymne au soleil

-       La libération des esclaves

-       Liberté, égalité, fraternité

-       Ode à la République

-       L'orgie romaine

-       Le rêve de la terre

-       La séparation des apôtres

-       Sillons fleuris,

-       Le triomphe

-       Le Vallon

-       Vesper

-       La légende de sainte Geneviève

-       Muguets et printemps

-       Nuit en mer

-       Le Rêve des bucherons

-       Le roi des airs

-       La Ronde des songes

-       Le Vieux Nil

 

Oeuvres lyriques :

 

-       Le chant des houles

-       Daniel (oratorio)

-       Le Moulin enchanté (opéra-comique)

 

Ballet :

 

-       Pas des houris

 

Musique vocale religieuse :

 

-       3 Tantum ergo

-        Cantique à Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus

-       Deux Motets

-       Hymne de Pâques

-       Sub tuum

-       Tantum ergo n°4

 

Musique pour orgue :

 

-       Dix pièces nouvelles (Pastoral, Allegro symphonique, Méditation, Fantaisie-Choral, Berceuse de Noël, Introduction et Canon, Elégie, Marche triomphale, Printemps, Toccatina)

-       1ère Sonate

-       2ème Sonate

-       3ème Sonate

-       Prélude gothique

-       Interlude en mi majeur

-       Fugue en la mineur

-       Postlude festival

-       Pièces d'orgue (Prélude, Cantabile, Fantaisie, Carillon, Grand-Choeur)

 

Ouvrages pédagogiques :

 

-       Théorie abrégée de la musique

-       Solfèges

 

Transcriptions :

 

-       Extraits de la Passion selon Saint-Mathieu de Bach pour orgue

-       Extraits du Messie de Haendel pour orgue

 

Documentation recueillie par Olivier Geoffroy    


 

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