Félicien Wolff
(1913 - 2012)


 

Félicien Wolff
photo X..., coll. : wolff.felicien.free.fr

 

 

Organiste et compositeur, ancien candidat au Prix de Rome, Félicien Wolff est né à Elbeuf (Normandie) le 21 juillet 1913. Au conservatoire de Paris, entre 1931 et 1934, il fut l'élève de la classe d'orgue de Marcel Dupré (1886-1971), de la classe de fugue de Noël-Gallon et de la classe d'histoire de la musique de Maurice Emmanuel (1962-1938). Il remporta le premier prix dans chacune d'elles : fugue en 1933, orgue-improvisation – après un deuxième prix en 1933 - et histoire de la musique en 1934. Dans le même établissement, il étudia également la composition avec Paul Dukas (1865-1935). En parallèle, il suivit des études à la Sorbonne dont il sortit licencié ès lettres (allemand). C'est au moment où il entrait en loge pour le prix de Rome qu'il apprit la mort de son professeur Paul Dukas (mai 1935).

 

Voici ce qu'on pouvait lire à propos de sa cantate Le Château endormi (scène lyrique de Bertrand Simandre) pour ce prestigieux prix de composition dans un compte-rendu sur le « Concours de Rome » par Paul Bertrand dans Le Ménestrel du 5 juillet 1935 (p. 225) :

 

« M. Félicien Wolff, le benjamin du concours, né le 21 juillet 1913 à Saint-Aubin-les-Elbeuf, élève de Paul Dukas. Sa Cantate fut chantée par Mme Ninon Guérald, Mlle Drouot et M. Maurice Prigent, avec, au piano, Mlle France Ellegaard et M. Tony Aubin. C'est un devoir d'élève fort honorable, dont les musiciens ont certainement apprécié l'intérêt technique, mais qui n'accuse pas un grand effet qui, dominé par des préoccupations de musique pure, ne s'attache que rarement à trouver la musique correspondant aux paroles.

En résumé, concours assez médiocre. C'est sans doute un signe des temps... »

 

Et dans le Journal des débats politiques et littéraires du 26 juillet 1935, p. 4 :

 

« Enfin, M. Pierre Lantier a de la sincérité, de la clarté et M. Félicien Wolff, une technique honorable mais peu d'idées en rapport avec le sujet. »

 

Après un séjour à Clermont-Ferrand où il fut organiste, il s'installa avec sa famille au début des années 1950 à Grenoble où le conservatoire de Région l'accueillit comme professeur de piano puis d'orgue et enfin d'écriture musicale. En outre, il fut titulaire, dans cette ville, de l'orgue de la collégiale Saint-André entre 1970 et 2008, succédant à cette tribune à Marguerite Amiez-Faque. Le directeur du conservatoire de Grenoble Eric-Paul Stekel (1989-1978) incita notre musicien à poursuivre son œuvre de composition entreprise avant et après la Seconde Guerre mondiale. C'est ainsi que de nombreuses pièces virent le jour. Elles ont été publiées, en partie, assez tardivement par les éditions Delatour. En plus d'un ballet (Les Plaideurs, d'après Jean Racine), de quelques pièces concertantes et d'un ouvrage pédagogique (Deux cents dictées musicales, Paris, Editions ouvrières, 1961 et 1962), on relève pour l'orgue un certain nombre d'oeuvres de difficulté variée, certaines sans partie de pédale, d'autres plus complexes mais toujours d'un langage accessible et de bon goût, parfois classique avec des accents folkloriques, parfois plus symphonique et riche : Deux fugues « in memoria », Six marches sous forme de suite pour la venue du printemps, Prélude et fugue en si bémol majeur, Prélude et ricercare sur le nom du père Anglès d'Auriac, La traversée de la Mer Rouge, Triptyque en forme de variations sur le nom de Marcel Dupré, Suite « Peinture sur bois », Trois Noëls variés, Deux chants traditionnels pour la liturgie de Noël.

 

Il fut également appelé à se produire en concert comme soliste ou accompagnateur, en France et à l'étranger. Paris-Midi, dans son numéro du11 mai 1936, p. 7, écrivait :

 

« La Société des amis de l'orgue a fait entendre M. Félicien Wolff à l'église de La Trinité au cours d'un concert plein d'intérêt. A signaler l'exécution par ce jeune organiste d'une fugue sur BACH de Schumann, remplie de grâce légère et d'une passacaille de lui-même. »

 

Félicien Wolff s'est éteint le 16 février 2012.

Olivier Geoffroy

(février 2019)

*

 

Composition de l'orgue de la collégiale Saint-André de Grenoble à l'époque où Félicien Wolff en était le titulaire :

 

Orgue Anneessens (1898), augmenté par Michel Merklin-et-Kühn (1935), puis par Ruche (1943) :

 

Grand-orgue (56 notes) : Montre 16', bourdon 16', montre 8', bourdon 8', flûte harmonique 8', violon 8', prestant 4', doublette 2', plein-jeu IV rgs, cornet II-V rgs, bombarde 16', trompette 8', clairon 4'.

Positif expressif (56 notes) : Quintaton 16', cor de nuit 8', salicional 8', flûte 4', nasard 2 2/3', flageolet 2', tierce 1 3/5', piccolo 1', trompette 8', cromorne 8'.

Récit expressif (56 notes) : Diapason 8', flûte d'orchestre 8', gambe 8', voix céleste 8', fugara 4', flûte d'écho 4', plein-jeu III rgs, trompette 8', basson-hautbois 8', voix humaine 8', clairon 4'.

Pédale (32 notes) : Contrebasse 32', contrebasse 16, soubasse 16', flûte basse 8', bombarde 16', trompette 8', tuba 8', clairon 4'.

Acc. En 16, 8, 4, acc. I/I en 4, II/II et III/III en 16 et 4, tir. I, II et III en 8 et 4, trémolo III.

 

*

 

 

Note de la rédaction de Musica et Memoria : Né précisément le 21 juillet 1913 à Saint-Aubin-les-Elbeuf (Seine-Maritime), fils d’Armand Wolff, professeur d’allemand dans les lycées, originaire de Berne (Suisse) et de Gabrielle Cahen, frère du biologiste et académicien (Sciences) Etienne Wolff (1904-1996), Félicien Wolff est décédé le 16 février 2012 à Vigny-Musset (Isère), dans sa 99ème année. Son épouse, Charlotte Reiss, lui survécut quelques années avant de s’éteindre en 2018 à l’âge de 102 ans, et fut inhumée à ses côtés, au cimetière de Poisat (Isère). Elle était la sœur du professeur Paul Reiss (1901-1944), docteur en médecine, docteur ès-sciences naturelles, professeur agrégé de physique-biologie à l’Université de Strasbourg, médecin de la résistance, tué au cours des combats de Chaudes-Aigues (Cantal) en juin 1944. C’est sous l’influence de sa mère que Félicien Wolff s’intéressa à la musique et entra au Conservatoire de Paris en 1931, tout en effectuant des études d’allemand à la Sorbonne couronnées par un diplôme d’études supérieures. Durant la guerre, il dut se réfugier à Clermont-Ferrand, puis vécut quelque temps à Bourgoin-Jallieu (Isère), où il toucha l’orgue de l’église Saint-Jean-Baptiste (un Merklin de 1881) jusqu’en 1950, avant de s’installer à cette date à Grenoble où il était nommé professeur de piano au Conservatoire de musique. Plus tard, vers 1968, il enseignera dans cet établissement l’orgue et la composition jusqu’en 1980. C’est lui qui y créa la classe d’écriture (harmonie, contrepoint, fugue). Parallèlement, à partir de 1970, il succédait à Marguerite Amiez-Faque à l’orgue de Saint-André. En 2008, en raison de son grand âge (95 ans) il devait se résoudre à abandonner ses claviers pour les laisser à l’actuel titulaire Bruno Charnay. L’un de ses enfants, Bertrand Wolff, professeur de sciences physiques, chercheur au Centre Koyré et excellent harpiste amateur, a notamment créé le 23 juin 1998 au Lycée Emile-Zola de Rennes, où il enseignait, la Farandole de son père, aux côtés d’Anne Gorre (alto) et Frédérique le Borgne (violoncelle). Enfin, concernant le catalogue de Félicien Wolff ajoutons qu’il est aussi l’auteur d’un Divertissement pour orchestre à cordes (1988), d’une Symphonie « Jonas » pour la même formation (1980), d’une autre Symphonie concertante pour trompette et orchestre de chambre ou piano (1986) et d’un Concerto pour orgue et orchestre à cordes et 2 trompettes (1980), toutes ces œuvres étant inédites à ce jour. [D.H.M.]

 

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