Aide-mémoire pour le commentaire comparé
à l'épreuve facultative de musique du baccalauréat

Voici un petit guide destiné à aider les candidats à l'épreuve facultative de musique pour le baccalauréat. Il est consacré au commentaire comparé qui est noté sur 13 points tandis que la partie pratique (exécution instrumentale ou vocale) compte pour 7 points sur 20 (seuls les points au-dessus de la moyenne sont pris en compte). L'épreuve complète dure 40 minutes sur lesquelles l'on consacre généralement 30 minutes au commentaire. Le jury s'appuie sur une fiche de synthèse (non évaluée) complétée par le candidat à partir des pratiques et écoutes musicales effectuées durant l'année de terminale.


1. Attitude et savoir-être

L'aisance à l'oral est déterminante. Le candidat doit être en mesure de montrer son ouverture d'esprit, sa culture, sa sensibilité en employant un vocabulaire riche et propre à l'analyse musicale. Il ne doit pas se montrer trop décontracté et bien écouter les questions des examinateurs dont il convient de ne pas fuir le regard. Le débit de parole doit être régulier et ni trop lent ni trop rapide. Lors de l'entretien qui suit l'exposé, le jury oriente le candidat vers une thématique étudiée en cours et mentionnée sur la fiche de synthèse. Il est nécessaire de traiter les extraits d'œuvres écoutés dans ce sens et donc de bien saisir l'axe vers lequel les examinateurs entraînent le candidat afin que celui-ci ne se perde pas dans des détails inutiles ou s'éloigne trop du cadre formel qui lui est proposé.

La fiche de synthèse annuelle doit être remplie consciencieusement car elle est à la fois le reflet du travail accompli durant l'année de terminale et le support sur lequel le jury va s'appuyer pour l'entretien. Ceci est bien entendu valable pour les candidats libres qui, s'ils n'ont pas bénéficié d'une formation continue grâce à un professeur d'éducation musicale ont toutefois pratiqué la musique de façon personnelle, en groupe, par le travail instrumental, vocal et par des écoutes variées.

Le candidat ne doit pas hésiter à montrer sa sensibilité, sa force de conviction et son sens critique mais en justifiant toujours ses prises de position.


2. Forme

La gestion du temps est un impératif dans cette épreuve et le candidat doit s'exercer à mettre en forme directement sur son brouillon son exposé à venir. La demi-heure consacrée au commentaire comparé peut se découper en trois parties de durée sensiblement égales: 10 minutes pour les écoutes (chaque extrait de 2 minutes environ est entendu deux fois) durant lesquelles le candidat prend des notes destinées à orienter son commentaire à venir, 10 minutes d'exposé et 10 minutes d'entretien avec le jury. L'un des deux extraits étant connu du candidat puisque figurant dans la liste d'œuvres au programme de l'année de terminale, l'analyse en est facilitée et la prise de notes sur celui-ci doit pouvoir se faire rapidement afin d'aller à l'essentiel. La concentration doit être  importante lors de l'écoute de l'extrait inconnu afin non seulement de relever le maximum d'informations perceptibles à l'audition mais aussi de pouvoir mettre en relation (similitudes et contrastes) les deux extraits grâce aux connaissances et compétences acquise durant le parcours d'éducation musicale au collège puis au lycée.

Bien qu'il s'agisse d'un exposé oral, les examinateurs attendent du candidat une intervention organisée, structurée autour d'un plan comprenant une introduction, un développement et une conclusion.

L'introduction doit à la fois donner quelques indications sur l'extrait connu et notamment sa position dans l'œuvre, une courte description du second extrait et présenter le plan du déroulement de l'exposé. Le candidat peut dès lors dégager une problématique commune aux deux extraits.

Le commentaire à proprement parler doit partir de ce qui a été perçu lors de l'écoute et, s'il permet de réexploiter les connaissances acquises sur l'œuvre au programme, doit les restituer à bon escient sans qu'elles fassent l'objet d'une digression érudite et déconnectée des paramètres sonores identifiables à l'audition. Les éléments biographiques sont à utiliser dans la mesure où ils servent le commentaire et la mise en relation. Il ne faut pas découper l'exposé en deux parties traitant des deux extraits à la suite mais sans cesse passer de l'un à l'autre en montrant les points de comparaison et les différences. Il est particulièrement opportun d'utiliser sa voix ou le piano pour donner un exemple sonore et montrer ses capacités artistiques et son oreille musicale avec le souci de la qualité d'interprétation.

La conclusion permet de faire la synthèse de ce qui a été relaté lors du commentaire, de démontrer l'intérêt de la mise en relation des deux extraits et de proposer une identification de l'extrait inconnu (époque, espace géographique, fonction ou sens, compositeur) en usant de sa capacité d'argumentation.


3. Problématiques développées durant l'année de terminale

Rappel : BO spécial n°9 du 30 septembre 2010) :

L'œuvre et son organisation
- L'œuvre et ses composantes: éléments constitutifs et leur organisation, unité et diversité,stratégies pour l'écoute, formeset structures.
- L'œuvre et son codage: libertés et contraintes, traditions/conventions/originalités, représentations visuelles et réalités auditives.

L'œuvre et ses pratiques
- L'œuvre et sa diffusion : éditions, réception par le public (les publics) hier et aujourd'hui, supports de diffusion.
- L'œuvre et ses prolongements : arrangement, transcription, citation.
- L'œuvre et son interprétation : conventions, fidélité, trahison, goût musical, authenticité stylistique.

L'œuvre et l'histoire
- L'œuvre et ses références au passé : citation, emprunt, allusion, pastiche, hommage musical.
- L'œuvre et son contexte : place de l'œuvre dans l'histoire, son environnement artistique, culturel, social et politique.

L'œuvre, la musique et les autres arts
- L'œuvre, ses prétextes, ses références, ses usages: créations musicales d'après un texte, un tableau, un événement; utilisation d'une œuvre préexistante dans une chorégraphie, un film, etc.


4. Quelques compétences attendues par le jury

- Identifier différents paramètres sonores et être capable de les organiser en vue de faire un exposé structuré.
- Etre en mesure d'inscrire une œuvre ou un extrait dans une problématique.
- Utiliser ses capacités d'analyse musicale en utilisant un vocabulaire pertinent et propre à la description des phénomènes sonores.
- Reproduire un thème, un élément rythmique vocalement ou à l'aide d'un instrument.
- Mettre en lien différents éléments musicaux.
- Avoir des repères historiques et des connaissances stylistiques propres à chaque période de l'histoire de la musique et des arts en général.
- Exprimer son ressenti en argumentant et en utilisant ses références culturelles.


5. Paramètres musicaux à relever (selon les cas) et vocabulaire

Classés selon les quatre grandes caractéristiques figurant dans les programmes d'éducation musicale du second degré: couleur, temps, espace et forme. La liste n'est pas exhaustive.

Couleur: Formation vocale et/ou instrumentale (orchestre symphonique, orchestre de chambre, orchestre de jazz, soliste, chœur, voix mixtes/voix égales, ensemble, duo, trio, quatuor, continuo, nouvelles technologies) accompagné/a cappella, tuti, masse sonore, musique amplifiée.
- Langue.
- Arrangement, orchestration, transcription, harmonisation.
- Timbre, mode de jeu, attaque, détaché, piqué, lié, sourdine, bruitage, échantillonnage, cri, vocalise, Sprechgesang.
- Dissonances.
- Registre.
- Virtuosité.
- Caractère.
- Intensité, nuances, nuances progressives (crescendo, decrescendo), accents.
- Langage, mode, majeur, mineur, tonalité, atonalité, polytonalité, accords, mélodie, arpèges, thème, gamme par tons, modes grégoriens ou exotiques, chromatisme, cluster, agrégat, musique sérielle.
- Figuralisme, musique descriptive, narrative, effets sonores.
- Suspensif/conclusif, question/réponse, tension/détente.
- Silences.

Temps: Tempo, pulsation, métrique, dynamique, carrure, non pulsé, temps forts/faibles, binaire/ternaire, accelerando, ritenuto.
- Adagio, andante, allegro.
- Cadence.
- Ostinato, répétition, basse obstinée.
- Rythme.
- Levée, anacrouse, syncope.
- Swing, groove, rubato.

Espace: Horizontalité/verticalité, contrepoint.
- Acoustique, réverbération, écho, sons harmoniques, fréquence.
- Hauteur, registre, ambitus, tessiture.
- Modulation, transposition.
- Monodie, polyphonie.
- Degré.
- Intervalle.
- Mouvement conjoint/disjoint.

Forme: œuvre écrite / improvisée.
- Structure, partie, mouvement.
- Thème et variation.
- Canon, fugue, imitation.
- Récitatif.
- Style concertant.
- Sonate, rondo, ABA.
- Thème, phrase, motif, cellule, contrechant.

Inclassable: Rapport texte/musique.
- Fonction et sens de l'œuvre.
- Diffusion, pérennité.

Et: Genre.
- Symphonie, sonate, opéra, oratorio, messe, ballet, poème symphonique, mélodie, Lied, opérette, comédie musicale...
- Profane/ religieux.
- Epoque (Antiquité, Moyen-âge, Renaissance, Baroque, classique, romantique, période contemporaine).
Olivier Geoffroy (2013)



L'interprétation vocale et/ou instrumentale
dans le cadre de l'
épreuve facultative de musique au Baccalauréat
1) Nature de l'épreuve et problématiques à traiter
Cette prestation pratique est assortie d'une présentation effectuée par le candidat de l'œuvre interprétée. L'épreuve d'interprétation a une durée relative de 10 minutes et compte pour 7 points dans la note sur 20 attribuée par le jury. Voici ce qu'en disent les instructions officielles :
« Après avoir brièvement présenté la nature d'une pièce témoignant des pratiques musicales menées durant l'année scolaire, le candidat en interprète tout ou partie à l'aide de sa voix ou de son instrument, en étant éventuellement accompagné par ses partenaires habituels au lycée.
Cette interprétation est suivie d'un entretien avec le jury.L'évaluation porte sur la qualité artistique de l'interprétation et la capacité du candidat à mettre la pièce choisie en perspective avec les problématiques du programme.
Pour l'ensemble de l'épreuve, un piano est mis à disposition du candidat. Tout autre instrument utilisé doit être apporté par les soins du candidat et sous son entière responsabilité. » (B.O. N°14 du 5 avril 2012)
Les problématiques mentionnées ci-dessus rejoignent celles qui sont abordées dans l'étude des œuvres du programme limitatif et sont les suivantes :
- L'œuvre et son organisation (l'œuvre et ses composantes, l'œuvre et son codage)
- L'œuvre et l'histoire (L'œuvre et ses références au passé, L'œuvre et son contexte)
- L'œuvre et ses pratiques (l'œuvre et sa diffusion, l'œuvre et ses prolongements, l'œuvre et son interprétation)
Voici quelques exemples qui permettent une mise en relation entre l'œuvre interprétée par le lycéen et les problématiques citées. « L'œuvre et son organisation » appelle un travail sur la forme, la structure de la pièce (type de forme, traitement du thème...) ; « l'œuvre et son contexte » demande l'emploi de références à l'histoire politique, religieuse, sociale et à des événements particuliers qui ont eu lieu au moment de la composition de l'œuvre ; « l'œuvre et sa diffusion » fait référence à l'édition musicale et bien sûr à la manière dont l'œuvre a été reçue par le public ; « l'œuvre et son codage » nécessite un travail d'analyse qui n'est pas seulement limité à la forme mais évoque également le langage employé, le traitement mélodique, les timbres choisis ; la problématique « l'œuvre et ses références au passé » peut être convoquée lorsque le texte d'une musique vocale ou l'argument d'une pièce descriptive emploient une thématique renvoyant au passé (Antiquité, mythologie etc.) ; «l'œuvre et ses prolongements » évoque le détournement de l'œuvre à d'autres fins que son objectif originel (utilisation dans la publicité, le cinéma) et sa pérennité ; pour « l'œuvre et son interprétation », enfin, c'est moins l'analyse de l'œuvre elle-même que celle de son exécution qui est demandée (orchestration différente, arrangement dans le cadre d'une interprétation particulière, type de voix, expression, changements de timbres...).
 
2) Attentes du jury
Tout type de répertoire est possible (musique classique, contemporaine, populaire, folklorique, variété, jazz, rock...) et même, pourquoi pas, une composition personnelle du candidat (notée musicalement et dont la partition sera mise à la disposition du jury). Cependant, le candidat est limité par la durée imposée de l'épreuve et ne peut donc exécuter une pièce trop longue. Compte-tenu du temps nécessaire au montage éventuel de l'instrument et à la présentation de la pièce, une durée d'exécution de 5 minutes paraît être un maximum.
Sans attendre du lycéen un niveau professionnel, la liberté qui lui est laissée dans le choix de l'œuvre doit lui faire préférer une pièce qu'il maîtrise parfaitement tant dans la fidélité à la partition que dans l'interprétation qui doit rester expressive (articulations, respirations, nuances...) La virtuosité et la technicité ne sont pas nécessairement un gage de succès à l'épreuve. La pièce doit si possible être représentative des pratiques musicales habituelles du candidat.
Pour ce qui concerne la présentation de la pièce, l'aisance à l'oral, le choix du vocabulaire et la relation évidente à l'une des problématiques au programme font partie des critères d'appréciation pris en compte par le jury constitué de professeurs d'éducation musicale en collège et/ou en lycée.
Les choses peuvent se dérouler de la manière suivante :
Dans un premier temps, le candidat expose brièvement le titre de l'œuvre, son contexte de composition et, éventuellement, ses principales caractéristiques. Puis vient l'interprétation. Enfin, dans un dialogue avec les examinateurs, le candidat peut être amené à justifier son choix, à évoquer son travail de préparation, à situer l'œuvre dans une des problématiques qu'il aura retenue par son lien étroit avec elle ou répondre à des questions sur l'interprétation qu'il a choisi de faire de l'œuvre.
En tout état de cause, le jury reste libre d'organiser comme il le souhaite les différents temps qui jalonnent l'épreuve d'exécution et demeure souverain dans l'évaluation et la notation du candidat.
Olivier Geoffroy (2013)



Epreuve de musique – option facultative
conseils aux candidats libres
La revue L'Education musicale fait paraître chaque année un numéro hors série comportant les analyses des œuvres de référence pour l'option facultative et l'enseignement de spécialité (section L) : http://www.leducation-musicale.com/
Ne pas hésiter à parcourir le site de la Médiathèque de La Cité de la musique qui contient conseils et analyses (http://mediatheque.cite-musique.fr/) - rubrique « guide pratique de la musique » -> « fiches pratiques » -> « enseignement initial » -> « musique au lycée option facultative ».
Quelques professeurs d'éducation musicale en lycée mettent gracieusement en ligne leurs cours et les analyses qu'ils ont effectuées des œuvres de référence.
Et le site de France Musique (http://www.francemusique.fr). certaines émissions sont consacrées à l'étude des œuvres au programme du bac et on peut les réentendre durant une longue période, généralement.
Pour préparer l'épreuve de commentaire comparé tout au long de l'année :
Entraînez-vous :
Au commentaire d'écoute et au commentaire comparé à l'aide des grilles indicatives que l'on trouve facilement sur la toile.
A identifier et trier les paramètres repérables à l'écoute d'une ou plusieurs pièces en employant un vocabulaire précis.
A dégager une problématique à partir de l'écoute de deux œuvres différentes et à construire un exposé à partir de celle-ci.
A chanter ou jouer un thème mélodique ou une formule rythmique entendus et mémorisés afin de montrer vos compétences musicales et de donner corps à votre exposé.
A mettre en mots vos impressions, émotions à l'écoute d'œuvres musicales.
Documentez-vous, informez-vous au sujet de l'actualité musicale en rapport avec les œuvres au programme mais également sans lien direct avec elles.
Ecoutez de la musique (d'époques et de genres variés). Rendez-vous à des spectacles, concerts. Ecoutez des émissions de radio (France musique, Radio classique...).
Pour préparer l'épreuve d'interprétation :
Durant l'année, conservez une pratique musicale personnelle et réfléchissez à des problématiques autour des pièces instrumentales et/ou vocales que vous travaillez (afin, notamment, de pouvoir les inscrire sur la fiche de synthèse à présenter au jury le jour de l'épreuve).
Au moment de présenter la pièce que vous avez choisi d'exécuter, n'oubliez pas de la mettre en relation avec les problématiques du programme (et d'en faire mention sur la fiche de synthèse). En terme de connaissances, vous devez être à même de donner des éléments biographiques sur le compositeur, de replacer cette pièce dans son contexte musical, historique, événementiel et d'argumenter au sujet de la problématique dans laquelle vous jugez que la pièce se place au mieux.
Dans votre interprétation, ne négligez pas la qualité artistique, c'est essentiellement sur ce point que vous serez évalué. Dominez l'aspect technique afin de vous concentrer sur l'expression.
Pour remplir la fiche de synthèse :
Indiquez toute forme de pratique musicale (chant en groupe, seul, pratique instrumentale, création), dans le cadre de cours ou d'ateliers en école de musique, au lycée...
Mentionnez les œuvres étudiées et analysées selon les différentes problématiques qui figurent sur la fiche (œuvres de référence ainsi que les autres œuvres abordées). Gardez à l'esprit que le jury peut vous interroger au sujet de ces œuvres en fonction de la problématique traitée.
Précisez enfin votre participation, en tant qu'auditeur ou partie prenante, à des spectacles ou concerts de divers ordres, exposés ou dossiers réalisés au cours de l'année de terminale.
Olivier Geoffroy (juillet 2014)



Divertissements, Cassations, Sérénades et autres Nocturnes
Le Divertimento K.136 (1772) de W.-A. Mozart fait partie du programme limitatif d’œuvres de référence pour l'épreuve facultative de musique au baccalauréat de la session 2016. En dépit du fait que le titre de cette œuvre était peut-être provisoire dans l'esprit du compositeur, il nous semble opportun et utile de préciser dans ce cadre les définitions de ces genres musicaux proches que sont le divertissement, la cassation, la sérénade et le nocturne, leurs caractéristiques et leurs fonctions à l'époque de l'auteur d'Une Petite Musique de nuit K.525 (œuvre qui est d'ailleurs une sérénade).
D'une façon générale, ces termes « désignent des formes très voisines, qui appartiennent à un genre particulier de musique des XVIIè et XVIIIè siècles : la musique de divertissement (ou de circonstance, au sens plein du terme). » [Ulrich Michels, Guide illustré de la musique, t. 1, Paris, Fayard, 1988, p. 149]

1. Divertissement :
Définition-fonction : A différencier, bien entendu, d'un des constituants de la fugue qui porte le même nom. Appelé aussi Divertimento, « il réunit plusieurs morceaux dont des danses, comme dans une suite. » [Marc Honegger, sous la direction de, Science de la musique, t. 1, Paris, Bordas, 1976, p. 304]
Effectif : Pièce instrumentale à effectif réduit.
Caractère : Variable selon les compositeurs et les pièces. « La qualité la plus remarquable du divertissement n'est autre que sa libérale émancipation à l'endroit de tous les moules formels et syntaxiques. » [Gérard Denizeau, Comprendre et identifier les genres musicaux, Paris, Larousse, 1997, p. 169]
Forme : Très libre. Le divertissement peut compter de trois à douze parties ou mouvements relativement courts et sans obligation de liens entre eux.

2. Cassation :
Définition-fonction : « Le mot (de l’italien cassazione) peut signifier séparation, abandon, adieu ; il pourrait aussi dériver de cassaten ou gassatim gehen, expression qui sert à désigner une promenade nocturne faite dans un but amoureux » [Marc Honegger, op. cit, p. 155]. « La cassation est une pièce de musique instrumentale destinée à clore une réunion […]. » [Gérard Denizeau, op. cit. p. 168]
Effectif : Instrumentation libre mais peu importante car il s'agit d'une musique de plein air, avec toutefois une prédilection pour les instruments à vent.
Caractère : « Fantaisie et liberté » [G. Denizeau, op. cit., p. 168]
Forme : Plus libre encore que celle du divertissement.

3. Sérénade :
Définition-fonction : « La sérénade (en allemand Ständchen) – musique du soir par opposition à aubade[...] » [G. Denizeau, op. cit., p. 166]. Cette composition est « destinée à être exécutée en plein air, durant la nuit, sous les fenêtres d'une personne afin de la séduire ou l'honorer. » [Marc Honegger, op. cit, t. 2, p. 929]
Effectif : Musique vocale, parfois, mais souvent uniquement instrumentale. Formations diverses (cordes, vents...).
Caractère : « Ecriture plus serrée que celle du divertissement dont elle est parente [...] » [G. Denizeau, op. cit., p. 166]. Caractère « généralement gai, léger : c'est une musique de divertissement, d'accès facile. » [U. Michels, op. cit., p. 149]
Forme : Nombre variable de mouvements, à l'extrême entre trois et huit. Comporte souvent une marche en ouverture et en final ainsi que des éléments de la suite.

4. Nocturne :
Définition-fonction : ou notturno. Sous cette appellation, « on comprenait, au XVIIIè siècle, des musiques de nuit instrumentales […] destinées à être jouées en plein air. […] Le terme a également servi à désigner des pièces vocales souvent sans accompagnement ou avec accompagnement facultatif. » [M. Honegger, op. cit., t. 2, p. 661]
Effectif : variable.
Caractère : Proche de celui de la sérénade.
Forme : Compte habituellement plusieurs parties, sans nombre défini.


Si l'origine de certains des genres évoqués remonte au Moyen-Age, leur développement, leurs transformations et leur longévité ne sont pas identiques. Toutefois, « sérénades et formes apparentées jouèrent un rôle essentiel dans la formation du style classique et dans la naissance des genres classiques de la musique de chambre. » [U. Michels, op. cit., p. 149]
Olivier Geoffroy (juin 2015)
Professeur agrégé d’Education musicale



 

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