HECTOR BERLIOZ

1803 - 1869

Principaux repères chronologiques

 

1803 : Le 11 décembre à cinq heures du soir : naissance de Louis-Hector Berlioz à La Côte-Saint-André (Isère), fils de Louis Berlioz, médecin et de Marie-Antoinette-Joséphine Marmion. Premier des 6 enfants du Dr Berlioz, il aura notamment pour frère et sœurs : Prosper (1820-1839), Nanci (1806-1850) mariée en 1832 à Camille Paul, juge à Grenoble, et Adèle (1814-1860) mariée en 1839 à Marc Suat, notaire à St-Chaumond (Loire).

1809 : Hector entre comme élève au petit séminaire de La Côte-Saint-André. A la fermeture de cet établissement en 1811, c’est son père qui se charge de son éducation.

1815 : Première passion avec Estelle Duboeuf âgée de 17 ans, qu’il rencontre chez son grand-père maternel à Meylan, près de Grenoble.

1816 : Le docteur Berlioz donne à son fils des notions de chant et lui apprend à jouer du flageolet et de la flûte avec la Méthode de Devienne.

1817 : Premières véritables leçons de musique (chant et flûte) auprès d’Imbert, second violon du Théâtre des Célestins à Lyon, puis avec François-Xavier Dorant qui lui apprend la guitare.

1818-19 : Premiers essais de composition : Romances, Pot-pourri pour flûte, cor, 2 violons, alto et basse, deux Quintettes pour flûtes et quatuor à cordes (perdu)

1821 : Le 22 mars est reçu bachelier ès lettres à la Faculté de Grenoble. Arrive en octobre à Paris pour y faire ses études médicales, s’installe dans le quartier Latin, 104 rue Saint-Jacques. Commence une cantate à grand orchestre : Le Cheval arabe. Travaille l'harmonie avec le flûtiste Hyacinthe-Christophe Gerono, sur les conseils de Lesueur.

1823 : Ecrit un oratorio Le Passage de la mer rouge, sur un texte de la Vulgate (perdu) et un opéra Estelle et Némorin d’après l’œuvre de Florian, sur un livret de Hyacinthe-Christophe Gerono (perdu). Débute sa carrière de critique musical dans le journal Le Corsaire devenu plus tard la Revue européenne.

1824 : En janvier, est reçu bachelier ès sciences et commence des études de droit. A l'automne, commence sa Messe Solennelle pour solistes, chœur et orchestre.

1825 : Le 10 juillet exécution de la Messe Solennelle à l’église St-Roch (Paris). Mélodie Toi qui l’aimais, verse des pleurs.

1826 : Entre le 26 août  à l’Ecole Royale de Musique de la rue Bergère (Conservatoire), alors dirigée par Cherubini. Il y suit les cours de Reicha et de Lesueur. 1ère candidature au Concours de composition de l’Institut (Prix de Rome), mais est éliminé dès la première épreuve.

1827 : En juin deuxième présentation au Concours de Rome avec la cantate La Mort d’Orphée, non primée. Choriste au Théâtre des Nouveautés à Paris. Le 22 novembre, dirige sa Messe Solennelle à St-Eustache (Paris). Rencontre l’actrice irlandaise Harriet Smithson, interprète au Théâtre de l’Odéon d’Ophélie (Hamlet) et de Juliette (Roméo et Juliette).

1828 : Premier concert Berlioz à la salle du Conservatoire (26 mai). Compose l'Ouverture des Francs Juges, exécutée le 26 mai de la même année. Songe à une musique pour Faust. En juin se présente pour la troisième fois au concours du Prix de Rome, avec la cantate Herminie, qui lui vaut cette fois un Second Prix.

1829 : Au mois de juin, écrit les Huit scènes de Faust publiées chez Schlesinger, dont la troisième est jouée la même année, ainsi que Neuf Mélodies irlandaises et le Ballet des Ombres pour chœur et piano. Second concert Berlioz. Premiers articles dans le journal hebdomadaire Le Correspondant. Quatrième tentative au concours du Prix de Rome, avec la scène lyrique Cléopâtre, mais aucun Premier Grand Prix n’est décerné cette année.

1830 : Se présente pour la cinquième fois au Concours de l'Institut et décroche enfin le Premier Grand Prix avec la cantate Sardanapale (21 août). Le 16 avril termine la Symphonie Fantastique qui est exécutée le 5 décembre au Conservatoire , sous la direction d’Habeneck et suscite l’enthousiasme de Liszt. Termine La Tempête, fantaisie dramatique : 1ère audition le 7 novembre à l'Opéra. Fiançailles avec la pianiste Camille Moke qu’il a rencontrée à l’Institut orthopédique pour jeunes filles à Paris, où elle donne des cours de piano, et lui-même des leçons de guitare. Orchestration de La Marseillaise.

1831-32 : Séjour comme pensionnaire du gouvernement à la Villa Médicis à Rome, où il arrive le 10 mars. En avril 1831 apprend par une lettre la rupture de ses fiançailles avec Camille Moke et son mariage avec le facteur de pianos Camille Pleyel ! Ecrit des fragments de La Mort d'Ophélie, une scène des Brigands, 3 Mélodies, un chœur, Lélio (monodrame lyrique représenté en décembre 1832 à Paris) et Le Roi Lear (grande ouverture pour orchestre). Retour à Paris le 7 novembre 1832.

1833 : Le 3 octobre mariage avec Harriet Smithson en la chapelle de l’ambassade d’Angleterre, selon le rite anglican. Franz Liszt est leur témoin. Le couple s’installe à Montmartre dans une petite maison (détruite en 1925) située au n° 22 de la rue du Mont-Cenis. Critique musical au journal Le Rénovateur.

1834 : Compose Harold en Italie entre mars et juin ; 1ère audition le 23 novembre. Ecrit des Mélodies et commence l'opéra Benvenuto Cellini qu'il termine en 1837 (création le 18 septembre 1838). Critique musical à la Gazette musicale. Le 14 août, naissance à Montmartre de Louis-Thomas Berlioz, fils d’Hector et d’Harriet Smithson ; la marraine est Adèle Berlioz et le parrain Thomas Gounet.

1835 : Entre au Journal des Débats.

1836 : Les Francs Juges sont exécutés à Leipzig sous la direction de Schumann.

1837 : Commence un Requiem en avril et le termine le 29 juin. Exécuté pour la première fois le 5 décembre aux Invalides, sous la direction d’Habeneck, pour le service mortuaire du général Damrémont et des soldats qui périrent à la prise de Constantine. Déménage de la rue du Mont-Cenis pour habiter dans un appartement meublé au 34 rue de Londres

1838 : Achève l'orchestration de Benvenuto Cellini au mois de mars. Création le 10 septembre à l'Opéra (échec). Le 18 février mort de sa mère à La Côte-Saint-André.

1839 : Le 1er janvier est nommé conservateur adjoint de la bibliothèque du Conservatoire de musique de Paris. Bibliothécaire à compter du 1er janvier 1852. En janvier commence à écrire Roméo et Juliette qu’il termine en septembre. Première audition le 24 novembre au Conservatoire, sous la direction de l'auteur (triomphe). Reçu chevalier de la Légion d’honneur.

1840 : Entre mars et juillet écrit sa Symphonie funèbre et triomphale. Première audition intégrale en août, salle Vivienne à Paris.

1841 : Concert Liszt et Berlioz pour le monument Beethoven. Début de sa liaison avec la cantatrice Marie Recio (Marie-Geneviève Martin). Ecrit La Nonne sanglante (opéra inachevé).

1842 : Concerts en Belgique et Allemagne. Compose un hymne vocal.

1843 : Concerts en Allemagne à Weimar et Leipzig. Termine l'Ouverture du Carnaval Romain. Publication du Grand Traité d'Instrumentation et d’orchestration moderne (Paris, Schonenberger). Séparation de Berlioz et de son épouse Harriet Smithson ; celle-ci part s’installer rue Blanche et le compositeur, avec sa maîtresse Marie Recio, 41 rue de Provence, puis 53 rue de La Bruyère.

1844 : Le 5 février dirige l'Ouverture du Carnaval Romain qui est redonnée plusieurs fois consécutives. Publication de son livre Voyage musical en Allemagne et Italie, études sur Beethoven, Gluck et Weber, mélanges et nouvelles (Paris, J. Labitte, 2 vol. in-8). Compose des Mélodies et un Hymne à la France pour chœur et orchestre.

1845 : Concerts à Marseille et Lyon (juin) puis en Allemagne (août). Songe à compléter les Huit Scènes de Faust. Octobre : part pour l'Autriche, Bohème et Hongrie.

1846 : Ecrit la Marche de Rakoczy et la dirige à Pesth. En octobre termine la Damnation de Faust : première exécution à l'Opéra-Comique le 6 décembre, sous sa direction. Echec. Compose le Chant des Chemins de Fer pour chœur et ténor (pour l’inauguration de la gare de Lille).

1847 : Voyage en Russie et Allemagne. Rentre à Paris en juillet. En novembre, part pour Londres. Compose dans l'année la Marche Funèbre de Hamlet et La Mort d'Ophélie pour soprano, ou ténor, et piano.

1848 : Termine ses Mémoires, qui ne seront publiées qu’après sa mort. Corrige la Marche funèbre de Hamlet . 28 juillet : mort de son père.

1849 : Entre janvier et septembre compose un Te Deum, créé le 1er mai 1855 à l’Exposition Universelle, et peu après dirigé à St-Pétersbourg par Balakirew. Compose une Méditation religieuse, pour chœur avec violon, violoncelle et piano.

1850 : En février on exécute des fragments de la Damnation. En mai le Requiem est donné à St-Eustache. Ecrit L'Enfance du Christ qui attendra quatre ans pour être exécuté (12 décembre 1854). Ecrit des Mélodies.

1851 : Compose la Marche des Francs Juges pour double chœur et orchestre (créée le 25 mars). Part pour Londres. Ecrit un recueil d’œuvres chorales : Vox Populi. Se présente à l’Institut, n’obtient aucune voix (Ambroise Thomas est élu).

1852 : le 1er janvier le Te Deum est exécuté à Notre-Dame. Voyages à Londres (février à juin). L'opéra Benvenuto Cellini est représenté en novembre à Weimar, sous la direction de Liszt. Publication des Soirées de l'Orchestre (Paris, Michel Lévy, in-18, 429 pages).

1853 : Désargenté, Berlioz vend les droits d’édition de La Damnation de Faust pour 700 fr à l’éditeur parisien Richault. Développe La Fuite en Egypte, créée le 16 décembre à Leipzig. Concerts à Londres où Benvenuto Cellini connaît un échec retentissant. Tournées en Allemagne. Nouvel échec à l’Institut contre Henri Reber.

1854 : Mort à Paris le 3 mars d’Harriet Smithson, inhumée au cimetière Saint-Vincent. Sera transférée en 1862 au cimetière de Montmartre. Nouveau séjour en Allemagne. Mariage avec Mlle Marie Marie Recio le 19 octobre à l’église de la Sainte-Trinité (Paris). La Damnation de Faust est donnée intégralement le 22 avril (accueil mitigé). L'Enfance du Christ terminée en juillet est exécutée intégralement en première audition le 10 décembre, sous la direction de l'auteur (succès). Ecrit des Chœurs. Nouvel échec à l’Institut : Clapisson lui est préféré.

1855 : Voyages en Allemagne et Belgique. Premières auditions de l'Ouverture du Corsaire à la Société Ste-Cécile et du Te Deum à St-Eustache (le 30 avril). Concerts à Londres. Ecrit la cantate pour double chœur avec orchestre L'Impériale, donnée en première audition la même année.

1856 : Concerts en Allemagne (Weimar). Berlioz est élu membre de l'Institut (21 juin) au fauteuil d’Adolphe Adam. Commence un opéra en 5 actes Les Troyens à Carthage (achevé le 7 avril 1858) ; l'œuvre attendra 5 ans pour être représentée (le 4 novembre 1863 au Théâtre Lyrique). Aggravation de sa " névrose intestinale ".

1857 : Cure à Plombières (août).

1858 : Achève Les Troyens. Voyage en Allemagne (Bade).

1859 : Concerts en province (Bordeaux). Des fragments des Troyens sont donnés salle Beethoven, au piano, mais l'Opéra refuse l’œuvre. Publication des Grotesques de la musique (Paris, Librairie nouvelle, in-18, 308 pages).

1860 : En septembre commence l’opéra en 2 actes Béatrice et Bénédict et le termine le 25 février 1862. Ecrit Le Temple Universel pour chœur

1861 : Les Troyens sont gravés aux frais de Berlioz.

1862 : Le 13 juin mort de sa seconde femme Marie Recio à Saint-Germain-en Laye. Inhumation au cimetière Montmartre à Paris. Béatrice et Bénédict achevé le 25 février et donné en août à Bade, sous la direction de Berlioz. Publication de A travers chants : études musicales, adorations, boutades et critiques (Paris, Michel Lévy, in-18, 336 pages). Idylle avec une certaine Amélie rencontrée lors de ses visites au cimetière de Montmartre, mais celle-ci meurt bientôt.

1863 : Voyages à Weimar. Octobre : démission du Journal des débats. Vaine candidature au poste de chef d’orchestre de la Société des concerts du Conservatoire de Paris.

1864 : promu officier de la Légion d’honneur (15 août). Voyage en Dauphiné (septembre). Tente de renouer avec Estelle Duboeuf (devenue Mme Fornier), son premier amour. Marche troyenne pour orchestre.

1865 : Rencontre Estelle à Genève, la demande en mariage mais elle refuse.

1866 : Berlioz nommé Conservateur du Musée du Conservatoire. Part pour Vienne en décembre.

1867 : Tournée en Allemagne (Cologne). Le 5 juin à La Havane (Cuba) : mort de son fils Louis de la fièvre jaune, capitaine au long cours. Rédige son testament dans lequel il nomme ses trois nièces légataires universelles, filles de ses deux sœurs : Mathilde Masclet, fille de Nanci Berlioz-Pal, Joséphine et Nanci Suat, filles d’Adèle Berlioz-Suat. En juillet brûle ses archives personnelles (lettres, photographies et articles le concernant). En novembre part pour la Russie.

1868 : Retour à Paris en février. Voyage à Nice et Monaco. Est victime de deux attaques de congestion cérébrale. Dernier voyage à Grenoble (août).

1869 : Mort du compositeur le lundi 8 mars à midi et demi, dans son appartement du 4ème étage du 4 rue de Calais, dans le 9e arrondissement de parisien, où il habite depuis 1856. Obsèques célébrées le jeudi 11 en l’église Sainte-Trinité, puis inhumation au cimetière de Montmartre auprès de ses deux épouses.

1870 : Publication posthume des Mémoires de Hector Berlioz, membre de l'Institut de France, comprenant ses voyages en Italie, en Allemagne, en Russie et en Angleterre,1803-1865, avec un beau portrait de l’auteur. (Paris, Michel Lévy frères, gr. in-8, 509 pages).

Michel Villedieu


Berlioz : Critique musicale 4

Parution (avril 2003) :

HECTOR BERLIOZ. CRITIQUE MUSICALE

Volume 4, 1839-1841, édition critique préparée et annotée par Anne Bongrain et Marie-Hélène Coudroy-Saghaï (692 pages),
publié avec le concours du Centre National du Livre
Buchet/Chastel, 18 rue de Condé 75006 Paris, tél. 0 820 825 101, fax. 01 44 32 05 61
e-mail :
buchet.chastel@wanadoo.fr

Entre 1839 et 1841, Berlioz va nous faire revivre avec maestria les six concerts annuels du Conservatoire, ainsi que les nombreuses représentations lyriques de l'Opéra, de l'Opéra-Comique et du Théâtre Italien : pas moins de quatre créations pour Donizetti avec Lucie de Lammermoor, la Favorite, les Martyrs et la Fille du régiment ; de même pour Halvéy avec les Treize, le Shérif, le Guitarrero et la Reine de Chypre ; le Freischütz de Weber chanté en français, avec des récitatifs de Berlioz ; et une kyrielle d'opéras-comiques aujourd'hui oubliés, ceux de Kastner, Montfort et Clapisson, mais immortalisés sous la plume inimitable de Berlioz.

Il faut ajouter, disséminés au travers de ces quelque six cents pages, les hommages réguliers aux idoles de Berlioz, Gluck et Beethoven, aux interprètes exceptionnels comme Liszt et Chopin, ou les chanteurs Nourrit (tragiquement disparu en 1839), Pauline Viardot, Duprez et Mario.

Curieux de tout, Berlioz écrit aussi un long article sur l'Exposition universelle de 1839 et ses nombreuses inventions instrumentales. Fin 1841, Berlioz commence sa série d'articles sur l'art d'instrumenter, avant-goût déjà élaboré de son magistral Traité d'instrumentation et d'orchestration.

Compositeur, critique et symbole du romantisme musical français, Hector Berlioz a chroniqué les activités musicales de son temps, avec la plume étourdissante d'un véritable écrivain qui ne craint ni l'autobiographie railleuse ni l'imaginaire de la nouvelle romanesque.

Considéré comme le roi des critiques durant sa vie, il est aujourd'hui estimé comme un des auteurs les plus importants de la musique du dix-neuvième siècle, et comme le principal critique musical français de l'époque.


 


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