


Dans son ouvrage " Jérôme Paturot à la recherche d’une position sociale " (1842) puis " Jérôme Paturot à la recherche de la meilleure des Républiques " (1848) Louis Reybaud évoque les tentatives dites socialo-socialistes de Owen que Reybaud félicite non pas tant de son socialisme - puisque Reybaud se fait l’ennemi du socialisme sous quelque forme que ce soit - mais du moralisme réformateur de Owen, notamment de sa suppression des cabarets pour ouvriers, son encouragement à l’épargne etc. Reybaud adopte plutôt le point de vue du " patron ", grand propriétaire, des moyens de production, moralisateur du travail ouvrier et de la classe ouvrière en général puisque opposé à tout travail manufacturier en " commun ". Il est opposé à l’optimisme " socialiste " ou " communiste " de Owen qui voyait dans le travail en commun une occasion de développer la conscience d’un but collectif pour les ouvriers.
Louis Reybaud se marie le 2 août 1836 en l’église St Laurent à Paris. Il épouse une veuve ayant sept enfants d’un négociant marseillais héritier d’une tradition et d’un esprit de " milieu d’affaires " ou la notion de " famille " prend un sens particulier, selon le principe d’efficacité porté à l'acte du notaire: " une continuation de cette bonne harmonie de prendre toutes les mesures pour prémunir un Etablissement de famille, contre la funeste influence d’événements qui pourraient troubler leur bon accord et introduire dans la Société des intéressés moins disposés à conserver et à maintenir l’union ". A la veille de la Révolution de février 1848 et de son assassinat, Monseigneur Denis Affre, Archevêque de Paris, souligne dans son Instruction Pastorale au sujet des risques encourus : " les docteurs de cette science funeste ont essayé de faire de l’immense majorité des hommes, un vil instrument destiné à accumuler la richesse dans un petit nombre de mains privilégiées ". Quel dialogue sur ces questions sociales se nouait-il entre Aristide Cavaillé-Coll et Louis Reybaud (!) (?). On le retrouve comme témoin en compagnie de Victor Hamille au premier mariage de Zénaïde Blanc, sœur d’Adèle et Hippolyte, en 1852, avec Alexandre Camus, et à son remariage le 10 juin 1858 avec Vincent Cavaillé-Coll, devant toute la " tribu " rassemblée en rangs serrés, en l’église de La Trinité.
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REYBAUD Louis (1799-1879)
Louis Reybaud est comme Adolphe Thiers un fils de négociant, né à Marseille. Il fait ses études au collège de Juilly et fonde avec son frère une raffinerie de sucre. En 1828, peu après la mort de son père, il quitte Marseille pour Paris. Il découvre la capitale et rejoint ses amis, Barthélémy, Méry, Mignet, Thiers etc. et se lance à leurs côtés dans la politique par les voies du journalisme et la littérature. Il a beaucoup voyagé au Levant et comme la plupart des Provençaux il part à l’assaut de Paris, à l’assaut du régime. Adolphe Thiers réussit mieux et emporte l’adhésion des courants libéraux... mais Reybaud n’est pas loin. Il est pour Cavaillé-Coll le trait d’union permanent avec le Pouvoir en place.