Chants liturgiques et mélodies anciennes


 

 

Dans le numéro d'août 1970 de la revue « Informations Catholiques Internationales », page 27, le compositeur Olivier Alain se plaignait du fait qu' « aujourd'hui, au mot participation, on est prêt à sacrifier à n'importe quelle valeur. L'Eglise ne comprend pas que n'importe qui ne peut pas faire de musique. C'est une question de métier. » Dès lors, d'où vient qu'en France, notamment, la qualité musicale des chants liturgiques est bradée au profit de la facilité ? Dans le même numéro d'I.C.I, on lit page 24, une tentative d'explication : « Le niveau de culture musicale des Français est un des plus bas. Il leur faut donc une musique populaire et facile. Ce que les gens écoutent à la radio, ce n'est pas France-Culture. La musique qu'ils entendent est la plus pauvre possible. C'est une réalité ; il faut partir de là puis avancer par étapes, viser plus haut que le niveau moyen de médiocrité, mais pas hors de portée. » Cinquante ans, après, ce constat est toujours d'actualité. Il convient toutefois de nuancer : quelques compositeurs confirmés ont accepté de se mettre au service de la liturgie et d'écrire un répertoire accessible et de valeur certaine. Au sein de la production terriblement hétérogène, on peut relever un certain nombre de chants qui emploient la musique de chorals protestants, d'extraits de grégorien adapté, de mélodies de cantiques bretons, corses, basques, provençaux ou de proses anciennes. D'autres compositeurs, dans leurs mises en musique originales de textes liturgiques, ont pris le parti, souvent de façon réussie, de créer des pastiches de chorals ou d'écrire du « pseudo grégorien ». En voici une liste (non exhaustive) afin d'orienter les personnes chargées d'établir un programme de chants vers un répertoire sûr sur le plan musical. Beaucoup de chants liturgiques pour le temps de Noël emploient des mélodies de Noëls traditionnels des régions de France, mais nous prenons le parti de ne pas les recenser car on les reconnaît facilement et on peut les trouver sur le site du SECLI   http://demo.secli-cef.fr/rechercher-des-fiches-de-chants

 

 

CHORALS

 

Le matin s'est levé, (PLH 182, P 182).

Christ est vraiment ressuscité, (I 169), Vulpius.

Gloire et louange à toi, Seigneur, (L 37-33, YI 37-33).

Jésus nous comble, (D 205).

Mon âme chante le Seigneur, (V 193).

Nous allons manger ensemble, (D 8).

O Jésus, quand tu t'abaisses, (D 27, DEV 243).

Par Jésus-Christ, vous êtes nourris, (D 206).

Par les routes, (M 31-D 31).

Reste avec nous, (PLH 123, IP 123).

Viens à nous, Emmanuel, (E 11-02).

Peuple choisi, (K 64), Crüger.

Dieu, mon allégresse, (L 96-bis), Crüger.

Dieu nous accueille, (A 174), refrain de Palestrina.

Tu es la vraie lumière, (D 86-bis).

Peuple où s'avance, (K 82).

Peuples, criez de joie, (M 27, MY 27).

L'heure s'avance, (P 181-1).

Peuple de dieu, chante à plein cœur, (M 18).

Au plus haut du calvaire, (H 11-68, HP 11-68).

Celui que Dieu protège, (S 11).

Dieu seul qui es notre Père, (MP 49-08-4).

Il est ressuscité, (I 37).

Nul hiver ne désespère, (G 211-GP 211).

Vainqueur de nos ténèbres, (I 27-43, IP 27-43).

Nous chanterons pour toi, Seigneur, (K 38).

A pleine voix, chantons pour Dieu, (F 180-2SM, FP 180-2SM).

Seigneur, nous déposons, (Y 57-20).

Nous qui mangeons le pain, (D 215), Crüger.

 

Signalons dans le genre pastiche de chorals, une réussite certaine, le chant Qui donc a mis la table ? (C 121) dont la musique est de Claude Duchesneau et l'harmonisation de F. Chapelet et dont voici un extrait :

 

 

 

 

Une première phrase se termine avec une cadence parfaite dans le ton de mi bémol majeur, ton principal. Une seconde période est constituée de la première phrase reprise une tierce au-dessus sous forme de marche. La seconde phrase se conclut par une cadence parfaite au ton de la dominante (si bémol), reprise intégralement mais harmonisée avec une cadence rompue en sol mineur. Une dernière partie est composée d'une formule en « antécédent-conséquent » avec demi-cadence pour la première incise et cadence parfaite au ton principal pour la dernière incise.

 

Enfin, dans ses recueils de chants (« Liturgie tolosane des frères prêcheurs »), le père André Gouzes a adapté des textes liturgiques à des chorals protestants (ainsi qu'à des mélodies grégoriennes). Malheureusement, le choix des tonalités (souvent trop aiguës pour une assemblée et même pour une chorale moyenne) et les harmonisations (de J.-S. Bach, mais tirées de cantates pour lesquelles certaines voix étaient jouées aux instruments, d'où des « trous » dans l'harmonie ou des doublures inopportunes tirées de leur contexte instrumental) rendent leur emploi parfois difficile ou ne leur permet pas de sonner convenablement.

 

 

MELODIES GREGORIENNES

 

Tous les saints de nos familles humaines, (W 70, WP 70).

Clarté, splendeur du ciel, (V 327, VP 327).

Je t'adore, ô mon Seigneur, (C 21-07, DEV 160), Adoro te.

O Dieu qui fis jaillir, (PLH 193, P 193).

Reine, à toi, salut ! (V 328), Salve Regina.

Reine au ciel des cieux, (V 324, VI 324), Regina coeli.

Salut, ô Reine des hauteurs, (V 325), Ave Regina caelorum.

Splendeur jaillie du sein de Dieu, (PLH 192, P 549).

Le temps du Seigneur, (T 57, M 538), Exultet coelum.

Tu es toute belle, (V 326), Tota pulchra es.

Chrétiens, chantons le Dieu vainqueur, (I 36), O filii et filiae.

Chemin de Pâques, (G 545, GX 545), Audi benigne conditor.

Viens, ô Saint-Esprit, (K 27-31), Veni Sancte Spiritus.

O viens, Jésus, (E 147), Veni, veni, Emmanuel.

 

 

MELODIES BASQUES, BRETONNES, CORSES, PROVENCALES ET AUTRES

 

Pitié pour nos misères, (G51, DEV 266), mélodie basque.

Quand Jésus mourait au calvaire, (H19, HV 19), mélodie corse.

Christ, le Fils du Père, (G 50, GY 50), mélodie provençale.

O, toi qui dors, (I 25), mélodie provençale.

Comme au calvaire, (C 34, DEV 91), mélodie bretonne.

En toi, Seigneur, mon espérance, (G 7, GP 7), mélodie bretonne.

La nuit qu'il fut livré, (C 3, HP 3), mélodie bretonne.

Le cœur en joie, nous vous chantons, (V 292-1), mélodie bretonne.

Le pain que tu nous donnes, (D 83), mélodie bretonne.

O croix dressée sur le monde, (H 30), mélodie bretonne.

O viens, sagesse éternelle, (E 35), mélodie bretonne.

Pleine de grâce, (V 68) mélodie bretonne.

Quand je viens vers toi, (G 41, DEV 279), mélodie bretonne.

Vous êtes sans pareille, (V 10), mélodie bretonne.

Jésus qui es aux cieux, (J 10), mélodie bretonne.

Marie, pleine de grâce, (V 195), mélodie ancienne.

Tu es la fille de ton Dieu, (V 91), mélodie ancienne.

Jésus, Seigneur, (P 128, MP 128), hymne des Vaudois.

C'est Jésus qui nous rassemble, (A 22-99, D 22-99), mélodie ancienne.

Voici que l'ange Gabriel, (V 26), mélodie ambrosienne.

Victoire, (H 32), mélodie slave.

Souffle du Dieu vivant, (K 21), mélodie norvégienne.

Seigneur, souvenez-vous, (S 5), mélodie celtique.

Partageons le pain du Seigneur, (D 38-31).

Depuis l'aube où sur la terre, (I 29, IP 29), mélodie allemande.

 

 

PROSES ANCIENNES

 

En marchant vers toi, Seigneur, (D 380).

En toi, Seigneur, est notre espoir, (L 93, AX 93).

Gloire à toi, Seigneur Jésus, (L 81, Y 562).

Peuple royal, (OA 49-02).

Puisque Dieu nous a aimés, (F 168, M 168).

Seigneur et Saint, (K 11-72-2).

En toi, Marie, (V 20-88).

Femme choisie selon la promesse, (VP 51-36).

O Roi de gloire, (WLH 168).

Père adorable, (M 28-50-4, MP 28-50-4).

Eglise du Seigneur, (K 128).

 

Olivier Geoffroy

(août 2020)

 

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