Les cloches d'église

Depuis le VIe siècle, elles convoquent les fidèles à la louange dominicale et soulignent les évènements qui marquent la vie des communautés (mariages, enterrements, baptêmes etc.). Du fait de leur place particulière, leur utilisation est réglementée.

Voici les paragraphes qui traitent de leur rôle dans l’Instruction sur la Musique Sacrée et la Sainte-Liturgie de septembre 1958, dans l’esprit des Encycliques Musica sacra disciplina et Mediator Dei du pape Pie XII :

86. L’usage, très antique et très approuvé, des cloches dans l’Eglise latine doit être religieusement observé par ceux que cela concerne.

87. Les cloches ne seront pas employées au service des églises avant d’avoir été solennellement consacrées ou du moins bénites ; dès lors, elles seront conservées avec le soin qui est dû aux choses sacrées.

88. Les coutumes approuvées et les diverses manières de sonner les cloches, selon les diverses fonctions de ces sonneries, seront maintenues avec le plus grand soin ; et les Ordinaires des lieux n’omettront pas de rassembler les normes traditionnelles et usuelles en cette matière, ou bien, là où elles font défaut, d’en prescrire.

89. Les innovations qui visent à ce que les cloches elles-mêmes donnent un son amplifié, ou à ce que leur sonnerie soit rendue plus facile, peuvent être admises par les Ordinaires des lieux, après consultation des experts ; mais dans le doute, l’affaire sera soumise à la S. Congrégation des Rites.

90 Outre les diverses manières approuvées de sonner les cloches saintes dont il est question plus haut, n° 88, existent ça-et-là des combinaisons particulières de petites cloches supendues dans le clocher lui-même, qui produisent des mélodies et des concerts variés. Ce jeu de petites cloches, qu’on appelle communément carillon (en allemand " Glockenspiel "), est entièrement exclu de tout usage liturgique. Et les petites cloches destinées à cet usage ne peuvent ni être consacrées, ni être bénites selon le rite solennel du Pontifical romain, mais seulement d’une bénédiction ordinaire.

91. Il faut mettre tout son effort à ce que toutes les églises, les oratoires publics et semi publics soient munis d’au moins une ou deux cloches, même petites ; mais il est strictement interdit d’employer au lieu des cloches saintes, n’importe quel appareil ou instrument pour imiter ou amplifier mécaniquement le son des cloches ; il est cependant permis d’employer ces appareils ou ces machines si, selon les règles établies plus haut, ils sont employés à la manière d’un carillon.

Aujourd’hui encore, les cloches se taisent du Gloria du Jeudi-Saint à celui de la Vigile pascale (" elles vont à Rome " !).

Ce serait saint Paulin, évêque de Nola, de Campanie en Italie, qui, le premier, aurait fait employer des airains sonores pour réunir les fidèles. De là dérive l’art " campanaire ". Les moines-fondeurs furent les premiers à équiper les monastères de moyens sonores pour règler le temps du travail et de la prière.

Il y a dans le monde environ trois-cents carillons dignes de ce nom. Les Etats-Unis en comptent à eux seuls plus d’une centaine.

C’est en France (Rouen, Douai...), en Belgique (Anvers, Bruges, Malines...) et en Hollande (La Haye...) que l’on peut trouver les plus beaux spécimens.

Durant le XXe siècle, des carillonneurs célèbres redonnent une certaine vigueur à un usage tombé en désuétude à l’époque romantique. On peut citer les noms de Jeff Denyn (Cathédrale de Malines), Leen’t Hart et Staf Nees. Signalons aussi le travail effectué par les différentes Guildes de carillonneurs.

Cinq fonderies séculaires existent encore aujourd’hui en France, comme celle de Dominique Bollée à Orléans (depuis 1715) ; elle possède un musée de l’art campanaire. Dans le Nord-Est de la France, la fonderie de Robecourt fut très longtemps célèbre. La Lorraine comptait de nombreuses maisons spécialisées aux XVIIIe et XIXe siècles. A Villedieu-les-Poêles, en Normandie, on trouve mention de fondeurs de cloches dès le XVIe siècle et la fonderie Cornille-Havard, installée dans le même atelier depuis 1865, a récemment coulé (juin 2004) la copie conforme de la célèbre Liberty Bell de Philadelphie pour le Conseil régional de Basse-Normandie.

Même dans les tours d’églises possédant un nombre modeste de cloches, on peut entendre des mélodies traditionnelles (chants populaires, à la Vierge, chants eucharistiques...) simples qui, enregistrées grâce à l’électronique, peuvent rythmer de façon plus joyeuse et lyrique les heures qui passent et la prière ininterrompue de l’Eglise.

Olivier Geoffroy

 


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