Marius CONSTANT

" MUSIQUE EN ARMAGNAC "
une expérience en Pays Gascon

Défini comme un musicien d’expériences, au cœur des années 70, il sut en tenter une, tenant un peu du défi alors qu’il assurait les fonctions de directeur musical de la Danse à l’Opéra de Paris : pourquoi ne pas proposer, au temps des vendanges, un festival assez attrayant et hardi pour stimuler la curiosité des Gascons avec, au menu, musique et danse contemporaines ?

Ce vœu formulé par le maître, un soir de février 75 à Paris, sera concrétisé dès l’automne.1 Et le public, aussi bien rural que des villes comme Condom, Lectoure, Eauze, va répondre présent lorsque musiciens et danseurs investiront les marchés couverts et les cathédrales de la Ténarèze à l’Astarac, ces pays du Gers où la gastronomie somptueuse s’allie à un accueil des plus chaleureux.

Un climat que vont apprécier, au cours des trop rares saisons de " Musique en Armagnac ", les artistes de renom venus sous la houlette de Marius Constant. Y participent son ensemble Ars Nova et toute une pléiade de jeunes artistes dont le temps confirmera le talent : les percussionnistes Jean-Pierre Drouet, Sylvio Gualda, l’altiste Gérard Caussé (un temps directeur de l’Orchestre de Chambre National de Toulouse), le chorégraphe roumain Gigi Caciuleanu et ses danseurs : faut-il rappeler que Constant a signé bon nombre de partitions de ballet dont la première commande de Béjart Haut-Voltage (1956) ou encore pour Roland Petit Le Paradis Perdu (1967), Nana créés à l’Opéra de Paris ?

Un des plus purs moments de la première édition de l’automne 75 : le programme de musique sacrée à la cathédrale de Condom où seront données les Quatorze Stations de Marius Constant ; sous les majestueuses voûtes gothiques se déroule l’étonnant parcours pour percussionniste confié à Sylvio Gualda, le timbalier de l’orchestre de l’Opéra de Paris, qu’accompagne la voix de Jean Negroni, disant le texte de Jean-Pierre Nortel.

C’est à l’issue d’un concert d’orgue de ce festival, dans cette même cathédrale en 1976, que le compositeur et organiste Xavier Darasse sera victime, sur le chemin de retour vers Toulouse, d’un dramatique accident de voiture aux séquelles irréversibles, arrêtant brutalement sa carrière d’organiste international.

En s’attirant la sympathique adhésion, voire la gratitude d’innombrables auditeurs, bien loin des " cénacles parisiens ", Marius Constant remplissait là sa mission de " compositeur généreux à la carrière exemplaire " comme sut le rappeler, le 9 décembre 1994, Marcel Landowski, au cours de son discours prononcé lors de la séance publique de réception du nouveau membre de l’Académie des Beaux-Arts, élu au fauteuil d’Olivier Messiaen :

Votre souci de sensibilisation du public à la musique de notre temps vous poussera à créer, en 1963, puis à diriger, bien sûr, l'ensemble Ars Nova grâce auquel vous pourrez faire découvrir ou redécouvrir, en concert ou par le truchement de plus d'une vingtaine de disques, la presque totalité de trente années de musique contemporaine. "

France FERRAN

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1) Les médias locaux apporteront un soutien indispensable à la mise en place de cette manifestation culturelle en milieu rural, dont le grand quotidien régional La Dépêche du Midi (où j'assurais la chronique chorégraphique et, à l'occasion, celle de musique contemporaine) ainsi que la station Midi-Pyrénées de l'O.r.t.f. avec l'efficace concours de Jacqueline Gachet, responsable d'un magazine artistique et professeur d'histoire de la musique au C.N.R. de Toulouse. [ Retour ]

Notice obituaire

 


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