XAVIER CROIZIER
ou
L’HISTOIRE MALHEUREUSE
D’UN MAÎTRE DE CHAPELLE SPOLIÉ

 

Quoique l’on ait un jour qualifié à tort le dix-neuvième siècle de " stupide ", cette période a été fort riche dans le domaine artistique, notamment en musique. L’évolution de cet art serait-il ce qu’il est devenu sans le romantisme ? Les réactions à ce genre musical ont donné naissance au réalisme, à la tradition symphonique et au nationalisme musical. Ainsi, après la disparition des maîtrises sous la période révolutionnaire, qui étaient de véritables conservatoires de musique, après l’envahissement des églises par la musique profane et italianisante, après la décadence de la musique d’église arrivèrent des hommes qui vouèrent leur vie à la rénovation de la musique. Ce fut tout d’abord Alexandre Choron, avec son Conservatoire de musique classique et religieuse, fondé en 1817, qui renouvela le chant choral et restaura la musique classique. Il fit découvrir Bach, Haendel et Haydn dix ans avant Mendelssohn. Hélas, cette institution fut victime de la Révolution de Juillet 1830. Puis vint en 1853 l’Ecole de musique classique et religieuse de Louis Niedermeyer. Celui-ci voulait restaurer le plain-chant, enseigner l’harmonie et redécouvrir les clavecinistes français et italiens, ainsi que les compositeurs classiques allemands. Gabriel Fauré, André Messager et Henri Expert, pour ne citer que les plus connus, sont issus de cette prestigieuse école. Enfin fut créée en 1894 la célèbre Schola Cantorum par Charles Bordes, Alexandre Guilmant et Vincent d’Indy, destinée a diffuser la musique ancienne et inciter à un art rigoureux. Cette école a aussi produit, et continue encore de le faire de nos jours, d’excellents musiciens.

Ces hommes, souvent méconnus du grand public, ont sans conteste joué un rôle de tout premier ordre dans l’histoire de la musique française. Leurs écoles ont exercé autant d’influence que les institutions officielles que sont les conservatoires de musique. On peut même dire qu’ils se complètent et se concurrencent rarement, même si parfois une certaine rivalité se fit jour !

Xavier Croizier, totalement oublié des dictionnaires de musique, fut l’un de ces artistes qui voulut contribuer au renouveau et au développement de la musique française, peu avant la fondation de l’Ecole de Niedermeyer, vers le milieu du dix-neuvième siècle. Voilà son histoire :

Né le 1er juin 1808 à Paris, au numéro 166 de la rue de Charenton, alors située dans le 8e arrondissement (ancien)1, fils de Jacques Croizier, jardinier de son état, né vers 1777, et de Marie Guérin, François-Xavier Croizier s’attacha, dès l’âge de 8 ans, à l’Eglise catholique, en devenant enfant de choeur. Très doué pour la chose musicale il fut admis par Choron dans son Ecole de musique classique et religieuse, installée rue de Vaugirard. Cette institution accueillait une soixantaine d’élèves. Y enseigneront de grands musiciens tels Ferdinand Hiller (orgue et accompagnement)2, Frédéric Boulanger (chant)3, Scudo (chant)4, Hippolyte Monpou (forte-piano)5, Louis Dietsch (violoncelle)6 et Nicolas Marrigues (orgue)7. Parmi les nombreux élèves sortis des mains de Choron figurent les cantatrices Rosine Stoltz et Clara Novello, le célèbre ténor Gilbert Duprez, le pianiste Henri Valiquet et le musicographe Adrien de La Fage. Il était ensuite admis, en 1829, au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, alors dirigé par Cherubini, dans la classe de contrebasse de Chénier8. Peu après Croizier devenait maître de chapelle de St-Etienne-du-Mont, avant d’occuper les mêmes fonctions à St-Germain-l’Auxerrois, alors que Boëly tenait le grand-orgue. Enfin, dans les années 1850, il se trouvait à la tête de la maîtrise de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle.

Dès cette époque, il projetait de fonder un conservatoire de musique. Il avait d’ailleurs déjà écrit une Méthode de musique populaire et de chants religieux. C’est ainsi que le 23 mars 1852 il adresse une supplique dans ce sens au Ministre de l’Instruction Publique et des Cultes, Hippolyte Fortoul. En voici le texte intégral9 :

Monsieur le Ministre - Après avoir adressé à Monseigneur le Prince Président10 un vaste projet qui doit être parvenu à votre connaissance, et dont vous trouverez ci-après le détail ; ledit projet lui ayant été remis par une de ses parentes ; il a bien voulu l’accueillir favorablement, et promis d’en étudier le but et l’importance.

Ma démarche ne saurait mieux s’adresser qu’à vous Monsieur le Ministre, appelé par vos fonctions à exercer votre sollicitude sur les Etablissements de ce genre.

Attaché depuis plus de trente six ans à l’Eglise catholique, et Maître de chapelle successivement aux paroisses de St Etienne du Mont, St Germain l’Auxerrois et N.D. de Bonne Nouvelle, en vertu des connaissances acquises dans la partie, j’ai conçu, il y a quatre ans, le projet de fonder un conservatoire de musique et de chant religieux, et le rapport que j’adressai, à ce sujet par l’entremise du Cardinal Fornari11, à S.S. Pie IX, a reçu son approbation.

Je me suis en conséquence mis à l’œuvre pour réaliser mon projet, et depuis deux mois environ, les constructions sont commencées. Je viens d’apprendre, aujourd’hui qu’un musicien étranger à nos cérémonies, cherche à m’enlever mon idée pour l’exécuter à son profit. Il me serait pénible, après avoir passé toute ma vie à étudier, à élaborer une œuvre de cette importance, de la voir dénaturer par un plagiaire qui ne peut avoir acquis, en quelques jours, l’expérience qui est le résultat de vingt années de travaux.

En conséquence, je prends la liberté de m’adresser à vous, Monsieur le Ministre, pour vous prier de me conserver la priorité de mon idée , et de vouloir bien la couvrir de votre protection, lorsque vous aurez pris connaissance du prospectus que je joins à ma demande, si, comme je l’espère, vous en approuvez le contenu.

Divers essais de ma méthode ont été exécutés du temps de feu l’Archevêque de Paris, Monseigneur Affre12, en présence de ses grands vicaires, ainsi qu’aux cathédrales de Versailles, de St Denis et à Bonne-Nouvelle ; j’ai été assez heureux pour recueillir partout des témoignages de satisfaction ; Monseigneur Sibour13 a lui même connaissance depuis plus d’un an.

J’ose donc espérer, Monsieur le Ministre, que vous voudrez bien accueillir favorablement ma demande, et constater, par votre appui, la priorité de l’édification de mon œuvre.

J’ai l’honneur d’être, Monsieur le Ministre, votre très humble et très obéissant serviteur.

Croizier, maître de chapelle et compositeur de musique sacrée, 24 rue d’Amsterdam.

Ce document démontre que Xavier Croizier pensait depuis au moins 1848 à la création de son école de musique. Il avait cependant déjà posé quelques jalons auparavant en contactant notamment Mgr Affre et ce, au cours des années 1840. Il était alors âgé d’une quarantaine d’années et c’était certainement le projet de toute une vie, longuement réfléchi, étudié et mis au point.

Cette lettre manuscrite, reçue par l’administration Générale des Cultes le 24 mars 1852, sous le numéro 6269, porte l’annotation suivante : Recommandé par Mr Régnault de St Jean d’Angély. Sans doute est-ce un scribe du Ministère concerné qui l’avait à l’époque inscrite.

Auguste, comte Régnault de Saint-Jean-d’Angély (1794-1870) était le fils de l’homme politique du même nom14, qui avait été autrefois député aux Etats-Généraux (1789), rédacteur de l’Ami des patriotes, conseiller d’Etat et enfin procureur général de la Haute Cour. Reçu à l’Académie Française en 1803, il avait dû s’exiler à la Restauration. Auguste, officier d’ordonnance de Napoléon, fut nommé par celui-ci chef d’escadron sur le champ de bataille de Waterloo. Lieutenant-colonel sous la révolution de 1830, il fut par la suite promu général de division, le 10 juillet 1848. Député de la Charente-Inférieure en 1849, ministre éphémère de la guerre (janvier 1851), il entra au Sénat le 25 janvier 1852. Il poursuivra sa carrière militaire en prenant part à la bataille de Magenta pendant la guerre d’Italie (1859), ce qui lui vaudra le titre de maréchal de France. Hélas, comme nous le verrons par la suite, ce parrainage illustre sera sans effet !

Mais qui était ce personnage, ce musicien, cet artiste qui voulait à lui tout seul fonder une école afin de rétablir la sincérité, la simplicité et la beauté de la musique religieuse ? Laissons lui la parole15 :

La Religion a survécu et survivra toujours aux cataclysmes de la société.

Le Christianisme eût déjà conduit l’homme à l’affranchissement moral, si le sensualisme ne l’avait arrêté dans son essor pour le précipiter des degrés de la civilisation dans l’abîme de l’abrutissement.

Les tendances du dix-huitième siècle et de la génération actuelle, en détruisant les principes fondamentaux de la morale, ont dirigé toutes les facultés humaines vers les jouissances matérielles qui dessèchent le cœur et corrodent les sentiments de charité et d’affection que nous a transmis le divin Rédempteur.

Ces funestes penchants, exploités par la soif de l’or, le hideux fléau de notre époque, ont trouvé un aliment incendiaire dans les antres de la volupté et des plaisirs impurs que la spéculation a multiplié sur les pas de la jeunesse, éteignant en elle l’étincelle de la divinité dont elle émane, pour la livrer aux mauvais instincts d’une nature énervée et flétrie.

Lorsque tant de lieux de perdition sont ouverts à l’effervescence de l’âge, pourquoi n’a-t-on pas encore songé à établir entre les plaisirs qui frappent les sens et le sentiment religieux qui élève l’âme de l’homme vers le Créateur, un lien sympathique et attrayant qui ramène peu à peu son esprit et son cœur au véritable but de sa mission sur terre.

La musique profane a son Conservatoire, la musique militaire son Gymnase ; seule la musique sacrée n’a pas d’école ; ce langage sublime qui met l’homme en rapport avec Dieu, est tombé dans la barbarisme ; cette sainte traduction poétique des élans du cœur, qui résonnait jadis sous les voûtes sonores du Temple de Jérusalem, se traduit aujourd’hui en accents grossiers et discordants, ou bien s’affuble du manteau profane et licencieux de la musique mondaine, ôtant ainsi aux rythmes sacrés de la religion leurs sublimes traditions.

Il importe de rendre aux chants religieux toute leur harmonieuse simplicité, d’apprendre aux nouvelles générations qu’à côté de ces plaisirs éphémères qui arrêtent la sève dans sa croissance et amènent une vieillesse caduque et prématurée, il existe d’autres plaisirs qui charment les sens, tout en conservant à l’âme sa pureté primitive, et développent en elle les nobles instincts de vertu et de charité chrétienne que l’on rencontre encore chez les natures privilégiées qu’une chaste éducation et de bons exemples ont préservées du souffle de la corruption.

Ces lignes attestent des nobles sentiments de leur auteur, même si certains de nos lecteurs peuvent déplorer sans doute un certain lyrisme exacerbé. N’oublions pas que nous sommes en 1852, Musset n’a pas encore écrit son poème dramatique le Songe d’Auguste, Chateaubriand est mort récemment, Vigny songe à son poème La Bouteille à la mer et Leconte de Lisle termine ses Poèmes Antiques !

Ce qui précède explique les raisons qui poussèrent Xavier Croizier a vouloir fonder son école. Donnons lui à nouveau la parole afin qu’il puisse développer plus avant son projet :

C’est dans l’espoir de concourir à rétablir un jour, par l’inspiration musicale, les rapports fraternels de la société que l’intérêt divise aujourd’hui en castes ennemies, qu’un homme, qui a passé la majeure partie de sa vie à mûrir son œuvre, qui a voyagé jusque dans les régions polaires pour y puiser les notions propres à l’élaborer, et qui a consacré tout son avoir, vient de fonder un Conservatoire de Musique et de Chant religieux pour instruire de jeunes adultes à propager et généraliser dans les églises et paroisses du monde catholique les rythmes purs des chants sacrés de notre religion.

L’élève, logé, nourri et instruit au Conservatoire, pourra, de retour dans sa commune, au moyen des connaissances qu’il aura acquises, inculquer au personnel de la paroisse le goût et le caractère de la véritable Musique religieuse, dont il aura puisé les principes à leur véritable source.

Trop souvent l’exécution inculte et monotone des ignorants chargés d’interpréter et de psalmodier les divins préceptes, a éloigné de nos temples les indifférents, ou bien, les cérémonies luxueuses et mondaines des jours de fêtes n’y ont rassemblé que les désoeuvrés ou les curieux.

Le fondateur de cette œuvre veut que tous, riches ou pauvres, savants ou ignorants, pieux ou incrédules soient attirés par le charme de l’ouïe et par l’élévation de la pensée, à venir entendre célébrer dans nos temples, en mélodies harmonieuses, les louanges du Seigneur et à s’habituer peu à peu à prendre part à une interprétation intelligente des textes sacrés.

Encouragé dans la réalisation de son idée par l’approbation de S.S. le Pape Pie IX, du cardinal Fornari, du Nonce apostolique, de Monseigneur l’Archevêque de Paris, des Evêques et des principaux Membres du Clergé catholique ; il a, en outre, l’intention d’annexer à cette nouvelle Ecole musicale, qui comprendra des Cours et des Classes de Chant, d’Harmonie et d’instruments affectés spécialement au service du Culte, une Salle de Concerts spirituels, dans laquelle des Artistes de premier ordre exécuteront les productions de Musique religieuse des plus grands maîtres des écoles allemande, italienne et française, dont les sublimes compositions sont presque ignorées de nos jours ou totalement dénaturées par les mutilations des arrangeurs de musique profane.

Nous retrouvons dans ces propos l’exact programme que Louis Niedermeyer s’ingéniera à respecter dans sa future école de musique : ouverture d’une classe d’orgue, développement du chant, enseignement de l’harmonie, redécouverte des maîtres classiques français, italiens et allemands !

Mais écoutons encore ce que notre maître de chapelle a à nous dire :

Le créateur du Conservatoire religieux, limité dans ses ressources et ayant déjà sacrifié tout ce qu’il possédait, vient faire appel à tous les coeurs sincèrement religieux et dévoués aux progrès moraux de l’espèce humaine, pour l’aider à compléter la réalisation de son œuvre en y souscrivant.

Afin de répondre aux divers intérêts qui partagent la société, le mode de souscription est divisé en trois catégories distinctes, savoir : les fondateurs, les protecteurs et les donateurs.

Les Fondateurs concourent à la formation du capital de fondation, indispensable pour couvrir les frais d’installation et d’organisation, fixé à la somme de deux cent mille francs, et divisé en deux cents actions de mille francs chaque.

Le capital est garanti par les meubles et immeubles de la Société, et donne droit à un partage proportionnel dans les bénéfices.

Les Fondateurs ont droit en outre à quatre entrées annuelles aux Concerts spirituels.

Le titre de Protecteur est acquis aux premiers cinq cents souscripteurs, dont la cotisation annuelle et gratuite s’élève à cent francs au moins, avec engagement de continuer leur souscription pendant cinq ans.

Les Protecteurs auront la jouissance de deux entrées annuelles à tous les Concerts spirituels jusqu'à l’expiration de la dernière année de leur cotisation.

Leurs noms seront inscrits, ainsi que ceux des Fondateurs, sur un tableau exposé dans la salle des Concerts spirituels.

La formation du Conservatoire n’est pas une spéculation industrielle, mais une œuvre de haute moralité instituée pour ramener les incrédules et les indifférents dans la voie religieuse, et pour habituer peu à peu les futures générations au recueillement de la pensée et aux nobles inspirations du cœur.

En conséquence, nous nous adressons à toutes les âmes pieuses et chrétiennes, et nous les invitons à apporter dans la mesure de leurs moyens et de leur bon vouloir, leurs concours à l’édification de notre entreprise.

Un registre spécial, vérifié et paraphé tous les mois par un Comité de Surveillance, choisi parmi les plus forts souscripteurs, contiendra les noms de tous les Donateurs et les sommes qu’ils auront versées.

Tout Souscripteur qui s’inscrira pour cinquante francs au moins, aura le titre de Donateur, et la jouissance d’une entrée personnelle aux séances ordinaires des Concerts spirituels pendant une année.

Les personnes qui désireront être initiées aux statuts fondamentaux de la Société et aux dispositions réglementaires des classes et travaux de l’administration, voudront bien s’adresser par lettre affranchie à M. Croizier, directeur du Conservatoire, rue Vaugirard, 94 ; il s’empressera de leur faire parvenir tous les documents et renseignements nécessaires pour les édifier entièrement sur le but et sur les tendances de cette nouvelle Institution, patronnée par les autorités ecclésiastiques et civiles de France et de l’univers catholique.

Croizier parvint sans aucun doute à réunir les fonds nécessaires. En effet, les travaux de constructions de son conservatoire de musique, situé 94 rue de Vaugirard, dureront à peine un an, puisque débutés en janvier 1852, ils seront achevés à la fin de cette année. Et le jeudi 30 décembre 1852 avait lieu l’inauguration de la Salle des Concerts Spirituels, que nous relate Maurice Bourges16 :

Frappée à la mort par la révolution de 1830, l’œuvre de prédilection du célèbre Choron a laissé après elle de profonds regrets, et dans son genre tout spécial un vide immense que rien n’a pu combler encore. Depuis vingt ans, quelques artistes, consultant leur zèle plus que leurs forces, ont essayé à diverses reprises de ressusciter la haute pensée du maître. Tous ont dû bientôt reculer devant les énormes difficultés de l’entreprise. M. Croizier, ancien élève de Choron, sera t’il plus heureux ? Les résultats qu’il a déjà obtenus permettent de le supposer. Grâce aux courageux efforts de sa persévérance, aux sacrifices considérables qu’il a faits, M. Croizier est parvenu à fonder un nouveau conservatoire de Musique religieuse sous le patronage de l’autorité ecclésiastique. Il ne s’agit pas ici d’un simple projet, d’une espérance vague : il y a des réalités palpables. Le local existe, dans la rue de Vaugirard, tout comme l’école de Choron. Les constructions sont là ; debout, n’attendant que de jeunes hôtes. Déjà même la salle des concerts spirituels, destinée sans doute aux futurs exercices des disciples, a ouvert ses portes. Jeudi dernier, à deux heures, a eu lieu l’inauguration solennelle de cette enceinte réservée à l’art sacré. Avant la cérémonie de l’aspersion et de la bénédiction, M. le Curé de Saint-Sulpice a développé avec talent dans une allocution noble et chaleureuse les avantages et l’incontestable utilité de cette fondation nouvelle, sous les rapports divers de la conservation de l’art religieux dans toute sa pureté, et de son influence morale et civilisatrice sur l’esprit du siècle. Puis le concert à commencé. Si l’exécution a laissé ça et là quelques prises à la critique, ce n’est pas que M. Croizier n’eût choisi en général de bons interprètes. Loin de là. M. Leprévost17, de Saint-Roch, est le chef des choeurs et tient l’orgue d’accompagnement ; M. Bizot18 est le maître de chant ; les choristes sont recrutés parmi les plus expérimentés ; enfin l’orchestre, composé d’exécutants distingués, est dirigé par M. Deloffre19, jeune artiste d’un vrai mérite. Seulement, il n’y avait eu que trop peu de répétitions. De là, impossibilité d’obtenir un ensemble et une netteté irréprochables. Quoi qu’il en soit, l’effet de la séance a été favorable et a fort bien secondé l’appel éloquent que le Curé de Saint-Sulpice avait fait à la générosité libérale des mécènes de l’Art. Alexis Dupont20, dont la voix se conserve fraîche et pure à l’ombre du sanctuaire, comme le lis virginal sur l’autel, a parfaitement chanté un gracieux " O Salutaris " lequel n’est pas et ne peut être du XIIIe siècle, n’en déplaise à la science du programme ; puis un " Jesu me " de Righini21, de moitié avec Melle Clémentine Bernard. Cette jeune cantatrice a encore de notables efforts à faire pour douer son organe de toutes les qualités désirables. M. Soros, encore un peu expérimenté, a dit le solo de la cantate d’inauguration, composée par M. Croizier. Comme toutes les oeuvres de circonstance, cette cantate n’a guère que le mérite de l’improvisation et de l’à-propos. Melle de Rupplin a rendu avec goût plusieurs fragments de la première partie de " La Création " de Haydn. Melles Bouche, du Théâtre Lyrique et Lejeune ont aussi contribué à cette exécution, qui a relevé par sa vivacité ce que la première moitié du concert avait eu de languissant. A ce propos, nous invitons M. Croizier, a jeter plus de contrastes dans les programmes de ses concerts prochains. Trois ou quatre morceaux de suite, dans un style langoureux, chantés tendrement et amoureusement, affadissent bien vite l’oreille. N’y aurait-il pas moyens aussi de substituer, ou du moins d’adjoindre à l’accompagnement du petit orgue, le quatuor des instruments à cordes, qui lui donneraient plus de précision et de variété ? Ne serait-il pas à désirer encore que la musique fût moins connue du public ? Il existe quantité de bonnes compositions sacrées tout-à-fait ignorées ; et nous avons de magnifiques oratorios anciens et modernes, par exemple la grande Passion de Bach, et l’Elie de Mendelssohn, dont Paris n’a pas la moindre idée. Pourquoi ne pas exploiter cette mine toute neuve ? C’est avec de pareils choix, qui sortent du répertoire vulgaire, que M. Croizier pourra faire comprendre aux plus récalcitrants la nécessité d’une institution toute spéciale. Force sera de convenir alors qu’en nul endroit on n’a l’occasion de connaître ces chefs-d’œuvre.

M. Croizier nous pardonnera de lui présenter ainsi nos conseils en compagnie des encouragements que méritent sa ferveur et la grande partie de son entreprise. Les sympathies du clergé lui sont acquises déjà. Le Gouvernement, il faut espérer, lui viendra aussi en aide, et fera pour son œuvre naissante ce que la restauration fit pour Choron. Nul doute que, s’ils trouvent en haut lieu bienveillance et appui, ces premiers essais ne prennent bientôt un développement rapide et ne produise de précieux résultats. Le moindre serait de fournir abondamment aux églises de France ce dont elles sont trop souvent dépourvues, des choristes bien disciplinés, bons musiciens, dressés à la véritable intelligence et à la saine exécution du chant sacré. Ce serait tout simplement la résurrection, tant souhaitée, des anciennes maîtrises, avec un avantage de plus, celui de la centralisation et par conséquent de l’uniformité de doctrine et d’enseignement. Que de bonnes choses dans une seule.

Le Ménestrel22 est plus nuancé dans ses critiques : ...L’orchestre sous la direction de M. Deloffre et le choeur conduit par MM. Bizot et Leprevost, ont exécuté avec ensemble une cantate d’inauguration composée par MM. Delille et Croizier. Plusieurs artistes ont ensuite chanté des morceaux de musique religieuse. MM. Alexis Dupond, Bouche et surtout Melle de Rupplin ont été vivement applaudis. La première partie de " la Création " de Haydn a dignement complété cette solennité. Nous ne pouvons mieux faire, pour l’année qui s’ouvre, que de souhaiter un brillant avenir à ce conservatoire et un peu plus de justesse à son petit orgue.

Au début de l’année 1853 Xavier Croizier est heureux. Son projet de conservatoire de musique spécialisé dans l’enseignement et l’exécution de musique religieuse est enfin réalisé : les fonds nécessaires ont été réunis, la construction des bâtiments est achevée, l’inauguration officielle s’est bien passée ; la presse, même si elle est un peu sévère, lui prodigue des encouragements et de plus, il bénéficie de la bénédiction et du soutien sans réserve des autorités religieuses. Reste plus qu’à attendre les inscriptions des élèves qui ne sauraient certainement tarder.

Quelques mois plus tard, exactement en avril 1854, Cavaillé-Coll installe son atelier de facture d’orgues dans les locaux du Conservatoire de Musique et de Chant religieux ! Que s’est-il donc passé pour qu’en l’espace d’une année le projet si avancé de Croizier soit complètement abandonné et les bâtiments flambant neufs désaffectés ? Nul ne le sait encore avec certitude, on ne peut qu’émettre des hypothèses qui sont certainement d’ailleurs le reflet de la réalité.

Bien que ce soit probablement la conjoncture de plusieurs raisons qui soit la cause de cette fermeture prématurée, la principale est sans aucun doute politique. Croizier, dans sa précipitation à réaliser l’œuvre de sa vie, n’a pas songé à obtenir l’aval et le soutien du gouvernement en place avant de concrétiser son projet. Ce n’est qu’une fois les travaux débutés, qu’il pense à aviser le Ministre de l’Instruction publique et des cultes Hippolyte Fortoul. Celui-ci, nommé à ce poste au lendemain du coup d’Etat du 2 décembre 1851, bien qu’exerçant à une période où le gouvernement avait besoin de l’Eglise, peu favorable à la loi Falloux, voulait notamment limiter l’influence du clergé sur l’enseignement. Il se heurta même parfois aux catholiques les plus engagés pour défendre l’enseignement public. Or Croizier est appuyé par l’Eglise et uniquement par elle. Le Ministre est méfiant et craint sans doute que ce soit là un nouveau foyer de légitimistes hostiles à l’Empire.

A la même époque, un certain Louis Niedermeyer23 -c’est de lui dont il s’agit lorsque Croizier fait état dans sa lettre du 23 mars 1852 qu’un musicien étranger à nos cérémonies cherche à m’enlever mon idée à son profit- dont la notoriété n’est plus à faire24, souhaite également ouvrir une école de musique religieuse. Très influent, décoré de la croix de la légion d’honneur par Louis-Philippe en personne lors de la première représentation de sa partition Marie Stuart (6 décembre 1844), Niedermeyer, de son vrai nom Louis de Niedermeyer, baron d’Altenbourg et de Singenbach, était lié d’amitié avec le Prince de la Moskowa25 qu’il avait connu au début des années 1840. Ce dernier, passionné par les musiciens illustres du XVIe siècle, avait autrefois fondé à Paris, en compagnie de Niedermeyer d’ailleurs, une Société de Musique vocale religieuse classique qu’il dirigea longtemps.

Le Prince de la Moskowa, marié à la fille du banquier Laffitte26 n’eut qu’une fille unique, Albine-Marie-Napoléonne-Eglé Ney de la Moskowa, qui épousa27 le comte de Persigny28. Celui-ci, fidèle compagnon de l’Empereur, tenait le portefeuille de l’Intérieur dans le même gouvernement que Fortoul en 1853. Niedermeyer, appuyé par le Prince de la Moskowa, le propre beau-père du Ministre de l’Intérieur, n’eut donc aucun mal à obtenir l’aval du Ministre de l’Instruction publique et des Cultes, qui lui accorda même une première subvention de 5000 francs et une allocation annuelle de 18.000 francs, convertie en 36 demi-bourses de 500 francs chacune. Le 2 août 1853 Fortoul adressait même à tous les évêques de France une circulaire décidant la création de l’Ecole Niedermeyer et encourageant l’Episcopat à lui signaler les jeunes gens doués, susceptibles de bénéficier d’une bourse d’études.

On retrouve dans cette circulaire ministérielle du 2 août 1853 bien des idées, remarques et autres suggestions que Croizier avait portées à la connaissance du même ministre le 23 mars 1852 ! Nous ne résistons pas à en rapporter ici quelques extraits29 :

La musique religieuse, qui ajoute un si grand éclat aux solennités du culte, a perdu le caractère sacré que lui assignaient ses antiques traditions. Il faut attribuer cette décadence à l’absence d’écoles spéciales et à l’obligation où l’Eglise est aujourd’hui réduite de demander au théâtre ses chanteurs, ses maîtres de chapelle et ses compositeurs ...

... M. Niedermeyer vient [de fonder] à Paris une Ecole où seront préparés par l’étude du chant, du contrepoint, de la fugue et des chefs-d’œuvre des grands maîtres des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, tous les artistes destinés à composer les maîtrises et les chapelles de nos cathédrales, depuis le simple enfant de choeur jusqu’au compositeur ...

... Le plain-chant, base de la musique religieuse, sera, dans cette Ecole, l’objet d’un soin particulier. Son exécution, maintenant abandonnée à la routine, ne produit que des effets incomplets. On semble oublier que c’est à sa tonalité propre que le plain-chant doit ce caractère grave et religieux qu’on lui fait perdre en l’associant à l’harmonie moderne. L’étude des grands maîtres du XVIe siècle ramènera utilement l’attention sur cette vérité méconnue ...

Ainsi quelques mois à peine après l’ouverture de l’Ecole de Croizier, l’Etat avalisait le projet de création par Niedermeyer d’une autre institution. Elle ouvrira ses portes d’ailleurs dès le 1er décembre de la même année ! Que devint Croizier, nous l’ignorons ? Il s’adonnera encore quelque peu à la composition30 et terminera ses jours dans son appartement de l’avenue de Neuilly, où il décédera dans la matinée du 30 novembre 1887. Son épouse, née Emélie-Marthe-Charlotte Grosse, le suivra dans la tombe quelques semaines plus tard, le 23 janvier 1888.

Louis Niedermeyer, musicien plus connu, moins engagé vis à vis des autorités religieuses et surtout beaucoup plus appuyé politiquement peut-il être accusé d’avoir dépouillé Croizier de son projet, nous ne le pensons pas. Sans doute que mieux conseillé et plus habitué aux relations avec l’Administration, il a su profiter de sa notoriété et de ses relations.

On peut se poser la question de savoir si l’entreprise de Croizier avait pleinement réussi au profit de celle de Niedermeyer, la destinée de nos Fauré, Messager, Périlhou, Audran, Gigout, Boëllmann, Busser, Terrasse et Vasseur, purs représentants de la musique française en cette fin du dix-neuvième siècle, serait-elle devenue aussi brillante ?

Xavier Croizier est retombé dans le néant. Après s’être fait " volé " son idée, il n’a même pas l’honneur de figurer au panthéon des musiciens. Son nom est totalement inconnu de tous les dictionnaires de musique et même des ouvrages traitant de la musique religieuse ! Quel triste sort...

Denis HAVARD DE LA MONTAGNE

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1) C'est M. Edouard Goulon-Sigwalt, auquel nous exprimons ici toute notre gratitude, qui a retrouvé aux Archives de Paris et à la Mairie de Neuilly-sur-Seine les actes d'état-civil de Croizier et de son épouse. [ Retour ]

2) Ferdinand Hiller (1811-1885), compositeur, pianiste, chef d'orchestre et écrivain allemand, ami de Liszt, Berlioz, Chopin, Mendelssohn et Schumann, séjourna à Paris de 1828 à 1836. C'est au cours de cette période qu'il enseigna le piano, notamment chez Choron. Ce sera l'une des personnalités musicales les plus marquantes de l'Allemagne. [ Retour ]

3) Grand-père de Lili et Nadia Boulanger. [ Retour ]

4) Pietro Scudo (1806-1864), musicographe et compositeur français d'origine italienne, avait été élève avant d'y enseigner. [ Retour ]

5) Hippolyte Monpou (1804-1841), auteur d'opéras et de romances était également ancien élève de l'école de Choron. [ Retour ]

6) Louis Dietsch (1808-1865) tout d'abord élève de Choron, puis professeur dans cet établissement, sera ensuite maître de chapelle à St-Eustache, puis à la Madeleine, chef d'orchestre à l'Opéra, et enfin directeur de l'Ecole Niedermeyer. [ Retour ]

7) Nicolas Marrigues (1757-1834), ancien élève d'Armand-Louis Couperin ; également professeur à l'Institut National des jeunes Aveugles, a été longtemps organiste à St-Thomas-d'Aquin et à St-Nicolas-des-Champs. [ Retour ]

8) Croizier eut notamment pour condisciple Louis Dietsch qui remportera un 1er prix de contrebasse en 1830. (voir supra, note 6) [ Retour ]

9) Archives Nationales, F19-3947. [ Retour ]

10) Rappelons que Louis-Napoléon Bonaparte a été élu Président de la république le 10 décembre 1848. Le 2 décembre 1852, sous le nom de Napoléon III, il proclamera l'Empire. Jusqu'à cette date il se fera appeler prince Président. (NDLR) [ Retour ]

11) Nicolo Fornari (1788-1850), prélat italien, après avoir enseigné la théologie fut remarqué par Grégoire XVI qui le nomma nonce à Bruxelles. Il occupa par la suite la nonciature de Paris, où il est mort le 30 septembre 1850. (NDLR) [ Retour ]

12) Mgr Denys Affre (1793-1848), 126e archevêque de Paris en 1840, fut tué par méprise devant les barricades du faubourg Saint-Antoine, où il était venu prêcher la paix, lors des journées révolutionnaires de février 1848, qui aboutirent à l'abdication de Louis-Philippe. (NDLR) [ Retour ]

13) Mgr Marie Dominique Sibour (1762-1857) succédera à Mgr Affre à la tête de l'archevêché de Paris en 1848. Sa fin sera également tragique puisqu'il fut assassiné en 1857 par un prêtre interdit et dément. Son neveu, Auguste Moutin (1821-1900), compositeur marseillais fort estimé, est l'auteur de messes, motets et autres pièces chorales profanes. (NDLR) [ Retour ]

14) Michel, comte Régnault (ou Regnaud) de Saint-Jean-d'Angély (1761-1819). [ Retour ]

15) Prospectus de la " Fondation d'un Conservatoire de Musique et de chant religieux, créé par Croizier, maître de chapelle ", 4 pages imprimées (Imprimerie Bénard et Cie, 2 place du Caire, Paris), avec bulletin de souscription à retourner à " Monsieur Crozier, directeur du Conservatoire de musique et de chant religieux, 94 rue de Vaugirard, près Saint-Sulpice, Paris " - Arch. Nat. F19-3947. Bien que non daté, on peut raisonnablement avancer que ce prospectus date de 1850 ou 1851. [ Retour ]

16) In la Gazette Musicale, n° 6 du 2 janvier 1853, découvert par Loïc Métrope. Nous tenons à remercier ici M. Métrope, organiste de St-Roch, historien de Cavaillé-Coll, de nous avoir si aimablement signalé cet article. Nous lui laissons d'ailleurs la primeur de certains détails concernant la Salle des Concerts Spirituels qui sera occupée plus tard par Cavaillé-Coll. [ Retour ]

17) Alexandre Leprévost (1812-1874), ancien élève de l'Ecole de Choron, puis de Fétis et Halévy au CNSM, auteur de messes, choeurs, opéras, motets et pièces d'orgue, était alors organiste de choeur de St-Roch. Il avait auparavant tenu les instruments de St-Merry, St-Eustache puis de St-Paul-St-Louis. Croizier l'avait connu chez Choron au début des années 1820. (NDLR) [ Retour ]

18) Charles Bizot est également un ancien élève de l'Institution de Choron. (NDLR) [ Retour ]

19) Louis Deloffre (1817-1876), fils d'un violoniste, étudia le violon avec Baillot. Chef d'orchestre au Théâtre Lyrique en 1851, il succéda à Tilmant, en 1868, à la tête de l'orchestre de l'Opéra-Comique. Auteur de symphonies pour orchestre, il était considéré comme un remarquable violoniste et un chef d'orchestre méticuleux. (NDLR) [ Retour ]

20) Alexis Dupont (1796-1874), célèbre ténor français, débuta sa carrière à l'Opéra, où il obtint un vif succès, notamment dans le rôle de Pylade dans l'Iphigénie en Tauride de C.W. Gluck En 1840, il quitta la scène pour se consacrer à la musique d'église et s'attacha à la paroisse Saint-Roch jusque 1856. Fétis raconte dans sa Biographie Universelle des musiciens que " sa voix charmante, flexible, onctueuse, convenait merveilleusement au concert, et surtout à l'Eglise, où [il] charmait jusqu'aux auditeurs les plus délicats et les plus difficiles. Attaché à la maîtrise de Saint-Roch, il attirait la foule en cette église lorsque les amateurs savaient qu'il devait y chanter. ". Il était marié à la danseuse Lise Noblet, sœur de l'ancienne actrice des Français. (NDLR) [ Retour ]

21) Vincenzo Righini (1756-1812), chanteur et compositeur italien, fut notamment appelé en 1780 à Vienne par Joseph II comme directeur de l'Opéra buffa italien et maître de chant de l'archiduchesse Elisabeth de Wurtemberg, avant de devenir le maître de chapelle du Prince électeur à Mayence (1788) et chef d'orchestre à l'Opéra de la Cour de Frédéric-Guillaume II. Il est l'auteur d'opéras, d'oeuvres instrumentales et de mélodies.(NDLR) [ Retour ]

22) Numéro 5 du 2 janvier 1853. Article complaisamment relevé par M. Loïc Métrope. [ Retour ]

23) Louis Niedermeyer (1802-1861), suisse naturalisé français, ancien élève de Moscheles et de Förster à Vienne, puis de Firavanti à Rome et enfin de Zingarelli à Naples, s'établit à Paris en 1823.où il fit représenter son opéra Stradella en 1837 à l'Opéra. Il écrira d'autres opéras, mais n'obtenant guère de succès, il finit par renoncer au théâtre pour se consacrer à la musique religieuse. [ Retour ]

24) Il est notamment l'auteur de la célèbre romance Le Lac, mélodie écrite en 1825 sur un poème de Lamartine qui remportera un vif succès et qui d'ailleurs est toujours en faveur de nos jours. [ Retour ]

25) Joseph Napoléon Ney, prince de la Moskowa (1803-1857), fils du Maréchal Ney, fut membre en 1831 de la Chambre des Pairs. Rallié, en 1848, à Louis Napoléon il se vit nommer sénateur. Très épris de musique, il est notamment l'auteur d'une Messe écrite à l'âge de 13 ans, ainsi que de deux opéras-comiques : Les Cent Suisses, Yvonne qui eurent un certain succès. [ Retour ]

26) Albine-Etiennette-Marguerite Laffitte, fille de Jacques Laffitte (1767-1844), gouverneur de la Banque de France (1814), dépositaire de la fortune de Napoléon Ier, député de Bayonne, fondateur de la Loge maçonnique " Les Trois Jours ". [ Retour ]

27) Le 27 mai 1852. [ Retour ]

28) Jean-Gilbert-Victor Fialin, comte (1852), puis duc (1863) de Persigny (1808-1872), ministre de l'Intérieur à deux reprises : de 1852 à 1854, puis de 1860 à 1863, était un ami personnel de Napoléon III dont il fut un fidèle compagnon de route, avant son accession au pouvoir. [ Retour ]

29) D'après Maurice Galerne, L'Ecole Niedermeyer, sa création, son but, son développement, Paris, éditions Margueritat, sd [1928], 92 pages. Voir pp. 31-32. [ Retour ]

30) M. Loïc Métrope nous a signalé avoir découvert la publication, en 1870, d'une mélodie religieuse Tristesse, sur des paroles de Lamartine. [ Retour ]

 

 


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