Jules GOUDAREAU
(1843-1934)
compositeur avignonnais oublié

Jules Goudareau
Jules Goudareau
( coll. Jacques Félix ) DR

Contemporain de Jules Massenet et de Gabriel Fauré, Jules Goudareau est né en Avignon le 12 février 1843. Issu d'une très vieille famille avignonnaise par son père et nîmoise par sa mère, il réside en Avignon jusqu'en 1900, puis à Marseille où il décédera en 1934. Faisant parti d'un milieu aisé mais non très fortuné, il consacra toutes ses ressources financières à sa passion, la composition musicale. Pour pouvoir compléter ses ressources financières nécessaires à élever tant bien que mal une famille de huit enfants, il fut par ailleurs critique musical dans des journaux avignonnais et marseillais. Et selon de récentes recherches il aurait été pendant quelques années entre 1870 et 1882 directeur de la succursale avignonnaise du Crédit de France emporté en 1882 par la faillite de l'Union Générale de Banque .

Toujours selon la tradition orale, l'image laissée par Jules Goudareau dans les deux générations qui le suivirent n'est pas très flatteuse ; car obsédé par sa passion musicale il en avait négligé sa famille, dilapidé les maigres ressources financières dont il disposait, mettant sa famille en situation difficile.

 

Des compositions tombées dans l'oubli

Si l'origine de cette passion ne peut être trouvée dans un terreau familial, et si de nombreux mystères restent entiers sur les conditions de sa formation musicale, il n'en reste pas moins que sa persévérance lui a permis d'écrire une quarantaine d'œuvres très variées1: de la musique de chambre, dont une romance pour cor et piano et des pièces piano et violon, dont un Andante appasionato ; des pages pour orgue, parmi lesquelles une Elévation, une Audio lecteur Windows Media Élégie à la mémoire de Charles Gounod, une Communion notamment jouée par Henri Messerer le 31 janvier 1904 à l'orgue de l'église Saint-Charles de Marseille, et un recueil de 12 pièces pour orgue contenant, entre autres un Offertorium et un Et incarnatus est que Messerer interprétait le 26 février 1909 sur le même instrument ; des pièces pour piano seul, dont un Audio lecteur Windows Media Nocturne composé en 1870 ; des mélodies avec accompagnement de piano ; un Quatuor vocal ; L’Ange et l’Enfant pour soprano et orchestre, dédiée à son beau-père Adolphe Blanchard, maire de Nîmes et créée dans cette ville le 17 mai 1876… D'après sa notice nécrologique écrite par un critique musical, sa dernière œuvre aurait été un quatuor en ut mineur dont le manuscrit original raturé est actuellement conservé par ses descendants. Quelques pièces ont été déclinées en plusieurs versions destinées à des instruments différents : violon, violoncelle, piano etc. Dans le domaine de la musique symphonique il y aurait au moins neuf grandes œuvres : quatre Suites orchestrales, deux Poèmes symphoniques, un dialogue lyrique : Voix d'en haut dont il a extrait un poème symphonique, et deux musiques de scène dont Oedipe roi. Enfin dans le domaine religieux on lui doit une Messe solennelle pour grand orchestre, chœur et soli avec une version réduite pour orchestre à cordes, chœur à trois voix égales, soli et orgue.

 

Compositeur, analyste, critique musical et chef d'orchestre

Grand admirateur de César Franck et considéré, avec l'abbé Pierre Chassang (maître de chapelle du Petit Séminaire d'Avignon), comme un "fils spirituel" de Gounod, il fut formé par G.F. Imbert, organiste de l’église St Pierre à Avignon et compositeur.2

Jules Goudareau dirigea lui-même à 3 reprises en 1888 sa Messe solennelle, et cette création reçut de très bonnes critiques régionales mais aussi parisiennes. Plus de la moitié de ses œuvres symphoniques fut jouée en Avignon, Nice, Marseille, Nîmes et Toulouse. En 1893 et 1894 il reçut le 1° prix puis le 2° prix de composition de l'Académie de musique de Toulouse l'un pour sa Romance pour cor et piano (partition non retrouvée à ce jour), l'autre pour sa suite orchestrale Scène maritime. Seize de ses œuvres de musique de chambre ont été imprimées chez trois ou quatre éditeurs différents mais principalement chez l'éditeur parisien Lebeau (repris en 1905 par Leduc). Certaines partitions de ses autres œuvres orchestrales ont fait l'objet de copie des parties, ce qui tend à prouver qu'elles ont été exécutées ; c'est le cas de la Messe solennelle, du poème symphonique Voix d'en haut, des suites orchestrales Andante symphonique et Idylle provençale, et de la musique de scène Œdipe roi.

Il était aussi connu pour ses nombreux écrits musicaux qui témoignent d'une grande culture musicale ; l'on peut notamment citer : "La musique religieuse dans l'œuvre de Beethoven" (1912), "L’ouverture dans l’histoire des formes de la musique" et "Le rôle de la musique dans les représentations du théâtre antique d'Orange"

Outre sa production musicale, Jules Goudareau fut critique musical dans des journaux d'Avignon puis ensuite dans des quotidiens marseillais. Voici un passage de sa notice nécrologique :

«  Sa plume alerte et concise était très remarquée car, en plus de son érudition, il suivait de très près l'évolution moderne avec une ingéniosité d'expression, une largeur de vue, un éclectisme d'autant plus surprenant qu'ils émanaient d'un homme foncièrement traditionaliste. »

D'après le recueil des coupures de presse qu'il avait dressé, on peut constater que son activité de critique s'est étendue sur deux périodes très distinctes. Il fut d'abord en Avignon intermittent à l'Union du Vaucluse entre 1876 et 1881 ; à Marseille son activité de critique fut plus importante car il travailla au Soleil du Midi en 1903 et1904 , puis quelques mois en 1909 et 1910, et plus régulièrement en 1913 et 1914 y réalisant une critique hebdomadaire et assurant le compte rendu des concerts classiques. Il tint ensuite cette même critique au Nouvelliste de Marseille en 1908 et 1909 où il assura pendant environ une année le compte rendu des concerts classiques. Une lecture plus approfondie de ces articles permettrait peut-être de mieux connaître les goûts musicaux de Jules Goudareau et son opinion sur les compositeurs français de cette époque.

Si aujourd'hui ce musicien est méconnu, il a néanmoins échangé quelques correspondances, entre 1870 et 1916, avec certains grands noms de la musique française comme Charles Gounod, Jules Massenet, Vincent d'Indy, Charles Marie Widor, Camille Saint-Saëns ou Emile Paladilhe. Massenet a indiscutablement servi d'intermédiaire pour que sa pièce pour piano intitulé Le ruisseau soit éditée chez Heugel, le grand éditeur parisien du XIXe. C'est Massenet que Jules Goudareau dédie sa romance A une fleur un jour de pluie, sur des paroles de B. Roux (Heugel) qui la trouvait d'ailleurs "exquise"! A propos de cette œuvre, Charles Fuster dans son ouvrage L'année des poètes (vol. 7, 1896, p. 535) écrit que c'est "une mélodie tout à fait exquise, qui mérite de se trouver bientôt sur tous les pianos et dans toutes les mains", ajoutant : "Il y a prodigué les ressources d'un talent ingénieux et sûr, soutenu et transfiguré par une sensibilité tout à fait attachante et communicative."

Dans un autre registre Camille Saint-Saëns remercie en 1894 Jules Goudareau de l'article sur la représentation de son Antigone au Théâtre d'Orange.

Émile Paladilhe, dans un court billet du 12 mars 1895, remercie Jules Goudareau sur son rôle d'intermédiaire pour avoir fait exécuter quelques fragments de son œuvre, Les Saintes Maries de la Mer, en ces termes : « les quelques fragments des Saintes Maries exécutés à Avignon, sur votre aimable indication, m'ont valu une très charmante lettre de vous. J'y suis très sensible, je vous prie de croire. Et vous en adresse mes meilleurs, mes plus sympathiques remerciements. Que l'œuvre puisse un jour être exécutée intégralement à Avignon comme elle l'a été à Montpellier et va l'être bientôt à Toulouse (ou je vois que vous avez des attaches) et j'en serais très charmé tout ce qui, dans mon cher Midi, et tentative artistique ne peut me laisser indifférent. »

Egalement chef d'orchestre, Jules Goudareau fut nommé directeur artistique de la "Société de concerts symphoniques" d'Avignon au moment de sa création en 1899. Lors de la séance d'inauguration, en avril de cette même année, il dirigeait le largo du Xerxès de Haendel, la Bourrée de Bach, le Cortège de Bacchus extrait de Sylvia de Léon Delibes et l'une de ses propres compositions : Suite pittoresque. Pour son deuxième concert, donné à la Mairie d'Avignon en mai 1899, il conduisait cet orchestre composé de 60 instrumentistes qui interprétait en dernière partie la suite sur les Erinnyes de Massenet. Sa famille conserve précieusement son bâton de chef d'orchestre en bois d'ébène et argent, gravé à son nom.

Vincent d'Indy lui disait un jour : « Le premier mouvement de la symphonie en ut mineur se bat bien à un temps, ça va très vite et, bien que je n'ai pas de métronome en ce pays perdu l'indication BreitKopf me semble bonne. L'imposition du thème (les notes fatidiques) se fait lentement la première fois, plus lentement à la seconde rentrée, jusqu'à adagio à la troisième fois-ceci est le système d'exécution usité en Allemagne, il me semble avoir sa raison d'être. Bien prendre garde dans la finale à exposer l'entrée assez lentement et à prendre peu à peu le mouvement à partir de la cinquième mesure, puis présenter très clairement la deuxième idée qui revient d'une manière admirable avec trombone dans le développement :

Thème au trombone

Mais quel basson va vous faire les solos de l'andante et les gloussements du scherzo ? Je vous écris de Madrid où j'ai un très bon orchestre mais un public véritablement idiot qui chahute également les très anciens et les très modernes, Rameau et Dukas mais je leur aurais cependant mis du bel art sous le nez… »

Dans le court billet que Charles Gounod lui adresse le 13 juin 1870 il lui dit notamment « j'ai lu votre Nocturne qui me semble très agréable. Travaillez toujours - soignez autant - mais découpez un peu. » Lorsqu'il reçoit cette lettre Jules Goudareau est âgé de 27 ans.

La première de ses œuvres publiées est donc ce Nocturne pour piano, apprécié par Charles Gounod, édité chez E & A Girod et numéroté Op. 1; et il semblerait que la plupart de ses partitions aient été écrites avant 1910, un doute pouvant exister sur le Quatuor dont nous n’avons aucune indication chronologique.

Si cette correspondance présente un certain intérêt pour une meilleure connaissance de la vie musicale de Jules Goudareau, il semble néanmoins que ces bonnes relations ne lui ont pas permis de se faire mieux connaître du milieu musical parisien, ce qui l'aurait amené peut-être à moins tomber dans l'oubli aujourd'hui. Il est clair aussi que Jules Goudareau avait transmis certaines de ses compositions à ses confrères musiciens pour en obtenir un avis ou même un appui et que, tout en faisant la part de la politesse, quelques-unes ont reçu un bon accueil

 

Les concerts dans le sud de la France et la critique

Si par modestie, absence de mécène, insuffisance progressive de ressources financières, et avec le grand tort d'être provincial Jules Goudareau n'a pu percer dans la planète musicale française, il fut néanmoins reconnu à Avignon, où il était reçut membre titulaire de l'Académie de Vaucluse le 3 décembre 1896, puis à Marseille où il était élu en 1908 à l'Académie des Sciences, Lettres et Beaux-Arts, succédant-là dans la classe des Beaux-arts à l'organiste marseillais Théodore Thurner. Il est tout à fait intéressant de noter ce qu'il disait en séance publique le 17 mai 1908 dans son discours de réception à propos de son prédécesseur : « Tant que la décentralisation n'aura pas fait son œuvre libératrice, un artiste tel que celui-là, résidant en province, n’obtiendra pas le rang auquel il pourrait prétendre légitimement ». Cette affirmation pourrait sans doute aussi s'appliquer à lui-même!

Pour encore mieux situer ce compositeur dans son siècle il faut citer les propos d'Etienne Martin parus dans la rubrique nécrologique des Mémoires de l'Académie de Marseille de 1936-1937.

"Cet homme délicat, sensible et bon était un compositeur fécond et remarquable, autant qu'un écrivain expert et distingué. Il réunissait donc en lui tous les attraits d'une âme d'élite et tout l'éclat d'un artiste de talent. D'une modestie exagérée, il fuyait pour ainsi dire le succès et il fallait lui faire violence pour l'amener sur le plan qui lui était dû. Ici même, c'est nous qui dûmes aller le chercher, suivant les indications du réputé musicien marseillais, Henri Messerer qui le prisait fort. Et pourtant il avait tout pour briller à côté des plus grands. Ses œuvres musicales sont nombreuses et importantes. Très variées de genre et de style, d'une facture élégante et correcte, elles accusent toujours les pensées les plus nobles et touchent à l'art le plus élevé. Certes, je ne dirais pas qu'il fut un novateur. Non, il resta un pur classique, un continuateur averti des maîtres d'autrefois. Mais, dans ce sens, il témoigna de profondes connaissances harmoniques, d'une réelle habileté technique et, s'il s'inspira de ses illustres ascendants, il ne les copia jamais.."

Il a pu être établi, essentiellement à partir d'archives familiales contenant notamment les tirés-à-part des critiques musicaux de l'époque, qu'au moins la moitié de la musique orchestrale de Jules Goudareau a été exécutée en public et parfois deux ou trois fois, mais seulement dans cinq villes du sud de la France : Avignon, Marseille, Nice, Toulouse et Nîmes.

Si sa première œuvre pour orchestre, L'Ange et l'Enfant pour soprano et orchestre sur un poème du félibre Jean Reboul, a été jouée en 1876 à Nîmes alors que Jules avait 33 ans, c'est sans doute parce que son beau-père Adolphe Blanchard, maire de Nîmes, lui avait passé une commande pour les fêtes organisées à l'occasion de l'inauguration de la statue du poète-boulanger nîmois Jean Reboul.

A propos de sa Messe solennelle, donnée par ses soins à plusieurs reprises en 1888, on trouve dans ses archives une coupure de presse tirée du Courrier du Midi du 27 juin 1888 sur les deux exécutions du mois de mai avec un grand article d’analyse de l’œuvre par F. Seguin, ainsi que d'autres coupures de journaux parisiens : Le Gaulois, l'Univers, la Gazette de France, ou Le Ménestrel dont est extrait le commentaire du critique et homme de lettres français Armand de Pontmartin, lui-même avignonnais :

Kyrie de la Messe solennelle (1888), manuscrit autographe
( coll. Jacques Félix ) DR

« Un très heureux essai de décentralisation musicale vient d'avoir lieu à Avignon. Un jeune compositeur, M. Jules Goudareau, a fait exécuter en l'église de Saint-Pierre une messe qui a réuni tous les suffrages. Dans cette belle œuvre, M. Goudareau a su éviter toutes les exagérations d'une certaine école et affirmer une fois de plus l'heureuse alliance de l'harmonie et de la mélodie. Le Kyrie, le Gloria et l’Agnus dei ont paru surtout remarquables à l’auditoire qui se pressait sous les voûtes de l'église. Le caractère religieux qui manque si souvent aux ouvrages de ce genre ajoute encore au mérite de cette partition, qui rappelle par maints endroits les plus belles pages de musique sacrée écrite par des artistes convaincus. L'interprétation était digne de l'œuvre, et nos plus grandes villes auraient le droit d'être fières d'avoir réuni un pareil groupe d'instrumentistes, de chanteurs et de cantatrices. Il y a eu un grand succès pour tout le monde, pour le compositeur, pour l'organiste, pour l'orchestre, pour les chœurs et pour les solistes, dont nous nommerions quelques-uns s'il n'était juste de les nommer tous » [Le Ménestrel, 10 juin 1888]

Si ce succès régional paraît indiscutable au vu des différents échos dans les journaux, il ne semble pas que sa messe ait été jouée ultérieurement dans va version d'origine. Il existe cependant une version réduite pour cordes, orgue, soli et chœur qui a sans doute été donnée.

À partir du début du XXe siècle ses œuvres sont dirigées par d'autres chefs dans le cadre de concerts réunissant différents compositeurs aujourd'hui très connus. Par exemple la Suite pittoresque a été exécutée le 17 février 1901 aux Concerts classiques à Marseille et en 1913 par deux fois à Avignon.

Le poème symphonique La Flûte de Pan a été exécuté le 2 mars 1902 à la salle Valette à Marseille. Le critique Charles Doumergue s'exprime alors de la sorte :

« On apprendra avec satisfaction à Avignon, que notre excellent compatriote et ami, M. Jules Goudareau, a obtenu, dimanche dernier, à Marseille salle Valette, un plein succès, avec son œuvre symphonique nouvelle, La Flûte de Pan. Ce succès n'est pas pour étonner ceux qui connaissent ici la valeur artistique de notre ami.... M. Goudareau a donc bien raison de chercher dans la Flûte de Pan une donnée propice à son beau talent de compositeur. Il a pu y déployer cette veine abondante, ce riche fonds d'idées, et écriture fine et brillante, qui sont la caractéristique de sa manière. ».

Puis décrivant la structure de l'œuvre, il relate l’enthousiasme de certains journalistes marseillais dont celui du Soleil du Midi qui semble essentiel pour cerner la personnalité musicale de Jules Goudareau :

« Du Soleil du Midi. Il constate que la musique précédemment entendue [L'ouverture La grotte de Fingal de Mendelsohn, la Symphonie en ré mineur de César Franck, Impressions d'Italie de Charpentier] "n'a pas nui à un poème symphonique de M. Jules Goudareau, la Flûte de Pan, plein de poésie, de science harmonique et instrumentale. On a sincèrement applaudi cette œuvre d'un compositeur avignonnais, modeste, mais de grande valeur, et envers lequel on ne saurait être trop reconnaissant, alors qu'il aurait pu atteindre à Paris une situation enviée." Cette appréciation flatteuse de l'éminente et autorité critique d'art qui signe Karl Cisvenn [pseudonyme de Charles Vincens], donne la bonne note. Et elle nous va droit au cœur. »

C'est le 23 février 1913 que L'Invocation de Jocaste à Apollon, intermède extrait de la musique de scène Oedipe roi, a été donnée aux Concerts classiques de Marseille, précédée de l'Ave verum de Mozart, de fragments du Messie d'Haendel et de La Vierge a la crèche (chœur pour voix de femmes et orchestre) de César Franck ; le concert se terminant par la Marche des nobles du Tannhäuser de Wagner. On voit aussi ici que Jules Goudareau était entouré de noms célèbres!

À ce jour a été jouée par Pierre Barbizet et gravée sur un petit vinyle il y a plus de 30 ans l'Esquisse-valse ; cet enregistrement a été réédité dans un disque souvenir publié par la société marseillaise Lyrinx à l'occasion de la commémoration des 20 ans du décès du pianiste marseillais. Plus récemment en février 2010 la Marche nuptiale et l'Elégie à la mémoire de Charles Gounod ont été jouées par Patrick Geel à l'orgue de Saint-Victor à Marseille dans le cadre des "Heures d'orgue de Saint-Victor"

 

Jacques FELIX 3
(octobre 2011)

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1) Le catalogue de ses œuvres a été dressé à partir des archives familiales, d'une copie du catalogue des œuvres enregistrées à la SACEM, et des fichiers du département de la musique de la BNF. [ Retour ]

2) Germain Fuzet, dit Imbert, né vers 1812, décédé le 9 septembre 1886 en Avignon, un temps organiste de la collégiale Saint-Pierre d'Avignon, fut longtemps chef de chœur de la Congrégation des jeunes-filles de la paroisse Saint-Pierre, professeur de musique au Petite Séminaire et surtout fondateur en 1860 de la Société chorale. On lui doit, entre autres compositions, une pastorale en 3 tableaux : Bethléem (Choudens), des accompagnements pour harmonium, de nombreux cantiques à Marie (sur des paroles de Roumanille), un recueil de Douze Noëls à l'Enfant Jésus à 2 voix égales avec accompagnement de piano ou d'orgue sur des paroles de l'abbé Gonnet, un Stabat Mater, une cantate Les Triomphateurs, jouée à Orange, des motets (dont un O Salutaris pour ténor ou soprano solo avec accompagnement de violon obligé) et des mélodies (dont Providence). Lors de ses obsèques, célébrées le 12 septembre 1886, l'Orphéon vauclusien interprétait un Requiem de sa composition. Parmi ses élèves, en dehors de Jules Goudareau, notons également Albert Petit (né en 1850) auteur, entre autres, de mélodie [NDLR] [ Retour ]

3) Les personnes désireuses d'en savoir davantage sur Jules Goudareau peuvent utilement contacter l'auteur qui est également à la recherche de tous détails biographiques complémentaires, documents et autres partitions. Remerciements à Michel Nodé-Langlois, chef de chœur et chef d'orchestre amateur à Toulouse, Didier Rousseau, organiste à Toulouse, Patrick Geel, organiste à Marseille, Édouard Exerjean, pianiste et Denis Havard de la Montagne pour la révision de ce texte. [ Retour ]


Catalogue des œuvres de Jules Goudareau

Sources : archives familiales (AF), critiques de journaux anciens, correspondance de Jules Goudareau, Bibliothèque municipale Ceccano d'Avignon, notes de Denis Havard de la Montagne. Les œuvres déclarées à la SACEM ne seront libres de droits que le 1/10/2019.

 

Pour orchestre :

Allegro maestoso, petit poème symphonique (inédit, AF)
Andante symphonique, suite orchestrale pour violon, piano et orchestre, 1908 (inédit, AF)
Idylle provençale, suite orchestrale, 1901 (inédit, AF)
Intermède Gavotte, esquisse symphonique pour instruments à corde, 1883, Le Beau (ALB833)
La Flûte de Pan, poème symphonique, 1902 (inédit, AF)
Les deux consolateurs, musique de scène (perdu?)
Œdipe roi, musique de scène pour soli, chœur et orchestre, 1913 (inédit, AF)
Ouverture symphonique, (perdu?)
Scène maritime, suite orchestrale, 1894 (inédit, AF)
Sonate en ut majeur, pour piano et orchestre (perdu?)
Suite pittoresque, en trois tableaux, pour orchestre, 1901 (inédit, AF)
Voix d'en haut, dialogue lyrique pour soli, chœur et orchestre,1895 (inédit, AF)
Voix d'en haut, poème symphonique pour orchestre et orgue, 1895 ou 1903 (inédit, AF)

 

Pour un instrument seul :

Canzonetta en sol, pour piano (inédit, AF)
Entracte, marche pour piano, 1885, Carbonel, Marseille (MC220)
Intermède Gavotte, esquisse symphonique pour piano seul, 1882, Le Beau (ALB825)
Le Ruisseau, étude caprice pour piano, 1875, Heugel (H5752)
Nocturne, pour piano, 1870 , E. & A. Girod (E&AG5341)
Sur le pont d'Avignon, pour piano (inachevé?, inédit, AF)
Valse en ut majeur, pour piano (perdu)
Elégie à la mémoire de Charles Gounod, pour orgue (inédit, AF)
Marche nuptiale, pour orgue (inédit, AF) manuscrit archives familiales
12 pièces d'orgue, parmi lesquelles : Et incarnatus est, Offertorium, Elévation, Communion. En dehors des deux dernières, éditées par la revue "Musique Sacrée" (supplément, 6 juin 1910), les autres pièces (perdues?) sont supposées inédites?

 

Musique de chambre :

Air varié de Mozart, pour violon et orgue (perdu?)
Andante religioso, pour alto et orgue, 1894 (perdu?)
Esquisse valse, pour piano et violon, 1885, Carbonel, Marseille (MC219)
Intermède Gavotte, esquisse symphonique pour piano et violon, 1883, Le Beau (ALB832)
Menuet , pour quintette à cordes (2 violons, alto, violoncelle, contrebasse ad. lib.) et piano (inédit, AF)
Quatuor à cordes en ut mineur [dernière oeuvre?] (inédit, AF)
Romance des bois, pour cor et piano, 1893 (perdu?)
Sonate, pour piano et violon (perdu?)

 

Pour voix avec accompagnement :

A une fleur un jour de pluie, mélodie avec piano, 1895, Heugel (H&Cie 8393)
Adieux à la mer, mélodie avec piano, 1874, Leduc (NL 707)
Ballade au temps qui n'est plus, pour quatuor vocal et piano, 1882, Le Beau (ALB810)
Connais-tu le pays, mélodie avec piano, 1878, Le Beau (ALB742)
Glas d'amour mélodie avec piano, 1885, Le Beau (ALB1234)
L'ange et l'enfant, mélodie pour mezzo soprano et orchestre, 1876, Le Beau (ALB 754) et version pour mezzo soprano et piano, 1878, Le Beau (ALB741)
Ma mère près du berceau de son enfant, mélodie avec piano,1872, Le Beau Ainé (N.L.689)
Souvenir au Cayla, mélodie avec piano, 1873, Le Beau (NL704)

 

Musique religieuse :

Messe solennelle à 3 voix mixtes, pour soli (STB)chœur et orchestre,1888 (inédit, AF)
Messe solennelle réduite à 3 voix mixtes, pour soli (STB), chœur, orgue et cordes, 1888 (inédit, AF)
Pater noster pour solo, chœur et orgue, 1889, Musica Sacra, Toulouse
? motet (perdu?)

 

Écrits sur la musique :

"L'ouverture dans l’histoire des formes de la musique", Mémoires de l'Académie des sciences, lettres et arts de Marseille 1912
"La musique au théâtre antique d'Orange", Avignon, F.Seguin, 1897
(inclus : F Digonnet, "Le Théâtre antique d'Orange. Les spectacles à l'époque romaine, les représentations modernes, les "Érynnies" et "Antigone" les 2 et 3 août 1897").
"La musique religieuse dans l’œuvre de Beethoven", Mémoires de l'Académie des sciences, lettres et arts de Marseille 1912
"Etude sur le mouvement musical en province" [cité in Mémoires de l'Académie des sciences, lettres et arts de Marseille 1936-1937]
"Étude sur l'opéra « l'Etranger » de Vincent d'Indy"  [cité in Mémoires de l'Académie des sciences, lettres et arts de Marseille 1936-1937]
"Réponse au discours de réception de M. Jean de Queylar, La révolution debussyste et le mouvement musical contemporain", Mémoires de l'Académie des sciences, lettres et arts de Marseille 1918.

 

Écrits divers :

"Discours de réception à l'Académie de Marseille", Mémoires de l'Académie des sciences, lettres et arts de Marseille 1908.
"Discours d'ouverture de la séance du 6 mars 1916 présidée par notre illustre membre associé, Camille Saint-Saëns", Mémoires de l'Académie des sciences, lettres et arts de Marseille 1916.
"Vieil intérieur de province", Mémoires de l'Académie des sciences, lettres et arts de Marseille 1909.
"L’Eloge funèbre d’Eugène Rostand", Mémoires de l'Académie des sciences, lettres et arts de Marseille 1915.

Jacques Félix
(décembre 2011)


 


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