Reynaldo Hahn

Reynaldo Hahn
Reynaldo Hahn à son bureau, vers 1902Musica, coll. D.H.M ) DR

Reynaldo Hahn (1874-1947) a connu un succès très grand de son vivant, mais une fois disparu, son nom s’est beaucoup effacé de la mémoire collective. Comme pour beaucoup de créateurs, le temps qui passe, les goûts et les moeurs qui évoluent, ont laissé tomber dans l’oubli celui qui a tout de même, on s’en rendra compte par la suite, édifié une oeuvre considérable.

C’est en préparant une biographie sur le compositeuri que nous avons pris conscience de l’ampleur de son catalogue, encore très méconnu, mais qui intéresse pourtant tous les territoires de la musique.

Avant de faire le point sur les détails des oeuvres, il faut tout de même évoquer, hélas ! rapidement, le personnage de Reynaldo Hahn.

Né en 1874ii, à Caracas, capitale du Venezuela, d’un père allemand, issu d’une grande famille juive de Hambourg, il sera baptisé et élevé dans la religion catholique, sa mère étant issue, elle, d’une lignée espagnole d’un catholicisme rigoureux. C’est donc dans cette religion que l’enfant sera instruit. Cette dualité d’origine lui vaudra, de savoir s’exprimer très vite en allemand comme en espagnol. La présence d’une nurse anglaise lui apportera de surcroît une pratique excellente de l’anglais. Ce n’est qu’à l’âge de 4 ans, ses parents s’étant installés à Paris pour des raisons à la fois commerciales et politiques, qu’il apprendra le français. Vers 5 ans, il était donc capable de s’exprimer dans quatre langues importantes !

Le petit « Nano » comme l’appellent sa mère et ses soeurs, est le dernier d’une famille très nombreuse, dont quatre garçons et quatre filles arriveront à l’âge adulte. Le père ayant fait une fortune considérable au Venezuela, le petit Reynaldo vit, à son arrivée en France, avec ses parents et une de ses soeurs, dans un bel hôtel de la rue du Cirque où l’on mène un train fastueux.

Retracer le destin de Reynaldo Hahn en quelques pages est impossible. On ne peut donner qu’une idée de la vie, riche en événements et en rencontres, qu’il a pu mener.

Pour simplifier les choses, nous évoquerons séparément la vie du Musicien et celle de l’Homme.

Le musicien

Reynaldo Hahn
Reynaldo Hahn à son piano, vers 1909Musica, coll. D.H.M ) DR

Très jeune, le petit Reynaldo a montré des dispositions étonnantes pour la musique. Doté d’une mémoire fantastique, il était capable, vers l’âge de 6 ou 7 ans, de jouer par coeur des fragments entiers d’Offenbach, très à la mode à cette époque, pour la plus grande joie des hôtes de la princesse Mathilde.

Entré au Conservatoire de Paris à 10 ans, il accomplit son cursus sans produire des étincelles aux examens et concours, malgré une technique pianistique solide. Par contre, il fait tout suite la conquête de son Maître, Jules Massenet, stupéfait de voir les dons mélodiques du jeune garçon

Sa carrière de compositeur sera fulgurante. A 9 ans, il compose une première valse pour piano, L’Inspiration, qui sera éditée par Delanchy. A 14 ans, il écrit une mélodie, Si mes vers avaient des ailes, qui fait tout de suite le tour des salons et que tous les chanteurs du monde aiment encore chanter de nos jours, tant elle est bien écrite, malgré une simplicité apparente. A 17 ans, il se lance dans sa première oeuvre lyrique, L’Ile du rêve, tirée d’un roman de Pierre Loti, et l’Opéra-Comique accepte de la créer.

La montée en puissance du compositeur ne cessera jamais, du moins jusqu’à la guerre de 39-40 où les événements l’obligeront de se retirer à Monte-Carlo, les autorités nazis le considérant comme Juif. On peut dire que, depuis son jeune âge, il n’a jamais cessé un seul jour de composer, mélodies, oratorios, opéras, opérettes, musiques de scène, musiques instrumentales, musique de chambre ou oeuvres pianistiques. Nous en ferons le bilan dans l’étude du Catalogue.

Mais le côté composition, s’il est le principal intérêt de Reynaldo Hahn, n’est pas le seul.

Il s’est fait connaître, pendant des années, par les petites auditions qu’il donnait amicalement dans le monde. Doté d’une voix de baryton léger conduite avec art, il pouvait, des soirées entières, chanter de mémoire, non seulement ses mélodies, mais celles de Gabriel Fauré, de Gounod, de Massenet ou de Berlioz. Son répertoire était, comme sa mémoire, sans limite ! De nombreuses caricatures de l’époque nous le montrent au piano, en frac, la cigarette aux lèvres, chantant en s’accompagnant.

Cet aspect « futile » cachait des qualités bien plus importantes.

Reynaldo Hahn a été aussi un très bon chef d’orchestre, spécialement mozartien, au point de diriger, à 32 ans, Don Giovanni au Festival de Salzbourg, où Gustav Mahler et Félix Mottl participaient. Au fur et à mesure qu’il prendra de l’âge, on le verra diriger régulièrement l’orchestre du Casino de Cannes et celui de Deauville, avant de devenir, dans les années 30, un chef attitré de l’Opéra national, dont il assurera la direction entre 1945 et 1947.

Mais ce n’est pas tout ! La connaissance qu’il avait des musiques les plus diverses, baroques, romantiques ou modernes, était telle qu’il a pu faire une carrière de critique musical et de conférencier, voire de musicologue. Sans entrer dans les détails, rappelons que, pour la critique, après de nombreux journaux, comme Musica, Femina, Le Journal, Excelsior, il a été titulaire du Figaro de 1933 à 1939. Comme conférencier, il a été, des années durant, un des éléments les plus brillants des Annales que dirigeait Yvonne Sarcey, et enfin, comme musicologue, il est l’auteur de 4 livres où il exprime ses idées dans une langue impeccable.

L’homme

Reynaldo était doté, dans sa jeunesse, d’un physique attirant. De manières courtoises, d’humeur égale, il était toujours prêt à faire plaisir dans les réunions mondaines, terminant au besoin un petit concert de mélodies par une polka ou un air d’Yvette Guibert. D’où son introduction, dès le plus jeune âge, dans tous les grands « Salons » de l’époque. Après avoir débuté à l’âge de 6 ans chez la princesse Mathilde, comme on l’a vu plus haut, il brillera chez la princesse de Polignac, chez Mme de Saint-Marceau, chez Madeleine Lemaire où il rencontrera Proust, chez Mme Arman de Caillavet où il se liera avec Anatole France, en passant par Mme Strauss, la comtesse Greffulhe, la comtesse de Guerne ou la comtesse de Béarn. Partout son charme et son talent enchantent.

Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi les amitiés que Reynaldo Hahn a nouées avec des personnages très importants de l’époque ont été si nombreuses qu’on ne peut les relater toutes ici. Adolescent surdoué, il séduit Alphonse Daudet chez qui il a connu Verlaine, Edmond de Goncourt, Pierre Loti et tous les familiers de ce cercle. Admirateur de Sarah Bernhardt, il devient rapidement un hôte rituel de la grande tragédienne à qui il a consacré un très joli livre.

Jules Massenet le considérait comme un fils et lui a donné son appui toute sa vie. Sa rencontre avec Marcel Proust, en 1894, après avoir déclenché un épisode passionné de deux ans environ, se transformera en une magnifique amitié qui ne prendra fin qu’avec la mort de l’écrivain, en 1922. Les liens amicaux du compositeur avec le pianiste Edouard Risler ont laissé une correspondance passionnante, qui nous éclaire sur bien des positions artistiques de l’époque, vues par deux jeunes garçons éminemment doués.

Il a été aussi très lié avec l’admirable chanteur Jean de Reszke qui l’a beaucoup fait bénéficier de son expérience et de son immense talent. Mais il a aussi connu Pauline Viardot, alors très âgée, et recueilli ses conseils.

Plus tard, il aura des rapports très amicaux avec Jacques Rouché, le prestigieux directeur de l’Opéra entre 1914 et 1945, avec la grande cantatrice Lili Lehmann qui l’a introduit au Festival de Salzbourg, avec Ninon Vallin, avec la pianiste Madga Tagliaferro, avec Gabriel Fauré qui admirait beaucoup ses mélodies, sans compter les personnages des Ballets Russes, en 1909, c’est-à-dire Serge Diaghilev, Michel Fokine, Léon Bakst et surtout Vaslav Nijinski, pour lequel il écrira, avec Jean Cocteau, le ballet, Le Dieu bleu.

Enfin, faut-il signaler qu’il avait même séduit la reine Alexandra d’Angleterre et son auguste époux Edouard VII et qu’il a été plusieurs fois invité à la cour pour y faire connaître ses oeuvres et recevoir un accueil enthousiaste.

Encore faut-il passer sur beaucoup de rencontres intéressantes, comme Catulle Mendès, Yvonne Sarcey, Sacha Guitry, Méry Laurent, Cléo de Mérode ou Liane de Pougy, qui montrent l’importance du personnage dans la société de l’époque.

On voit donc, que sa vie durant, Reynaldo Hahn a occupé une position de premier plan, non seulement dans le domaine de la musique, mais aussi dans la société élégante de la capitale. Loin d’être un snob, il voyait dans les contacts humains une source d’enrichissement, qu’il s’agisse de « gens du monde », qu’il savait juger à leur aune, d’écrivains, de musiciens, de peintres célèbres, avec qui il a pu entrer en relation. Tout les domaines de la culture, littérature, théâtre, peinture, lui ont été familiers et sa puissance de travail lui a permis d’élargir le champ de ses connaissances, dans la plupart des domaines de l’Art.

Aussi faut-il considérer l’Oeuvre de Reynaldo Hahn dans son ensemble, car si la partie la plus importante doit être réservée à la Musique, ce que nous verrons dans un premier travail, le compositeur était aussi très doué pour la l’Ecriture. Une deuxième partie fera donc référence à d’autres réalisations du compositeur.

Reynaldo Hahn a donc été un personnage important de son époque et un artiste complet qui ne mérite ni l’oubli de ceux qui aiment la musique ni le mépris que certains « modernistes » lui réservent.

I - Catalogue de l'oeuvre musicale

Nous avons eu beaucoup de difficultés pour dresser un bilan complet de l'oeuvre de Reynaldo Hahn car une grande partie, très mal connue lors du vivant du compositeur, a été totalement occultée depuis sa disparition. Reynaldo Hahn s’est vu quasiment « réduit » à être l’auteur à succès de quelques mélodies agréables et de Ciboulette.

A notre connaissance, aucun travail n’avait affronté l’effort, assez ingrat il faut bien dire, de dresser un inventaire des quelque 380 opus qu’a laissés le compositeur. Nous avons été considérablement aidé dans cette recherche, par un document qu'à bien voulu nous confier Daniel de Vengohechea y Hahn, petit-neveu du compositeur. Il s'agit du recueil, tenu en grande partie par le compositeur lui-même, des oeuvres déposées à la SACEM. Quelques modifications ont été ajoutées, semble-t-il, par son ami René Schrameck, après la disparition de Reynaldo Hahn.

Avec ce précieux document, nous avons pu redécouvrir le nombre des oeuvres laissées par le compositeur et les classer dans un ordre aussi logique et clair que possible. Chemin faisant, cela nous a permis de dresser un portrait plus complet du compositeur. Dans un grand article paru dans le Fontes Artis Musicae, en 2006, nous avons déjà donné une première dimension internationale à cet édificeiii.

Mais depuis, la parution de cet article, un travail important dû à un jeune chercheur, Gilles Saint Arroman [Edouard Risler (1873-1929) et la Musique française, Paris, Honoré Champion], nous a permis d’ajouter beaucoup de précisions, en particulier sur les très nombreuses oeuvres pour le piano écrites par Reynaldo Hahn. En effet, sous l’incitation de Mme Danièle Pistone, professeur de musicologie à Paris-Sorbonne, Gilles Saint-Arroman a fait, pour son mémoire de master 2 de musicologie, Edouard Risler (1893-1929) et la musique française, des recherches très précises sur tous les concerts du pianiste. Et Risler a eu une carrière extraordinairement remplie ! Reynaldo Hahn et Edouard Risler ayant eu une amitié sans faille depuis le Conservatoire jusqu’à la disparition du pianiste en 1929, beaucoup de ces oeuvres pianistiques ont été créées par Risler, à qui elles sont souvent dédiées. La connaissance précise des concerts du pianiste à travers le monde, les programmes, les lieux, les dates, nous ont été d’un grand secours pour compléter ce Catalogue.

Enfin, depuis des années nous travaillons sur les centaines de lettres échangées entre Reynaldo Hahn et Edouard Risler. On peut y suivre, pas à pas, leur évolution dans la vie, leurs divergences artistiques, et pour le compositeur, l’élaboration de la plupart de ses oeuvres, dont il discutait toujours avec son ami. Cela nous a rendu plus attrayant le travail de leur classement. Pour ce faire, nous avons choisi le plan le plus simple possible afin que le lecteur ne perde pas le fil de notre exposition. Nous avons donc suivi le plan suivant : 

A - Oeuvres pour la voix (mélodies profanes, mélodies sacrées, oeuvres pour plusieurs voix, scènes lyriques, cantates, oratorios, opéras et opéras-comiques, opérettes)

B - Oeuvres orchestrales (ballets, poèmes orchestraux, musiques de scène, musiques de film)

C - instrumentales (concertantes avec orchestre, musique de chambre, pièces pour le piano seul, et celles pour piano à quatre mains ou deux pianos)

D – Oeuvres non encore identifiées (mélodies, chœur, musique pour piano)

Enfin, pour classer ces oeuvres, il nous a paru plus simple de tenir compte de la date d'édition, lorsqu'elle a pu être précisée, quitte à indiquer, lorsque cela était possible, la date ou les dates de composition, qui ne concordent pas toujours avec celles de l'éditeur.

Lorsque nous avons eu un doute sur une date de composition ou d’édition d’une oeuvre, nous avons fait suivre la date proposée d’un ?. Certaines oeuvres, pourtant mentionnées à la SACEM, n’ont pas été éditées, d’autres n’ont pu être localisées par suite de la perte de la partition. Chaque fois que le doute persiste, nous avons prudemment laissé un ?

A - Oeuvres pour la voix :



Professeurs ayant donné des cours à l'Ecole Normale de Musique de Paris en mai et juin 1922. De gauche à droite, debout: Alfred Cortot, Reynaldo Hahn, Pablo Casals, Jacques Thibaud, Maurice Emmanuel, Marcel Dupré. De gauche à droite, assis: Wanda Landowska, Maurice Hayot, Mme Croiza.( Courtoisie du Monde Musical, in Le Canada Musical p.13, 2 décembre 1922, coll. Martial Morin. ) DR
1 - Mélodies profanes :


Si mes vers avaient des ailes 1889
sur un poème de Victor Hugo, piano et chant
dédié à sa soeur Maria [devenue par son mariage Mme Raymundo de Madrazo]
Paris, Hartmann, 1889

[Il existe aussi une transposition pour petit orchestre, de la main de Reynaldo Hahn, Heugel, 1913
et une autre pour violoncelle-piano, écrite ultérieurement par l'auteur, Heugel, 1933].



Rêverie 1889
sur un poème de Victor Hugo, piano-chant
dédié à Mlle J. Ciceri
Paris, Hartmann, 1889
[il existe une version avec petit orchestre et piano, écrite par le compositeur, Paris, Heugel, 1914
et une transposition pour accordéon, Paris, Heugel, qui n’est pas de sa main]


Ressemblance 1891
sur un poème de Sully Prudhomme
inédit


Naïo 1891
sur une poésie de Sully Prudhomme
inédit


Mai 1891
sur un poème de François Coppée
Paris, Hartmann, 1891, (puis Heugel, 1895)


Adoration et Hymne à Cléo iv 1891
2 mélodies composées en avril-mai 1891
Heugel ?


Aimons-nous 1891
mélodie sur une poésie de Théodore de Banville
composée en avril 1891, dédiée à Cléo de Mérode
Paris, Quinzard, 1891, puis Paris, Henri Gregh, s.d.


Reynaldo Hahn, Paysage pour chant et piano, poésie de André Theuriet, dédicacée “à mon très cher maître J. Massenet” (Paris, Au Ménestrel), transcription pour violoncelle et piano par Max Méreaux (2016) DR.
Fichier audio par Max Méreaux. DR.
L'Enamourée 1892
poème de Théodore de Banville, composé au printemps
1891, dédié à Miss Sybil Anderson
Paris, Heugel,1892


Offrande à vous v 1892
sur un poème de Verlaine
Paris, Heugel, 1892


Paysage 1892
mélodie avec piano, sur un poème d'André Theuriet
Paris, Heugel, 1892
[Il existe une version avec petit orchestre, écrite par le compositeur
et aussi une autre version avec quatuor de saxophones, qui ne semble pas de sa main]
Audio lecteur Windows Media Reynaldo Hahn, Paysage pour chant et piano, poésie de André Theuriet, dédicacée “à mon très cher maître J. Massenet” (Paris, Au Ménestrel), transcription pour violoncelle et piano par Max Méreaux (2016) DR.
Fichier audio par Max Méreaux (DR.)



Lied 1892
sur un poème de François Coppée
inédit


Hymne 1892
sur un poème de Victor Hugo
inédit


Le Bon repos 1892
mélodie composée le 15 septembre 1892, à Villers-sur-Mer
inédite


Chansons grises 1893
Recueil de 7 mélodies avec accompagnement de piano, sur des poèmes de Verlaine
Chanson d'automne, composée à Münster, le 16 juillet 1891, parue en 1900, pour l'Exposition Universelle
Tous deux, dédiée à Louis Montégut
L'allée est sans fin
En sourdine, composée à Hambourg, le 15 septembre 1891
L'Heure exquise
Paysage triste, composée à Münster, le 24 juillet 1891
La Bonne chanson
Paris, Heugel, 1893 (réédité par Alphonse-Leduc, 2001)


Fleur fanée 1893
sur un poème de Léon Dierx, dédiée à Edouard Risler
Paris, Heugel, 1894


Le Cimetière de campagne 1894
composé en octobre 1893, à Balcombe Place, sur des paroles de Gabriel Vicaire, extraites des Emaux bressans
dédié à Mlle. Lyon, créé par le compositeur chez Madeleine Lemaire, le 28 mai 1895, Edouard Risler étant au piano
Paris, Heugel,1894


Premier recueil de 20 mélodies vi 1895
dédicace générale : « A la mémoire de Lucien Grandjany, son élève, son ami, Reynaldo Hahn, 1895 »
Rêverie, poème de V. Hugo, dédiée à Mlle Cicéri, Heugel, 1914
Si mes vers avaient des ailes, poème de V. Hugo, dédiée à sa soeur Maria Hahn, Hartmann, 1914
Mai, poème de François Coppée, Hartmann, 1891.
Paysage, mélodie d'André Theuriet, dédiée à Jules Massenet, Paris, Heugel, 1892
L'Enamourée, poème de Théodore de Banville, dédiée à Sibyl Sanderson. Heugel, 1892.
Seule, poème de Théophile Gautier, composé au printemps 1891, dédiée à Georges Hartmann, Paris, Heugel, 1892
La Nuit, poème de Théodore de Banville, dédiée à la basse Jean-François Delmas, composée le17 mai 1891, Paris, Heugel, 1892
Offrande, poème de Verlaine, composée au printemps 1891, dédiée à *** (Cléo de Mérode), Paris, Quinzard, 1892
Trois jours de vendanges, poème d'Alphonse Daudet, composé à Paris, le 5 avril 1891, dédiée à Mme Daudet, Paris, Heugel, 1893
Infidélité, poème de Théophile Gautier, dédiée à Marguerite Naudin, composée en février 1891, Paris, Heugel, 1893
Fêtes galantes, poème de Verlaine, composée le 2 avril 1892, dédiée à Charles Levadé, Paris, Heugel, 1893
Cimetière de campagne, poème de Gabriel Vicaire, composée à Balcombe Place en octobre 1893, dédiée à Mlle J. Lyon, Paris, Heugel, 1894
Fleur fanée, poème de Léon Dierx, composée en avril 1892, dédiée à Edouard Risler, Paris, Heugel, 1894.
L'incrédule, poème de Verlaine, composée le 6 mars 1893, Paris, Heugel, 1894
Les Cygnes, poème de Armand Renaud, composé en juin 1892, dédié à Jean Lahor, Paris, Heugel, 1894
D'une prison, poème de Verlaine, composée le 29 octobre 1892, dédiée à Léon Daudet, Paris, Heugel, 1894
Dernier voeu, poème de Théodore de Banville, composée en juin 1891, Paris Heugel, 1894
Séraphine, poème de Henri Heine, dédiée à Mesdemoiselles R. [Risler], composée chez Edouard Risler, le 10 avril 1892, Paris, Heugel, 1896.
Nocturne, poème de Jean Lahor, composée en octobre 1893, Paris, Heugel, 1896
A Phidylé , dédiée « à mon ami Marcel Proust », pour basse solo et accompagnement de 6 soprani et 4 ténors, reprise dans les Etudes latines (Heugel, 1900)
Paris, Heugel, 1995 (réédtion Alphonse, Leduc 2001)


Naguère, au temps des églantines 1896
sur un poème de Catulle Mendès, composé en 1892
édité dans le supplément musical de l'Illustration, le 12 février 1896


Deux mélodies en allemand 1896
Sur les poèmes d'Henri Heine Mädchen mit den rotchen mûntchen et An die nachtigall
inédites


Chanson 1897
pour Le Songe d'une matinée de Printemps, pièce de Gabriele d'Annunzio, d'abord destinée à Sarah Bernhardt, qui a refusé de la monter,
elle sera interprétée ultérieurement par la Duse, au théâtre de la Renaissance, en juin 1897
(le compositeur a perdu la partition de cette oeuvre qui est restée inédite)


Rondels 1898
recueil de 12 mélodies :
Le Jour, à 4 voix, poème de Théodore de Banville
Je me metz en votre mercy, poème de Charles d'Orléans
Le Printemps, poème de Théodore de Banville, dédiée à Edmond Clément
L'Air, poème de Théodore de Banville, dédiée à Mlle Guiraudon « qui a une voix aérienne »
La Paix, poème de Théodore de Banville, composée à Aix-La-Chapelle, les 26 et 27 juillet 1897, dédiée au docteur A. Foguel
Gardez le trait de la fenêtre, poème de Charles d'Orléans
La Pêche, poème de Théodore de Banville, dédiée à Paul Puget
Quand je fus pris au pavillon, poème de Charles d'Orléans, dédiée à Lucien Fugère
Les Etoiles, poème de Théodore de Banville, composée à Hambourg, le 25 août 1897
L'Automne, poème de Théodore de Banville, dédiée à Mlle Jane Bathori
La Nuit, poème de Théodore de Banville
Le Souvenir d'avoir chanté, sur un texte de Catulle Mendès, composée le 17 novembre 1897, dédiée à Mme Madeleine Lemaire
(le Choeur de Paris-Sorbonne, sous la direction de Denis Rouger, a chanté dans ses concerts du 8 et 10 avril 2008, plusieurs Rondels : Le Jour, Gardez le trait de la fenêtre,
Le Printemps, et La Nuit)
Paris, Heugel, 1898


Le Destin « Phèdre » 1898
composé à Dieppe, en octobre 1898, chez Madeleine Lemaire,
inédit


Le Marchand de marrons 1899
sur un poème de Paul Collin
publié dans L'Illustration du 23 octobre 1899.


Adieu 1899
sur une poésie de Stéphan Bordèse, extraite de l’album Chansons de pages
où collaboraient Henri Büsser, Cécile Chaminade, Paul Delmet, Théodore Dubois, Alphonse Duvernois, Henri de Fontenailles,
Louis Ganne, Charles Lefèvre, Charles Levadé, Henri Maréchal et Paul Puget
Paris, Enoch, 1899


Les Etudes latines 1900
recueil de 10 mélodies sur des poèmes de Leconte de Lisle :
1 - Lydie, dédiée à Jules Massenet
2 - Néère, dédiée à Frédéric de Madrazo
3 - Salinum, dédiée à Marie-Louise Nordlinger
4 - Thaliarque, dédiée à Gabriel Fauré
5 - Lydé, dédiée à Mme Tripier-Gouzien
6 - Vile potabis
7 - Tyndaris, dédiée à Mme la comtesse de Guerne, née Ségur
8 - Pholoé
9 - Phidylé, composée en 1896, dédiée « à mon ami Marcel Proust », pour basse solo, 6 soprani et 4 ténors (déjà publiée dans le Premier recueil)
10 - Phyllis, dédié à Mme la comtesse de Guerne
Paris, Heugel, 1900
(en 1922, Reynaldo Hahn en fera une orchestration pour le concert Colonne du 5 novembre 1922, dirigé par Gabriel Pierné)


L'Alouette 1901
chanson enfantine sur un texte de Marie Legrand,
publiée dans l'Ame enfantine, chansons pour les écoles, Paris, Librairie Armand Colin, 1901


A une étoile 1901
sur un poème d'Alfred de Musset, composé en 1890,
Paris, Heugel, 1901


Venezia 1901
recueil de 6 mélodies, inspirées par le premier séjour à Venise du compositeur
composées entre 1900 et 1901 sur des textes en dialecte vénitien :
Sopra l'acqua indormenzada
La Barcheta
L'Avvertimento
La Biondina in gondoleta
Che peca !
La Primavera, dédiée à Francesco Paolo Tosti.
Paris, Heugel, 1901
(transposition pour 6 violoncelles par Roland Pidoux, à paraître chez Maguelone)


Love without wings 1904
3 mélodies écrites par Mrs. Mary Robinson (Mme Emile Duclaux, qui tenait un salon à Paris) :
Ah ! could I clasp thee in mine arms,
The Fallen oak,
I know you love me not
écrites vers 1899, ces petites mélodies seront publiées à Paris, par Heugel, Au Ménestrel en 1904
(traduction française, Heugel, 1911)



Oh ! for the wings of a dove 1904
sur un poème de Mrs. Mary Robinson
Paris, Heugel, 1904
(traduction française, Heugel, 1911)


Au Pays musulman 1906
sur un poème d'Henri de Régnier, composé à Constantinople au printemps 1906
Paris, Heugel, 1906


J’ai caché dans la rose en pleurs 1907
sur un poème d’Armand Silvestre,
Paris, Hachette, 1907
(réédité ultérieurement par Heugel mais la partition n’a pas été retrouvée dans le fonds racheté par Alphonse Leduc en 1980)


Les Feuilles blessées 1907
recueil de 10 mélodies, tirées de Stances de Jean Moréas,
dédiées à Edouard Risler, créées vers le 10 ou 11 juin 1906 chez Mme Duglé
Dans le ciel est dressé un arbre séculaire, composée en 1901
Encore sur le pavé sonore mon pas nocturne, composée en 1901
Quand reviendra l'automne avec ses feuilles mortes, composée à Versailles en 1903, dédiée à Bernard Ochsé
Belle lune d'argent, composée à Versailles en 1904, dédiée à Georges Vaudoyer
Quand je viendrai m'asseoir, composée à Versailles en 1904, dédiée à Mme N. de Lisboa
Eau printanière, composée à Versailles à l’automne 1905, dédiée Edouard Risler
Donc vous allez fleurir encore, composée à Versailles, 1905.
Compagne de l'éther, composée à Paris en 1906
Pendant que je médite, composée à Paris en 1906
Roses en bracelet, composée à Constantinople au printemps 1906
Aux rayons du couchant, composée à Salzbourg en août 1906, dédiée à Henri Duparc
Paris, Heugel, 1907


Dans l'été 1908
sur une poésie de Marceline Desborde-Valmore
dédiée à Mme Jean de Reszke (Marie de Goulaine)
Paris, Heugel, 1908


Vocalise 1909
en souvenir de Constantinople, étude pour voix grave avec accompagnement de piano
Paris, Alphonse-Leduc, 1909


A Chloris 1916
sur un poème de Théophile de Viau, chant et piano
Paris, Heugel, 1916


Cinq petites chansons anglaises 1917
recueil de 5 mélodies écrites sur le front, à Clermont-en Argonne durant l'hiver 1915, à partir de vers de R.L. Stevenson
adaptation française de Maurice Léna
dédiées à Jacques Parly, créées à Paris le 14 janvier 1916 par Jane Bathori
The swing
Windy night
My ship and I
The Stars
A good boy
Paris, Heugel, Au Ménestrel, 1917



A nos morts ignorés 1918
composée en 1915, en Argonne, sur une poésie de Louis Hennevé, dédiée au Général Valdant et à la 10ème Division d'infanterie
Paris, Heugel, 1918


Deuxième recueil de vingt mélodies 1918
Quand la nuit n'est pas étoilée, poème de Victor Hugo, dédiée à Madame Colonne, Heugel, 1900
Cantique « Sur le bonheur des justes et le malheur des réprouvés », de Jean Racine, dédiée à Anatole France, composé en février 1895
Paris, Heugel, 1896
La Délaissée, poème de Mme Blanchecotte, composé entre Paris et Londres, hiver-printemps 1898,
dédiée à Mme Krauss, Paris, Heugel, 1898
La chère blessure, poème de Mme Blanchecotte, Paris, Heugel, 1900.
Théone, poème de Jean Moréas, composée à Paris, le 13 février 1896, au soir, Paris, Heugel, 1897
Le souvenir d'avoir chanté, poème de Catulle Mendès, dédiée à Mme Madeleine Lemaire.
Quand je fus pris au pavillon, poème de Charles d'Orléans, dédiée à Lucien Fugère, Paris, Heugel, 1899
Chanson au bord de la fontaine, composée à Versailles, en 1911, pour la pièce de Maurice Magre, Méduse, Paris, Heugel, 1911
Sur l'eau, poèsie de Sully Prudhomme, dédiée à Mlle Suzanne Duglé, Paris, Heugel, 1902
Fumée, sur un poème de Jean Moréas, Heugel, s.d.
Le Printemps, sur un poème de Th. de Banville, dédiée à Edmond Clément
Dans la nuit, sur un poème de Jean Moréas, dédiée à Mme M. de Lisboa
Les Fontaines, poésie d'Henri de Régnier, composée à Versailles, en 1909, dédiée à Mme. Durand-Texte, pianiste, Paris, Heugel, 1910
A Chloris, poésie de Théophile de Viau, Paris, publiée dans le numéro de Noël de Femina, puis Heugel, 1916
Le Rossignol des lilas, poésie de Léopold Dauphin, Paris, Heugel, 1913
A nos morts ignorés, (Argonne, 1915), poème de Louis Hennevé, composée en Argonne, en 1915, dédiée à M. le général Valdant,
Commandant de la 10° Division d'Infanterie, Paris, Heugel, 1918
Ma jeunesse, poèsie d'Hélène Vacaresco, Paris, Heugel, 1918
Le plus beau présent, poèsie de Maurice Magre, composée l'hiver 1915, à Vraincourt, Paris, Heugel, 1917
Puisque j'ai mis ma lèvre, sur une poésie de Victor Hugo, extrait du Ruban dénoué, Paris, Heugel, 1917
La douce paix, sur un poème de Guillot de Saix, composée en 1919, publiée d'abord sur le supplément musical du Figaro du 10 octobre 1920,
puis par Heugel, 1921
Paris, Heugel, 1918 (réédition Alphonse Leduc, 2001)


Chanson de route 1923
« composée à Rome, le 5 avril 1900, à 1 h du matin, retour de promenade »,
non terminée, mais ultérieurement reprise dans Ciboulette
Paris, Salabert, 1923


La Chanson des Armées 1930
écrite en 1930, sur des paroles de Rip pour sa revue La Foire d'empoigne
créée par Marguerite Deval en octobre 1930, au Théâtre des Folies-Wagram.
inédit


Les Miroirs 1930
autre chanson écrite pour la revue de Rip.
inédit


Récitatifs pour Phryné 1941
de Camille Saint-Saëns, pour remplacer le texte parlé utilisé auparavant, au Casino Municipal de Cannes en 1941
inédit


Chansons espagnoles 1947
pour voix soliste et piano sur des poèmes de Guillot de Saix
Aubade à doña Sol et Mon amour
Salabert, 1947


Neuf mélodies retrouvées 1954
(ces mélodies ont été découvertes après la mort du compositeur, grâce à son ami René Schrameck, qui les a déclarées à la SACEM
en décembre 1954)
Je me souviens (Guillot de Saix)
La Vie est belle (Guillot de Saix)
Ta main (Guillot de Saix )
Sous l'oranger (Guillot de Saix)
L'Amitié, poème de Lucien Paté, composé ele 22 mars 1891
Chanson, poème de Catulle Mendès, composée le 11 mars 1891
Naïs (auteur inconnu)
La Nymphe de la source (auteur inconnu), créée par Ninon Vallin au Théâtre des Champs-Elysées, le 9 juin 1945
Paris, Salabert, 1955




2 - Oeuvres sacrées :


Agnus Dei 1897
pour soprano et baryton, composé à Aix-la-Chapelle fin juillet 1897
Paris, Heugel, 1897


Salutaris 1900 ?
pour ténor, dédié à Mme Warmbrodt
Paris, Heugel, 1900 ou 1901 ?


Venite exultemus 1923
extrait du Psaume LXXXXIV, composé à La Pérelle le 6 septembre 1923, dédié à Guy Ferrant
« pour chanter au lutrin », inachevé.
inédit


Motet 1938
pour basse solo et choeur à 4 voix avec accompagnement d'orgue
Paris, Lemoine, 1938


Tu es Petrus 1938
motet pour choeur à 4 voix et basse solo, avec accompagnement d'orgue.
Paris, Lemoine, 1938




3 – Chœurs profanes :


Aubade espagnole 1889
sur un texte d'Alphonse Daudet, pour choeur de voix d'hommes et ténor solo
Paris, G. Hartmann, 1891


Les Bretonnes 1896
choeur pour voix de femmes, commandé par M. et Mme X, chanté chez les commanditaires, le samedi 27 février 1892
Paris, Heugel, 1896


Cantique de Racine 1896
« Sur le bonheur des justes et le malheur des réprouvés », choeur pour voix de femmes
Paris, Heugel, 1896
(orchestré par le compositeur pour une conférence de Gustave Samazeuilh, Racine et la Musique, Radio-Paris, 6 février 1937)


Chanson de pirates 1897
pour 2 ténors et choeurs d’hommes, sur un texte de Victor Hugo,
« composé le 7 septembre 1897, dans la petite chambre d'études avec Reinhold Lutz »
inédit


Les Muses pleurant la mort de Ruskin 1902
choeur pour 11 voix, avec accompagnement de lyres, dédié à Marcel Proust
Paris, Delanchy, 1902 (repris par Heugel en 1925)


O fons bandusiae 1903
pour soprano solo et choeurs de voix de femmes, sur une ode d'Horace, dédié à Mme le comtesse de Guerne
créé chez Madeleine Lemaire, le 12 avril 1905, par Jeanne Leclerc.
Paris, Heugel, 1903


L'Obscurité 1904
choeur a cappella pour voix mixtes, sur un poème de Victor Hugo
Paris, Heugel, 1904


Sérénade 1904
pour ténor et baryton, sur une poésie de Victor Hugo
(une adaptation a été chantée en 2007 par le choeur de l’Armée française, direction Pascale Jeandroz)
Paris, Heugel, 1904


Chansons et Madrigaux 1907
pour 4 voix : soprano, contralto, ténor et basse
I - Un loyal coeur, paroles de Charles d'Orléans, dédié à Mlle Jeanne Lyon
II - Vivons, mignarde, paroles de Baïf, dédié à Mme James Baignières
III - Pleurez avec moi ! sur un texte d'Aggripa d'Aubigné, trois chants pour soprano, ténor, et basse, dédiés à Henri Bardac
IV - En vous disant adieu, dans la manière d'Antoine Boesset, dédié au Dr Pierre Bonnier
V - Comment se peut-il faire ainsi, paroles de Charles d'Orléans, pour soprano, contralto et ténor, dédié à René Peter
VI - Les Fourriers d'été, paroles de Charles d'Orléans, dédié à Jules Griset
(l’oeuvre a été donnée récemment avec succès, en 2007, dans le cadre de la Biennale d’art vocal de Paris, par le Jeune Choeur de Paris,
sous la direction de Laurence Equilbey et Geoffroy Jourdain)
Paris, Heugel, 1907


Aubade athénienne 1911
choeur pour voix de femmes, paroles de Paul Reboux, fragment d'un opéra esquissé
Paris, Heugel, 1911


Noctem quietam 1926
pour ténor solo et choeur, accompagnement d'orgue ou de piano, composé à Concevreux les 6 et 7 septembre 1917
dédié à Hélène de Charmé
Paris, Heugel, 1926


A la lumière 1942 ?
choeur pour voix mixte, sur un poème d'Anatole France.
Cannes, F. Moulin, s.d.


La Cathédrale de Strasbourg 1944
chant pour ténor et choeurs, composé sur un poème d'Aragon
créé à Monte-Carlo, au début de l'année 1944, puis donné à l'Opéra le 21 novembre 1945
Inédit


Choeur 1896 ?
« pour célébrer l’arrivée d’Edouardos Reisslerius » pour solo et choeur à l’unisson
(manuscrit autographe de 2 pages conservé à la BNF, département de la musique)
non daté et inédit








4 - Opéras, opéras-comiques et oratorios :


Persée et Andromède 1895
scène lyrique (I - Andromède au monstre, II - Persée et Andromède )
composé en janvier 1895
Inédit


L'Ile du rêve 1897
idylle polynésienne en 3 actes, dédiée à Massenet, livret d'André Alexandre et de Georges Hartmann,
d'après Le Mariage de Loti de Pierre Loti (mars 1880)
créée le 25 mars 1998, à l'Opéra Comique de Paris, salle Châtelet, par Edmond Clément, Marié de l'Isle, Julia Guiraudon,
sous la direction d'orchestre d’André Messager, avec une mise en scène d’Albert Carré
Paris, Heugel, 1897


La Pastorale de Noël 1901
Mystère du XVème siècle en 4 tableaux, soli et choeurs, d'après Arnoul Greban, adapté par Léonel de la Tourrasse et Gailly de Taurines
composé entre 1896 et 1901,créé à la soirée de Madeleine Lemaire du 24 décembre 1906, Reynaldo Hahn étant au piano,
puis le 23 décembre 1908, avec orchestre, au Théâtre des Arts (Paris), et reprise aux Concerts Pasdeloup, (Paris) le 26 décembre 1920 vii
Paris, Heugel, 1901 viii


La Carmélite 1902
Comédie musicale en 4 actes et 5 tableaux, sur un livret de Catulle Mendès, créé à l'Opéra-Comique de Paris, le 16 décembre 1902 ix
par Emma Calvé (Louise), Hector Dufranne (l'Evêque), Lucien Muratore (Louis XIV) et Mlle Marié de l'Isle (la Reine),
sous la direction d’André Messager et des décors de Lucien Jusseaume
Paris, Heugel, 1902




Prométhée triomphant 1910
Cantate avec soli et choeurs sur un texte de Paul Reboux, terminée le 26 novembre 1906
créée à Paris, aux Concerts Lamoureux, le 1er mars 1908, sous la direction Camille Chevillard
reprise à la Radio Nationale le mercredi 26 septembre 1945
Paris, Heugel, 1910 (version allemande, Neizel, 1910)



La Fête triomphale 1919
poème dramatique en 3 actes, sur un livret de Saint-Georges de Bouhélier, composé en 1919, créé le 14 juillet 1919, à l'Opéra
publié dans le Journal des Annales en juillet 1919


Nausicaa 1919
opéra en 2 actes, sur un livret de René Fauchois, composé sur le front en 1915 et 1916, dédié à sa mère x
créé d'abord à Monte-Carlo le 10 avril 1919, puis à Cannes, en avril 1921, avec Mmes Lyse Charmy et Davelli, MM. Couzinou et Journet
reprise à Tunis le 2 décembre 1921, puis à l'Opéra Comique le lundi 18 juin 1923, avec Mmes Emma Calvé et Davelli, MM. Vieuille et Albers
Paris, Heugel, 1919


Une nuit d'Espagne 1925
madrigal en vers de Maria Star (Mme Ernesta Stern) et Guillot de Saix, représenté à l'Opéra-Comique de Paris le 20 juin 1925,
au Gala de l'Union des Artistes, avec Simone Jarnach, Guillot de Saix et Franville
Reprise au Théâtre de Nice en février 1926, sous la direction de Reynaldo Hahn.
inédit


Le Pauvre d'Assise 1933

oratorio sur un livret de Rivollet, créé à Cannes le 3 avril 1933
inédit ?

Le Marchand de Venise 1935
opéra en 3 actes et 5 tableaux, livret en vers de Miguel Zamacois, d'après Shakespeare
créé à l'Opéra de Paris : générale le 21 mars 1935, première le 25 mars
par Fanny Heldy, Pernet puis Etcheverry (Shylock), Martial Singher, Cabanel,
sous la direction de Philippe Gaubert et des décors d’Yves Alix
(cette oeuvre, hélas peu jouée ! a été reprise avec un immense succès, en 1996, à Portland, USA, sous la direction de Marc Trautmann
et avec Alain Fondarie dans le rôle de Shylock
Paris, Heugel, 1935





5 - Opérettes et comédies musicales :


Agénor ou Le Phoque 1893
comédie musicale burlesque en deux actes, composée les 8 mai 1893 (acte I) et 30 juin 1893, à Saint-Germain-en-Laye (acte II)
joué par le compositeur et son groupe de camarades Les Vieilles poules : Edouard et Charles Risler, Louis Montégut, Ernest Legrand,
Mme Decrey, Jeanne Lyon, et deux soeurs Risler, sous la direction musicale de Léon Moreau
Inédit


Miousic 1914
opérette en trois actes sur un livret de P. Ferreir, créée à Paris, au Théâtre de l'Olympia, le 22 mars 1914
(oeuvre collective avec la participation de Saint-Saëns, Lecoq, Messager, etc…)
Inédit


La Colombe de Bouddha 1921
conte lyrique japonais en 1 acte, sur un livret d' André Alexandre Blanc, créé à Cannes (Casino municipal), le 21 mars 1921,
par Aquistapace, Kobé, Vieuille…, repris à Deauville, en août 1921, puis à Aix-les-Bains en juin 1927
Paris, Heugel, 1921


Ciboulette 1923
opérette en 3 actes, sur un livret de Robert de Flers et Francis de Croisset, créée à Paris, au Théâtre des Variétés, le 7 avril 1923,
sous la direction de Paul Letombe, par Edmée Favart, Jean Périer… et des décors de Fernand Ochsé
Paris, Salabert, 1923
(il existe une fantaisie-sélection pour orchestre avec piano conducteur, par Reynaldo Hahn, et divers arrangements de Francis Salabert)

Ciboulette, couverture de la partition (coll. Max Méreaux)Ciboulette, distribution de la création en 1923 (coll. Max Méreaux)Ciboulette, premières mesures (coll. Max Méreaux)

Ciboulette, couverture de la partition, distribution de la création en 1923, premières mesures (coll. Max Méreaux)


Mozart 1925
comédie musicale en 3 actes de Sacha Guitry, créée à Paris, au Théâtre Edouard VII, le 2 décembre 1925,
reprise le 20 septembre 1932, au Théâtre de la Madeleine, avec Sacha Guitry et Yvonne Printemps…,sous la direction de Raoul Labis
nouvelle reprise à Paris, au Théâtre Marigny, le 13 novembre 1942 mais immédiatement interdite par les autorités d’occupation.
Paris, Heugel, 1925


Le Temps d'aimer 1926
Comédie musicale en 3 actes d' Henri Duvernois et Pierre Wolff, couplets d' Hugues Delorme
créé à Paris, au Théâtre de la Michodière, le 7 novembre 1926, par Jeanne Cheirel, Marie Dubas, Aquistapace, Defreyn,
Lucien Baroux…, sous la direction d’Ernest Georis
Paris, Heugel, 1926


Une Revue 1926
Comédie musicale en 2 actes et 30 tableaux, de Maurice Donnay et Henri Duvernois
créée à Paris, au Théâtre de la Porte-St-Martin, le 30 octobre 1926, par Tamara Karsavina, Huguette Duflos, Maurice Escande…,
avec une mise en scène de Jacques-Charles
Paris, Heugel, 1926


Brummell 1931
opérette en 3 actes, sur un livret de Rip et Robert Dieudonné, couplets de Rip
créée à Paris, aux Folies Wagram, le 17 janvier 1931 et jouée jusqu'à fin mars
reprise le 29 mai 1931, pour quelques représentations, à Paris, au Théâtre de l'Apollo
puis le 12 août au Kursaal de Genève, enfin à Biarritz, les 11 et 13 août 1932
distribution : MM. Piani, Lucien Baroux…, Mmes Marguerite Deval, Sim-Viva, Renée Devilder, Marcelle Monthil
mise en scène : Edmond Roze, costumes et décors : Fernand Ochsé
Paris, Salabert, 1931


O mon bel inconnu 1933
comédie musicale en 3 actes de Sacha Guitry
créée à Paris, au Théâtre des Bouffes Parisiens, le 12 octobre 1933, dernière représentation, 1er janvier 1934
par Abel Tarride, Aquistapace, Guy Ferrant, Arletty, Suzanne Dantès et Simone Simon., sous la direction de Marcel Cariven
(cette oeuvre a été souvent reprise par la suite)
Paris, Salabert, 1933

Malvina 1935
opérette en 3 actes et 4 tableaux, sur un livret de Maurice Donnay et Henri Duvernois, décors de F. Ochsé
créée à Paris, au Théâtre de la Gaîté Lyrique, le 23 mars 1935
par Mmes Renée Camia, Marguerite Thibault et MM. Roger Bourdin, Macquaire…, sous la baguette de Jules Gressier
reprise en juillet 1945 à l'Opéra-Comique de Paris, direction Reynaldo Hahn,avec Mmes Rocher, Dachary
et MM. Jacques Jansen,Macquaire…
Paris, Heugel, 1935


Beaucoup de bruit pour rien 1936
comédie musicale en 4 journées, sur un livret de Jean Sarment, d'après Shakespeare
créée le 7 mars 1936 à Paris au Théâtre de la Madeleine
Paris, Heugel, 1936

Le Oui des jeunes filles 1949
opéra-comique sur un livret de René Fauchois, d'après Moratin, composé sur plusieurs années, et laissé inachevé,
orchestré après la disparition du compositeur par Henri Büsser, créé le 21 juin1949 à l'Opéra-Comique de Paris
Inédit

B - Oeuvres orchestrales :



1 - Ballets et pantomimes :


Fin d'amour 1892
pantomime dramatique sur un livret d'Eugène Berrier, avec accompagnement de piano, composé en novembre 1892
dédiée à Edouard Risler,
représentée le 29 novembre 1892 à Paris, au Cercle Funambulesque, avec le concours de Risler au piano,
de Mme Kraus, Melle de Fehn…
Inédit


Le Bois sacré 1910
pantomime sur un poème rythmé d'Edmond Rostand, jouée par Sarah Bernhardt dans son Théâtre,
conjointement à la pièce de Mighel Zamacoïs, Les Bouffons, où elle tenait le rôle de Jacasse, le 20 avril 1910 (27 représentations)
Paris, Heugel, 1910


La Fête chez Thérèse 1910
ballet-pantomime en 2 actes, sur un argument de Catulle Mendès, chorégraphie et mise en scène de Mme Stichel
créé le 16 février 1910, à l'Opéra de Paris, en soirée de Gala (27 représentations en 1910, 5 en 1911, 2 en 1912)
Reprise au Théâtre Royal d'Anvers, le 25 mars 1927
Paris, Heugel, 1910
(transcription pour piano, par le compositeur, Heugel, 1910, et une autre pour petit orchestre, par H. Mouton, Heugel, 1911)


Le Dieu bleu 1912
ballet sur un livret de Jean Cocteau et de Federico de Madrazo
créé par les Ballet Russes à Paris, au Théâtre du Châtelet, le 13 mai 1912
par Vaslav Nijinsky et Tamara Karsavina, sur une chorégraphie de Michel Fokine, et des décors et costumes de Léon Bakst
sous la conduite de Désiré-Emile Inghelbrecht
Paris, Heugel, 1912

Degas 1925
suite de danses pour le spectacle de danses de Carina Ari, donné à Paris à l'Opéra-Comique de Paris, en juin 1925
Inédit

Valses 1933
ballet écrit pour Carina Ari, musique pour piano deJohannes Brahms, orchestration de Reynaldo Hahn
créé à l'Opéra-Comique de Paris, le 5 janvier 1933
Inédit


Aux bosquets d'Idalie 1939
ballet composé en 1939, sur un livret d'Abel Hermant
créé à Paris, à l'Opéra, en 1939
Paris, Max Eschig, 1939




2 - Musiques de scène :




L'Obstacle 1891
musique pour une pièce en 4 actes d'Alphonse Daudet
créée à Paris, au Gymnase, le 27 décembre 1890 (80 représentations)
Paris, Hartmann, 1891


Dalila 1899
musique composée en 1899, pour une pièce d'Octave Feuillet, datant de 1857
reprise le 8 mars 1899 par Sarah Bernhardt dans son Théâtre
inédit

Les Deux courtisanes 1902
musique pour une pièce de Francis de Croisset, représentée à Paris, au Théâtre des Mathurins, le 10 octobre 1902
reprise à Paris, au Théâtre des Capucines, le 16 mai 1904
ne mélodie : Chanson du gigolo.
Inédit

Werther 1902
musique pour une pièce de Decourcelle et Grisafulli, d'après l'oeuvre de Goethe
avec un Noël de Reynaldo Hahn, pour mezzo-soprano et voix d'enfants
Sarah Bernhardt a repris cette pièce, dans son Théâtre, le 6 mars 1903
Paris, Heugel, 1912


Chiffon 1904
musique pour une pièce d'Henry Bataille
créée à Paris, au Théâtre de l'Athénée, le 4 novembre 1904
Paris, Heugel, 1904

Esther 1905
musique de scène, pour soli et chœurs
demandée par Sarah Bernhardt, pour l'oeuvre de Racine, qu'elle jouait dans son Théâtre le 8 avril 1905
les choeurs, répétés plusieurs fois chez Mme de Guerne, seront chantés le 8 juin 1905
pour une oeuvre de charité chez Mme de Béarn, sous la direction du compositeur
Paris, Heugel, 1905



Scarron 1905
musique pour une pièce de Catulle Mendès
jouée par Sarah Bernhardt, à Paris, au Théâtre de la Gaîté, le 30 mars 1905
Paris, Heugel, 1905

Angelo, tyran de Padoue 1905
musique pour le drame de Victor Hugo, repris par Sarah Bernhardt, dans son Théâtre, le 7 février 1905
inédit


Nocturne 1905
musique pour une pièce de Maria Star (Mme Ernesta Stern),
composée en février 1895, représentée chez Mme Stern le 19 mai 1895
Librairie Félix Javen, 1905


La Vierge d'Avila 1906
musique pour le drame en 5 actes et un épilogue de Catulle Mendès
joué au Théâtre Sarah Bernhardt le 10 novembre 1906, avec Sarah Bernhardt dans le rôle titre (78 représentations)
Paris, Heugel, 1906


Lucrèce Borgia 1911
musique composée du 26 au 30 octobre 1911, pour le drame de Victor Hugo
repris par Sarah Bernhardt dans son Théâtre, le 23 novembre 1911 (105 représentations en 1911-1912)
Paris, Heugel, 1911


L'Impératrice 1909
musique pour un drame de Catulle Mendès
donné à Paris, au Théâtre Réjane, le 3 avril 1909
inédit

Méduse 1911
musique de scène, avec soli et choeurs, composée en 1911 à Versailles, pour la Légende marine en quatre actes, de Maurice Magre
Il existe plusieurs soli : Au bord de la fontaine, Danse, petite sirène
et plusieurs choeurs avec soli : Au pays des sables d’or, Invocation, Nous nous couvrirons de poussière,
Que les Dieux protègent notre ville, Nous ne te verrons plus et Terre divine
La pièce a été créée le 24 décembre 1911, au Casino de Monte-Carlo, sous la direction du compositeur
Paris, Heugel, 1911


Gala Sarah Bernhardt 1914
musique de scène pour le Gala des Annales ( mars 1914) :
Prélude (paru dans les Annales le 8 mars 1914), Rêverie, Pavane florentine, La Reine au jardin, L'Oasis, Défilé joyeux.
inédit


Andrea del Sarto 1919
musique de scène pour la pièce d'Alfred de Musset (1833), reprise à Paris, par le Théâtre de l'Odéon, le 4 avril 1920
inédit


L'Homme à la rose 1920
musique de scène pour une pièce de Henry Bataille, créée au Théâtre de Paris, le 5 décembre 1920, avec André Brulé
Paris, Heugel, 1920


Manon, fille galante 1924
prélude et 5 entractes : Les Amants, L’inconstante, La Dolente, L’Enjoleuse, La Frivole, Le Souvenir
pour une pièce d'Henry Bataille et Albert Flament, en 4 actes et 7 tableaux, tirée du roman de l'abbé Prévost
création le 22 octobre 1924 à Paris, au Théâtre de la Madeleine, avec Jane Marnac, André Brulé et Alcover
Paris, Heugel, 1924


Seigneur Polichinelle 1925
musique de scène pour une pièce en 4 actes de Miguel Zamacoïs, créée au Grand Théâtre Municipal de Nice en mars 1914
puis reprise à Paris, au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, le 18 mai 1925
inédit ?


La Reine de Sheba 1925
cantate pour 3 voix d'hommes et une voix de femme, avec accompagnement de 2 pianos, pour la pièce d'Edmond Fleg
créée le 6 mars 1926, puis reprise aux Concerts Colonne, avec grand orchestre, enfin aux concerts du Conservatoire en 1936
Paris, Heugel, 1925


Histoires anciennes 1931
musique de scène pour 2 pièces de Tristan Bernard : L'Admirable Dalila et Salomon le Sage
créées le 28 octobre 1931 au Théâtre Tristan Bernard (ancien Théâtre. Albert 1er) par Yvonne Galila, Marthe Mélot et Guy Ferrant
inédit


Laure et Pétrarque 1937
musique de scène pour une pièce en quatre actes d'Emile Ripert
première à Orange, le 31 juillet 1937 (Reynaldo Hahn la reprendra lors de sa saison à Cannes, la même année)
inédit


L’Homme avec dix femmes 1937
pièce de Mighel Zamacoïs, sur laquelle nous n’avons pas trouvé de précisions xi


Entre nous 1939
revue de Rip, représentée à Paris, au Théâtre des Nouveautés, le 5 avril 1939
pour laquelle Reynaldo Hahn a écrit la musique d'un tableau
inédit




2 - Musiques de films :



Sapho 1934
musique de scène et mélodies, en collaboration avec Maurice Thiriet, pour le film de 118 minutes,
tiré du roman d'Alphonse Daudet, [réalisé par Léonce Perret, avec Marie Marquet, André Brulé, etc.],
présenté au cinéma Marignan, le 7 avril 1934
Mélodies : Les Beaux dimanches, Chanson dans le style Grévy, Mansarde de Jean malade, Marseille, Dernière lettre,
La Promenade en canot ou La Villa rose, Provence, La Royale, Saphos'en va, Valse insouciante, Valse légère, Ville d'Avray.
Film de la Société Echo.
musique Inédite ?


La Dame aux camélias 1934
musique en collaboration avec Fernand Masson, pour le film réalisé par Abel Gance et Fernand Rivers,
d'après la pièce d'Alexandre Dumas, fils, tourné en août 1934, [avec Yvonne Printemps, Pierre Fresnay et Lugne Poe]
Au cours de ce film, Yvonne Printemps chante trois chansons écrites par Reynaldo Hahn, sur des vers d'AlbertVillemetz :
Mon rêve était d'avoir un amant, C'est à Paris, Au fil de l'eau
film a été présenté au cinéma l'Olympia, le 1er novembre 1934.
Paris, Joubert, 1934


Ciboulette 1933
film réalisé en mars 1933, par Claude Autant-Lara avec la collaboration de Curt Courant, tourné aux studios de Joinville
les enregistrements musicaux dirigés par Emile Vuillermoz, sous contrôle de Reynaldo Hahn
(Simone Bériau tient le rôle titre et Dranem celui du Père Grenu)
film projeté la première fois à Paris, au cinéma Paramount, le 9 novembre 1933 xii

C - Oeuvres instrumentales



1 – Œuvres concertantes :



Concerto pour violon et orchestre en ut majeur 1928
composé au cours de l'année 1927, créé aux concerts Colonne, le 26 février 1928, par Gabriel Bouillon,
sous la direction de l'auteur
trois parties : Décidé, Chant d’amour, Lent-vif et léger
(concerto repris, aux concerts Lamoureux, le 24 décembre 1946, puis, redécouvert à Caracas, il est interprété à Atlanta
par Henryck Sezring, en 1987  et repris en Fance par Denis Clavier, à Metz, en 1997, avec l’orchestre philharmonique de Lorraine,
à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Reynaldo Hahn ; en 1999, Philippe Auguin l’a fait entendre à Amsterdam
et en Allemagne, sous la direction de Daniel Tosi ; enfin, repris en 2002 au Festival de Caracas, par Olivier Charlier,
qui le redonnera en France, sous la direction de Latham Konig)
Paris, Heugel, 1928 et réédition en 1999 par Alphonse Leduc


Concerto pour piano et orchestre en mi majeur 1931
composé en 1930, dédié à Magda Tagliaferro, qui l'a créé le 4 février 1931 à Paris, au Théâtre des Champs-Elysées,
sous la direction de l'auteur, avec l'Orchestre Symphonique de Paris.
trois parties : Improvisation, Danse : vif, Rêverie, toccata et finale
Paris, Heugel, 1931 et réédition en 1999 par Alphonse Leduc


Suite hongroise 1948
pour violon, piano, percussion et orchestre à cordes, écrite tout à fait à la fin de sa vie
dépôt légal à la SACEM effectuée probablement par Guy Ferrant, le 19 novembre 1948
(Cette oeuvre n'a jamais été donnée en concert public avant 2002, au Festival de Caracas)
Trois parties : Parade, 3 images de la Reine de Hongrie, Chants et danses
Paris, Salabert, 1948


Concerto provençal 1954
pour flûte, clarinette, fagot, cor et double quintette à cordes
joué à Radio-Paris, le 30 juillet 1945, sous la direction d'André Girard,
puis le 7 avril 1946, salle du Conservatoire, sous la direction de Fernand Oubradous
trois parties : Sous les oliviers, Sous les pins, Sous les platanes
Paris, Salabert, 1954


Concerto pour violoncelle et orchestre 1955
oeuvre inachevée avec un Largo (de 29 mesures), un Allegro et un Allargando molto
(il existe une cadence de Ferdinand Pollain, composée avec l’approbation du compositeur)
Paris, Salabert, 1955





2 – Œuvres pour petit orchestre de chambre :


Nuit d'amour bergamasque 1893
poème symphonique, composé en février 1893, créé le 24 octobre1897 à Paris, aux concerts Colonne,
repris le 31 octobre suivant et le dimanche 4 janvier 1903, aux concerts Victor Charpentier [salle Humbert-de-Romans].
inédit


Illustration pour le jardin de Bérénice 1895
d'après le récit de Maurice Barrès, paru en 1891;
composition débutée à Saint-Germain-en-Laye, le 27 juillet 1895, puis reprise et terminée en janvier 1896
cette oeuvre est dédiée à Marcel Proust.
inédit ?


Marine 1898
Etude pour petit orchestre de chambre, composée en 1898 sur le Lac de Thoune (Suisse)
inédit


Le Bal de Béatrice d'Este, duchesse de Milan 1905
(XVI° siècle)
suite pour instruments à vents, 2 harpes et un piano,
dédiée à Camille Saint-Saëns, créé le 12 avril 1905 chez Madeleine Lemaire, le compositeur étant au piano,
puis audition publique au Nouveau Théâtre, le 21 mai 1905. Reprise aux Concerts Lamoureux le 26 novembre 1927
7 parties : Entrée de Ludivic le More, Lesquercade, Romanesque, Ibérienne, Léda et l'oiseau, Courante, Salut final au duc de Milan
(la dernière pièce semble avoir été transposée par l’auteur pour instruments à vent)
Paris, Heugel, 1905


Pavane d'Angelo 1909
extraite de la musique de scène pour le drame de Victor Hugo, Angelo, tyran de Padoue
transcrite pour petit orchestre : grande et petite flûte, clarinette, guitare, harpe ou piano et quintette de cordes
Paris, Heugel,1909


Marche nuptiale 1910
composée pour le mariage de sa nièce Olga, à Hambourg le 16 août 1910
inédit


Divertissement pour une fête de nuit 1931
composé en 1931, pour quatuor à cordes, flûte, saxophone, basson, cor, batterie et piano
4 parties :
1°-La Nuit-Le Parc
2°-Trois tableaux mimés (J. Haydn chez le Prince Esterhazy, Adieu pour toujours, Le Jugement de Paris)
3°-Canzone (Sur le Lac)
4°- Lumières- Valses dans les jardins
Créé le 30 avril 1931 à Paris, salle Pleyel, à la Société Philharmonique de Paris
Paris, Heugel, 1931




3 – Musique de chambre :




Le Carnaval des vieilles poules 1891
pour quatuor à cordes, sur un livret d'Erik Satie
composé en novembre 1891xiii.
Inédit


Sérénade 1892
pour quatuor, piano et flûte
commencé par un Andantino, terminé le 18 mai 1892, puis une ébauche d'un Andante con moto, resté inachevé
Inédit


Trio en fa majeur 1895
pour violon, violoncelle et piano, dédié à Mme Edouard Lyon
créé le 23 décembre 1895, chez Mme Gustave Lyon,avec Edouard Risler au piano
le manuscrit porterait les indications suivantes :
- p.6 : Beg Meil, octobre 1895
- p.16 : dans le salon de Réveillon, 11 h. du soir
- p. 23 : J'aurais demain vingt-deux ans (9 août 1896)
- p. 26 : Enervé-j'ai froid et ma main gantée est sur ce papier- 10 août]
(La correspondance entre Reynaldo Hahn et son ami Edouard Risler confirme bien que l’oeuvre a existé
et qu’elle a été donnée au moins une fois, chez Mme Edouard Lyon.
Mais malgré les efforts de M. Daniel de Vengoechea y Hahn, cette partition n’a pas été retrouvée pour le moment)
inédit


Romance en la majeur 1902
pour piano et violon, dédiée au Dr. Marcano
(cette oeuvre était au programme du Festival de Caracas en 2002, interprétée par Olivier Charlier et Alexandre Tharaud)
Paris, Heugel, 1902, réédition en 2002 Alphonse Leduc
transcription pour piano et flûte, due Maxence Larrieu, éditée sous le sigle Heugel S.A. chez Alphonse Leduc, 2002.


Sarabande et thème varié 1903
pour clarinette et piano,
écrit pour le concours du Conservatoire de 1903
Paris, Heugel, 1903


Variations chantantes sur un air ancien 1905
( extrait du Xerxes de Haendel) pour violoncelle et piano.
Paris, Heugel, mai 1905.
(version pour contrebasse, transposée par Reynaldo Hahn pour la Radio. nationale, en mars 1939)


Nocturne 1906
pour violon et piano
composé dans les jardins du Carrousel, à la lumière de la lune, dédié à Mlle Carmen Forté
(cette oeuvre a été donnée au Festival de Caracas, en 2002, par Olivier Charlier et Alexandre Tharaud
Paris, Heugel, 1906, réédition en 2002 Alphonse Leduc


Variations sur un thème de Mozart 1906 ?
pour flûte et piano.
inédit


Romanesque 1910
extrait du Bal de Béatrice d'Este
pour piano, flûte et alto.
Paris, Heugel, 1910


Danse pour une déesse et L'Enchanteur 1913
2 pièces pour flûte et piano.
Paris, Heugel, 1913


Prélude, valse et rigaudon 1913
pour harpe et piano.
inédit


Quintette en fa dièse mineur 1923
pour 2 violons, alto, violoncelle, piano
composé entre 1918 et 1922, dédié à Edouard Hermann
créé en novembre 1922, salle Gaveau, à Paris, par le Quatuor Poulet (Gaston Poulet,Henri Giraud, Albert Leguillard et Louis Ruyssen)
et la pianiste Marguerite Vaudilliers.
(Il existe une version de 1999, chez Naïve, avec le quatuor Parisii et Alexandre Tharaud)
Paris, Heugel,1923, réédition en 2002 Alphonse Leduc


Sonate piano-violon en do majeur 1927
inspirée au compositeur par les allées-et-venues qu’il faisait en automobile, entre Paris, Nice, Cannes et Toulon, tout au cours de l’année
terminée le 28 novembre 1926, et créée par Magda Tagliaferro et Gabriel Bouillon, le 3 décembre 1926
(en 2002, Olivier Charrier et Alexandre Tharaud l’ont fait entendre au Festival de Caracas, consacré au compositeur)
Paris, Heugel, 1927, réédition en 1999 Alphonse Leduc


Eglogue 1936
pour trio d'anches
Paris, Heugel, 1936



Soliloque et Forlane 1937
pour piano et alto
pièce courte composée pour le concours d'alto du Conservatoire de 1937
Paris, Eschig, 1937, Mayence, R. Schott's Söhne, 1937


Romance 1939
pour flûte, violon, alto, violoncelle.
inédit


Quatuor en la mineur 1940
pour 2 violons, alto et violoncelle
composé entre l'Hermitage et Toulon, au cours de l'année 1939, dédicacé « A mes amis du quatuor Calvet »
joué à Radio-Paris le 1er janvier 1940, par le Quatuor Calvet
quatuor ultérieurement gravé chez Naïve par le Quatuor Parisii
œuvre relativement brève, 4 mouvements : Andante molto moderato, Récit et chanson de Provence, Andantino et Allegro assai
Paris, Heugel, 1943, réédition en 2002 Alphonse Leduc


Quatuor en fa majeur 1946
composé pendant l'«exil» du compositeur à Toulon, puis Monte-Carlo, durant les années sombres de la Guerre 1939-45
n'a apparemment jamais été exécuté en public, uniquement gravé, en 1999 chez Naïve, par le Quatuor Parisii
4 mouvements : Animé, Très mouvementé, Posément-très modéré et Très vite [ à 1 temps]
Paris, Alphonse-Leduc, 1946, réédition en 2002 Alphonse Leduc

Quatuor en sol majeur 1946
pour violon, alto, violoncelle et piano
dédié à Madame Zerline Rochard.
oeuvre déposée légalement à la S.A.C.E.M., fin 1946, probablement par Guy Ferrand et gravé en 2002 (Maguelon), par le Quatuor Gabriel.
Paris, Heugel, 1946, réédition en 2002 Alphonse Leduc

D - Oeuvres pour le piano

L’oeuvre pianistique de Reynaldo Hahn, très méconnue, est considérable, comprenant plus de 150 opus., répartis en pièces pour le piano seul, pièces pour le piano à 4 mains et celles pour deux pianos. L’amitié du compositeur avec le pianiste Edouard Risler a été sûrement un facteur influent d’inspiration et le pianiste a créé la plupart de ces oeuvres en récital ou en concert.






1 - Pièces pour le piano seul


L’Inspiration
première valse pour le piano
Paris, E. Delanchy. 1883


Une abeille 1889
Heugel ?


Suite concertante 1889
Heugel ?


Les Impressions 1890
Devant un tableau de Doucet, pièce inspirée par le Salon 1890
Tristesse, pièce composée dans la nuit du 14 au 15 avril 1891 [l'auteur a eu la fièvre toute la nuit]
Regrets...
inédit


Scherzo lent 1891
composé en mars 1891, créé par Edouard Risler lors d'un récital, le 19 mars 1891
Paris, Heugel, 1891


Improvisazione 1891
pièce pour piano, tirée de Fleur de mon âme, (motif de L'Ile du rêve), composée le 1er juin 1891
inédit


Notturno all'italiana 1891
Paris, Heugel, 1891


Pièces d'amour 1891
composées dans l'été 1891, loin de Paris. [Hambourg]
Paris, Heugel, 1891.


Good-by 1891
pièce composée en juin 1891.
inédit

Contour mélodique 1891
pièce improvisée «en voiture ouverte» le 3 juin 1891
inédit


Au clair de lune 1892
conte en musique, texte et dessins de Louis Montégut, préface d'Alphonse Daudet, créé par Edouard Risler, le 21 janvier 1893
Paris, Librairie et Imprimerie réunies, 1892 ; Paris, May et Motteroz, 1892xiv.


Hippomène et Atalante 1892
petit poème pour piano
inédit


Improvisation 1894
composé le 10 octobre 1894, « au reçu d'une lettre bleu»
inédit


La Nativité : crèche de Nurenberg 1895
manuscrit autographe à la BNF, Mus.
paru dans Le Figaro, non édité



Portraits de peintres 1896
4 «portraits musicaux» d'après des poèmes de Marcel Proust :- Albert Cuyp,- Paulus Potter, - Anton van Dyck, - Antoine Watteau
composé au printemps de 1894, dédié à José-Maria de Heredia
créé le 28 mai 1896, chez Madeleine Lemaire, lors d’un concert entièrement consacré à Reynaldo Hahn
par Edouard Risler au piano et Auguste Le Bargy, récitant (redonné par le pianiste à son concert du 2 avril 1897, salle Pleyel)
Paris, Heugel,1896, réédition en 2002 Alphonse Leduc


Premières valses 1898
premier recueil important de 10 pièces pour le piano :
1- en ré bémol
2- en mi majeur
3- Ninette en la bémol
4- Valse noble en si majeur
5- A l'ombre rêveuse de Chopin
6- en ré majeur (dédié à Antonin Marmontel)
7- Berceau (dédié à Mlle Suzette Lemaire)
8- en mi majeur
9- La Feuille
10- en la majeur
(Edouard Risler a créé cette suite de valses au cours de l’un de ses quatre récitals parisiens à la salle Pleyel, en mars et avril 1900)
Paris, Heugel, 1898, réédition en 2000 Alphonse Leduc


Cadence 1900
pour le Concerto en ut majeur de Mozart,
écrit à la demande d'Edouard Risler qui le créera à Liège, à la Société du Conservatoire, le 7 décembre 1901
inédit


Cadence 1902
pour le Concerto en ut mineur de Mozart,
créé par Edouard Risler à Paris, aux Concerts Colonne, le 11 mars 1900, Salle Châtelet
(reprise le 15 décembre 1901, à un autre Concert Colonne)
Paris, Heugel, 1902


Juvenilia 1902
petites pièces pour piano réunies en recueil :
- Portrait, à Cléo, composé à Paris, 1891

- La Promenade, composée à Saint-Germain-en-Laye, au printemps 1893
- Demi-sommeil, composé en 1890, près de Spa, en Belgique
- Feuillage, « composé dans la forêt de Saint-Germain-en Laye », paru dans le supplément musical de L'Illustration du 7 octobre 1899
- Phoebé, composé en octobre 1893, « dans la campagne anglaise »
- Les Regards amoureux, composé à Münster, le 9 juillet 1891
Paris, Heugel, 1902


Variations puériles 1905
sur un thème de Carl Reinecke
(cette oeuvre a été jouée en 2002, à Caracas, lors du Festival consacré à Reynaldo Hahn, par Alexandre Tharaud)
Paris, Heugel, 1905


Pavane d'Angelo 1905
extraite d'Angelo, tyran de Padoue, transcription par le compositeur, pour piano seul
Paris, Heugel, 1905


Bacchante endormie 1905
fragment pour piano
Paris, Alphonse Leduc,1905, puis Heugel, 1906


Never more 1906
pièce composée le 15 mai 1906
inédit


Sonatine pour piano en do majeur 1907
composée en 1907, dédiée à Louis Diémer
trois mouvements classiques, Allegro non troppo, Andantino rubato et Finale (en forme de Tambourin)
créée par Edouard Risler, le 14 mai 1908 à Paris, au 2ème Concert populaire, salle Erard
reprise paMadga Tagliaferro dans son récital du 26 janvier 1935
Paris, Heugel, 1907


Canon dans le mode phrygien 1909
pièce écrite pour la Méthode de piano de Théodore Lack pour Les Classiques favoris du Piano, p.63
Paris, Henri Lemoine, 1909


Les Fêtes de l'hymen et de l'Amour 1910
ou Les Dieux de l'Egypte, réduction pour piano de l'oeuvre de Jean-Philippe Rameau, sur un texte de Cahusac
Paris, Durand et Cie, 1910


Préface en musique 1911
pour La Création du Monde, livre de René Peter, Paul Reboux et Charles Muller
Paris, Devambez, 1911


Thème varié sur le nom de Haydn 1913
pièce composée en 1909
Paris, Heugel, 1913


Le Rossignol éperdu 1913
recueil composé entre 1902 et 1910, comprenant 53 pièces écrites souvent dans l’esprit de « notes de voyage »,
réparties en 4 chapitres :


1) Première suite (30 pièces) :
- Prontispice : inspiré par des vers de Marcelline Desbordes-Valmore.
- Andromède résignée, d'après Alfred de Vigny.
- Douloureuse rêverie dans un bois de sapin, composée en 1905, d'après Molière, à Varengeville-sur-Mer,
créée par Edouard Risler à Paris, salle Erard, le 6 avril 1911.
- Le Bouquet de pensées.
- Soleil d'automne, d'après Mme de Sévigné.
- Gretchen, d'après d'Alembert, composé à Munich en 1906.
- Les Deux écharpes, composé en 1903, publié d'abord dans le supplément musical du Figaro, le 19 février 1910.
- Liebe ! Liebe !, d'après Baudelaire, composée le 26 septembre 1904.
- Eros caché dans les bois.
- La Fausse indifférence, composé à Hambourg, au Café Ott, en 1906.
- Chanson de Midi, d'après Théocrite.
- Antiochus, composé le 23 novembre 1904.
- Never more.
- Portrait, d'après Verlaine, composé en avril 1906, paru d'abord dans Selecta, en 1906.
- L'Enfant au perroquet, composé en mai 1906.
- Les Rêveries du prince Eglantine, composé en avril 1906, paru d'abord dans Selecta, en 1906.
- Ivresse, composé à Paris, en 1906, d'après Flaubert, terminé à Versailles, en 1909.
- L'Arôme suprême, composé en 1909, sur un texte de Crébillon fils.
- Berceuse féroce, réplique à une pièce de Couperin.
- Passante, d'après Fénelon.
- La Danse de l'Amour et de l'Ennui.
- Ouranus, d'après Voltaire, composé en 1908.
- Les Héliotropes du clos Saint-André, composé à Maisons-Laffitte (Yvelines), en 1910.
- Effets de nuit sur la Seine, dédié à Edouard Risler qui le créera le 6 avril 1911 à Paris, salle Erard, ainsi que d’autres pièces du même recueil
- Per i piccoli canali.
- Mirage, composé en avril 1907, en souvenir de Venise, dans les canaux de Hambourg.
- La Danse de l'Amour et du Danger, d'après Hérédia.
- Matinée Parisienne.
- Chérubin tragique, composé en avril 1910.
- Les chênes enlacés, composé en mai 1910, d'après un poème de Lamartine.


2) Orient (6 pièces, inspirées à Reynaldo Hahn lors de son voyage en Turquie, en 1909) :
- En caïque
- Nargilé, d'après Moréas.
- Les Chiens de Galata.
- Rêverie nocturne sur le Bosphore.
- La Rose de Blida, d'après Baudelaire, composé à Ouarda, en 1909, paru d'abord dans le n° 2 de Schéhérazade, le 25 décembre 1909.
- L'Oasis, composé à Biskra, en 1909.


3) Carnet de voyage (9 pièces) :
- L'Ange verrier, composé en 1910, inspiré par un vitrail de la cathédrale de Bourges.
- Le Jardin de Pétrarque.
- La Nativité, inspiré par la crèche de Nuremberg, paru d'abord dans Le Figaro illustré, numéro de Noël 1910.
- Faunesse dansante, inspiré par une place de Fontainebleau, composé en 1910, créé par Edouard Risler, salle Erard, le 6 avril 1911.
- Les Noces du duc de Joyeuse, d'après un tableau du Musée de Versailles, composé au musée de Versailles, à l'automne 1910.
- Le Petit Mail, rêveries de Calvin adolescent, composé à Orléans, en 1908.
- Les Pages d'Elisabeth, «d'après une statue de Temple Garden», composé en Angleterre, en 1893.
- La jeunesse et l'Eté ornent de fleurs le tombeau de Pergolese.
- Vieux bahuts, composé au Musée d'Orléans, en 1908, créé par Edouard Risler, salle Erard, le 6 avril 1911.


4) Versailles (8 pièces) :
- Hommage à Martius, ami du Dieu Auguste, qui inventa l'art de tondre les bosquets (Pline), composé à Versailles, en 1908.
- La Reine au jardin, d'après La Harpe, Verlaine et Mme de Sévigné.
- Le Réveil de Flore, composé à Versailles, en 1910, devant le bassin du Printemps, inspiré par un texte de Jean-Antoine de Baïf.
- Le Banc songeur, composé en 1910, au Grand-Trianon.
- La Fête de Terpsichore, composé « devant un parterre d'eau, à Versailles », en1908.
- Adieux au soir tombant, d'après François Coppée.
- Hivernale, composé dans les environs de Versailles, en 1910.
- Le Pèlerinage inutile, composé en 1910, d'abord au Pavillon-bleu de Saint-Cloud, puis à Versailles, inspiré par un vers de Victor Hugo.


Le recueil de 53 morceaux est paru chez Heugel et Cie, en 1913xv. Une réédition de l’oeuvre entière est en préparation chez Alphonse Leduc.

Réduction pour piano de Naïs, 1914

comédie-ballet de Jean-Philippe Rameau, sur un livret de Cahusac
Paris, Durand et Cie, 1914


Les Jeunes lauriers 1917
marche militaire pour piano à 2 mains, composée en 1915, en Argonne, pour le 31° Régiment d'Infanterie
Paris, Heugel, 1917


Deux études 1927
pour piano à 2 mains
Paris, Heugel, 1927


2 Pièces pour piano à 4 mains ou 2 pianos : Variations à 4 mains 1892
sur un thème de Charles Lévadé, composées en décembre 1892
inédit


Trois préludes pour piano à quatre mains 1894
sur des airs populaires irlandais, tirés du recueil de Villiers Standford :
- The little red lark
- My love 's an arbutus
- The willow tree
composés à Balcombe Place, en octobre 1893, lors d’un long séjour chez ses cousins Meyer, et dédiés à la compositrice Augusta Holmès
(oeuvre a rejouée au Festival Reynaldo Hahn de Caracas, en 2002, par le « Duo Sans-Palacios »)
Paris, Heugel, 1894


Pièce en forme d'aria et Bergerie 1896
composée en mars 1896, pour piano à quatre mains, dédiée à André Messager.
(oeuvre reprise par le « Duo Sans-Palacios », à Caracas, lors du Festival consacré au compositeur, en 2002)
Paris, Heugel, 1896


Caprice mélancolique 1897
pour 2 pianos, première audition le 23 avril 1897à Paris, salle Pleyel, par Raoul Pugno et Lucien Wurmser.
(reprise le 10 mai 1901, salle Pleyel, dans un concert de musique française, donné par Edouard Risler et Alfred Cortot)
Paris, Heugel, 1897


Deux Cadences 1901
pour le Concerto à 2 pianos en mi bémol de Mozart
jouées pour la première fois chez Lucien Wurmser, puis créées le 25 décembre 1904 à Paris, aux concerts Lamoureux,par Louis Diémer et Lazare Lévy
Paris, Heugel, 1902


Berceuses 1904
recueil de 7 pièces pour piano à 4 mains et 3 mains :
- Berceuse des jours sans nuages
- Berceuse pour la veille de Noël
- Berceuse pour les enfants de marins
- Berceuse des soirs d'automne,
- Selfiana, berceuse créole
- Berceuse pensive (à 3 mains)
- Berceuse tendre
(oeuvre jouée par le « Duo Sans-Palacios » à Caracas, en 2002, lors du Festival consacré au compositeur)
Paris Heugel, 1904


Transcription pour deux pianos à quatre mains de « La Lyre et la harpe » op. 57 de C. Saint-Saëns 1913
Paris, Durand et Cie, 1913




Pour bercer un convalescent 1917
3 pièces pour 2 pianos à 4 mains, composées en janvier 1915, sur le front [à Clermont en Argonne]
dédiées à son ami Henri Bardac, qui venait d'être blessé.
Paris, Heugel, 1917


Le Ruban dénoué 1915
suite de 12 valses pour 2 pianos, et une mélodie, composées aux Armées, à Vauquois, durant l'hiver 1915,
œuvre créée chez Mme Duglé, le 12 novembre 1915, par Reynaldo Hahn (en permission) et son ami Edouard Hermann,
répétée au Théâtre du Vieux Colombier (Paris), le 30 décembre suivant.
(reprise le 3 mars 1920, à la salle Erard, lors d’un concert de musique moderne donné par Ida Ackerman,
avec Jean Batalla, élève de Louis Diemer
Le compositeur et son ami Risler redonneront encore cette oeuvre à Cannes, le 3 mars 1921.
Titres des valses :
- Décrets indolents du hasard
- Les soirs d'Albi
- Souvenir... avenir
- Danse de l'amour et du chagrin
- Le Demi-sommeil embaumé
- L'Anneau perdu
- Danse du doute et de l'espérance
- La Cage ouverte
- Soir d'orage
- Les Baisers
- Il sorriso
- Le Seul amour
Paris, Heugel, 1917

D - Oeuvres non encore identifiées

Les titres de ces oeuvres ont été, soit retrouvés sur le registre où Reynaldo Hahn marquait lui-même ce qu'il déclarait à la SACEM, soit mentionnés dans des lettres adressées à Edouard Risler, dont nous citons les passages significatifs. Aucune date ne peut donc être proposée.



1) - Mélodies


Flore pyrénéenne
sur un poème d'A. Silvestre.


Les Litanies de Satan
sur un poème de Baudelaire
mentionné dans une lettre : «[...] Le bulletin compositoire est toujours bien restreint et j'en suis encore à 2 mélodies, quelques saletés pour le piano
et une machine infernalequi s'appelle Les Litanies de Satan sur de beaux vers de Baudelaire [...]»
Lettre à Ed. Risler, Münster, vendredi [24] juillet 1891, BnF. Mus. n° 87


2) - Choeurs


Magnificat
mentionné dans une lettre : «[...] Je n'ai pas encore touché à L'Ile des Rêves, mais en revanche, j'ai pondu un Magnificat que mon crampon
doit chanter à l'Eglise dimanche. Tu me vois faisant de la musique gaie ? [...]»
Lettre à Ed. Risler, BnF. Mus. n° 131


Motet (titre non identifié)
mentionné dans une lettre : «[...] Hélas ! les défauts des Chansons grises sont trop réels ! J'aime mieux que tu ne les voies pas. Mais le Motet récent
n'en est pas moins très chantable pour ça ! [...]»
Lettre à Ed. Risler, Paris, 6 mai 1893, BnF. Mus. n°209
(Il ne semble pas s'agir du Motet pour basse solo et choeur à 4 voix publié en 1938)


3 - Piano


La dernière valse


Hommage à Marius
Paris, Heugel, ?


Valse héroïque et amoureuse
inédit


Du fond de l'âme
composé en 1891
inédit ?


Pensées
mentionné dans une lettre : « [...] Je t'envoie par le même courrier, un rouleau contenant :
1°) le morceau à 4 mains que tu connais et que (tu) pourras sans doute jouer avec quelqu'un.
2°) un petit morceau sur les fleurs appelées Pensées et qui ne me déplait pas. Je te supplie de me renvoyer ce dernier.
Je ne te l'envoie que pour te le montrer [...]»
Lettre à Ed. Risler, Parc de Montretout, 4 ou 5 septembre, 1896, BnF. Mus. n° 350


Souvenir-avenir
pièces pour 2 pianos
Paris, Heugel, ?

II - Catalogue des œuvres écrites

Dans le précédent chapitre nous avons essayé de faire un relevé aussi précis que possible des nombreuses oeuvres musicales de Reynaldo Hahn. Dans ce second volet, nous avons cru intéressant d’étudier les oeuvres écrites du compositeur. Si leur importance ne prime pas, bien sûr, vis-à-vis des oeuvres musicales, nous avons vite réalisé, après un tour d’horizon approfondi, combien ces « écrits » avaient de l’importance. En outre, leur étude permet de mieux comprendre la personnalité et le talent de ce compositeur qui n’est pas toujours perçu à la place qu’il devrait occuper dans le paysage musical français.

Il convient de rappeler que Reynaldo Hahn, très doué pour la musique, a eu aussi une éducation linguistique peu commune. Né à Caracas, d’un père d’origine-germanique et d’une mère dont les ancêtres appartenaient à la culture espagnole, il a bénéficié de cette double influence et lorsqu’il a commencé à parler, il pouvait s’exprimer déjà avec deux langues majeures, l’allemand et l’espagnol. De surcroît, élevé dès son plus jeune âge par d’une nurse anglaise, il a appris dans les meilleures conditions une troisième langue qu’il parlera couramment toute sa vie. Ce n’est qu’à l’âge de 4 ans qu’il est arrivé en France, ne sachant pas un mot de français. Avec la plasticité de cet âge et des dons assez exceptionnels, il assimilera rapidement la langue de Molière dont il connaîtra vite toutes les subtilités.

Aussi le jeune garçon, doué d’une mémoire sortant de l’ordinaire et d’un goût immodéré pour la lecture a pu acquérir rapidement une connaissance très poussée des différentes littératures, française, anglaise, allemande et espagnole. En conséquence, son goût de l’écrit s’est-il développé parallèlement avec celui de la musique, au point que vers 1894, à l’âge de vingt ans, il s’est posé sérieusement la question d’un choix entre une carrière musicale et une carrière littéraire.

On comprend que dans l’étude des oeuvres du compositeur, on ne puisse passer sous silence toutes ses manifestations littéraires dont les différentes formes nous ont paru dignes d’être détaillées dans ce deuxième chapitre.xvi

Nous verrons donc successivement les livres, les critiques musicales, les conférences, et la correspondance considérable qu’il a eu avec des personnalités aussi importantes que Marcel Proust, Edouard Risler, Jules Massenet et Jacques Rouché, pour ne citer que les principales. Il nous a paru utile aussi de préciser les quelques recherches musicologiques auxquelles le compositeur s’est livré à la fin de sa vie.

Signalons enfin, que nous ne pouvons étudier sous la rubrique des oeuvres « écrites » les activités très importantes du compositeur comme chef d’orchestre. Elles devraient avoir une place à part bien que, là encore, la postérité ait une fâcheuse propension à la négliger...

A) Les livres


Le compositeur a laissé cinq livres importants qui sont Du chant, La grande Sarah, Notes, journal d’un musicien, L’Oreille au guet, et Thèmes variés.

Du Chant :


Ce premier livre a été édité par Lafitte en 1920, puis repris par Gallimard, en 1957.D'environ 200 pages, il est surtout consacré aux choses qui comptent beaucoup pour le compositeur. Il évoque certains souvenirs inoubliables, comme sa vie militaire pendant la guerre de 1914, mais aussi ses nombreux séjours à Venise, ville qu'il privilégie entre toutes, et surtout les rencontres de personnages qu'il a beaucoup admirés et aimés : son jeune maître Lucien Grandjany, la grande cantatrice Lilli Lehmann, le chanteur Jean de Reszke et son épouse, Marie de Goulaine, Pauline Viardot, et même de grands artistes de cabaret comme Mayol ou Thérésa. Tous ces personnages, à des degrés divers, ont eu un impact sur sa vie, particulièrement sur sa technique du chant.


Il y a aussi tout un chapitre sur l'inoubliable Sarah Bernhardt pour laquelle il a eu une admiration qui, pour n'être pas amoureuse, frise l'idolâtrie. Plus tard, nous le verrons, il écrira un livre uniquement consacré à la grande tragédienne.


Enfin une partie du livre est consacrée à ses idées sur la technique du chant, qu'il possédait admirablement dès son jeune âge. Son premier professeur du Conservatoire, Lucien Grandjany, avait déjà décelé chez l'enfant qu'il était alors, une voix merveilleuse et lui avait donné les grands principes techniques de l’art vocal. Par la suite, le compositeur, dont la voix était devenue du registre « baryton Martin » a recu les conseils de son ami Jean de Reszke qui lui inculqué les qualités requises pour un chanteur : discipline de la respiration, perfection de la diction, coloration des sons, importance primordiale de la prosodie, intelligence du texte, etc.


Il faut remarquer que ces idées de base sur la technique du chant ne varieront jamais dans l’esprit de Reynaldo Hahn. Nous les retrouverons toujours jusqu’à la fin de sa vie, quelles que soient les modes de l’époque.




La Grande Sarah :


Dans ce livre de 190 pages, publié chez Hachette en 1930, le compositeur n'essaie pas de faire une « biographie » de la tragédienne. Depuis la mort de Sarah Bernhardt, en 1923, il en était déjà paru un grand nombre, souvent très complètes, écrites par des auteurs chevronnés.


Le but de Reynaldo Hahn était surtout de réunir des notes prises sur le vif, évoquant d'une façon très vivante la personnalité de la tragédienne dont il a été un fervent inconditionnel. Il n'est pas de créations, du moins celles où il était en âge d'assisterxvii, où il n'ait assisté, dans la salle ou dans les coulisses, parfois même même dans la figuration de certaines pièces, comme L'Aiglon ! Dans la loge de l'actrice, qu'il fréquentait en familier, il prenait des « instantanés » savoureux, retraçant l'angoisse de l'artiste avant d'entrer en scène ou l'excitation provoquée par un de ces succès dont elle était coutumière : l'amoncellement des gerbes de fleurs, les admirateurs se pressant en foule, tout ce brouhaha, ces rires nerveux, cette agitation d'après le spectacle, est retracée avec ferveur et humour dans ce petit livre.


Dans une grande lettre à son ami Coco de Madrazo, en date du 3 mars 1897xviii il fait un compte-rendu précis, acte par acte, de la reprise que fait la tragédienne de La Tosca de Victorien Sardou. Des pages d'une critique précise, fouillée, peut-être un peu partiale...


C'est alors un garçon de 25 ans qui a pris des notes sur le vif, avec l’enthousiasme de la jeunesse. Au même correspondant, quelques années avant , il écrivait déjà :


«[...] puisque tu m'as écrit à propos de La Dame aux camélias, je fais de même et je puis te dire que Sarah est sublime, qu'il y a matière à bien des réflexions sur la personnification aussi parfaite des sentiments de l'amour par un être humain : elle les montre tous, tour à tour, et par elle, ils sont gravés à jamais dans l'esprit et dans la mémoire.
Ah ! la femme qui peut ainsi interpréter les ouvrages de Dieu est une créature supérieure. Mais quel ennui que l'on ne puisse pas sangloter à son aise pendant cette scène du départ ![...]»xix.

Reynaldo pu montrer l'ébauche de son livre à Sarah avant qu'elle ne disparaisse, Elle s'en était montrée très heureuse. Le contraire serait étonnant ! Elle aimait tellement les senteurs de l'encens que ces textes de son jeune admirateur ne pouvaient que l'enivrer.



Notes, journal d'un musicien :



Ce livre d'environ 300 pages a paru chez Plon, en 1933. A cette époque, le compositeur avait certainement commencé depuis longtemps à écrire un Journal. Ce document, remis à la Bibliothèque de l’Opéra, après sa mort, en 1947, par le ténor Guy Ferrant, n’est pas encore accessible. Les lois existant au moment où Reynaldo Hahn a disparu auraient permis d'en prendre connaissance dès l'année 1997, mais la nouvelle législation de Bruxelles impose maintenant de prolonger jusqu'aux environs de 2020 la consultation de ces feuillets. Il faut se résigner !


Heureusement, en 1933, le compositeur a décidé d'en extraire une partie importante pour la publier. Ce Journal dun musicien est en effet plus un carnet de Notes qu’un livre construit. Il n’y a aucune datation et les sujets sont traités au fil de la plume sans respecter un classement de valeur ou une chronologie quelconque. D’où un « pèle-mèle » de réflexions sur des sujets extrèmement divers, dont certaines émanent d’un tout jeune garçon de 20 ans et d’autres de l’homme mûr que le compositeur était devenu au moment de la publicationxx.


Mais ce mélange fait tout de même un livre très attachant où l’on découvre, s’il en était besoin, la curiosité d’esprit insatiable du musicien et l’immensité de sa culture générale.


Bien sûr, il y est parlé de musique et surtout de ce qui le passionne depuis toujours, la technique du « bien chanter ». On y traite aussi des musiciens, de son Maître Massenet bien sûr, des grands classiques, Beethoven, Bach, Mozart, mais aussi de Berlioz, de Brahms, de Gabriel Fauré dont il adore les mélodies, de Wagner dont il admire particulièrement Les Maîtres chanteurs et Tristan, voire de Richard Strauss à qui il reproche d’infliger un malmenage vocal constant pour les chanteurs, particulièrement dans Salomé ou Elektra.


Mais la musique n’a pas le premier plan. Reynaldo Hahn parle beaucoup de peinture, qu’il aime passionnément. Si l’on regarde l’Index de l’ouvrage, on découvre que le Musée du Louvre comporte 13 références. Le compositeur y va le plus souvent possible, souvent avec Marcel Proust, aussi féru que lui de peinturexxi. De Chardin à Gustave Moreau, en passant par Beurdsley, de Ingres à Monet, de Tintoret à Wateau, on débouchera même sur la peinture japonaise ! Tous ces jugements, qui peuvent être discutés, sont la preuve de la l’attrait du compositeur pour cet Art.


Une grande partie de ces réflexions porte aussi sur les voyages. Reynaldo Hahn a toujours aimé voyager. Pour la France qu’il a parcourue en tous sens, il est intarissable sur les beautés de Versailles, où il fera de nombreuses retraites dans sa viexxii et a souvent été le motif de compositions musicales. Il connaît par coeur tous les grands châteaux de la Loire. Un jour, se trouvant par hasard, à Toulouse, il s’émerveille des découvertes que l’on peut faire dans la « Ville rose ». Toulon le séduira aussi et il gardera pour cette ville un attachement profond. Mais les pages les plus importantes sont sur Rome et Venise, découvertes à l’âge de vingt ans et sillonnées cent fois de long en large soit avec son ami Coco de Madrazo, soit avec son parent éloigné, Mariano Fortuny y Madrazo, grand artiste et vénitien fanatique.

De l’Angleterre, où il va très jeune, il brosse des souvenirs passionnants. Les séjours chez ses cousins Meyer, à Balcom Place, lui permettent de connaître certaines grandes familles de l’aristocratie britannique et le succès remporté par Le Bal de Béatrice dEste, en 1907, lui ouvrira même les portes de la Cour et l’admiration de la Reine Alexandra et du roi, Edouard VII. L’événement sera source de quelques souvenirs pittoresques.


En Allemagne, il fait des séjours quasi annuels à Hambourg, chez sa soeur ainée, Isabel Séligman, ce qui lui permet de connaître le pays et les Allemands, sujet de discussions passionnées avec son ami, le pianiste Edouard Risler.


Enfin, on trouve beaucoup de réflexions sur les poètes français, particulièrement Victor Hugo, Paul Verlaine, et Charles Baudelaire qui inspireront ses premières mélodies. Il parle aussi d’Alphonse Daudet dont il a suivi très jeune les réunions du jeudi, non protocolaires mais riches de rencontres. C’est là qu’il rencontrera Pierre Loti, Edmond de Goncourt, Verlaine et tant d’autres personnalités des lettres et des arts.


La lecture de ces pages aussi diverses que possible permet de se faire une idée plus précise du compositeur. Bien sûr, il est à penser qu’il a fait un tri sérieux lorsqu’il a décidé de publier ce Journal dun musicien en 1933. Mais, apparemment, il ne faut pas attendre du Journal qui sera un jour accessible des révélations intimes. Ses tristesses, ses faiblesses, ses angoisses, ses doutes, voire ses amours, sont un domaine réservé qu’il ne livrera jamais, même à ses amis les plus proches.

L'Oreille au guet :



Dans ce livre de 300 pages, paru chez Gallimard, en 1937, le compositeur, qui a alors atteint les 63 ans, se livre à des réflexions plus poussées sur ses expériences musicales.


La première place revient bien sûr à Mozart pour lequel il a consacré une grande partie de ses pensées, et particulièrement sur Don Juan dont il a pu étudier longuement le manuscrit. Comme chef d’orchestre, il a dirigé toutes les grandes oeuvres du Maître, dont il connaît de mémoire les partitions. Ceci l’a mis en contact avec les grands interprètes de l'époque, surtout en 1906, où il a eu l’honneur de participer au prestigieux Festival de Salzbourg, aux côtés de grands chefs comme Hummel, Gustav Mahler, Carl Munck et Felix Mottl. Les souvenirs de ces rencontres donnent lieu à des récits piquants.


Ensuite, il consacre un grand chapitre à Wagner, au wagnérisme ... et aux wagnériens. Il n'est pas un inconditionnel de maître ni du pélerinage « obligatoire » qui mène rituellement les grands fervents et un certain nombre de snobs à Bayreuth tous les ans. S'il aime Les Maîtres chanteurs, L'Or du Rhin, Parsifal et Tristan, il fait des réserves sur La Tétralogie, dont certains passages lui paraissent franchement ennuyeux et d'une philosophie qui lui échappe...


Par contre il affirme son admiration pour Gounod, dont il aime beaucoup Faust, Roméo et Juliette, Sapho et d'autres oeuvres dont le public commence à se détourner au profit du maître de Bayreuth.


De même, il ne cache pas son admiration pour Saint-Saëns, malgré quelques différents qu'il a pu avoir avec lui. Il note son admiration pour Henri VIII, Phryné et Ascanio en particulier, qu'il a toujours considéré comme un chef-d'oeuvre et souvent dirigé. Sur ce grand compositeur d’une autre génération, déjà malmené par beaucoup de musiciens et de musicologues, il n'hésite pas à écrire :


«[...] il est plutôt méconnu par les gens qui ne savent pas la musique et ne peuvent apprécier sa prodigieuse technique et son style incomparable [...]»


Enfin, après avoir évoqué Messager et Vincent d'Indy, il décharge encore sa bile sur Richard Strauss, dont il écrit, à propos d'une reprise de Salomé à l'Opéra :


« [...] Tous ces personnages parlent, ou plutôt crient de la même façon-car ils crient tous ! Comment feraient-ils autrement, puisqu'ils ont à lutter avec un orchestre perpétuellement déchaîné qui rend impossible l'audition des paroles prononcées ? D'autant plus impossible que le Dr Strauss, qui n'ignore rien de la technique instrumentale, affecte d'ignorer entièrement les limites de la voix humaine, lui infligeant des tâches impraticables, la soumettant à des efforts exténuants, sans souci de ce qu'elle peut ou ne peut pas accomplir. Le résultat est fâcheux [...] »


Ensuite, il évoque Lully qu'il a beaucoup étudié, Méhul dont il a repris le Joseph, Paul Dukas, Beethoven dont on vient de faire entendre Fidelio, Meyerbeer, Enesco à propos de Socrate, Mariotte pour son Gargantua, enfin Chabrier, dont il apprécie beaucoup L'Etoile.


Après avoir fait quelques remarques pittoresques sur la musique de cinéma, qui prend de plus en plus d'importance, dans les années 30 et à laquelle s'intéressent de bons compositeurs comme Auric, Beydts, Honegger et autres, il met l'accent sur la musique de café-concert dont son enfance a été bercée. Il n'hésite pas à avouer son goût pour ce genre dit « mineur » et rend hommage au talent de Mayol , Paulus ou Thérésa, qu'il a souvent entendus.
Quelques idées générales sur le chant, en particulier le « bel canto » et l'usage des « castrats » terminent ce livre passionnant, dont certains jugements restent parfaitement d'actualité.

Thèmes variés

Ce dernier livre du compositeur, paru chez J.B. Janin, en 1946, est une somme importante de ses expériences musicales, de ses jugements assez mordantsxxiii. C'est une sorte de « testament artistique » que Reynaldo Hahn a soumis au public, quelques mois avant de quitter définitivement la scène.


On retrouve dans ce gros volume de 302 pages toutes ses idées sur Mozart, sur Rossini, sur Berlioz pour lequel il a beaucoup d'admiration, sur le rétablissement de la « vraie » Mireille « telle qu'elle est sortie du cerveau de Gounod », sur Bizet, sur son maître Massenet, sur Gabriel Fauré et tant d’autres compositeurs du présent et du passé.
Quelques considérations techniques intéressantes sur l'art des chefs d'orchestre et sur le chant terminent un ouvrage qui montre, s'il en était encore besoin, que ce compositeur de « musique légère » avait longuement médité sur son métier et que sa culture générale était le complément, indispensable à ses yeux, du travail d'un musicien.




Pour être complet, il nous faut citer rapidement quelques collaborations de Reynaldo Hahn :

- Pour le livre du docteur A. Wicart, Le Chanteur, 2 volumes :
1er volume : Présentation, pp. 13-22
2ème volume : La Pratique intelligente et artistique de la voix chantée, pp. 169-223
Ed. Paris, Philippe Ortiz, 1931


- Des Préfaces pour différents livres
- L'Harmonie pour tous, de Maurice Petitjean, Paris, G.Siever, 1910, réédition par R. Combre, Paris, 1942
- A la recherche du chant perdu, de Marcelle Gérar, préface de 7 pages, Paris, Alphonse Leduc, 1938
- Le Chant théâtral, de Jacques Isnardon, 2° Coll. Félix Potin.(date non retrouvée)


- Des participations à des livres collectifs :
- L’Initiation à la musique à l’usage des amateurs de musique et de radio, Paris, Ed. du Tambourinaire, MCMXXXV (retiré en 1949)
- Histoire du théâtre lyrique en France depuis les origines jusqu’à nos jours : Le Chevalier Gluck : Armide, tome I, p. 179 ;
Gounod, tome II, p. 98 ; Offenbach, tome II, p. 265, Paris, Radio Paris, vers 1920, 3 tomes in-8





B) La critique musicale

Le rôle de Reynaldo Hahn dans la critique musicale a été aussi précoce qu’important. Avait-il en lui toutes les qualités requises pour se lancer dans cette aventure ? On peut le croire. Dès l’âge de 18-20 ans il fait déjà preuve d’une grande maturité dans ses jugements, au point que son maître Massenet n’hésite pas à lui montrer les oeuvres qu’il a en cours pour avoir son avis

C'est ainsi que pendant l'été 1892, il a la responsabilité de corriger les épreuves de Werther. L'oeuvre de Massenet avait connu les premiers feux de la rampe à Vienne, le 16 février 1892. Malgré le succès obtenu dans cette capitale, l'auteur n'était pas satisfait de la gravure de son manuscrit et c’est le jeune Reynaldo qui a fait une relecture précise du texte, souvent erroné, pour la première parisienne du 16 janvier 1893.

Pour faire un critique digne de ce nom, il faut une culture musicale considérable, sous peine d’aboutir à des jugements superficiels. Or, dès son jeune âge, Reynaldo avait abordé la plupart des partitions anciennes, car il pouvait lire la musique aussi facilement que des textes de littérature. Cette connaissance des oeuvres, doublée d’une mémoire infaillible, lui permettait de porter des jugements, parfois discutables, mais toujours basés sur une étude sérieuse.

On connaît très bien son parcours de critique musical. Ses premiers articles datent de 1897 sur Le Gaulois. Il a alors 23 ans. En mai 1899 il est engagé officiellement au journal La Presse où il officiera jusqu’en 1904. Le 1er novembre de l’année 1904 il est sollicité par La Flèche où il fera régulièrement des articles jusqu’au 26 janvier 1906. Il monte alors d’un cran en faisant les critiques de Musica, journal très en pointe à l’époque. Il y restera jusqu’en 1912. Mais pendant ce temps, Femina lui demandera des papiers entre 1908 et 1910, ainsi que Les Nouvelles où il écrira pendant une année entière. Puis il passe au journal Le Journal dont il sera de 1909 à 1914 le critique officielxxiv.

Le célèbre Journal de l’Université des Annales, lui demande aussi des articles et en 1909, il prend officiellement la place du critique en titre, Catulle Mendès, qui venait de disparaître. Il fait, en particulier, un papier à propos de Ma mère l’Oye de Maurice Ravel, créé au théâtre des Arts, le 28 janvier 1912.

Mobilisé pendant toute la durée de la guerre 1914-18 il devra penser à autre chose, mais dès 1919 il écrit pour L’Exelsior où il travaillera jusqu’en 1921. A cette époque, probablement en raison de son succès et de ses activités très nombreuses, il met un frein à sa verve critique. En 1934, il collabore avec La Fronde dont il fera les rubriques jusqu’en 1940. Entre temps, il est sollicité par son ami Pierre Brisson pour le Figaro où il sera titularisé, le 25 mars 1933, fonction qu’il conservera jusqu’au début de l’Occupation. En effet, pendant cette époque troublée où la Presse était sous contrôle total de l’occupant, la direction du journal avait décidé d’interrompre ses activités.

On voit donc que dans sa carrière, le compositeur a joué un rôle de critique musical très important. On ne peut pas, bien sûr, faire une énumération de tous les articles de presse de Reynaldo Hahn, qui se montent à plusieurs milliers. Cette énumération ne pourrait qu’être fastidieuse, et la disparition de certains journaux rend difficile un bilan précis. Pour donner un idée de cette activité de Reynaldo Hahn, nous nous limiterons seulement aux articles parus dans le Figaro, entre les années 1934 et 1939. C’est déjà assez impressionnant...




1934


12 juin Th. Champs-Elysées : les Ballets Russes
Opéra : rep. des Maîtres chanteurs
19 juin Concours Conservatoire
26 juin Opéra : La Vie de Polichinelle , ballet (Nabokov).


3 juillet Chatelet; Ballets Russes
10 juillet Concours du Conservatoire : Opéra-comique
17 juillet Concours du Conservatoire : Opéra


2 Octobre Du Café-Concert
9 octobre Au café-concert : Réminiscences
17 octobre Un biologiste
24 octobre Opéra : reprise de Sigurd (Reyer)
Théâtre. Saint-Martin : Fragonard (Pierné)
31 octobre Opéra-comique : Le Sourd ou l'Auberge (Adam)


7 novembre Opéra : L'Etranger (Vincent d’Indy)
Gaîté : reprise de Coups de roulis (Messager)
Trianon : reprise de Madame Favart (Offenbach)
14 novembre Au cinéma (sur la musique de films)
17 novembre Le Figaro à la T .S. F. (causerie)
21 novembre Trianon : rep. Comte de Luxembourg (Léhar)
28 novembre Opéra : rep. Salomé (Richard Strauss)
Porte St-Matin : rep. Les Mousquetaires au couvent (Varney)


5 décembre A propos de la Traviata (Verdi)
12 décembre Encore le café-concert
19 décembre Opéra-Comique : rep. Le Nouveau seigneur du village (Boïeldieu)
1ère de : Les Trois pantins (Montagne ?)
Mogador : Mandrin (Szule)
Marigny : La Créole (Offenbach)
26 décembre th. Saint-Martin : Le Petit Faust (Hervé)
Nouveautés : Vacances (Yvain)
Trianon : Jolies Viennoises (J. Strauss)


1935


2 janvier Châtelet : Au temps des Merveilleuses (Chistiné)
Opéra : 2000ème de Faust (Gounod)
9 janvier A propos de la 2000° de Faust
16 janvier Encore Faust
23 janvier Opéra-Comique : Mon ami Pierrot (Guitry)
30 janvier Opéra : rep. Ariane et Barbe-Bleuei (Paul Dukas)


6 février St-Martin : Rêve d'un soir (Léhar)
20 février Nouveautés : Les Linottes (Mathé)
Opéra : Salade (Darius Milhaud))
27 février Opéra-Comique ; Gargantua (Mariotte)


6 mars Madeleine : Les Joies du Capitole (Moretti)
Folies-Wagram : Coeurs en rodage (Oberfeld et P.Nauville)
13 mars Opéra : L'or du Rhin (Wagner
Opéra-Comique : Mme Trudi Schoop et les danseuses comiques de Zurich
20 mars In memoriam



3 avril St-Martin : rep. La Fille du tambour major (Offenbach)
Nouveautés : Tonton
10 avril Opéra-Comique : Gala de la Société Française
17 avril Réflexions sur la première scène de Don Juan (Mozart)
24 avril En écoutant Don Juan


1er mai Autres remarques sur Don Juan
8 mai Exercices des élèves du Conservatoire
15 mai Propos sur Don Juan et sur Mozart
22 mai Festival Fauré
La pantoufle de vair- le Postillon de Longjumeau (Méhul)
29 mai Les interprètes de Lucia
Ballets Russes- Pierrots neurasthéniques
Gounod et Don Juan


5 juin Saint-Martin : Les Noces de Figaro
19 juin Opéra : La Norma (Bellini)
26 juin Concours du Conservatoire : chant, hommes


3 juillet Opéra-Comique : L'Ecole des maris (Bondeville)
Opéra : spectacles de danses
9 octobre A l'Opéra de Vienne
16 octobre Propos sur Saint-Saëns
23 octobre A bâtons rompus
30 octobre Opéra : rep. Parsifal (Wagner)


6 novembre Gaîté : La Chanson du bonheur (Léhar)
13 novembre th. Etoile : Erosine opte (G. Célérier).
L'Opérette au cinéma
20 novembre Bouffes : Trente et quarante (Heymann)
A bâtons rompus : des applaudissements- des auditeurs bruyants
27 novembre Pages retrouvées : le Requiem de Mozart


4 décembre Le Requiem de Mozart. Musique et Cinéma
11 décembre A propos de la Flûte enchantée (Mozart)
18 décembre Réflexions sur La Flûte enchantée
25 décembre Châtelet : Au soleil du Mexique (Yvain)
Théâtre St-Martin : Violettes de Montmartre (Kalman)


1936


1 janvier A propos de la féerie- Débuts de cantatrices
8 janvier Propos sur le chant
18 janvier Nouveautés ; La Poule (Christiné)
P.T.T. : La Forêt bleue (Louis Aubert)
22 janvier Notes sur André Messager
29 janvier Opéra-Comique : Quatre-vingt-treize
Trianon : Mimosas (Moretti)
Théâtre Antoine : Faites-ça pour moi (Gabaroche)


5 février Opéra : Le Rouet d'Armor, ballet (Piriou)
P.T.T. Conf. de F. Ochsé
12 février Notes sur André Messager (suite)
26 février Cadences rompues


4 mars A propos de Tristan et Iseult
11 mars (suite)
Bouffes : Simone est comme ça (Willemetz)
18 mars Opéra : Oedipe (Enesco)
25 mars Fantaisie sur Les Huguenots (Meyerbeer)


1er avril Cadences rompues
8 avril Bel canto au Cinéma
12 avril Rythme-Phonographe
29 avril Opéra : Harnasie (Szymanowski)


6 mai Phonographe (suite)
13 mai L'Ardoise de Beckmesser (Chef-d'oeuvre)
20 mai id. (Chanteurs de chansons)
27 mai id. (Chansons)


3 juin Opéra-Comique : Cyrano de Bergerac (Alfano)
Opéra : Don Juan
10 juin La Rosière du village-Ileana-Propos sur Fidelio (Beethoven)
17 juin A propos de L'Enlèvement au sérail


1er juillet Chanteurs de chansons
8 juillet id.


7 octobre Et le public ? A propos de l'O.C.
Bouffes : Normandie (Solvanio)
14 octobre Th de Paris : Les Chant des Tropiques(Simons)
L'Ardoise de Beckmesser
21 octobre Propos sur le chant
28 octobre A propos d'Alceste (Gluck)
Gaîté : Une p'tit bout de femme (Barde)
Théâtre Antoine : Quand on a vingt ans (Emer)


4 novembre Une interview de Mlle Mary Garden.
A propos du Conservatoire
11 novembre Défense du Conservatoire
18 novembre A propos, encore, du Conservatoire.
Les mélodies de salon
25 novembre Les mélodies de salon (suite)
L'Ardoise de Beckmesser


2 décembre Une Opérette. L'Opéra aux Champs-Elysées
9 décembre Mariages en musique- L'Ardoise de Beckmesser
16 décembre Par T.S.F.; promenades dans Rome
23 décembre Théâtre Pigalle : L'Auberge du chat coiffé –(Szule)
L'Ardoise de Beckmesser.


1937


6 janvier L'Ardoise de Beckmesser
(A propos du rôle de Méphistophélès dans Faust)
13 janvier A propos de Fidelio (Beethoven
20 janvier Encore Fidelio
27 janvier Du Chant


4 février Opéra-Comique : Le Roi malgré lui (Chabrier)
10 février Opéra : Elvire - Du Chant (suite)
17 février Avant L'Enlèvement au sérail
24 février Propos sur l'Enlèvement au sérail (Mozart)


3 mars L'Ardoise de Beckmesser
(Air du Cours la Reine de Manon)
Mélomanes au restaurant
10 mars Réflexions sur l'Ariane de Massenet
24 mars Opéra-Comique : Le testament de tante Caroline (Roussel)
31 mars Opéra de Monte-Carlo : L'Aiglon (Honegger-Ibert)
(fragment de Journal)


7 avril Rossininiana
14 avril id.
22 avril id.
28 avril Deux reprises : Marouf (Rabaud), La Rotisserie de la reine Pédauque (Levadé)
Bouffes : Trois valses (Oscar Strauss-Willemetz)


5 mai Allhambra : La Belle traversée (Berthomieu)
19 mai Fragments de Journal
26 mai Opéra-Comique : La Chambre bleue (Bouval)
Champs-Elysées ; Ballets de Monte-Carlo


2 juin Champs-Elysées : Saison d'Opéras-bouffes
9 juin Fragments de Journal
16 juin Gala Danois
24 juin Champs-Elysées : Le Vic Well (Ballets)
Opéra-Comique : Le Bourgeois de Falaise (Thiriet)


1er juillet Opéra : La Samaritaine (Max d'Ollone)
7 juillet Opéra : Alexandre le Grand
Champs-Elysées : Les Invités (?)
Marigny : La Belle saison (Delettre)


14 octobre L'Opéra de quat-sous (Kurt Weill ) Musique de scène
21 octobre Champs-Elysées : Philippine La S.A.D.M.P. (Guitry-Beydtz))
28 octobre A propos de la T.S.F. Le Comte Ory (Rossini)


4 novembre Variations sur Le Comte Ory
11 novembre Propos sur Mozart
18 novembre Mozart et Salzbourg
25 novembre Mogador : Les Ballets Polonais


2 décembre Speakers
9 décembre Opéra-Comique : rep. de Louise. (Charpentier)
Rideau de Paris-L'humour d'Erik Satie
16 décembre Propos sur l'Opérette
23 décembre Sur l'Opérette encore
31 décembre Opéra-Comique : Le Couronnement de Poppée (Monteverdi)
La Servante maîtresse (Pergolese).


1938


6 janvier Opéra : Le Vaisseau fantôme (Wagner)
13 janvier L'Ardoise de Beckmesser (A propos de Mignon- Ténoriser)
20 janvier Opéra : Oriane et le Prince d'Amour (Schmitt)
27 janvier Variations sur Don Juan (rep. à l'Opéra, direction Fritz Zweig)


3 février Variations sur Don Juan (suite)


17 mars Don Juan - Journal d'un Musicien (Le Caire, Février)
24 mars Les Théâtres lyriques de Province. Une lettre
31 mars Opéra-Comique . Une éducation manquée - Le Médecin malgré lui (Gounod)


7 avril Opéra : Aeneas Parler musique
14 avril Au cinéma
21 avril Ambassadeurs : Les Ballets de la jeunesse.
A propos d'un disque
28 avril Journal d'un musicien : Grands chanteurs défunts


5 mai L'Ardoise de Beckmesser (Style - Propos de table – Sensibilité - Instinct)
12 mai Opéra-Comique : Le Bon roi Dagobert (Rossini)
19 mai L'Ardoise de Beckmesser (Lily Pons, Maurice Renaud)
26 mai th. Daunou : Champion. Journal d'un musicien


2 juin Speakers et Présentateurs- Euphonia
10 juin A propos de Salammbö (Reyer)
16 juin id. (suite)
23 juin Sur Fauré
30 juin Grands Festivals de Versailles : Acis et Galathée (Lully)


8 juillet Opéra-Comique : Zadig (Hérold) - Banquet
14 juillet La Représentation de la retraite de M. Franz
22 juillet L'Ardoise de Beckmesser (T.S.F.-Franz, Delmas - Salle du Conservatoire)
28 juillet Réponse à une lettre (sur le chant)


4 août id. (suite)
11 août id. (fin)


20 octobre La 1000ème de Werther (Massenet) - Journal d'un musicien
27 octobre Propos sur Bizet-Propos sur le chant


3 novembre Propos sur Bizet
10 novembre Dernier propos sur Carmen
17 novembre Mise au point (Londres, mardi-Sur la Radio)
24 novembre Radio


2 décembre A propos de La Prise de Troie (Berlioz)
8 décembre id. (suite)
15 décembre id. (fin)
22 décembre Propos divers (Albert Carré-Chefs d'orchestre)
29 décembre Propos sur les Chefs d'orchestre (suite).


1939


5 janvier Propos sur les chefs-d'orchestre (suite)
13 janvier Propos sur les chefs-d’orchestre (suite).
19 janvier Derniers propos sur les chefs-d'orchestre
Rep. d'Aida (Verdi)
26 janvier Journal d'un musicien (au Conservatoire - Concours de chansons)


2 février Un nouvel appareil à l'A.B.C.
9 février Odéon : Pelléas et Mélisande (Debussy)
16 février id.
23 février Encore Pelléas
Opéra-Comique : rep. du Rêve (Bruneau)


2 mars Encore Pelléas (Debussy). Un article sur Toscanini
9 mars Mogador : Nouveaux mélomanes- Musique mécanique
17 mars Sur Francis Planté - Une oeuvre inédite de Gounod
23 mars Opéra : La Chartreuse de Parme (Sauguet)
31 mars De l'E muet - Exposition des Ballets Russes


6 avril Exposition des Ballets Russes (suite)
13 avril L'Ardoise de Beckmesser
21 avril id.
Opéra : rep. de la Tour de Feu (Lazzari)
27 avril La Nuit Vénitienne de l'Opéra. L'Ardoise de Beckmesser


11 mai Le Concours Fauré- L'Ardoise de Beckmesser (Technique musicale)
18 mai A propos de Geneviève (Schumann)
25 mai id.
Opéra : L'Enfant et les Sortilèges (Ravel)


1er juin Opéra : La Nuit embaumée (Hirchman)
9 juin Le Concours Fauré - La Chorale universitaire - A Versailles
16 juin A propos de Mireille (Gounod)
23 juin Opéra : Le Festin de l'Araignée (Roussel)
A propos des Noces de Figaro (Mozart)
30 juin Variations sur Les Noces de Figaro


7 juillet Opéra : Siang Sin L'Ardoise de Beckmesser (sur les Chanteurs)
14 juillet Encore Mireille
21 juillet A propos de ballets. Lettre à une jeune Canadienne.

On se rend compte qu’il s’agit bien là d’une Oeuvre... Encore faudrait-il ajouter de nombreux articles comme celui du 4 mai 1940 sur Alphonse Daudet (Figaro Littéraire), de grands interviews sur son maître Massenet ou son ami Edouard Risler, disparu en 1929.

A son retour d’ « d’exil» en 1945, Reynaldo Hahn a 71 ans. Les différentes épreuves qu’il a dû subir, la fatigue de l’âge, les nouvelles fonctions qu’il doit assurer (Institut et direction de l’Opéra de Paris), ont singulièrement émoussé son goût de la critique. Il fera encore un papier sur Le Figaro, le 15 mars 1945, à propos d’une reprise d'Hérodiade, de son maître Massenet, à l'Opéra. Ce sera la dernière et il demandera alors à Bernard Gavoty de prendre sa place au journal.

Une lettre à son amie Yvonne Sarcey n'est pas sans trahir alors une certaine aigreur sur l'état de la critique musicale de l’époque... :

«[...] Quant à la critique, presqu'uniquement occupée d'investigations abstraites, elle se complaît à des analyses dont la subtilité décourage et à des synthèses dont la grandeur effraie. Je lisais ce matin, dans un article consacré à Hindemith, des phrases comme celles-ci : « il entame la lutte... les armes néoclassiques de Bach et de Stravinsky à la main » ou comme cette autre : « le Don Juan de l'esprit s'était efforcé... de faire le climat germanique pour tendre les bras désespérément vers la pure certitude et l'infaillibilité goethéenne d'un Stravinsky ou des grands maîtres orientaux » etc. Initiée comme vous l'êtes à mes préférences et à mes préoccupations musicales, vous comprendrez sans peine qu'elles ne puissent trouver écho chez des exégètes de cette volée. Si j'osais seulement formuler devant eux la moindre idée concernant l'art que je pratique humblement depuis mon enfance, ils m'écraseraient de leur dédain [...]».

(lettre à Yvonne Sarcey, 12 mars 1946, Coll. privée).

C) Les conférences

Nous avons vu maintes fois la part importante de la conférence dans les activités de notre compositeur. Sa parole facile et sa voix agréable, son sens de l'anecdote piquante, son humour, en faisaient un conférencier qui mobilisait facilement les foules, car son propos, jamais pédant, était si plaisant à suivre que l'auditoire n'en était jamais rassasié. En outre, il illustrait souvent son discours par des interventions musicales, interprétant lui-même des mélodies de Massenet, de Gounod, de Fauré, voire de lui. Parfois il faisait appel à ses chanteurs de prédilection, Ninon Vallin ou André Pernet, pour illustrer son propos. Le public était fasciné.


Il ne saurait être question, là encore, de faire le recensement de toutes les conférences de Reynaldo Hahn en France et à l'étranger. Nous nous contenterons, à titre d’information, des seuls programmes de lUniversité des Annales, dont Yvonne Sarcey était l’organisatrice.


En voici une liste, non exhaustive certes, qui donne bien une idée de ses thèmes favoris :


» L'Art du chant : pourquoi chante-t-on ? 26 XI 1913
» L'Art du chant : comment dire en chantant ? 6 et 10 XII 1913
» Musique : Gabriel Fauré 29 IV 1914
» L'Art du chant : Expression et vérité d'accent 7 V 1914
» Le chant descriptif dans la musique moderne 4 V 1914
» Du goût 19 V 1914
» De l'interprétation dans le chant 18 XI, 9 et 16 XII 1918
» De la Mélodie : de Schubert à Gounod (Schubert I) 17 XI 1919
» De la Mélodie : de Schubert à Gounod (Schubert II) 24 XI 1919
» De la Mélodie : de Schubert à Gounod (Schumann I) 1 XII 1919
» De la Mélodie : de Schubert à Gounod (Schumann II) 8 XII 1919
» Les Mélodies de Gounod 7 XI 1920
» Les Mélodies et leur interprétation (I) 25 XI 1922
» Les Mélodies et leur interprétation (II) 2 XII 1922
» Les Mélodies et leur interprétation ( III) 9 XII 1922
» Le Théâtre qu'aimaient nos pères 2, 15, 19 et 22 XII 1924
» Comment interpréter et chanter Carmen 20 et 22 XI 1926
» Comment interpréter et chanter Manon 27 et 29 XI 1926
» Comment interpréter et chanter Faust 4 et 6 XII 1926
» Une Reine de l'opérette : Hortense Schneider 27 II et 3 III 1933
» Les jeudis chez Alphonse Daudet 15 IV 1934
» Mozart et la musique de chambre 21 II 1935
» Camille Saint-Saëns 5 XII 1935
» Chansons et Mélodies (avec la participation de Ninon .Vallin) 18 II 1937
» Lully musicien du Roi 28 III 1938
» Le chevalier Gluck et ses opéras français 12 XII 1938
» Autour de Don Juan et de Mozart 15 VI 1946





Toutes ces conférences aux Annales et beaucoup d’autres encore, ont été soigneusement conservées grâce à leur publication sur le Journal des Annales et plus tard, sur Conférencia, dont la B.n.F. possède les exemplaires. Mais il faut mentionner aussi qu’en dehors de ces cycles de conférences en France, Reynaldo Hahn a fait de très nombreuses conférences lors de ses déplacements à l’étranger, surtout à partir du début du XXème siècle : Constantinople (du 1er avril au 5 mai 1906), Le Caire (en août 1906), Algérie (avril 1908), Roumanie (28 novembre au 16 décembre 1912), etc. Certaines de ces conférences sont des reprises de celles des Annales, d’autres sont adaptées aux conditions locales. En 1907, il avait même signé un contrat de concerts et de conférences pour New-York, mais au dernier moment ce voyage a été annulé par lui pour des raisons que nous n’avons pu élucider.

D) La correspondance





Comme beaucoup d’artistes de son époque, Reynaldo Hahn a écrit au cours de sa vie un nombre incalculable de lettres. Aucun chiffre ne peut être encore avancé, car le bilan est loin d’en avoir été fait. Beaucoup de ces lettres sont conservées dans les grandes bibliothèques de Paris (BnF, département de la Musique ou bibliothèque de l’Opéra), certaines à l’Université de l’Illinois, quelques unes dans des archives de famille et surtout éparpillées dans des collections particulières.


Parmi les centaines de lettres que nous avons pu lire, certaines, purement professionnelles ou amicales, ne présentent qu’un intérêt limité. Aussi, on ne peut retenir ici que les correspondances avec un personnage qui a particulièrement compté dans la vie du compositeur. Comme il faut bien faire un choix, nous n’évoquerons donc ici que quatre d’entre elles, dont chacune est intéressante pour un aspect particulier :


1 - la correspondance avec Marcel Proust
2 - la correspondance avec Edouard Risler
3 - la correspondance avec son maître Jules Massenet
4 - la correspondance avec Jacques Rouché




1) La correspondance avec Marcel Proust :


Elle n’est pas la plus importante en nombre, pour des raisons que nous verrons plus loin, mais l’importance littéraire du destinataire impose de l’étudier en priorité.


On sait les liens amicaux très forts qui ont existé entre les deux protagonistes depuis le mois de mai 1894 où ils se sont rencontrés chez Madeleine Lemaire, jusqu’au mois de novembre 1922 où le grand écrivain a disparu. Si pendant un peu plus de 2 ans, cette amitié a été « particulière », elle est restée par la suite fraternelle et les échanges de lettres ont dû être très fréquents, car l’un comme l’autre avait l’écriture plutôt facile.


Dans un travail exemplaire, Philippe Kolb a pu retrouver un ensemble aussi complet que possible des lettres de Marcel Proust à de nombreux contemporains. Le fruit de ces recherches est concrétisé par 21 volumes, dont l’intérêt reste de premier plan, tant par les textes de l’écrivain que par les multiples notes du chercheur. Nous nous contenterons bien sûr d’étudier ici les échanges entre l’écrivain et le compositeur.


Il n’est pas question dans ce travail de faire une étude analytique de cette correspondance, mais de souligner un point capital : malgré les centaines de lettres recensées par Philippe Kolb, on est frappé par les manques nombreux qui existent dans les échanges entre l’écrivain et le compositeur. Une comptabilité sommaire est nécessaire pour concrétiser les choses.


Durant les 29 années où les deux protagonistes se sont écrit, on ne trouve, pour Marcel Proust que 200 lettres environ et pour Reynaldo Hahn, le chiffre dérisoire de 12... Nous avons essayé d’établir des chiffres plus précis.


Pour la clarté de l’exposition, il faut diviser diviser cette étude en deux volets différents :

A - Lettres de Marcel Proust à Reynaldo Hahn :

1°) de mai 1894 où ils se sont connus à l’été 1896 où leur « liaison » a pris fin : 41 lettres.

2°) après leur « rupture », c’est-à-dire après août 1896, jusqu’à 1901, on ne trouve quune seule lettre de l’écrivain, lettre de condoléances pour la mort du père de Reynaldo Hahnxxv.

3°) dans la période allant de 1901 à 1905, à peine 9 lettres de Proust à son ami..

4°) jusqu’à la Guerre de 1914-18, un rythme plus important s’établit : 1906 (28 lettres), 1907 (18), 1908 (16), 1909 (6), 1910-1911 (28), 1912 (19), 1913 (6), 1914 (12), 1915 (2).

5°) par contre, entre 1916 et 1922, année de la mort de l’écrivain, on ne retrouve qu’une seule missive...


Certains éléments peuvent expliquer ces chiffres :

- il est sûr que pendant quelques mois après leur rupture sentimentale, un certain « froid » a raréfié les échanges épistoliers, bien que les textes affirment tous qu’après quelques semaines leur relation amicale a repris en toute sérénité.

- les cinq années de guerre n’ont pas beaucoup permis aux correspondances de franchir la censure militaire, d’autant que le compositeur était sur le front des opérations, non loin de Verdun, au moins jusqu’en 1917.

- les années suivantes, les tractations pour le prix Goncourt, l’état de santé très dégradé de l’écrivain, la mise au point de la Recherche, ont amené les deux amis à se voir très souvent, le plus souvent possible malgré les occupations importantes de Reynaldo Hahn alors (répétitions de ses oeuvres, saisons annuelles à Deauville et à Cannes, déplacements divers en Angleterre, Roumanie, Egypte, Algérie, etc.). Mais ces absences mêmes du compositeur auraient dû, au contraire, entraîner un flux de lettres plus important.

Quand on connait l’énergie incroyable que Proust a déployée les quelques dernières années de sa vie à écrire des lettres, très longues le plus souvent, à différents correspondants, alors qu’il passait ses nuits à corriger les épreuves de la Recherche, on peut penser que, malgré les efforts de Philippe Kolb et de son équipe, beaucoup de lettres de Proust n’ont pu être recensées, probablement passées en vente et possédées par des collectionneurs qui n’ont pas désiré se manifesterxxvi.

Par ailleurs, si quelques lettres de Proust ont été perdues lors des déplacements lointains du compositeur, parce qu’envoyées en « poste-restante » et non retirées à temps, il est à supposer que celles qui lui sont parvenues ont dû être conservées pieusement. Pourtant, M. Daniel de Vengohechea y Hahn, petit neveu du compositeur et ayant droit actuel, n’a jamais eu connaissance de ces lettres dans la famille. [Récemment de notre monde, sa veuve, Eva, reste seule responsable, avec vaillance, des charges de l’ « ayant droit ».]

Sont-elles restées dans les documents conservés à la Bibliothèque de l’Opéra qui ne seront accessibles que vers 2020 ? Ce n’est pas impossible, mais alors pourquoi et comment 200 lettres de Proust destinées au compositeur ont-elles pu être tout de même retrouvées et publiées dans le travail de Philippe Kolb ? On ne peut donc que faire des suppositions sur ces « manques ».

B - Lettres de Reynaldo Hahn à Marcel Proust :

Les manques sont tout à fait évidents et le bilan facile à établir : sur la période de 29 ans, Philipp Kolb n’a retrouvé que 12 lettres ! Une seule, écrite le 21 mai 1896, concerne la mésentente sentimentale qui amènera à la rupture de l’été. Restent donc onze lettres, entre 1897 et 1922, lettres courtes, amicales, sans grand intérêt, à vrai dire. C’est tout ce que Philippe Kolb a pu récolter et l’on sait la méthode et la ténacité avec lesquelles, pendant de longues années, l’auteur et ses collaborateurs ont mené les recherches. Pourtant, dans beaucoup de lettres de Proust à Reynaldo Hahn il est fait allusion à des lettres de son ami qu’il vient de recevoir... et qui semblent perdues dans la nature.

Par ailleurs, ces lettres auraient dû se retrouver dans la succession Proust, mais il est peu pensable que les héritiers du grand écrivain aient passé sous silence ces documents alors que le monde entier scrutait le moindre détail ayant trait à sa vie. Doit-on supposer que certaines de ces lettres ont été mises en vente publique à un moment et qu’un collectionneur, qui tient à l’anonymat, refuse de les livrer aux chercheurs ? Peut-être reparaîtront-elles un jour...

Voilà ce qu’on peut dire sur cette correspondance. Le petit nombre que l’on peut en lire, révèle bien l’opposition des deux caractères : Marcel Proust écrit toujours des lettres longues, très longues, souvent, dans un style assez lâché, difficile à suivre, car l’écrivain adopte souvent un langage « codé » dont le sens est réservé à son ami. Ses longues phrases de Proust sont émaillées de parenthèses (parfois de parenthèse dans la parenthèse !), avec un dédain total des paragraphes, mêlant, sans souci de transition, les considérations strictement amicales, les potins mondains et de longues dissertations littéraires, musicales, politiques ou philosophiques.

Le compositeur, lui, écrit généralement des lettres beaucoup plus courtes, d’un style aéré, alternant la mélancolie qui lui est propre avec un humour piquant. Mais les rares lettres que l’on peut en lire actuellement ne permet guère d’apprécier son talent d’épistolier, qui pourra mieux s’épanouir avec d’autres correspondants, en particulier son ami Edouard Risler.






2 - Correspondance avec Edouard Risler :


Le pianiste Edouard Risler et Reynaldo Hahn se sont connus au Conservatoire, vraisemblablement dès l’année 1885, dans la classe de piano d’Emile Descombes. Ils avaient à l’époque 11 et 12 ans. Les échanges ne débutent vraiment qu’en 1890, lorsque les deux amis, plus âgés, se sont trouvés séparés, soit par des séjours de vacances, soit par les premiers concerts du pianiste, qui a connu très jeune un succès considérable. Elle se termine en 1929 par la disparition d’Edouard Risler. Ce qui fait, entre autre, l’intérêt de cette correspondance, c’est que la B.n.F., au département de la Musique, possède la quasi totalité des lettres de part et d’autre, ce qui permet d’établir une chronologie assez précise de ces échanges.


Etudier à fond cette correspondance, extrèmement importante et riche, entre les deux garçons, demanderait facilement un tome de 500 pages, car le total atteint près de 570 lettresxxvii, dont la plupart se déploient sur 7 ou 8 pages !xxviii. On ne peut donc ici qu’en dégager les grandes lignes qui révèlent les personnalités très différentes des deux hommes.


Les échanges les plus intéressants se situent certainement dans la période où les deux garçons ont entre 18 et 25 ans. Plus tard, leur réussite personnelle les force souvent à espacer les missives qui se trouvent réduites, le plus souvent, à quelques lignes sur une carte postale signalant le pays où ils sont. Il faut savoir aussi, qu’en raison des déplacements très nombreux et souvent lointains du pianiste, un certain nombre de ces lettres, envoyées en « poste restante », se sont irrémédiablement perdues.


Les lettres de Reynaldo Hahn sont les plus nombreuses (439). Le jeune compositeur dont la curiosité d’esprit était sans borne, aborde avec fougue tous les sujets. Bien sûr, les discussions sur la musique sont les plus fréquentes et leurs goûts, souvent divergents, provoquent des pages d’argumentation dont la maturité étonne chez des garçons qui ont à peine vingt ans. Mais le compositeur aborde aussi la littérature, française, anglaise ou allemande, guidant son ami pianiste dans ses choix de lecture en lui envoyant régulièrement des livres lorsqu’il se trouve en Allemagne. Ce sont alors des échanges passionnants sur les auteurs et leurs oeuvres. Ils discutent aussi avec la même ardeur des problèmes du théâtre, de la peinture, de la sculpture, de toutes les manifestations artistiques qu’ils suivent avec ferveur.


Enfin, les principes de vie des deux jeunes garçons font parfois le thème de leurs lettres. Bien sûr, tout est écrit à mots voilés. Nous sommes à la fin du XIXème siècle et certains sujets ne s’abordent pas crûment, même entre garçons de cet âge. Pourtant, dans une de ses lettres, Reynaldo explique qu’il s’astreint à une vie chaste, ce qui contraste plutôt avec le milieu ambiant, les garçons de 18-20 ans se comportant d’une façon qu’il ne veut pas adopter. Il s’en explique nettement :

“ [...] En rentrant en voiture, aujourd'hui, j'ai pensé à ma façon de vivre. Et je me suis dit qu'on devait me trouver bien godiche. En effet, à côté de tant de jeunes de nos amis qui vivent en l'air, dans les cafés, dans la rue ou ailleursxxix, je suis rudement pot au feu ! Pourquoi suis-je ainsi ? Pourquoi ne me laissé-je pas entraîner par l'exemple de tas de gens ? Ce n'est pourtant pas embêtant de vadrouiller comme ça, de boire 65 bocks, au milieu d'une fumée terrible et puis, en sortant, d'aller... oui; et puis de rentrer à 3 heures du matin et de se lever le lendemain à midi pour recommencer. Ou bien encore de se lever à 7 h. du matin. On doit me trouver bien stupide de rentrer chez moi en sortant du théâtre [...]


Le jeune homme se justifie plus loin :

«[...] Pourquoi ne me laisserais-je pas séduire par ce que font les autres ? Je ne suis pourtant pas fait autrement, mais j'ai dû heureusement résister :

1°) parce que je ne pourrais plus travailler, ainsi trimballé par toutes sortes de gens, le cerveau vidé par des remplissages.

2°) parce que je suis faible de caractère et, une fois là-dedans, ce serait à tout jamais fini, je ne pourrai plus en sortir. Ce serait la mort de ma carrière, non née, et des quelques dispositions que je puis avoir.

3°) parce que ma santé ne pourrait pas le supporter et que je tomberais gravement malade, à moins que je n'en mourusse.
4°) parce que j'estime qu'on a assez le temps de faire la noce sans utiliser les années de jeunesse où nous produisons le plus facilement (Comment sera-ce dans 10 ans ?) et qu'il sied d'attendre le moment où l'on ne change plus [...].
(lettre à Edouard Risler, Paris, samedi soir [mai-juin 1892, BnP, départ. de la Musique].


Sur cette façon « austère » de vivre, son ami Risler est tout à fait d’accord. Lui, il se consacre entièrement à son piano et dès son Premier Prix du Conservatoire, en juillet 1889, il fait le choix d’aller apprendre « autre chose » dans les villes germaniques, malgré les restrictions de ses maîtres, Louis Diemer et Albert Lavignac. D’où ces longs séjours, à Fribourg-en-Brisgau, Dresde, Berlin ou Bayreuth qui lui permetttront de prendre contact avec de grands artistes comme Anton Rubinstein ou Eugen d’Albert, de connaître à fond toutes les oeuvres de Richard Wagnerxxx, mais aussi d’affronter une cruelle solitude et une existence sans grandes joies. La vie de Paris, dont il s’est éloigné volontairement, lui manque beaucoup. La plupart de ses lettres d’Allemage se terminent par ces mots : « écris-moi, écris-moi !». Et Reynaldo ne fera pas trop languir son ami !


Enfin, par ces longs échanges, les deux garçons se font involontairement les témoins de deux cultures différentes. Le compositeur, malgré ses origines germano-ibériques, que nous avons évoquées plus haut, reste essentiellement d’esprit « méditerranéen » : son style est fluide, brillant, clair, sa pensée toujours compréhensible, et ses goûts souvent tournés vers le passé de la France, surtout la période des XVIIème et XVIIIème siècles. Ce passé aura souvent une grande influence sur sa production musicale. Edouard Risler, lui dont la famille est d’origine alsacienne (donc allemande à l’époque) est marqué par une tournure d’esprit nettement « germanique ». Il parle couramment la langue, a une partie de sa famille en Allemagnexxxi et privilégie les compositeurs allemands. Ses lettres sont nettement plus difficiles à suivre que celles de son ami : tournures un peu maladroites, humour souvent pesant, mais ses analyses musicales ou littéraires, pour être parfois difficiles à saisir, vont toujours en profondeur et s’efforcent d’épuiser complètement le sujet.


On comprend combien cette correspondance entre ces deux garçons est captivante par la richesse des sujets abordés. Dans le cadre de cette rubrique, malheureusement, nous devons nous contenter de ces idées générales.






3 - Correspondance avec Jules Massenet :


Les rapports entre Reynaldo Hahn et son maître Massenet ont été affectivement très étroits. Dès l’année 1887 où le jeune garçon fait son apparition dans la classe de composition, le maître découvre tout de suite les dispositions incroyables de ce jeune élève. La facilité avec laquelle il traite une mélodie, les subtilités charmeuses de ses harmonies, séduisent celui qui avait déjà atteint une grande célébrité internationale avec Le Roi de Lahore (1877), Hérodiade (1881), Manon (1884) ou Le Cid (1885). Par ailleurs, le couple Massenet n’avait qu’une fille et un véritable « transfert » paternel s’est créé rapidement entre le maître et l’élève, des liens tels que lors de la disparition de Massenet, le 13 mai 1912, Reynaldo sera aussi bouleversé que lorsque son propre père est disparu, même si à cette époque, son mode de vie, sa carrière et sa position de critique musical intransigeant, avaient un peu espacé leurs rapports.


Les deux hommes se sont donc beaucoup écrit. Là encore, il est difficile de faire un bilan précis. De nombreuses lettres du jeune compositeur à son maître sont conservées dans le fonds Massenet. Pourtant, à la Bibliothèque de l’Opéra, nous avons pu retrouver 12 lettres s’échelonnant entre 1897 et 1902, qui donnent bien le ton des rapports entre Massenet et Reynaldo Hahn. Par ailleurs, dans les archives de Daniel de Vengohechea et ayant droits de Reynaldo Hahn, nous avons trouvé un gros dossier de 76 lettres adressées par Massenet à son jeune élèvexxxii.


L’essentiel est de voir les rapports étroits entre les deux hommes. Jules Massenet a pris sous son aile cet élève si doué. C’est lui qui le conseille pour chacune de ses oeuvres, qui le présente à son éditeur personnel, Henri-Georges Heugel, qui l’introduit auprès de Carvalho, alors directeur de l’Opéra-Comique, puis d’Albert Carré, son successeur. C’est donc grâce à l’auteur de Manon que paraîtront les Chansons grises (1893), premier album de mélodies de Reynaldo Hahn, et surtout ses deux premières oeuvres lyriques, Lile du rêve (1898) et La Carmélite (1902).


Les lettres de Massenet à son élève sont remarquables par la tendresse paternelle qu’elles revèlent. Le jeune homme est reçu par le couple Massenet comme un véritable fils. Ses moindres difficultés dans la vie sont partagées par le maître et son épouse, ches lesquels il peut s’iinviter à déjeuner comme un enfant de la maison. En retour, Reynaldo ne prend pas une décision sans l’accord de son maître, il lui soumet tout ce qu’il compose pour en discuter. Aussi ses lettres à son maître, sont-elles pleines d’affection, de délicatesses filiales, même si parfois il « gronde » tendrement son maître lorsque celui-ci traverse une période de doute et de découragement.


« [...] Ce sentiment me donne le droit de parler comme un fils et de vous dire que vous êtes trop triste et trop inquiet en ce moment : votre carrière continue à être ce qu'elle a toujours été, glorieuse et entourée; quoi que vous en disiez, vous êtes joué à Paris plus qu'aucun autre compositeur vivant et autant que les morts les plus joués; en province, à l'étranger, on vous joue et on vous admire; vous continuez de produire et d'être produit par les théâtres; vous conservez dans votre lyre cette corde jeune et tendre et fière à qui vous devez la gloire et je vous gronde beaucoup de n'avoir pas le coeur aussi jeune qu'elle quoique vous êtes jeune et que vous avez tout ce qu'il faut pour être heureux [...]
(lettre non datée, probablement 1899, Bibl. de l’Opéra).


Cette correspondance est donc dominée par les rapports humains entre les deux hommes, même si certaines lettres abordent les problèmes techniques de telle ou telle oeuvre. Mais malgré la liberté avec laquelle le jeune compositeur écrit ce qu’il pense, on est loin des grandes discussions sur l’Art, la Musique ou la Littérature, que l’on trouve dans les échanges avec son ami Edouard Risler. Reynaldo, du reste, se montre admirateur inconditionnel des oeuvres de son maître, ce qui a une influence évidente sur ses propres compositions du début. N’aura-t-on pas longtemps accusé Reynaldo Hahn de ne faire que du « Massenet » ! Plus tard pourtant, lorsqu’il aura acquis une maturité de créateur et une carrure de critique musical, il s’éloignera nettement des formules de son maître pour manifester sa propre personnalité..






4 - Correspondance avec Jacques Rouché :


C’est peut-être la plus intéressante du point de vue musicologique, en raison des échanges professionnels entre les deux hommes, à partir de 1923.


Avant tout, il est nécessaire de faire le point sur chacun des personnages.


Celui qui pendant plus de 30 ans a présidé aux destinées de l’Opéra national, Jacques Rouché, a eu un parcours hors du commun. Né en 1862, dans un milieu familial extrêmement riche, il a eu pourtant une jeunesse studieuse qui l’a mené à Polytechnique à l’âge de 22 ans. Sorti brillamment de l’Ecole, il entre à l’Inspection des Finances, puis passe au ministère du Commerce. Mais le théâtre l’a toujours fasciné et, lors de l’Exposition Universelle de 1889, il est chargé d’assurer le Commissariat de cette grande manifestation internationale. Avec l’audace de la jeunesse, il briguera même, à 27 ans, la direction du Théâtre de l’Odéon. Cette charge lui sera malgré tout refusée...


Il se lance alors dans le journalisme et en 1907, achête la Grande revue qu’il va diriger pendant 7 ans. Mais le problème du théâtre le poursuit toujours. En 1910, il publie un essai fort intéressant sur l’Art théâtral moderne.


Il devient alors directeur du Théâtre des Arts (ancien Théâtre des Batignolles, actuellement théâtre Hébertot) dont il va orienter les activités vers la musique. C’est là que seront créées ou reprises des oeuvres majeures comme Ma Mère lOye, de Maurice Ravel (28 janvier 1912), Le Couronnement de Poppée, de Monteverdi (créé à Venise en 1642 et quasiment oublié au XIX° siècle), la Suite de Dolly de Gabriel Fauré (9 janvier 1913) aussi bien que Mesdames des Halles d’Offenbach (reprise de l’oeuvre créée au théâtre des Bouffes-Parisiens, le 3 mars 1858).

Ensuite, il organise au théâtre du Châtelet les représentations de La Peri de Paul Dukas, Istar de Vincent d’Indy, La Tragédie de Salomé de Florent Schmitt, Adélaïde ou le langage des fleurs de Ravel, tous ces ballets étant interprétés par la Trouhanova.


Ces brillantes productions lui vaudront, en 1914, d’être nommé par le Président Barthou à la direction de l’Opéra où, en trente années, il montera 160 spectacles qui donneront à Paris une place de premier rang dans le Monde.


Reynaldo Hahn et Jacques Rouché se connaissaient certainement avant la guerre de 1914-18, comme en témoigne une lettre de condoléance du compositeur, alors en campagne quelque part en France, datée du 22 juillet 1915xxxiii. Mais la correspondance importante se déroulera d’une façon régulière entre 1923 et 1946, avec quelques coupures dues à la Deuxième guerre mondiale. Reynaldo Hahn est alors un compositeur confirmé qui, en dehors d’innombrables mélodies, a fait représenter des oeuvres théâtrales, LIle du rêve (1898), La Carmélite (1902), Nausicaa (1919) et va connaître une grand succès avec Ciboulette (1923), puis avec Le Marchand de Venise (1928). Par ailleurs, il s’est révélé, depuis 1906 où il a dirigé Don Juan de Mozart au Festival de Salzbourg, un chef d’orchestre mozartien faisant autorité. Aussi le directeur de l’Opéra l’invitera-t-il souvent à diriger des oeuvres mozartiennes où il obtiendra toujours un grand succès.


Ajoutons que la connaissance du chant qu’avait acquise Reynaldo Hahn par son expérience personnelle et surtout la pratique des grands chanteurs de l’époque avec lesquels il avait pu travailler, donnaient du poids à ses jugements aux yeux du directeur de l’Opéra.


A la Bibliothèque de l’Opéra Garnier, nous avons trouvé 76 lettres du compositeur à Jacques Rouché. Il y a essentiellement deux périodes : une qui groupe les années 1923-24 mais surtout une deuxième qui s’étend de 1935 à 1939. La lecture de ces lettres permet de supposer qu’elles devaient être plus nombreuses et que beaucoup se sont perduesxxxiv.


Les lettres de Reynaldo Hahn montrent suffisamment l’entente amicale entre les deux hommes, car leur contenu est exclusivement consacré au travail considérable du compositeur pour la préparation des oeuvres que l’Opéra allait monter entre 1923 et 1939.


Rappelons brièvement que, par suite de graves difficultés de gestion, au cours de l'année 1936, l'Opéra-Comique était au bord de la faillite. Par décret du ministère en date du 15 août 1936, est créée la R.T.L.N. (Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux), c'est-à-dire à l'époque la salle Garnier et la salle Favart. C'est alors que Jacques Rouché, déjà directeur de l’Opéra, prend la direction des deux salles, avec comme directeur-adjoint, à l'Opéra-Comique, Henri Büsser.


Il est aussi créé, par le même décret, un Comité consultatif, présidé par Rouché. Ce Comité comprend 12 membres dont les principaux sont trois compositeurs, Antoine Mariotte, Albert Roussel et Georges Auric, assistés du metteur en scène attitré, Ancelin, et du directeur de la Maison de la Culture, Lazarus. Jacques Rouché s’empresse faire nommer Reynaldo Hahn comme membre de ce comité.


Ainsi « officialisé », le compositeur continuera à suivre du plus près possible tous les spectacles de l'Opéra-Comique, envoyant de nombreuses lettres au directeur, où il précise ses jugements sur tous les spectacles en cours.


Malheureusement, les choses vont très vite se gâter ! Antoine Mariotte, lié à Ancelin et Lazarus, se montre systématiquement opposé à toute idée nouvelle de Reynaldo Hahn. Cette guerrilla ne pouvant déboucher que sur des situations ridicules et stériles, le 25 janvier 1939, notre compositeur donne sa démission du Comité, mais avec l’accord tacite de Rouché, les deux hommes resteront en rapports étroits.


Aussi cette correspondance est-elle riche en jugements divers sur tout ce qui a été fait dans les théâtres nationaux, surtout entre 1936 et 1939 : choix des oeuvres, des metteurs en scène, auditions de tous les chanteurs avant leur engagement définitif, assistance aux répétitions, conseils divers, dont le directeur général semble avoir tiré profit pour le rayonnement des deux scènes lyriques françaises.


Un exemple, entre des dizaines d’autres, permet de se rendre compte du travail que faisait Reynaldo Hahn pour Jacques Rouché, des précisions dont il nourrissait ses jugements et de l’intégrité qu’il tenait à maintenir :


« [...] Je reconnais, je vous le répète, les très réelles qualités de Lubinxxxv. J'ai été même un des premiers à les remarquer, mais il me paraît incontestable qu'il lui manque ce qui est essentiel pour le rôle d'Anna : le nerf, l'énergie. Sa diction est souvent, ce me semble, un peu indistincte. Sa très jolie voix, comme son physique, est poètique; elle a même de la noblesse, mais elle n'a pas cette vibration brûlante qui est indispensable tout le long du rôle [...] ».


En fin de la même lettre, assez longue, il revient sur son propos :


« [...] Il m'est désagréable, vous le comprenez, de paraître opposer un veto à Lubin, d'autant plus qu'elle s'est imaginé à plusieurs reprises que j'avais de l'antipathie pour elle, ce qui est absolument faux ! Je n'ai en vue que l'intérêt général et surtout celui de Mozart. Dans Pamina, dans Elvire, dans la Comtesse, elle serait très bien. Anna ne paraît pas du tout être son affaire, mais je ne veux pas prendre seul la responsabilité d'un refus qui peut lui apparaître-vous connaissez les artistes lyriques-comme un acte d'hostilité [...]
(lettre à Jacques Roucher, Paris, 16 juillet 1923, Bibl. de l’Opéra)..


Tels sont les aspects divers de ces quatre grandes correspondances de Reynaldo Hahn que nous avons privilégiées. Dans les limites de cet article, on ne peut guère passer en revue toutes les lettres du compositeur adressées à des personnalités éminentes comme Pierre Loti, Yvonne Sarcey, Maurice Donnay, Mme Alphonse Daudet, Federico de Madrazo, Lucien Daudet et tant d’autres dont nous avons eu connaissance.


Comme nous l’avons déjà souligné, le bilan complet de la correspondance de Reynaldo Hahn est loin d’être établi. Non seulement de nombreuses lettres conservées par des collectionneurs fervents ne sont pas recensées, mais beaucoup de missives du compositeur passent régulièrement en vente publique. Parfois, il s’agit même de correspondances importantes comme récemment les lettres à la pianiste Magda Tagliaferro ou celles à l’écrivain et librettiste, Mighel Zamacoïs, qui ne peuvent pas encore être consultées.
Il ne faut pas désespérer de voir, un jour, ce bilan réalisé.

Recherches de musicologie





On ne peut terminer l’étude de l’oeuvre « écrite » de Reynaldo Hahn sans mentionner brièvement ses recherches de musicologie. Rappelons une fois de plus que, très jeune, il avait des possibilités remarquables pour la lecture musicale. Au fil des ans, il avait pris contact avec toutes les partitions baroques disponibles, lu et relu les oeuvres lyriques de Mozart, son auteur de prédilection, mais aussi celles de Beethoven, des grands compositeurs du XIXème siècle comme Gounod, Meyerbeer, Halévy, Mendelssohn et tant d’autres. Même Wagner dont il n’aimait pas toutes les démarches, était pour lui un objet d’étude approfondie.


La connaissance des partitions mozartiennes que le compositeur avait acquises depuis son adolescence et surtout depuis qu’il faisait de la direction d’orchestre, lui confirmèrent les modifications énormes qu’avaient subies certaines oeuvres avec les années. La consultation du manuscrit d’origine, chaque fois que la chose était possible, la comparaison des différentes versions imprimées, lui révélèrent rapidement combien certaines oeuvres avaient été malmenées au XIXème en fonction des modes, de l'humeur de certains chefs d'orchestre ou des exigences de quelques Divas avides de briller.



Don Juan de Mozart


Don Juan sera très vite pour lui l’objet de toutes ses attentions. Une lettre de Massenet nous prouve que le jeune compositeur a pu avoir accès au manuscrit original, conservé alors à la Bibliothèque du Conservatoirexxxvi :



«[...] Arrivez-vous de suite ? M. Wekerlinxxxvii aura ce matin (5 nov.) une lettre de moi concernant amplement tout ce qui a rapport avec votre désir d'entrer en communication intime avec le manuscrit de Don Juan.
Il y a sur certaines pages (je crois me le rappeler), des « ronds » qui indiquent nettement que des tasses à café ont laissé leurs traces ![...]
(lettre de Massenet à Reynaldo Hahn, 5 novembre 1901, archives. Daniel de Vengohechea).


Pendant des mois, il étudie le texte original et découvre que durant une grande partie du XIXème siècle, l’opéra se terminait à la mort de Don Juan. Le magnifique sextuor par lequel Mozart avait voulu terminer son oeuvre était bel et bien escamoté. Le rétablissement de la vraie scène finale s’est donc imposée tout de suite à Reynaldo Hahn.


Dès 1903, il décide de monter cette oeuvre redoutable, au Nouveau Théâtre, pour 4 représentations. Le programme xxxviii précise la présence, de Mmes Lilli Lehmann (Anna). Clémentine de Vère (Elvire), et Jeanne Leclerc (Zerline), avec MM. Paul Daraux (Don Juan), A. Bonci (Ottavo), A. Challet (Leporello), et Victor Blanc (Mazetto). Pour un début, on pouvait difficilement souhaiter un « plateau » plus brillant. Il est difficile de savoir s’il s’agit déjà de la version que le siècle finissant avait considérée comme « classique » ou de la version rétablie.


En tout cas, c’est dans cette dernière version que le compositeur fera entendre l’oeuvre, en 1906, au Festival de Salzbourg où l’avait fait inviter Lilli Lehmann. Le public s’en montra enchanté et depuis, Don Juan est joué dans cette version restaurée.

Le Médecin malgré lui de Charles Gounod


Cette oeuvre, sur un livret de Barbier et Carré, d’après Molière, avait connu le jour au théâtre Lyrique, en 1858, c’est-à-dire, un an à peine avant le Faust qui allait faire le succès de Gounod. Depuis des années, alors que Faust était joué dans le monde entier, Le Médecin malgré lui était resté dans l’ombre.


Dans les années qui ont suivi la guerre de 1914-18, Reynaldo Hahn a travaillé sur cette partition. Comme a cette époque il était devenu chef d’orchestre en titre pour la grande saison d’hiver de Cannes et celle de Deauville, l’été, c’est dans ces villes qu’il a présenté d’abord cette oeuvre, puis en 1924, à l’opéra de Monte-Carlo. L’acceuil favorable réservé dans ces trois ville au Médecin malgré lui, l’a décidé alors à la faire entrer au répertoire de l’Opéra-Comique, le 24 mars 1937, avec Mmes Musy, Arnault et MM. Mattio, Lecouvreur et Chelley, sous la direction de Roger Désormière.

Joseph dEtienne-Nicolas Méhul

A son retour en France, en 1945, Reynaldo Hahn, désireux de renouveler le répertoire de l’Opéra, dont il avait alors la direction, s’est s'attaché à reprendre une oeuvre bien oubliée de celui qui composa le Chant du départ, Etienne Nicolas Mehul (1763-1817). Ce Joseph avait été créé en janvier 1807 avec un grand succès, semble-t-il. Mais, comme il est souvent d'usage, cette oeuvre était restée dans un oubli total pendant presque un siècle et demi. Pourtant Reynaldo Hahn avait gardé de ses lectures de jeunesse le souvenir de quelques belles pages que présente cette partition.

A l'époque de sa création, l’oeuvre était fâcheusement alourdie par des récitatifs pompeux, à la limite du ridicule. Le nouveau directeur de l’Opéra a donc chargé Henri Rabaud de modifier ces textes désuets, ce qu’il fit à merveille. Ainsi rénové, Joseph a été présenté au public de l'Opéra le 7 juin 1946, avec une distribution de choix, Mlle Saint-Arnaud et MM. Edmond Rambaud et Endrèze, sous la direction de Roger Désormière. Le régisseur de l'Opéra, Chéreau, avait malheureusement conçu des décors d’un goût discutable. Mais le succès de cette résurrection, malgré quelques critiques, a été reconnu à l’unanimité. Il y a eu 21 représentations.

Philémon et Baucis de Charles Gounod


Reynaldo Hahn, on l’a déjà vu, avait un grand respect pour Gounod. Cette oeuvre du compositeur de Faust, sur un livret de Barbier et Carré, qui logiquement se situe entre Faust et Mireille, avait été créée au Théâtre Lyrique en 1860. Reynaldo Hahn a cru bon de reprendre cette vieille partition, laissée dans l’ombre par le succès des deux oeuvres majeures de Gounot, car elle lui paraissait tout de même intéressante. Il l’a donc mise plusieurs fois au programme de ses saisons à Cannes et à Deauville, en la condensant en 2 actes. Mais il ne semble pas que le public ait été transporté par cette resurgence et elle n’a pas eu l’honneur continuer longtemps sa carrière...

Mireille de Charles Gounod


Cet opéra comique en 5 actes de Barbier et Carré, d'après Mistral, avait été créée le 19 mars 1864, à l’Opéra-Comique, par Mme Miolan-Carvalho, épouse du directeur de l'époque, Léon Carvalho. Il n'y avait eu, sous la forme initiale, que 10 représentations. Mme Miolan-Carvalho, jouant à la fois de son charme de diva et d'une impérieuse autorité, avait poussé le compositeur dans ses retranchements et obtenu qu'il en modifiât profondément la conception de l’oeuvre, qui prétendait-elle, sous cette forme, ne pouvait plaire au public. C'est ainsi que les 5 actes étaient réduits à 3, les récitatifs écrits par le compositeur remplacés par des dialogues, Mireille ne mourait plus (!) et la cantatrice obtenait un air brillant, une valse faite de roulades et de cocottes. C'est sous cette forme « mutilée » que l'oeuvre avait été reprise en décembre 1864. Par la suite, ajouts ou retraits, inversion de scènes ou supression de rôle, chaque reprise avait apporté des « variations », que Gounod n'avait certes pas prévues.


Reynaldo Hahn se refusait à diriger dans ces conditions la reprise que souhaitait, en 1939, Jacques Rouché, alors directeur de l’Opéra,.


A la demande de la fille de Gounod, la baronne de Lassus-Saint-Geniès, le compositeur s'est donc mis au travail. Une besogne très difficile, car il fallait retrouver le manuscrit original, réconstituer certaines parties détruites lors de l'incendie du théâtre en 1887, mettre au point les récitatifs d'origine. Il a donc formé une équipe avec Henry Büsser, alors directeur de l'Opéra-Comique, et un jeune ténor, Guy Ferrant, musicologue averti.


L'oeuvre de Gounod a pu être réconstituée complètement dans son état d'origine, après des mois de travail. Deux points étaient nouveaux, tout de même : le rôle de Mireille était confié à une soprano lyrique, les airs de vocalises, incompatibles avec l'esprit du drame, étaient suprimés, et le rôle du jeune berger, habituellement chanté « en travesti » par une femme était confié à un ténor léger.


C'est donc sous cette forme que l'oeuvre est jouée, d'abord à Arles, le 4 juin 1939, puis à l'Opéra-Comique, le 6 juin.. La distribution comprenait Mmes Rolland et Sibille et MM. Arnoult, Beckmans, Etcheverry et Derenne. Malgré le succès que cette réconstitution, Mirelle n’a pas connu le succès qu’elle méritait en raison des événements : après 4 représentations, la deuxième Guerre Mondiale commençait, le 3 septembre 1939. Pendant la « drôle de guerre », l'oeuvre sera reprise les 19 janvier, 6 février, 9 et 28 mars, 7 avril et 9 mai 1940. Mais, le lendemain de cette ultime représentation, les troupes allemandes déferlaient sur la Belgique, puis la France et le compositeur sera coupé de la France pendant 5 ans.


Lors de son retourxxxix, après la Libération, il a connu quelques difficultés au sujet d’une reprise de Mireille à l'Opéra-Comique. En effet, il apprenait le projet de la maison Choudens d’éditer à son insu la version rénovée de l’oeuvre de Gounod. Des échanges de lettres avec André Büsser, alors directeur du théâtre, précisent les faitsxl. Il semble que 5 ans de guerre et d’absence aient fait totalement oublier le nom de Reynaldo Hahn et celui de son collaborateur, Guy Ferrant.... Il aura même quelques difficultés à faire reconnaître ses droits, au moins « moraux », sur cette revision de l’oeuvre. Il écrit à son correspondant :


« [...] Je n'ai jamais reçu aucune lettre de vous me parlant de l'édition de Mireille. Jamais je n'ai reçu, non plus, les épreuves de cette édition. La maison Choudens ne me les a probablement pas envoyées, car, en général, à l'heure actuelle, on expédie la musique avec un soin particulier et moyennant cela, elle arrive. » [...]


et il ajoute en fin de lettre :


« [...] Pourtant, je vous signale (sans la moindre vanité, car je n'aime pas et tiens fort peu à ce qu'on parle de moi, ainsi que je l'ai toujours prouvé) que rien n'indique dans ces lignes préliminaires que c'est moi qui ai dirigé les études et l'exécution de cette reprise... [...]».
(lettre à Henri Büsser, 27 juin 1944 ?]xli


Le lendemain, pris de scrupule sans doute, le compositeur adresse une nouvelle lettre à Büsser pour préciser un point qui lui tient à coeur :


«[...] Connaissant les conceptions habituelles de certaines gens et n'ayant aucune raison pour douter qu'elles ne soient pas aussi bien coutumières aux directions de la maison Choudens, je tiens à bien spécifier que je n'ai- pas plus que Guy Ferrant- aucunement ni la moindre intention ni même la plus vague velléité de prétendre à toucher un centime de droits pour Mireille ! Voilà, je pense, qui est bien établi.[...]».
(lettre à Henri Büsser, 28 juin [1944 ?]xlii

Conclusions générales





Les créateurs, quels qu’ils soient, ne sont pas traités par la postérité avec les mêmes faveurs. Si quelques uns s’imposent de leur vivant et continuent de briller par leur génie sur plusieurs générations, la plupart, après un engouement d’actualité qui succède souvent à leur mort, vont traverser une période d’oubli, la cruelle « traversée du désert ». Plus ou moins longue, cette épreuve du temps permettra aux plus solides de retrouver la place qu’ils méritent, mais cela peut tout de même demander plus d’un siècle ! D’autres n’arriveront jamais à vaincre l’immensité du désert et se perdront dans l’infini des sables...


Ce n’est certes pas le cas de Reynaldo Hahn. Sa réussite a commencé à l’âge de 14 ans et le cours de sa vie n’a été marqué que par peu d’échecs. Pourtant, 62 ans après sa disparition, il ne semble pas encore occuper la place qui lui revient. Bien sûr, le « grand public » n’a pas retenu sa mémoire, mais il n’est guère de musicien professionnel pour qui le nom de Hahn n’évoque une mélodie ou une opérette.


C’est plutôt l’image même du compositeur qui n’est pas toujours conforme à la réalité. Ne serait-il vraiment que ce charmant dandy que les salons mondains se disputaient, dont les mélodies étaient sur toutes les lèvres, et qui s’est révélé en 1923 un prince de la « musique légère » avec Ciboulette ?


Le but de notre travail en deux volets est justement de montrer que Reynaldo Hahn doit être considéré comme un élément non négligeable du paysage musical français.


Le Catalogue des oeuvres musicales, remis à jour, révèle que les opus sont beaucoup plus nombreux qu’on ne pouvait le penser et concernent à peu près tous les régistres de l’expression musicale. Si les mélodies dépassent la centaine, il ne faut pas oublier qu’il existe encore plus de pièces pour le piano que malheureusement les solistes ne jouent guère. De nombreuses pièces orchestrales sont tombées injustement dans l’oubli. Le succès Ciboulette ne doit pas éclipser non plus les nombreuses oeuvres lyriques, dont Le Marchant de Venise, malheureusement jamais repris par l’Opéra. Quant à la musique de chambre ou concertante, si elle reste assez classique, son intérêt n’est pas moindre. En un mot, on ne connaît, et donc on ne joue plus, qu’une infime partie de ce qu’a écrit le compositeur. C’est dommage !


Dans le deuxième volet, nous avons cru utile de grouper toutes les manifestations d’écriture de Reynaldo Hahn : sa culture générale, ses dons d’exposition et ses possibilités de travail, prouvent que le personnage n’a rien de « léger » comme on le croit souvent. Sa curiosité intelectuelle, son goût inlassable de la recherche, un don incontestable pour la mélodie et un « métier » accompli de compositeur font de lui un personnage qu’il ne faudrait pas négliger.


Bien sûr, il faut le replacer dans son cadre. Ce n’est pas un Beethoven, un Wagner ou un Ravel. Ce n’est pas non plus un musicien d’avant-garde. Mais la musique qu’il a écrite toute sa vie est celle qui correspondait à son tempérament. Il a eu une connaissance parfaite des outrances de certaines époques et a tenu à rester fidèle à une musique claire et agréable à l’oreille, bien que parfois très savante, refusant, en connaissance de cause, de s’engouffrer, comme beaucoup, dans un carcan « moderniste », dont certains aspects paraissent déjà désuets. Il est resté fidèle à l’image qu’il se faisait de la musique et c’est déjà beaucoup !

Jacques DEPAULIS

i Reynaldo Hahn, parue aux éditions Séguier, dans la collection Empreinte, fin 2007.

ii Et non en 1875 comme il est écrit encore trop souvent. Le problème est résolu sans équivoque par de nombreux documents et en particulier par une lettre de Reynaldo Hahn à Edouard Risler, envoyée le jour même de ses vingt ans.

iii Jacques Depaulis : « Un compositeur français sous-estimé :Reynaldo Hahn », Fontes Artis Musicae, n° 53/4, octobre-décembre 2006, p. 263-308.

iv Il s’agit de Cléopâtre de Mérode, toute jeune alors, premier amour d’un compositeur de 18 ans.

v Toujours Cléo de Mérode.

vi La plupart de ces mélodies ont été publiées séparément, pour des raisons de vente, avant d’être réunies dans ce recueil. Certaines d’entre elles ont même été publiées séparément après leur parution en recueil.

vii

viii Myriam Chimènes signale, in Journal de Marguerite de Saint-Marceaux, qu’une avant-première avait été donnée le 4 février 1902, dans les salons de Mme de Saint-Marceau.

ix Une audition avait été faite le 5 décembre 1902, par Reynaldo Hahn et André Messager, chez Mme de Saint-Marceaux.

x Mme Carlos Hahn, née Elena-Maria Echenagucia (1831-1912).

xi Cette comédie en 4 actes, créée au Théâtre Antoine, le 21 décembre 1921, est citée par plusieurs auteurs, mais il semble qu’il n’y ait jamais eu de musique de scène de Reynaldo Hahn.

xii Ce film a débouché sur un procès intenté par Francis de Croisset, seul librettiste de l’opérette encore en vie, qui jugeait que le jeune metteur en scène avait pris trop de libertés vis-à-vis du scénario. La Justice a imposé la censure de quelques scènes, et le film n’a fait qu’une carrière très médiocre.

xiii Il s’agit f’un « amusement musical » pour célébrer le groupe de jeunes musiciens autour de Reynaldo Hahn, Les vieilles poules, dont Erik Satie a fait partie à une moment.

xiv Le manuscrit original de cette oeuvre a été offert par le compositeur à Charles Malherbe(1853-1911), musicologue, critique musical au Menestrel, au Guide musical et à la Revue internationale de musique, qui était en plus un grand collectionneur d’autographes.

xv Il semble bien que l’intégralité des 53 pièces n’ait jamais été donnée en concert à l’époque de leur parution en recueil chez Heugel. Il faudra attendre l’année 2001 pour que le pianiste américain Earl Wild donne l’intégrale des 53 pièces dans un coffret paru chez Ivory Classics Discographie.

xvi A ce sujet nous devons faire une remarque. Lors de la parution de notre biographie sur Reynaldo Hahn, aux éditions Atlantica-Séguier, dans la collection Empreintes, en 2007, nous nous sommes fait reprocher d’avoir passé trop rapidement sur les oeuvres écrites du compositeur. Ce reproche est tout à fait fondé, mais les nécessités de l’édition nous ayant obligé à une réduction drastique de notre manuscrit, il est bien évident que certaines choses ont dû être sacrifiées.

xvii Sarah Bernhardt avait déjà une grande carrière derrière elle lorsqu’il a pu la voir sur scène.

xviii BnF Mus. Fonds Reynaldo Hahn.

xix Lettre à Coco de Madrazo, 16 ou 17 décembre 1893, Ibid. Le compositeur a alors 20 ans...

xx Il approchait de la cinquantaine.

xxi De cet attrait commun pour la peinture sont nés les Portraits de peintres (1896), oeuvre pour le piano de Reynaldo Hahn, sur des poèmes de Marcel Proust.

xxii Souvent, pour fuir l’agitation de Paris, il prenait une chambre au Grand Hôtel des Réservoirs afin de composer avec une meilleure concentration.

xxiii N’oublions pas qu’avec la maturité, Reynaldo était devenu un critique redouté.

xxiv Il fera en particulier une critique assez sévère, le 2 juin 1913, sur Le Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky, qui venait de faire la gloire des Ballets Russes.

xxv Disparu le 15 juillet 1897.

xxvi Les prix vertigineux qu’ont atteints les lettres de Proust sur le marché des autographes expliquent en partie le souci de certains collectionneurs de rester discrets.

xxvii Le bilan précis a été fait par Gilles Saint-Arroman dans un excellent livre, Edouard Risler (1873-1929) et la Musique française, Honoré-Champion, 2008,. L’auteur a dénombré exactement 366 lettres de Reynaldo Hahn et 129 d’Edouard Risler.

xxviii La lecture, la datation et les commentaires qui découlent de cette correspondance est un travail de longue haleine que nous essayons de mettre au point.

xxix Sous-entendu les maisons de rendez-vous, style le Chabanais...

xxx Pendant des années il sera répétiteur pour les Festivals de Bayreuth.

xxxi A Fribourg-en-Brisgau, où une soeur de son père, la tante Mina, le reçoit souvent à la Villa Risler.

xxxii Il s’agit de copies faites à la main par quelqu’un, probablement de la famille Hahn, mais que nous n’avons pu identifier et Daniel de Vengohechea n’en connaît pas non plus l’origine.

xxxiii Arch. Daniel de Vengohechea.

xxxiv Les lettres de Jacques Rouché à Reynaldo Hahn se trouvent en partie à la Bibliothèque de l’Opéra, mais, comme nous le précise aimablement M. Vidal, conservateur, il s’agit de copies faites sur un papier dont l’altération rend la lecture quasi impossible. Par ailleurs, quelques lettres sont conservées aux Archives nationales, mais elles ne concernent que la période entre 1918 et 1923, qui nous paraît la moins interessante.

xxxv La grande cantatrice wagnérienne, Germaine Lubin (1890-1979).

xxxvi Depuis 1964, ce manuscrit a été transféré à la Bibliothèque nationale de France, département de la Musique.

xxxvii Jean-Baptiste Weckerlin (1821-1910), archiviste de la bibilothèque du Conservatoire..

xxxviii Arch. Daniel de Vendohechea.

xxxix Bien qu’élevé par sa mère dans la religion catholique, Reynaldo Hahn, en raison de ses ascendances paternelles, n’a pu éviter quelques tracasseries avec les nazis et a dû fuir la France pendant une partie de la guerre, de 1940 à 1945, d’abord à Toulon, puis à Monte-Carlo dont il n’est revenu qu’au printemps de l’année 45..

xl Arch. Daniel de Vengohechea. : 11 lettres inédites de Reynamdo Hahn à Henri Büsser.

xli Ibid.

xlii Ibid.

 

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