Henri KOCH, violoniste belge
(1903 – 1969)

Henri Koch
Henri Koch
( photo X..., coll. de l'auteur ) DR

 

Henri Koch est né à Liège (Belgique) le 10 juillet 1903, d'un père, industriel, trompettiste amateur, originaire de Neuwied-sur-le Rhin, en Prusse, et dont la famille avait demandé la naturalisation belge à la fin du XIXème siècle.

Il débute ses études musicales au Conservatoire Royal de Liège dans la classe de violon de Marcel Lejeune (1895-1978), alors répétiteur d'Oscar Dossin et remporte un premier prix de solfège en 1917, de violon en 1918, de musique de chambre en 1920, d’histoire de la musique en 1921 et d’harmonie en 1922, et, en 1923, la Médaille en vermeil de violon.

Durant son service militaire au 1er Régiment des Guides, à Bruxelles, il fait partie de la Musique Royale des Guides, alors dirigée par Arthur Prévost (1888-1967), successeur de Léon Walpot.

Henri Koch
Henri Koch
( photo X..., coll. de l'auteur ) DR

En 1919, Henri Koch est second violon dans le "Quatuor à cordes de Marcel Lejeune", puis il part pour Paris en 1923 pour se perfectionner auprès de Maurice Hayot (1862-1945), un ancien élève du Conservatoire de Paris (1er prix de violon 1883) et violon solo des Concerts du Conservatoire. Durant cette période parisienne, Henri Koch joue notamment à la radio (Radiola, Radio Paris,…).

De retour à Liège, en 1924, il intègre le "Quatuor de Liège", aux côtés de Jean Rogister, Joseph Beck et Lydia Rogister-Schor, avec lequel il effectue, jusqu’au début de la seconde guerre mondiale, des tournées à travers l'Europe (Pays-Bas, France, Pologne,…) et les États-Unis (Carnegie Hall à New-York...), où il a l'occasion se de produire devant le Président Herbert Hoover.

En 1925, il est nommé premier violon-solo de l’Orchestre du Théâtre royal jusqu'en 1938. A cette époque, en 1928, lorsqu’il remporte le "Prix Kreisler", la presse musicale titre en première page : « Henri Koch, un second Ysaÿe » !

Buste d'Henri Koch
Buste d'Henri Koch, sculpté par le Vicomte Jacques de Biolley, érigé Boulevard Piercot à Liège, en face du Conservatoire Royal
( photo de l'auteur, 2008 ) DR

Le 8 août 1929, il épouse Emma Antoine, petite-fille de l’industriel Adolphe Eymael, qui lui donne deux fils : Henri-Emmanuel, né le 4 juin 1930, qui sera également violoniste et succédera à son père à la tête du "Quatuor de Liège", et Louis, né le 1er avril 1934, futur pianiste.

En 1932, le Roi Albert Ier de Belgique le nomme professeur au Conservatoire royal de Liège, puis de 1939 à 1944, il enseigne à la Chapelle musicale de la Reine Élisabeth à Bruxelles, dont il est le professeur particulier, tout en assurant la partie de 1er violon du "Quatuor de la Reine". Il est également premier violon solo des Concerts du Conservatoire de Liège à partir de 1934, de l'Orchestre philharmonique de Liège (1947 à 1969) et des Solistes de Liège (orchestre de chambre fondé en 1957 dans lequel jouent ses deux fils et ses deux belle-filles : la pianiste et claveciniste Monique Pichon et la violoniste Nadine Vossen, ainsi que son neveu, André Antoine, hautboïste).

Henri Koch acceptera également de diriger l’Orchestre Symphonique des Amateurs de Liège et d’Esneux sur demande de ses nombreux amis, instrumentistes amateurs.

Après son décès, survenu le 3 juin 1969, la Ville de Liège l'honore en lui élevant un buste, sculpté par son ami Jacques de Biolle (en septembre 1972), érigé près de ceux d’Eugène Ysaÿe, de César Thomson, d'Ovide Musin et d'Hector Clokers, et en baptisant de son nom l'une de ses rues (1976).

Son petit-fils Philippe Koch est actuellement premier Konzertmeister de l'Orchestre Philharmonique du Luxembourg et professeur au Conservatoire Royal de Liège. Depuis 1932, c'est la troisième génération de Koch à être titulaire de cette classe de violon. Quant à son arrière-petite-fille, Laurence Koch, diplômée du Conservatoire de Liège, elle est également violoniste et enseigne au Conservatoire de Luxembourg.

Depuis plusieurs années, les disques d'Henri Koch, avec le "Quatuor de Liège" et les "Solistes de Liège", sont prisés, notamment par des spécialistes aux Etats-Unis et surtout au Japon où un label les réédite en CDs. Au sein de sa discographie, notons plus particulièrement le Quatuor à clavier de Guillaume Lekeu, qui avait été enregistré en 1932 (Polydor), en compagnie de Jean Rogister (alto), Lydie Rogister-Schor (violoncelle) et Charles van Lancker (piano). Réédité en 2007, à l'occasion de sa sortie, Michel Tibbaut, rédacteur de ResMusica.com, a écrit qu' "une version du terroir comme celle-là, miraculeuse, on n’en rencontre qu’une seule fois dans sa vie !" Citons encore la Sonate pour piano et violon en sol majeur, de César Franck, gravée en 1957 chez Lumen (LD3700), avec André Dumortier au piano.

Louis-Bernard Koch

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Bibliographie sélective :

- Jean Quitin, Henri Koch, in "Nouvelle Biographie Nationale", publiée par l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux Arts de Belgique, Bruxelles,1988, tome I, pp. 212- 215.

- "Le Soir", 4 juillet 1967, p. 7, col.1 et 2, art. de J.-F. Dechesne, et 30 juin 1968, p 5, col. 3 et 4.

- "La Meuse", 4juin 1969, p. 2, et 18 septembre 1972, p. 3.

- Archives du Palais royal de Bruxelles, secrétariat de la reine Elisabeth.

- J. Servais, In Memoriam Henri Koch, in "La Vie Wallonne", 2e trimestre 1969, et, du même auteur : L'Ecole liégeoise de violon au XIXe siècle, in "La Wallonie, le pays et les hommes ", t. III, p. 388.

- M. Lemaire, La vie musicale en Wallonie, in "La Wallonie, le pays et les hommes", direction scientifique: Rita Lejeune et Jacques Stiennon, t. IV, pp. 349-376.

- Archives de la R.T.B.F : Journal télévisé du 2 juin 1969, journaux parlés à la radio, et quotidiens belges des 2, 3 et 4 juin 1969.

- Jean Lejeune, professeur à l'Université de Liège, échevin de la Ville de Liège, discours du 14 septembre 1972, in" L'Information", Liège, 26 septembre 1972, p. 2.

- "La Libre Belgique-Gazette de Liège", 10 juin 1982, p. 3.

- "La Wallonie", 26 septembre 1973, p. 3, col. 1 à 4.

- Chevalier François-Xavier Nève de Mévergnies, Binamée Liège, dictionnaire des gens, des choses et des mots qui font le bonheur des Liégeois, Editions Luc Pire, Bruxelles, 2000, pp. 114-115.

 


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