GUY LAMBERT (1906 - 1971)

Baroqueux bien avant la mode des baroqueux!, Guy Lambert est né le 4 août 1906 en Savoie, à Aix-les-Bains. Il perdit son père à l’âge de 16 ans et fit ses études à Aix, puis à l’Université de Montpellier. Habitant Lyon, il fut quelque temps organiste de l’église Saint-André et venait fréquemment à Paris afin de se perfectionner auprès de Louis Vierne et d’Henri Dallier, tout en prenant des cours d’harmonie et de composition avec Charles Koechlin. En 1938, il s’installait dans la capitale pour recueillir la succession d’Henri Poirson au poste d’organiste et maître de chapelle de l’église Saint-Laurent (Paris Xe), où il restera jusqu'à son décès arrivé en 1971. Il dut néanmoins interrompre quelques années son service à St-Laurent au cours de la seconde guerre mondiale. Officier de réserve, il servit dans la Résistance.

Virtuose de l’orgue, il savait néanmoins s’adapter à la liturgie qu’il connaissait parfaitement et choisissait toujours avec bonheur sa musique en fonction du temps liturgique. Admirateur de Léonce de Saint-Martin, qu’il suppléa souvent, aux côtes de Pierre Moreau à la tribune de Notre-Dame, il s’ingénia à faire découvrir son œuvre auprès du public, mais également à " vulgariser " l’orgue en le sortant de l’église et en organisant des concerts à la Salle Pleyel. Ceci se passait au cours des années cinquante, à la même époque où Norbert Dufourcq donnait ses fameux concerts au Palais de Chaillot.

Collaborateur des revues La Petite maîtrise et Musique Sacrée, membre dès 1938 de l’Union des Maîtres de Chapelle et Organistes, alors présidée par Charles Widor, puis par Henri Busser, Guy Lambert, grand admirateur des maîtres anciens de l’école française, reconstitua des ouvrages de Marc-Antoine Charpentier principalement, mais également de Pierre Dandrieu et de Michel Corrette. Parmi les nombreuses œuvres anciennes ainsi sorties de l’oubli, nous lui devons la reconstitution du célèbre Te Deum (H.146) de Charpentier, dont l’introduction instrumentale a longtemps servi d’indicatif aux émissions télévisées retransmises en Eurovision. Enregistrée en 1953 (Erato, LDE 3009) sous la direction de Louis Martini, avec l’Orchestre des Concerts Pasdeloup, la Chorale des Jeunesses Musicales de France, Claudine Collart, Jean Archimbaud, Yvonne Melchior, Pierre Gianoitti et Louis Noguéra, cette page lui valut le Grand Prix du disque et a révélé au public Marc-Antoine Charpentier. A son crédit également la transcription et la réalisation du De profundis du même compositeur, enregistré dès 1955 (Pathé, DTX 158) par Louis Martini avec la Chorale des Jeunesses Musicales de France, et son Grand magnificat à 8 voix et deux chœurs d’instruments, pour solistes, chœurs et orchestre, enregistré par le même (Erato STU 70164).

Guy Lambert est décédé le 13 novembre 1971 à l’hôpital Lariboisière, d’une crise cardiaque. Il habitait alors 3 rue de Valenciennes, dans le dixième arrondissement parisien. Jean Steinmetz, son successeur en 1972 à St.-Laurent, écrivait en 1971 dans le Bulletin de l’Association des Amis de Léonce de Saint-Martin (n° 13) :

" […] Son âme exceptionnelle et son dévouement transparaissaient dans l’amour qu’il mit à la formation de ses élèves. Sa disparition fut ressentie par ceux-ci comme une réelle souffrance, et la réflexion d’une de ses élèves, le jour des obsèques, en fait foi : Un être comme celui-ci, on devrait, ou ne jamais l’approcher ou ne jamais le voir disparaître. "

Denis HAVARD DE LA MONTAGNE

 


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