« Une Heure de musique à la Madeleine » :
vingtième anniversaire

Assurément M. Joachim HAVARD de la MONTAGNE peut être fier du bilan de ses Heures de Musique à la Madeleine qu'il a créées avec son épouse Elisabeth en 1974 et qu'il dirige seul depuis la disparition de celle-ci en janvier 1980. Mieux qu'un long discours, voici quelques chiffres éloquents qui attestent de la pleine réussite de ces séries de concerts mensuels : 207 concerts ont été donnés en 20 ans et ont attiré quelques 100 000 auditeurs qui ont pu entendre près de 1 700 oeuvres écrites par 300 compositeurs différents ! !

Le mardi 13 décembre 1994 va être célébrée, en collaboration avec l’Association Elisabeth Havard de la Montagne, la 200ème Heure de Musique, bien qu'en réalité ce sera la 207ème !

En 1965, le maître de chapelle de l'église de la Madeleine, Jean de VALOIS, prenait sa retraite au bout de 27 années de service à ce poste. Agé alors de 79 ans, il avait été durant de nombreuses années professeur de chant grégorien à la Schola Cantorum puis à l'Ecole supérieure de musique César-Franck . Auteur d'une messe, de nombreux motets et cantiques, il avait également collaboré à la revue La Tribune de St Gervais et était co-rédacteur en chef de Musique et Liturgie. Dévoué serviteur de la musique religieuse et liturgique, son action à la tête des Chanteurs de la Madeleine fut particulièrement active à cette époque où l'on pouvait entendre des œuvres de qualité lors des offices dominicaux. Par exemple, dans les années 1930, la Messe n° 1 de Niedermeyer, la Messe du St Rosaire de A. Runner, la Messe solennelle de H. Busser ou encore les Messes en la bémol, mi bémol, en fa, en si mineur de Théodore Dubois... étaient régulièrement données.

A son départ, Guy PERNOO assura l'intérim quelques mois et, en 1967, fut nommé Joachim HAVARD de la MONTAGNE, le Chanoine POPOT étant alors Curé. Elisabeth devint également suppléante de Jeanne DEMESSIEUX, puis d'Odile PIERRE au grand orgue Cavaillé-Coll de cette église. Tous deux créèrent, en 1970, Les Chœurs de la Madeleine puis en 1974 L'Ensemble instrumental de la Madeleine comprenant une soixantaine de choristes et une vingtaine d'instrumentistes.

Dès cette époque Les Chœurs de la Madeleine se produisirent lors de séries de concerts, en soirée, alors appelées Les Concerts spirituels de la Madeleine où étaient également invitées d'autres formations. De vieux programmes des années 1970 nous apprennent que le 21 mai 1970 la Chorale Elisabeth Brasseur et Les Choeurs de la Madeleine donnèrent, sous la direction de Joachim HAVARD de la MONTAGNE, les Cantates 78 et 34 ainsi que le Magnificat de J.S. BACH , et le De Profundis de Delalande. Le 27 janvier 1971, toujours placés sous la même baguette, Les Chanteurs de la Madeleine, la Chorale Lutécienne et l'orchestre de chambre de l'ORTF, avec le concours de Jocelyne CHAMONIN (soprano), Geneviève MACAUX (alto), André MEURANT (ténor), Jacques VILLISECH (basse), Elisabeth HAVARD de la MONTAGNE (clavecin) et Odile PIERRE (orgue) interprétèrent la Cantate BWV 79 " Gott der Herr, ist Sonn' und Schild " de J.S. BACH, le Psaume 83 " Quam Dilecta " de J.P. RAMEAU, l' Offertoire  " Justorum animae " de SAINT-SAENS et le Requiem de G. FAURé. Enfin , le 23 octobre 1971 en présence de Mme Georges Pompidou, lors de l'inauguration des grandes-orgues après leur restauration par les Etablissements Gonzalez, , Les Chanteurs et les Choeurs de la Madeleine, placés sous la direction de leur chef donnèrent notamment le Benedictus (inédit) et le Cantique de Racine de G. FAURé ainsi que des fragments de l’ Oratorio de Noël et de la Messe solennelle op.4 de SAINT-SAENS.

La première Heure de musique date du 22 janvier 1974. Elle annonçait toute une série de concerts similaires donnés un mardi par mois, de 18h30 à 19h30. Ce premier concert intitulé Choeur et deux orgues vit se produire les Choeurs et l'Ensemble Instrumental de la Madeleine sous la direction de Joachim HAVARD de la MONTAGNE avec un programme de choix : ler mouvement de la 5éme Symphonie de WIDOR, 3 chœurs extraits de l’Oratorio de Noël de SAINT-SAENS, le Psaume 83 "Quam dilecta" de WIDOR, le Prélude, fugue et variation de FRANCK , "Surrexit a mortuis" de WIDOR et enfin le Psaume 150 de FRANCK ; Odile PIERRE était au grand orgue et Jean VILLETARD à l'orgue de chœur. Le prix des places était alors fixé à 10 F. L’Ensemble Cembalo-Chitarra (Elisabeth HAVARD de la MONTAGNE, clavicjn et Nisso BITRAN, guitare) occupa la seconde Heure de musique, le 26 février 1974 en donnant des œuvres originales pour clavecin et guitare : Prélude et fugue en ut de J.S. BACH, Concerto en ut du duc de Saxe-Weimar (transcription de Joachim HAVARD de la MONTAGNE), Thème et variations de F. CARULLI, et également pour guitare et orchestre (Concerto en ré de VIVALDI) et pour clavecin et orchestre (Concerto en fa de J.S. BACH) ainsi que pour clavecin, guitare et orchestre : Concerto en sol de VIVALDI.

Puis ces Heures de musique se sont poursuivies régulièrement au fil des années et ne sont d'ailleurs pas prêtes de disparaître tant leur succès auprès du public est grand.

C'est ainsi que 207 Heures de musique (celle de décembre 1994 comprise) ont été données quoique 209 aient été en réalité programmées ; mais deux furent supprimées à la dernière minute en raison de grèves de transport inopinées paralysant la capitale ! : celle du 15 juin 1982 (F. LISZT: Messe solennelle de Gran, par l’Orchestre de l'Association symphonique de Paris, la chorale St-Roch, les Chœurs de la Madeleine et la Chorale Ste-Clotilde sous la direction d'Edouard de CREPY) et celle du 21 octobre 1986 (VIVALDI : Gloria RV 589, par les Choeurs et l'Ensemble Instrumental de la Madeleine sous la direction de leur chef).

Ces concerts ont vu se produire à 107 reprises les Choeurs et l'Ensemble Instrumental de la Madeleine avec à leur tête Joachim HAVARD de la MONTAGNE. Ils ainsi ont interprété près de 900 œuvres écrites par 180 compositeurs différents environ. Mais également se sont produites à 80 reprises des formations extérieures invitées qui ont joué 650 œuvres écrites par 90 compositeurs; sans oublier à 20 reprises un récital d’orgue totalisant une centaine d’œuvres d’une trentaine de musiciens.

Une étude des œuvres et des compositeurs programmés lors de ces Heures de musique nous permet de tirer quelques conclusions non dénuées d'intérêt :

Les compositeurs les plus joués par les Choeurs et l'Ensemble Instrumental de la Madeleine ainsi qu’au cours des concerts consacrés aux grandes orgues sont de loin les compositeurs français (40%) suivis des Allemands (18%) et des Italiens (16%). Loin derrière on trouve les Autrichiens (à peine 4%) avec BRUCKNER, EBERLIN, GRUBER, J. et M. HAYDN, MOZART et SCHUBERT; les Anglais (2,8%) avec J. BLOW, W. BOYCE, W. BYRD, H. PURCELL et J. STANLEY; les Russes (2,3%) avec GLAZOUNOV, GRETCHANINOFF, STRAVINSKI et TCHAIKOVSKY; les Espagnols (1,7%) avec Don Sébastien DURON, A. SOLER et T. VITTORIA; les Suisses (1,1%) avec P. KAELIN et M. ROESGEN-CHAMPION et les Tchèques (1,1% également) , avec BRIXI et DUSSEK. En queue de peloton, avec chacun moins de 0,6%, on trouve les Portugais (Jean IV de Portugal), les Américains (S. BARBER), et les Hongrois (LISZT). Ajoutons qu'une vingtaine de pièces anonymes ont été également jouées au cours de ces Heures.

Mais parmi ces compositeurs en affinant notre étude on découvre les préférences musicales du directeur des Heures de musique ! On a vu que les compositeurs français sont les plus joués, mais parmi ceux-ci il ressort un taux important (45%) de musiciens de la seconde moitié du dix-neuvième siècle : DALLIER, Théodore .DUBOIS, DUKAS, DUPRé, FAURé, GIGOUT, GUILMANT, Pierre .KUNC, de LIONCOURT, MIGNAN, PIERNé, RAVEL, S. ROUSSEAU, A ROUSSEL, RUNNER, de SAINT-MARTIN, SAINT-SAENS, VIERNE, WIDOR...; les autres 55% sont constitués tout d'abord de compositeurs de la période baroque (27%) parmi lesquels on trouve tous les plus connus tels que CAMPRA, CHARPENTIER, COUPERIN, DAQUIN, DELALANDE, DESMARETS et RAMEAU; des contemporains (15%) : Jehan ALAIN, Jacques CHAILLEY, Jeanne DEMESSIEUX, Maurice DURUFLé, André JOLIVET, Jean LANGLAIS, Gaston LITAIZE, Olivier MESSIAEN, Jean PAGOT....; et en dernier lieu des compositeurs romantiques: A. ADAM, H. BERLIOZ, G. BIZET, A. FESSY, ,C.GOUNOD, A. LAVIGNE, L.J.A .LEFEBURE-WELY...

Au contraire, pour les musiciens allemands c'est la période baroque qui est préférée : J.S. BACH, Johann-Christian BACH, Johann-Christoph BACH, Karl-Philipp-Emmanuel BACH, Wilhelm-Friedman BACH, G. BOEHM, BUXTEHUDE, GLUCK, HAENDEL, LAUFFENSTENIER, PACHELBEL, PRAETORIUS, SCHEIDT, SCHiUTZ, TELEMANN.., quoique les grands romantiques ne sont pas oubliés avec BEETHOVEN, BRAHMS, MENDELSSOHN, SCHUMANN et WAGNER...

Chez les Italiens, là aussi les compositeurs des XVIIème et XVIIIème siècles sont les plus joués : ALBINONI, CALDARA, CARISSIMI, CORELLI, GALUPPI, LEGRENZI, MANFREDINI, MARCELLO, MONTEVERDI, SCARLATTI, STRADELLA, VIVALDI et ZIPOLI. Ils sont cependant suivis de près par les grands compositeurs italiens du siècle suivant : BELLINI, CHERUBINI, DONIZETTI, MASCAGNI, PUCCINI, ROSSINI, VERDI...

Une autre analyse concernant la fréquence des compositeurs joués est des plus révélatrice : Jean-Sébastien BACH est de loin le plus fréquemment interprété : près de 10 fois plus que les autres compositeurs. Il est suivi, mais de loin, par VIVALDI et MOZART (à peine 5 fois plus que les autres), puis par Gabriel FAURé (3,5 fois plus), HAENDEL et FRANCK (3 fois), GOUNOD, MENDELSSOHN, SAINT-SAENS et WIDOR (2,5 fois) et enfin VIERNE et TELEMANN (2 fois).

Quant aux œuvres elles-mêmes , c'est l' Oratorio de Noël de Camille SAINT-SAENS qui a été donné le plus souvent (à 6 reprises dont 2 fois dans son intégralité), puis le Noël du Diable de Joachim HAVARD de la MONTAGNE (à 5 reprises) et en troisième position le Te Deum de Johann-Christian BACH, le Venite Exultemus de M.R. DELANDE, le Cantique de Racine de G. FAURé, le Salve Regina op.67 n°1 du même auteur l'Alleluia extrait du Messie de HAENDEL, la Marche Royale de J.B.LULLY, le Sancta Maria KV. 273 et le Te Deum KV. 141 de MOZART, le Canon de PACHELBEL, le Psaume 117 de TELEMANN et la Messe de Saint-Hubert (pour trompes de chasse et orgue) ; toutes ces œuvres ayant été jouées à 4 reprises Enfin viennent les pièces interprétées à 3 reprises et qui méritent de figurer ici : le Minuit, Chrétiens ! de A. ADAM, le motet Pastores (pour ch. et orch.) de BRIXI, les motets Laudate Pueri Dominum et Adducentur Regi Virgines de CAMPRA, le Requiem en ut mineur de CHERUBINI, le motet Germinavit radix Jesse de CLERAMBAULT, le Tu es Petrus de Thédore DUBOIS , le Psaume 150 et le motet Quae est ista de FRANCK, le motet Canzon duidecimi toni de GABRIELI, le De profundis de GLUCK, l’ode Zadok the Priest de HAENDEL , l’Ave Maria de LISZT, le Salve Regina de MONTEVERDI, la Symphonie de chasse de MOURET, l’Ode à Sainte Cécile (Z339) et l’Anthem O Sing unto the Lord de PURCELL, l’O Salutaris de ROSSINI, l’Ave Verum de SAINT-SAENS et enfin le Magnificat de VIVALDI....

Quant à Jean-Sébastien BACH, le Goethe de la musique, accordons-lui une place de choix à part, comme il le mérite : à plus de 70 reprises les Chœurs et l’Ensemble Instrumental de la Madeleine , ainsi que les organistes du grand orgue ont interprété des œuvres de cet illustre musicien. C'est la Passion selon Saint-Jean, avec des extraits plus ou moins importants, qui a été donnée le plus souvent (6 fois), suivie du Magnificat BWV 243 (4 fois dont 3 fois dans son intégralité), et du célèbre choral Jésus que ma joie demeure (4 fois également). Ensuite viennent l'Oratorio de Noël, le motet BWV230 Lobet den Herrn, la Sinfonia de la 29ème Cantate pour orgue et orchestre, les Cantates 78, 79, 142 et 150 ; toutes ces oeuvres donnés à deux reprises.

Les concerts d'orgue joués par Odile PIERRE (1974 à 1977), Pierre GAZIN (1978) puis François-Henri HOUBART (depuis 1979) montrent une même prédilection de la part des interprètes pour les pièces de J.S. BACH (20 % des oeuvres). Après lui, mais assez loin derrière viennent par ordre VIERNE, FRANCK et DUPRé pour Odile PIERRE ; et FRANCK, WIDOR, DUPRé et VIERNE pour F.H. HOUBART.

Nous avons dit que 80 Heures de musique avaient été assurées par des formations extérieures à l'église de la Madeleine. Plus précisément c'est une cinquantaine d'orchestres ou chorales invités qui se sont produits. Parmi ceux-ci que nous ne pouvons tous citer, cela va des Petits Chanteurs de Chaillot à la Chorale Franco-Allemande de Paris, en passant par la Chorale Elisabeth Brasseur, le Grand Orchestre d'harmonie de la Police Nationale et la Chorale de la cathédrale St-Louis de Versailles, sans oublier les Chœurs de l'Armée Française, les Chœurs Massillon et le Rallye Dampierre trompes de chasse).

L'ensemble Vocal et Instrumental Ars Musici, que dirige Guy REVERDI, s'est produit à 8 reprises depuis avril 1981, ainsi que le Choeur Tchaïkovsky, dirigé par Galina GRIGORIEVA puis après sa disparition par Ludmila LENTZY, à 7 reprises depuis janvier 1976. Le Débuché de Paris (trompes de chasse), la Chorale St-Serge (direction: Nicolas OSSORGUINE), la Schola St-Grégoire du Mans (dir. Denise LEBON) et la Maîtrise des Hauts-de-Seine (dir. Francis BARDOT) se sont également produits à plusieurs reprises.

Des formations étrangères ont été aussi invitées : le Collegium musicum Amsteldanene (oct.1977), l’Old St Mary's choir San Francisco (mai 79), le Vocaal Ensemble Raphal (Pays-Bas, oct.80), l’American church choir (déc.80), l’Orchestre de Linz (Autriche, nov.80), le Sipan Komitas (chœur mixte Arménien, janv.82), l’Ensemble vocal Bulgare (mars 87), la formation Los Calchakis (oct.87 et oct.89), la Chorale sénégalaise des Martyrs de l'Ouganda (avril 88)....

Cette étude, un peu sévère avec ces énumérations d’œuvres et de chiffres, démontre cependant l'éclectisme et l'universalité de ces Heures de musique à la Madeleine où l'on interprète toutes musiques de toutes époques et de et de toutes origines !

Grâce à ces recherches il est amusant d'établir un hit-parade des musiciens et œuvres préférés des Choeurs et de l'Ensemble Instrumental de la Madeleine :

Musiciens les plus joués :

La Passion (Albert Durer)
La Passion ( Albert Durer  )

1 - Jean-Sébastien BACH
2 - Antonio VIVALDI
3 - Wolfgang-Amadeus MOZART
4 - Gabriel FAURé
5 - Georg-Friedrich HAENDEL
6 - Joachim HAVARD DE LA MONTAGNE
7 - César FRANCK
8 - Charles GOUNOD
9 - Félix MENDELSSOHN
10 - Camille SAINT-SAENS

Œuvres les plus jouées :

1 - Passion selon St Jean BACH
2 - Oratorio de Noël SAINT-SAENS
3 - Noël du Diable J. HAVARD de la MONTAGNE
4 - Magnificat BWV243 BACH
5 - Choral Jésus que ma joie demeure BACH
6 - Cantique de Racine FAURÉ
7 - Alleluia du Messie HAENDEL
8 - Marche Royale LULLY
9 - Te Deum MOZART
10 - Venite Exultemus DELALANDE

Ces Heures de musique ont connu de grands moments musicaux comme celui du 22 octobre 1974 Hommage à Gabriel Fauré, avec le concours de Lily LASKINE, cette grande dame de la harpe, et Elisabeth HAVARD de la MONTAGNE au grand orgue. On put notamment entendre le Tu es Petrus pour chœur et deux orgues de Fauré; celui du 18 mars 1974 Choralies, au cours duquel se produisirent 350 exécutants appartenant à 9 chorales parisiennes, dans des œuvres allant de Van Berchem à Stravinsky; le concert de Noël de 1975 avec l'Ensemble d'instruments anciens de Bury (dir. Père J.J. DUBAYLE) qui interpréta, entre autres œuvres, le Noël pour les Instruments de M.A.CHARPENTIER; les séries Musique religieuse et romantiques étrangers, et Musique religieuse et romantiques français (février et mars 1976) au cours desquelles on put écouter des morceaux admirables de MENDELSSOHN, SCHUBERT, LISZT, BRAHMS, BRUCKNER, FRANCK, Th. DUBOIS et SAINT-SAENS ; le concert du 19 octobre 1976 avec un duo peu commum orgue et clavecin (Odile PIERRE et Elisabeth HAVARD de la MONTAGNE); celui du 17 février 1977 lorsque les Choeurs Massillon, placés sous la direction du regretté R.P. François PICARD, chantèrent de magnifiques polyphonies religieuses des XVIème et XVIIème ; et encore les trompes de chasse du Rallye Louvart, du Débuché de Paris ou encore du Rallye Dampierre qui se produisirent à plusieurs reprises, ainsi que l’Ensemble de cuivres Pierre Soufflet et le Quatuor de Saxophone de France.



Église de la Madeleine, 22 novembre 1983, Requiem en ut mineur de Luigi Cherubini.
Les Choeurs et l'Ensemble instrumental de la Madeleine
sous la direction de Joachim Havard de la Montagne (photos C. et DHM)

N’oublions pas enfin la musique religieuse russe (avril 77) fort bien interpetée par la Chorale Tchaïkovsky (dir. Galina GRIGORIEVA), la chorale Elisabeth Brasseur, qui donna en 1èreaudition la Messe en ré pour chœur et orgue de Daniel ROTH (mai 78); le curieux Quatuor de harpes de Jacqueline Bender (avril 79); le concert de Noël 1979 qui fut le dernier concert d'Elisabeth avant sa disparition et où elle tenait la partie d'orgue dans l'Oratorio de Noël op.12 de SAINT-SAENS; le Requiem solennel de Michaël HAYDN (juin 80), grand chef d’œuvre méconnu; Les Complies de Joachim HAVARD de la MONTAGNE données en lères audition lors du concert du dixième anniversaire des Choeurs de la Madeleine (24 novembre 1981); Les Sept Paroles du Christ pour chœur, soli, orgue et orchestre de Théodore DUBOIS, données à deux reprises et qui obtinrent à chaque fois un immense succès; l'oratorio Gallia de GOUNOD (mars 83); la Messe solennelle en ut dièse mineur pour chœur et deux orgues (op.16) de Louis VIERNE interprétée en avril 1983 par la Manécanterie des Petits Chanteurs du Marais placée sous la direction de Jean-Paul POUPART, avec Alain POIRIER-BREMONT à l'orgue de chœur et Joachim HAVARD de la MONTAGNE au grand orgue; la Centième Heure de musique (13 décembre 1983) qui vit l'exécution de l’Oratorio de Noël (op.12) de SAINT-SAENS et le Gloria RV 589 de VIVALDI; le Requiem de MOZART (avril 1985); le Choeur de l'Armée Française (mai 1985); le Requiem de SAINT-SAENS (juin 1985) donné pour le cent-cinquantième anniversaire de sa naissance; le Requiem en ut mineur de CHERUBINI, auquel assistait, peu de temps avant sa mort accidentelle Louis de BOURBON, duc d'Anjou et de Cadix (mars 1986); le pittoresque concert du 24 juin 1986 consacré à la musique religieuse dans l'opéra et où l'on put entendre avec ravissement la Prière de Moïse (ROSSINI), le choeur des fiançailles extrait de Lohengrin et le choeur des Pélerins extrait de Tannhauser (WAGNER, le choeur de l'église des Saintes-Maries extrait de Mireille (GOUNOD) et le célèbre Regina Coeli extrait de Cavalleria Rusticana (MASCAGNI)...

Nous pourrions facilement écrire encore des pages et des pages sur les œuvres ayant marqué les Heures de musique à la Madeleine, mais cette longue liste risquerait de devenir bien vite fastidieuse. Cependant nous ne pouvons pas résister à citer encore quelques concerts, ne serait ce que rapidement: Concerto pour hautbois de MARCELLO (février 1988), la Chorale Sénégalaise des Martyrs de l'ouganda (avril 1988) avec l’interprétation remarquable de chants grégoriens et sénégalais; la Messe de Pâques de GOUNOD (mai 1988) ; les Petits Chanteurs à la Croix de Bois (janvier 1989); le magnifique Requiem de DURUFLé (juin 1989); le vingtième anniversaire des Choeurs de la Madeleine (19 novembre 1991) avec la 1ère audition de l’Office de Prime de Joachim HAVARD de la MONTAGNE; le Psaume 42 de MENDELSSOHN (juin 1992); le Requiem allemand de BRAHMS (avril 1993) sous la direction d'Alain BOULFROY; le Grand Orchestre d'Harmonie de la Police Nationale (janvier 1994); la Passion selon St Marc et l’Oratorio de Pâques de J.S. BACH (mars et juin 1984)....

Enfin rappelons ici la disparition de plusieurs choristes et solistes habitués des Heures de musique : Marcel LEBRETON, Jeanne RAMBERT et Jacques de VALLON, ainsi que Pierre d'HOLLANDER, ancien baryton de l'Opéra-Comique qui excellait notamment dans le Requiem de Mozart et dans les Complies de Joachim HAVARD de la MONTAGNE; Georges POUSSIER, ténor solo, dont on se souvient la belle prestation dans l’Oratorio de Noël de SAINT-SAENS; et Bernard ANGOT, qui, avec sa belle voix de baryton, charmait le public dans la Messe du Couronnement de MOZART, dans les Sept Paroles du Christ de Th.Dubois et dansle célèbre Minuit, Chrétiens d'A.Adam.

Le programme de cette 200ème Heure de musique à laquelle viendra très certainement assister un public nombreux, ce 13 décembre 1994, est des plus attrayants : Joachim HAVARD de la MONTAGNE à la tête de ses choeurs et de l'ensemble instrumental de la Madeleine nous fera entendre la Messa di Gloria pour soli, chœur et orchestre, que Giacomo PUCCINI (1858-1924), plus connu d'ailleurs pour ses opéras (la Bohême, Madame Butterfly, Turando...) que pour sa musique religieuse, écrivit en 1876, juste après avoir assisté au théâtre de Pise à la représentation d'Aida de Verdi qui provoqua en lui un véritable coup de foudre: au lieu de devenir organiste et maître de chapelle de l'église St-Martin à Lucca, et ainsi devenir le représentant de la cinquième génération des Puccini à exercer dans la musique religieuse, il se lançait dans la musique de théâtre... Egalement au programme, en première partie: un Prélude pour un anniversaire (orchestre et chœur) composé spécialement par Joachim HAVARD de la MONTAGNE; une courte page de Georg BOEHM (1661-1733) intitulée O Tannenbaum, qui est également l'auteur de cet admirable aria Vater unser qu'Elisabeth interprétait avec tant de sensibilité à l'orgue de l'église Sainte-Odile (Paris XVII°) lors d’un récital du 20 avril 1966; quelques Noëls Provençaux et le Mystère de la Nativité (arrangements de J.H.M.) ; et enfin, l'Antienne de Noël "Tecum principium" de Vincenzo BELLINI (1801-1835), autre musicien italien, qui, dans sa jeunesse, inclinait pour la musique religieuse avant de s'adonner à la composition de musique pour le théâtre et qui aurait pu être un grand rival de Verdi si la mort de l'avait pas enlevé prématurément à l'âge de 34 ans.

Nous terminerons nos propos en souhaitant encore une longue vie aux Heures de Musique à la Madeleine et en rappelant cette devise adoptée par l'Association des Chœurs de la Madeleine : "La musique doit humblement chercher à faire plaisir" (Claude Debussy).

Michel Villedieu
(novembre 1994)

 


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