CHARLES MAGIN
(1881-1968)

Charles Magin, peint par  A. Guidat, 1930.
Portrait de Charles Magin à l'orgue du Sacré-Cœur de Nancy peint par Armand Guidat en 1930, actuellement entreposé au presbytère de l'église du Sacré-Cœur de Nancy
( photo O. Geoffroy )

 

Charles Magin
Charles Magin à l'orgue de l'église du Sacré-Cœur de Nancy, vers 1945
( coll. Olivier Geoffroy )

Fils de Jacob et Ernestine Magin, Charles était le seul garçon d’une famille de cinq enfants. Son père, originaire d’Allemagne, opta pour la France et c’est ainsi que, le 29 mars 1881, le petit Charles vit le jour à Altenstadt, dans le Bas-Rhin. La famille déménagea à Lunéville, en Meurthe-et-Moselle. Jacob y trouve un emploi d’homme de peine. A l’âge de huit ans, en revenant de la fontaine avec une carafe d’eau, Charles fait une chute, brise le récipient, s’entaille et perd l’œil droit. Sa mère meurt à l’âge de trente-cinq ans et les filles, Isabelle, Elisabeth, Anna et Joséphine entrent à l’Orphelinat d’Haroué, pour soulager la tâche d’un père resté seul et sans argent.

Le " petit Charles ", ainsi que l’appelaient ses parents est envoyé comme pensionnaire à L’Institution des Jeunes Aveugles, rue de Santifontaine à Nancy. Fondée en 1852 par le chanoine Nicolas Gridel (1801-1885), ancien curé de la cathédrale de Nancy, cette école donnait aux non voyants une solide formation intellectuelle et musicale. Outre la possibilité de devenir accordeurs de piano ou professeurs de musique, l’étude de l’orgue, en particulier leur permettait de trouver une situation comme employé d’église et leur garantissait une relative autonomie financière.

Choral de Charles Magin
Première page manuscrite du Choral en fa majeur pour grand orgue de Charles Magin, dédié "A Monsieur l'abbé Matte, souvenir bien sympathique". L'écriture est celle dudit abbé, professeur au Petit Séminaire, sous la dictée de l'auteur, ca 1950
( oeuvre inédite, déposée à la Sacem, copie O. Geoffroy )

Il apprit tout d'abord le piano, instrument dont il perfectionnera plus tard la technique avec Albert Harnisch, d'origine suisse et ancien élève de Widor au Conservatoire de Paris. Il se tourna ensuite vers l’orgue sous la conduite d’Henri Hess, premier prix de la classe de François Benoist.

Extrêmement doué, Magin remporta les premiers prix de solfège, d’harmonie, de contrepoint, de piano et d’orgue. En 1898, il eut la faveur de faire un stage d’une année à Paris où il reçut les conseils de Louis Vierne et Charles-Marie Widor.

Dès son retour à Nancy, il fut nommé, à dix-huit ans, professeur de piano, d’orgue et d’harmonie à l’Institution des Jeunes Aveugles de Nancy. C’est là qu’il guida les premiers pas du jeune Gaston Litaize. Reconnaissant, ce dernier n’oublia jamais de rendre visite à son ancien maître lorsqu’il passait par Nancy.

En 1902, il est nommé organiste de la nouvelle Basilique du Sacré-Coeur fondée par le chanoine Henri Blaise. Après avoir accompagné les offices sur un harmonium, il peut toucher en 1905 un orgue de chœur de 20 jeux suivi deux ans plus tard d’un grand orgue de 16 pieds en montre comptant 48 jeux dont deux de 32 pieds.

Virtuose reconnu, il inaugura plusieurs instruments lorrains. Voici deux témoignages de son talent rapportés par son suppléant le docteur Jean Racadot :

De jeunes mélomanes avaient un jour entendu la Fantaisie et fugue en sol mineur de Jean-Sébastien Bach à la radio. Membres de la chorale, ils questionnèrent Charles Magin afin de savoir ce qu’il pensait de cette musique. Selon la conception en vogue à l’époque, il répondit que pour lui les œuvres de Bach étaient monotones et tenaient plus des exercices destinés à délier les doigts des apprentis que d’un répertoire de concert véritablement sérieux ! Les jeunes gens insistèrent en lui demandant s’il avait joué cette pièce. Il répondit qu’il l’avait étudié étant encore élève. Finalement, pour la sortie de la messe, il prépara les jeux et exécuta de mémoire et sans une faute ces pages complexes du Cantor de Leipzig !

Son oreille et sa mémoire musicales particulièrement développées lui rendirent bien des services comme cette fois où pour un mariage on lui demanda d’accompagner la Messe de César Franck. Conscient du travail important que demandait l’apprentissage d’après la version en braille de l’accompagnement qu’il n’aurait sans doute plus jamais à jouer, il demanda à son suppléant de la déchiffrer pour lui. Après avoir pris quelques notes pendant l’audition, il put la jouer intégralement, sans un oubli !

Verbum Supernum de Charles Magin
Fragment de la pièce liturgique pour la Fête-Dieu, Verbum supernum, de Charles Magin, dédicacée "à Monsieur l'abbé Claude Musquin", publiée dans la revue "Musique Sacrée - l'Organiste", n° 4 , mai 1952, PC 22 MS
( coll. D.H.M. )

En 1952, à l’occasion du centenaire de l’Institution des Jeunes Aveugles, on avait promis la Légion d’Honneur à Charles Magin... mais il ne reçut jamais le ruban, des personnalités du ministère ayant estimé qu’il n’était pas prioritaire.

Il faut également signaler que Charles Magin fut professeur d’orgue et d’harmonium au petit séminaire de Nancy où des prix étaient remis en fin d’année aux élèves les plus méritants.

En février 1957, très fatigué par cinquante-huit années d’enseignement, il fait valoir ses droits à la retraite tant à l’Institution des Jeunes Aveugles qu’au Petit Séminaire. Il obtient le grade d’Officier des Palmes académiques reçu lors d’une cérémonie à la salle Poirel et continue de jouer au Sacré-Coeur jusqu’au lundi de Pâques où victime d’une congestion pulmonaire, il juge préférable d’obéir à son médecin et de céder sa place à Guy Jeaugey, également non voyant et ancien pensionnaire de l’Institution.

Il accepte encore volontiers de se rendre au Conservatoire de Nancy à l’occasion des examens de fin d’année. Invité plusieurs années de suite par Marcel Dautremer, directeur, à faire partie du jury pour les classes d’orgue et d’harmonie, il surprend par son jugement net, son attention et sa grande bienveillance. Il est également chargé d’écrire quelques morceaux pour les examens de lecture à vue.

C’est le 20 avril 1968 qu’il décède à l’âge de quatre-vingt-sept ans. Bon père de famille (deux enfants André et Elisabeth), bon pédagogue, il suscitait l’admiration de tous. Lorsque les futurs mariés venaient au presbytère s’enquérir des qualités de l’organiste qui jouerait pendant la cérémonie, Louis Gall, le sacristain de la Basilique s’empressait de préciser " Maître Magin, bien sûr, Premier Grand Prix de Rome !", ce qui n’était pas tout à fait exact !

Outre de nombreux cantiques, messes et motets, il écrivit pour l’orgue un grand Choral en sol dièse mineur, un Lauda Sion (deux pièces difficiles données à plusieurs reprises au concours de la classe d’orgue du Conservatoire de Nancy), un Ubi caritas, un Pange lingua et une Suite symphonique " Jeanne d’Arc ". Pour l’harmonium, plusieurs pièces pour la revue L’Organiste, des paraphrases sur des chants à la Vierge, des Elévations, des offices complets intitulés Louons le Dieu Sauveur.

Très humble, Charles Magin n’a jamais recherché la notoriété. Sa personnalité transparaît dans ses œuvres, en particulier dans les pièces aux registrations douces pour orgue ou harmonium. Les Elévations et Communions, très poétiques, ou les paraphrases grégoriennes sur des chants à la Vierge, par exemple, constituent une évocation sonore assez fidèle du caractère de leur auteur.

Olivier GEOFFROY
Agrégé de l’Université



Charles Magin et la presse

 

Voici quelques articles parus dans différentes revues en rapport avec des publications d’œuvres ou des concerts donnés par Charles Magin :

En 1902, à l’Institution des Jeunes Aveugles de Nancy :

" M. Magin donna une nouvelle preuve de son talent dans l’exécution de la Fugue en ut de Bach ".

[La Semaine religieuse de Nancy, 1902, p. 1011]

 

En 1908, parution d’un Ave Maria pour soprano ou ténor avec accompagnement de violon et orgue [Nancy, Dupont-Metzner, 1908] :

" Il est dû à notre jeune et distingué organiste, M. Charles Magin, professeur de musique à l’Institution des Jeunes Aveugles. M. Magin est un des meilleurs élèves de feu M. Henri Hess, organiste de la Cathédrale de Nancy et c’est à la mémoire de son regretté maître que, reconnaissant, il a dédié cette nouvelle oeuvre.

Elle est digne du maître et fait honneur à l’élève.

La phrase en fa majeur est pieuse et simple comme il convient. Le texte a été respecté, et sauf les mots Ave Maria qui reviennent après Dominus tecum, il n’y a pas de ces fatigantes et inutiles répétitions que condamnent à la fois le bon goût et les règles liturgiques.

La redite de nunc et in hora mortis nostrae s’explique par l’insistance dans une telle prière. La félicitation : Benedicta tu in mulieribus... est dite joyeusement et légèrement par une modulation en la majeur, et le ton initial revient pour l’imploration : Sancta Maria... avec la mélodie du début.

L’accompagnement est léger sans être sautillant et suit le chant sans l’alourdir... une partie de violon ad libitum peut ajouter à l’effet. Le rythme est à ¾ lent.

Cet Ave Maria est écrit pour soprano ou ténor et se maintient dans l’étendue moyenne de ces voix ; il est facilement accessible.

M. Magin se révèle en cette oeuvre, comme dans sa Messe du Sacré-Coeur, dédiée à M. le chanoine Blaise et dont nous aurons un jour à parler, un compositeur de sérieuse école, tant au point de vue de la mélodie que de l’harmonie. Il est moderne sans exagération, avec toutes les solides qualités d’un classique.

Profitons de la circonstance pour le féliciter des effets grandioses, délicats et variés qu’il tire des 48 jeux de notre excellent grand orgue, auquel le maître Widor a trouvé une si réelle valeur. M. Magin, soit dans les pièces qu’il interprète, soit dans ses improvisations, nous apparaît comme ayant hérité du talent de son maître et nous nous félicitons qu’il nous soit demeuré attaché, quand il aurait pu, s’il avait voulu, prendre à la Cathédrale la place laissée vacante par le décès de M. Hess. M. Magin, malgré sa modestie, s’affirmera et prendra une des premières places parmi les organistes lorrains.

Nous recommandons donc cet Ave Maria à toutes les personnes qui veulent chanter " quelque chose " de vraiment religieux et musical. Elles trouveront ce morceau au prix de 1 fr. 25 net, à la maison Dupont-Metzner qui l’a soigneusement édité, chez l’auteur aux Jeunes Aveugles et aussi à notre magasin d’objets de piété. "

[Le Nouveau Labarum, octobre 1908, p. 157-58.]

 

En 1909, à la Toussaint :

" Les offices aussi ont été particulièrement solennels et attrayants. A la Grand’messe, l’exécution de la messe si harmonieuse de Gruber, avec accompagnement d’orchestre, l’exécution de la merveilleuse cantate de Bach, aux Vêpres, les psaumes en faux-bourdons, le tout très finement étudié et mis au point le plus parfait par le groupe des choristes et des chanteuses de la paroisse sous la direction de M. Magin et des deux vicaires, ont formé un ensemble musical digne des plus grandes cathédrales. Et en vérité, à ce point de vue, nous n’avons rien à envier à personne. "

[Le Nouveau Labarum, novembre 1909, p. 95.]

 

La fête de la maîtrise du Sacré-Coeur en 1912 donna l’occasion à Charles Magin d’user de sa plume pour transcrire en un article les impressions ressenties lors de l’audition :

" Le dimanche 30 juin, la Maîtrise paroissiale, à l’occasion de sa fête annuelle, a exécuté avec art et expression des chants d’une réelle beauté et d’un profond sentiment religieux ; mais aussi, d’une interprétation vraiment peu facile.

Parmi les oeuvres entendues, il faut citer un superbe Adoro te devote (adaptation à un choral de J.-S. Bach) ; et les remarquables faux-bourdons de l’abbé Perruchot. Mais, celle qui a été particulièrement goûtée : c’est la Messe brève (Missa brevis) de Palestrina, le célèbre compositeur du XVIè siècle, surnommé par ses contemporains " le prince de la musique et des musiciens ".

Missa brevis, à 4 voix mixtes, est écrite dans le style sévère et ardu du contrepoint fugué et du canon ; c’est ce qui en fait la difficulté.

Le thème du sujet est proposé par une seule partie ; puis, à la deuxième mesure, une seconde partie attaque le contre-sujet (appelé aussi contrepoint), celui-ci s’alliant au sujet principal tout en conservant un rythme particulier. Ensuite, les deux autres parties entrent successivement, exposant, à leur tour, le sujet et le contre-sujet.

Bientôt, les thèmes se resserrent, se mélangent, se croisent d’une partie à l’autre, se renversent, sont dits en valeurs brèves par une voix, pendant qu’une autre les dit en valeurs longues, etc. Et, malgré ces transformations et ces renversements, on reconnaît toujours le thème initial, ou l’un de ses fragments.

Tout cela forme un ensemble excessivement compliqué, mais très agréable à l’oreille, parce que très chantant. On peut dire de chacune des voix : C’est une calme et pieuse mélodie.

La mise au point d’un tel chef-d’oeuvre exige une fort longue préparation et une patience inlassable ; aussi, faut-il louer grandement M. l’abbé Ledain et les personnes de bonne volonté qui constituent la Maîtrise paroissiale, du travail intense qu’ils ont fourni pour apprendre, nuancer et assembler cette messe intéressante. Ils ont, d’ailleurs, été récompensés de leur labeur, car l’exécution a été parfaite à tous points de vue, et de l’avis de tous, c’est un véritable tour de force accompli par M. l’abbé Ledain et ses excellents fidèles chanteurs.

Ch. Magin,

Organiste de la Basilique du Sacré-Coeur.  "

[Le Nouveau Labarum, juillet 1912, p. 31.]

 

En 1931, paraît Ave Maria, une première série de cinq pièces pour harmonium (Nancy, SAEM, 1931) :

" La méditation des mélodies liturgiques a inspiré de belles pages à MM. Guilmant, Tournemire, Quignard, aux chanoines Chabot et Collard ; M. Magin s’inscrit à la suite de ces maîtres, et nous offre, sous le titre de Ave Maria (le cahier 15 fr.) une première série de cinq pièces pour harmonium, développant des fragments de timbres bien connus des mélophiles, comme Ave Virgo speciei, Tota pulchra es, Salve Mater...

L’organiste du Sacré-Coeur est un classique, qui sait à l’occasion faire appel aux combinaisons harmoniques modernes.

Les paraphrases musicales où l’on note d’intéressants fugatos trouveront leur place à l’offertoire des fêtes de la Sainte Vierge ou à l’entrée d’un office marial ; elles n’effrayeront pas, encore qu’elles doivent être travaillées, un organiste de moyenne force. Ave Maria est écrit pour orgue sans pédale. "

[La Semaine religieuse de Nancy, 1931, p. 644-45.]

 

Toujours en 1931 paraît à la SAEM un Stabat Mater pour chœur et orchestre :

" Par ses dimensions, ce Stabat est réservé aux concerts spirituels ; comme l’œuvre est dédiée à M. Bachelet [(1864-1944), Grand Prix de Rome et directeur du Conservatoire de Nancy], il est permis d’espérer qu’on l’entendra au Conservatoire, peut-être au dernier des concerts de la saison, où le programme fait une large place à la musique d’inspiration religieuse, et les Nancéiens seront heureux d’applaudir le brillant organiste du Sacré-Coeur. "

[La Semaine religieuse de Nancy, 1930, p. 9.]

 

Le 25 janvier 1932, à l’Institution des Jeunes Aveugles de Nancy :

" A l’orgue, le maître Magin soutenait, dirigeait, commentait avec autorité, l’exécution d’une messe à deux voix mixtes, oeuvre récente, d’une écriture sévère, d’une inspiration vraiment liturgique, due à l’organiste de Notre-Dame de Versailles, M. Quignard. "

[La Semaine religieuse de Nancy, 1932, p. 85.]

 

En 1932, parution du Choral en sol # mineur pour orgue :

" Cette pièce, très décorative, dédiée à M. Thirion, professeur d’orgue au Conservatoire, vient de paraître ; elle est d’une lecture et d’une exécution assez difficiles ; aussi, les organistes ne la travailleront-ils pas sans profit. "

[La Semaine religieuse de Nancy, 1934, p. 542-43.]

 

Le 2 octobre 1932, Magin inaugura les travaux d’agrandissement de l’orgue d’Uckange, en Moselle :

" La bénédiction solennelle des nouvelles orgues d’Uckange, sorties des ateliers de la maison Haerpfer de Boulay, avait attiré, dans cette accueillante localité, un grand nombre d’amis de l’orgue et de la musique sacrée. Le choeur paroissial, bien stylé, fit montre, sous la savante direction de M. Krier, de hautes capacités grégoriennes et polyphoniques. On en jugera par le programme qui, à côté des chants liturgiques du jour, comprenait des compositions de Zachariis, Stollewerk, Van Durme, Perruchot et Fabre.

M. Magin, organiste et professeur de Nancy, inaugura les nouvelles orgues, en donnant, avec une technique impeccable, des oeuvres de Haendel, J.-S. Bach, Couperin, Dandrieu, C. Franck, Widor, Vierne, Gigout et Magin. Dans une allocution de circonstance, M. l’Archiprêtre de Hayange parla de l’extension qu’a pris, dans notre pays, l’industrie de l’orgue, et fit ressortir le rôle merveilleux de cet instrument au service de l’art sacré.

Les nouvelles orgues d’Uckange, par leur incomparable précision, la beauté de leurs sons et le nuancé si fin et si varié de leurs registres, font honneur à leur constructeur, M. Haerpfer de Boulay. "

[Revue Saint-Chrodegang, 15ème année, n° 1, 1932-33, p. 15.]

 

Voici, pour conclure, l’extrait d’un poème écrit par André Magin (1915-2001), le fils du compositeur (qui date par erreur la construction du grand orgue en 1904 -en réalité : 1907-) :

" Pendant un demi-siècle et trois autres années,
Charles Magin, mon père, a honoré son Dieu
Et décollé les âmes des terrestres pensées
Par la magie des sons d’un orgue prestigieux.

Charles-Marie Widor, le maître bien connu,
Avait, en ce temps-là, donné le coup d’envoi.
Le siècle avait quatre ans et papa fut promu
Titulaire d’un orgue aux quarante-huit voix.

Sous les voûtes sonores de notre Sacré-Cœur,
Sa musique a donné des ailes aux prières
De croyants non contraints de réciter en chœur,
Sous l’ordre d’un clerc, des textes lapidaires.

Même des incroyants venaient dans notre église
Et leur cœur hermétique aux saintes oraisons,
S’ouvrait pour un instant au Beau qui divinise
Quand mon père faisait ses improvisations. "

               A. Magin       Caroli filius

Olivier Geoffroy


Catalogue simplifié des oeuvres de Charles Magin

 

Oeuvres pour orgue avec pédale obligée

Lauda Sion, Nancy, SAEM, 1930, nouv. éd. en 1947.

Pange lingua, Nancy, SAEM, 1930.

Choral en sol dièse mineur, Nancy, SAEM, 1932.

Ubi caritas, Nancy, SAEM, 1945.

Jeanne d’Arc, suite symphonique pour grand orgue, inédite, enregistrée à la SACEM le 21 septembre 1951.

Choral en fa, " l’âme croyante et joyeuse ", inédit, enregistré à la SACEM le 17 septembre 1954.

Trois Elévations, Recueil L’Organiste jubilaire (1934-1959), éditions L’Organiste, 1959.

Six Pièces brèves et faciles, inédites, [1964].

Pie Pelicane, L’Organiste, nouvelle série, n° 6.

Canzonetta pour grand orgue, inédite.

Choral en fa, inédit.

La Maison de Nazareth, pièce inédite, manuscrit perdu.

 

 

Oeuvres pour harmonium ou orgue sans pédale obligée

Archives de l'Organiste catholique,  n° 11, novembre 1905
Offertoire pour orgue (premières mesures), Charles Magin
Offertoire pour orgue (couverture et premières mesures), Charles Magin, in Archives de l'Organiste catholique, n° 11,
novembre 1905, Procure générale de musique religieuse
( coll. Max Méreaux )
Audio lecteur Windows Media fichier audio par Max Méreaux

Offertoire solennel en ut majeur, Archives de l’Organiste, 8ème année, n° 2, p. 12-14, Arras, Procure générale de musique religieuse, 1906.

Louons le Dieu Sauveur, vingt-cinq pièces en style libre [quatre séries], Selecta Opera, n° 23, Saint-Laurent-sur-Sèvre, Biton, 1924 et 1929.

Lied, La Revue des maîtrises, série VII, n° 3-4, p. 43-46, 1926.

Office funèbre, cinq pièces en style libre, Selecta Opera, n° 24, Saint-Laurent-sur-Sèvre, Biton, 1927.

Trois pièces (Mélodie, Cantabile, Sortie), Cantantibus organis, Nancy, SAEM, 1928.

Pastorale, Revue Sainte-Cécile, supplément Les Feuillets de l’organiste, n° 75, Paris, Procure générale de musique religieuse, 1930.

Ave Maria, pièces pour harmonium ou orgue sans pédale sur des chants populaires à la Sainte-Vierge (première série), Nancy, SAEM, 1931.

Deux Pièces funèbres (Absoute, Elégie), L’Organiste n° 6-7, 1937.

Cantilène pastorale, L’Organiste, n° 6-7, 1937.

Trois pièces pour les solennités de saint Joseph, L’Organiste, septième année, n° 2 et n°3, novembre et décembre 1940.

Ave Maria, pièces pour harmonium ou orgue sans pédale sur des chants populaires à la Sainte-Vierge (deuxième série), Nancy, SAEM, 1943.

Qu’ils reposent en paix ", prière pour harmonium ou orgue, L’Organiste, 1946.

Noël, les bergers accourent joyeux à la crèche, L’Organiste, 1946.

Lauda Jerusalem, L’Organiste, 1947.

Deux pièces liturgiques pour la fête-Dieu, L’Organiste, nouvelle série, n° 2, mai 1952.

Le Jeune Organiste, quarante pièces graduées pour harmonium, Nancy, SAEM, 1954.

Deux Elévations, L’Organiste, nouvelle série, n° 36, 1960.

Trente pièces mélodiques pour orgue ou harmonium, Nancy, SAEM, [1963] .

 

 

Oeuvres pour orchestre ou formation instrumentale importante

Jeanne d’Arc prisonnière, pour orchestre, piano et orgue, pièce inédite, donnée en première audition à la Salle Poirel de Nancy le dimanche 8 novembre 1942 sous la direction d’Alfred Bachelet, directeur du Conservatoire.

 

 

Oeuvres pour piano

La Dactylo, inédite, manuscrit perdu.

Mazurka, inédite, manuscrit perdu.

 

 

Oeuvres vocales

Motets latins [VM = voix mixtes, VE = voix égales]

Ave Maria, soprano, orgue et violon, Nancy, SAEM, 1908.

O Salutaris, 4 VM et org., Revue des maîtrises, n° 37, juillet 1922.

Ave Maris Stella, 4 VM et org., Revue des maîtrises, n° 37, juillet 1922.

Tantum ergo, 4 VM et org., Revue des maîtrises, n° 37, juillet 1922.

Offertoire de la Dédicace des églises, 4 VM et org., Revue des maîtrises, n° 38, 1923.

Maria Mater gratiae, 3 VM et org., La Grande Maîtrise, n° 15, Paris, Combre-Hérelle, juillet 1927.

Stabat Mater, Nancy, choeur et orchestre, SAEM, 1930.

Da pacem Domine, 2 VE et org., in : recueil HEMMERLE (Joseph), Recueil de motifs pour le Saint-Sacrement, Nancy, SAEM, 1932.

Pie Jesu, 4 VM et org., Nancy, SAEM, 1939.

Et incarnatus est (polyphonie pour le Credo III), 4 VM, in : recueil KALTNECKER (Chanoine Maurice), Chants français et latins, n° 176, p. 276-77, Nancy, SAEM, 1945

Ave verum, 3 VM, inédit.

Ecce Panis, 3 VM, inédit.

Monstra te esse Matrem, choeur et org., pièce inédite.

Panis angelicus, 2 VM et org., inédit.

Salve Regina, 2 VE et org., La Musique d’église, série II, n°43, Paris, Hérelle ; rééd. Paris, Combre, s.d.

Sub tuum praesidium, 3 VM, Paris, Combre, s.d.

Tantum ergo du premier mode grégorien, 2 Vx et org., La Grande maîtrise, n° 51, Paris, Hérelle, s.d.

 

Messes

Messe du Sacré-Coeur, inédite, manuscrit perdu, écrite avant (ou en) 1908.

Messe " Venite adoremus ", 4 VM et org., Nancy, SAEM, 1945.

Messe " Ave Regina caelorum ", 4 VM et org., Anthologia sacra, série II, n° 20, Paris, Hérelle, s.d.

Messe sur des Noëls populaires, 4 VM et org., inédite, s.d.

Messe de la Trinité, inédite, perdue, [1952].

 

Cantates en français

Cantate du Cinquantenaire de l’Institution des Jeunes Aveugles de Nancy, choeur et orgue, inédite, perdue, écrite en 1902.

Cantate pour les vingt-cinq ans de sacerdoce du chanoine Henri Blaise, voix d’hommes, perdue, créée le 7 juillet 1912 à la Basilique du Sacré-Coeur de Nancy.

La Croix, choeur et orchestre, inédite, donnée en première audition à la Salle Poirel de Nancy le dimanche 8 novembre 1942 par la chorale Saint-Joseph, sous la direction de l’abbé Pierre Timmermans.

 

Cantiques en français

Il est à noter que pour tous les cantiques contenus dans le recueil Chants français et latins du Chanoine Maurice Kaltnecker, des accompagnements d’orgue ont été écrits par Charles Magin et édités dans le recueil suivant : KALTNECKER (Chanoine Maurice), Accompagnement des Chants français et latins, Nancy, SAEM, 1949.

La Charité, 4 VM et org., Nancy, Coulé, 1909.

Cantique à la bienheureuse Marguerite-Marie (" Soyez bénie, heureuse confidente "), voix de femmes à l’unisson, perdu, 1909.

Cantique à Sainte Gertrude, VM, perdu, 1912.

Mère de Dieu que j’appelle ma Mère, unisson, recueil : TOURTE (Ferdinand) et VALOIS (Jean de), Cantiques rythmés anciens et modernes, Paris, Procure, 1921.

Deux cantiques au Sacré-Coeur (Bonté suprême, O Coeur sacré), Musique d’église, série I, n° 52, Paris, Hérelle, s.d.

Les cantiques suivants sont contenus dans le recueil : KALTNECKER (Chanoine Maurice), Accompagnement des Chants français et latins, Nancy, SAEM, 1949 :

Aux Jours des éternelles fêtes, Empressons-nous, Je vous salue ô Reine, O Blanche Hostie, O Marie écoutez, Pâques, Laissez venir (cantique des Coeurs Vaillants), Qu’ils sont aimés, Simple et Pieuse Pastourelle, Vous êtes toute belle,

Olivier Geoffroy


Nancy, Institut des Jeunes Aveugles
Nancy, Institut des Jeunes Aveugles au début du XXe siècle
( coll. O. Geoffroy )

Charles Magin au piano (à gauche) à l'Institut des Jeunes Aveugles de Nancy
Charles Magin au piano (à gauche) à l'Institut des Jeunes Aveugles de Nancy, vers 1905
( coll. O. Geoffroy )

 


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