LE MAÎTRE DE CHAPELLE
 DANS L’HISTOIRE DE LA MUSIQUE
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Voltaire accueillait Grétry, le compositeur de Richard, Cœur de lion, par ces mots : " Vous êtes musicien et homme d’esprit, Monsieur, la chose est rare ! "

A vous qui m’accueillez ce soir pour que je vous parle de certains musiciens, je souhaiterais surtout ne pas trop vous ennuyer en traitant ce sujet le Maître de chapelle dans l’histoire de la musique.

Le terme Maître de chapelle paraît peut-être de nos jours quelque peu désuet. Nous verrons tout à l’heure que, de plus, de nos jours les Maîtres de chapelle ne sont pas légion ! D’où vient ce terme ? Le mot chapelle désigne ici l’emplacement dans l’église où se tenait jadis le choeur des chantres revêtus précisément de la chape, cette cape, ce grand manteau d’église. Le Maître de chapelle est donc le responsable de ce choeur puis, peu à peu, celui qui dirige la musique dans l’église, ensemble choral et instrumental. Le Maître de chapelle a ses lettres de noblesse. Les plus grands musiciens de l’Histoire furent Maîtres de chapelle ou organistes... Le Maître de chapelle c’est aussi le titre et le sujet d’un opéra-comique très célèbre au XVIII° siècle du compositeur Ferdinand PAËR, qui fut en France l’un des compositeurs préférés sous l’Empire.

APPARITION DE LA POLYPHONIE

Mais pourquoi cette importance du Maître de chapelle dans l’évolution de la musique ? Tout simplement parce que la musique, dans chaque étape de son évolution jusqu’au XVII° siècle fut d’abord de la musique religieuse. Ainsi ceux qui firent cette évolution, les artisans de cette progression dans la musique furent des Maîtres de chapelle

Cela commença dès l’apparition de la polyphonie, c’est à dire de la naissance de la musique occidentale après le Moyen-Age et le Chant Grégorien. Les premières polyphonies furent vocales et religieuses : oui, cela se passait à Notre-Dame de Paris devenue le centre de l’avant-garde musicale. Les premiers Maîtres de chapelle y faisaient leurs expériences, les musiciens venaient même de l’étranger s’y initier tandis que l’on vient de toute part admirer curieusement cette architecture nouvelle . Ces Maîtres de chapelle, Léonin puis Pérotin dit " le Grand " composent ces premières polyphonies avec une ferveur toute semblable à celle des constructeurs des cathédrales.

L’ÉPOQUE DE LA RENAISSANCE

Si au XIV° siècle la musique religieuse est un peu moins à l’avant-garde au profit de la musique de cour des Ducs de Bourgogne tout puissants et si favorables à la musique, dès la fin du XVe siècle et au XVIe siècle, ce sont à nouveau les Maîtres de chapelle et les organistes qui feront avancer cette évolution de la musique. Citons particulièrement Jean Ockeghem, Josquin des Prés, Palestrina, Vittoria. Et ces Maîtres de chapelle sont fort bien compris et estimés, car les amateurs de musique se trouvent nombreux dans les différentes classes de la Société : les paysans dansent et chantent sans culture spéciale, d’instinct ils jouent de la cornemuse et du chalumeau... Mais une bourgeoisie d’alors doit à son rang social de connaître la pratique d’un instrument choisi parmi les instruments nobles. Il lui faut aussi savoir conduire sa voix lorsqu’elle chante, ce que toute personne bien élevée doit savoir faire. Des personnages célèbres de l’époque, tel Charles-le-Téméraire ou du Guesclin prisaient et pratiquaient la musique. Le roi François Ier ou l’empereur Charles Quint portaient à la musique un très grand intérêt. Ils montraient à l’égard des musiciens et des Maîtres de chapelle en particulier une sollicitude qui étonnerait de nos jours de la part d’un Président de la République. Ils réservaient à la musique une place de choix dans les différentes circonstances de leur vie. Les rois, les princes, les ducs rivalisaient dans l’organisation de la musique de leur chapelle et le Maître de chapelle en était le bénéficiaire. Charles Quint avait à sa disposition un ensemble de 40 chantres et plus qui provoquaient l’admiration universelle.

Parfois le Maître de chapelle avait une responsabilité étonnante. Ainsi, au Concile de Trente, le Pape Pie IV proposa la suppression de toute polyphonie dans la musique liturgique. C’est alors que Palestrina, Maître de chapelle du Pape, sut composer des exemples d’une telle beauté que le Pontife revint sur sa décision et se laissa convaincre que la belle polyphonie ne pouvait que servir la liturgie et la prière de l’église. Heureuse époque où un musicien pouvait se faire comprendre et où un pontife savait reconnaître ses erreurs !

L’importante place de la musique religieuse donnait lieu parfois à des événements rocambolesques et apportait de gros soucis au Maître de chapelle responsable de ses chantres. On raconte que Roland de Lassus, qui n’était pas encore le compositeur célèbre mais un jeune chantre doué d’une voix merveilleuse et très convoitée, fut enlevé à plusieurs reprises, ce qui était une pratique assez courante à l’époque ! Rendu deux fois à ses parents et au Maître de chapelle, il fut enlevé une troisième fois. Emmené en Sicile, il manqua de devenir la proie des pirates ! Le métier de Maître de chapelle est de chantre n’était pas toujours de tout repos... Parfois les problèmes étaient différents. Ainsi, tous les chantres n’étaient pas pourvus d’une culture très solide. Ils étaient même parfois des ivrognes invétérés, tel ce chantre de Charles Quint qui un jour mordit un contradicteur à l’oreille et en arracha un morceau qu’il mangea goulûment ! On imagine alors le rôle du Maître de chapelle.

La Sainte-Chapelle, à Paris - Photo © Michel Baron
La Sainte-Chapelle ( photo Michel Baron )

Les Maîtres de chapelle de la
Sainte-Chapelle du Palais, à Paris
François DUVAL ? - 1510
Dreux PRIEUR 1510 - ?
Jehan MALIEN 1512 - ?
Pierre VERMONT ? - 1528
Pierre CERTON ca 1542 - 1572
Jehan BAREAU 1572 - 1576
Didier LESCHENET av. 1577 - ?
Étienne TESTART 1576 - 1585
Jehan GILLOTEAU 1585 - ?
Jacques RENVOYRÉ av. 1588 - 1609
Antoine BLÉSIMART 1609 - ap. 1612
Jacques DUMOUSTIER av. 1622 - ap. 1626
Eustache PICOT av. 1628 - ?
Jean de BOURNONVILLE 1632
Guillaume LE BLANC 1632 - 1642
Artus AUXCOUTEAUX 1642 - 1650
Eustache GUÉHENAULT 1650 - 1663
René OUVRARD 1663 - 1679
François CHAPERON 1679 - 1698
Marc-Antoine CHARPENTIER 1698 - 1704
Nicolas BERNIER 1704 - 1726
François de LACROIX 1726 - 1744
Abel-François FANTON 1745 - 1756
BRÉVAL 1757 - 1758
François-Robert DORIOT 1758 - 1790
22 novembre 1790 : fermeture de la Sainte-Chapelle
D.H.M.

Avant de quitter cette époque, on peut encore évoquer ces Maîtres de chapelle devant, de par leurs fonctions, se compromettre dans leurs opinions politiques ou religieuses : ainsi Goudimel, protestant, tué au cours des massacres de la Saint-Barthélémy, ou encore Jean Mouton le musicien préféré de son roi Charles IX qui le cacha dans son palais pour le soustraire aux horreurs de la guerre civile.

L'ÉPOQUE CLASSIQUE

Et nous voici à la période classique des XVIIe et XVIIIe siècles. C’est la naissance de l’opéra, c’est aussi l’apparition de l’oratorio. Là encore, les grands noms sont ceux de Maîtres de chapelle : Monteverdi, Maître de chapelle à l’église Saint-Marc de Venise (où devait lui succéder cinquante ans plus tard le non moins célèbre Vivaldi), Carissimi à Assise, Scarlatti à Rome, Schütz, Maître de chapelle du roi de Danemark.

En France ce sont principalement Marc-Antoine Charpentier à la Sainte Chapelle, Henri Dumont à la Chapelle Royale. C’est bientôt l’époque où Louis XIV va personnellement attacher autant d’importance à la musique de sa chapelle qu’à la construction du château de Versailles ! Et comme le Roi s’intéresse tant aux travaux de son Maître de Chapelle par sa présence assidue aux offices religieux, la Cour en fait autant et le rôle du Maître de chapelle ne fait alors que grandir ; soucieux de plaire au souverain, sa musique se transforme aussi et acquiert une pompe parfois plus solennelle que religieuse. La Chapelle Royale tient le premier rôle et devient une institution d’avant-garde. Versailles donne le ton mais les Maîtres de chapelle de Paris et de province sont très actifs : plusieurs sont d’anciens élèves de Lully et exercent leurs talents à Notre-Dame de Paris, à Saint-Germain-l’Auxerrois, à la Sainte-Chapelle et d’autres églises parisiennes, à Dijon, Aix, Avignon, Montpellier, Narbonne, Toulouse, Strasbourg etc...

Louis XIV était particulièrement musicien ; il avait même joué de la guitare et composé. Voici encore une anecdote pour vous montrer la sollicitude du roi à l’égard de son Maître de chapelle. Un jour, Nicolas Formé, Maître de chapelle, avait eu un malaise en dirigeant la musique à Saint-Germain, il fut alors reconduit chez lui dans le carrosse de la Reine ! Bref, c’est par les Maîtres de chapelle et sous l’impulsion personnelle de Louis XIV que la musique religieuse évolua dans un certain sens : évoquer la grandeur, charmer l’oreille, séduire l’imagination, délasser l’esprit, voilà le but de la musique religieuse ! L’office, la liturgie, la prière n’en sont que le prétexte. Ces Maîtres de chapelle les plus célèbres ce sont alors Lalouette, puis Campra, Delalande, Jean Gilles, Rameau etc...

Le remplacement d’un Maître de chapelle se fait par un concours très solennel, surtout à la Chapelle Royale. Tous les évêques sont avertis d’avoir à envoyer à la Cour leurs meilleurs Maîtres de chapelle. Les frais de voyage et de séjour sont à la charge du Roi. Ainsi, trente-cinq Maîtres de chapelle accourent pour concourir au poste. Peu à peu les effectifs des chanteurs et instrumentistes sont augmentés. Ces masses se conduisaient à grands coups de bâtons que le Maître de chapelle, s’aidant du geste, de la voix et du talon frappait sur le plancher. On sait que Lully mourut pour avoir, dans le feu de l’action, écrasé malencontreusement son pied de sa lourde canne ! La gangrène provoquée par cette blessure mal soignée devait l’emporter. C’est ainsi que, prudent, nous nous contentons aujourd’hui d’une légère baguette de chef d’orchestre !...

Dans toutes les églises du royaume la transformation de la musique s’accomplit sur le modèle royal. Il n’y eut plus nulle part de fête religieuse sans orchestre accompagnant le choeur. Et à chaque victoire, à chaque guérison, à chaque naissance de princes, les ministres avertissaient les évêques qui prévenaient à leur tour les maîtres de chapelle pour préparer l’exécution d’un Te Deum. Bientôt, chaque confrérie, chaque corporation, chaque corps de métier fait exécuter à ses frais un Te Deum : les marchands de la garde-robe de la Duchesse de Bourgogne à l’église de l’Oratoire, les miroitiers à Saint-Martin, les fruitiers et orangers au Couvent des Grands-Augustins, les cordonniers à Notre-Dame. C’est à qui surpassera l’autre pour le nombre des musiciens ! L’Académie Royale de Musique surpassera tout le monde en réunissant deux cent cinquante musiciens pour le Te Deum en l’honneur de la guérison du Dauphin ! Quelle aubaine pour les Maîtres de chapelle de cette époque.

Il faut préciser que ces Maîtrises dirigées par les Maîtres de chapelle étaient alors les seuls conservatoires, véritables écoles de musique d’où sont sortis tous les grands musiciens

 

Les Maîtres de chapelle du Roi
Henri II (1547-1559) et François II (1559-1560)
Didier LESCHENET av. 1559 - ?
Charles IX (1561-1574) et Henri III (1574-1589)
Nicolas MILLOT av. 1567 - 1585
Henri IV (1589-1610)
abbé Etienne LEROY 1585 - ca 1600
abbé Eustache du CAURROY ca 1600 - 1609
Louis XIII (1610-1643)
 Nomination de 2 Maîtres de chapelle à la mort d'Eustache du Caurroy 
abbé Nicolas FORMÉ 1609 - 1638
abbé Eustache PICOT 1609 - 1651
Louis XIV (1643-1715)
abbé Thomas GOBERT 1638 - 1668
abbé Jehan VEILLOT 1651 - 1662

     A la mort de Jehan Veillot, nomination de 4 Maîtres de chapelle     
qui se partagent l'année par quartiers (trimestres).
  janvier avril juillet octobre
1663 GOBERT ROBERT EXPILLY DUMONT
1668 DUMONT ROBERT DUMONT ROBERT
1683 GOUPILLET COLASSE MINORET DELALANDE
1694 DELALANDE COLASSE MINORET DELALANDE
1704 DELALANDE DELALANDE MINORET DELALANDE
Louis XV (1715-1774)
1714 DELALANDE DELALANDE DELALANDE DELALANDE
1723 DELALANDE CAMPRA BERNIER GERVAIS
1726 GERVAIS CAMPRA BERNIER GERVAIS
CAMPRA
BERNIER
1734 GERVAIS CAMPRA CAMPRA GERVAIS/CAMPRA
1738 GERVAIS CAMPRA BLANCHARD MADIN
1744 MONDONVILLE de MONDONVILLE
BLANCHARD
MADIN
BLANCHARD MADIN
1748 MONDONVILLE MONDONVILLE
BLANCHARD
Nicolas LEPRINCE
BLANCHARD LEPRINCE
1758 GAUZARGUES BLANCHARD BLANCHARD BLANCHARD
1769 GAUZARGUES GAUZARGUES MATHIEU MATHIEU
Louis XVI (1774-1792)
1775 Fr. GIROUST GIROUST MATHIEU MATHIEU
10 août 1792 : le Roi est suspendu de ses fonctions.
Fermeture de la Chapelle Royale
D.H.M.

Avant de quitter cette époque et d’en arriver au XIXe siècle et jusqu'à nos jours, vous me permettrez d’évoquer deux grands musiciens parmi les plus célèbres qui furent Maîtres de chapelle.

Jean-Sébastien Bach occupa diverses fonctions notamment comme musicien de cour (à Coethen) mais il réalisa pleinement sa vocation comme organiste et comme Maître de chapelle, disons Kappelmeister, à Weimar, puis surtout à Leipzig. Il y était responsable de toute la musique liturgique, non seulement à St-Thomas de Leipzig, mais aussi dans toutes les églises luthériennes de la ville. On sait que c’est pour remplir ses fonctions qu’il composa notamment chaque semaine une cantate pour le dimanche suivant et c’est ainsi qu’il en écrivit plus de trois cents dont environ deux cents ont été conservées et sont fréquemment exécutées au concert et enregistrées sur disque pour le plus grand plaisir des mélomanes.

Le malheur pour Bach c’est qu'au cours de ces vingt sept années durant lesquelles il occupa ce poste important à Leipzig, il devait également assurer les fonctions de professeur qu’il exécrait. La preuve en est qu’il se fait nommer aussi Kappelmeister de la Cour de Weissenfels et avant de signer de son titre de Cantor il le fait toujours précéder de la mention " Directeur de la Musique " ou encore " Directeur des Choeurs " et c’est seulement après qu’il ajoute, comme un accessoire négligeable " und Cantor ", ce mot désignant davantage sa charge de professeur.

Bach, comme ses collègues Maîtres de chapelle devait prêter serment : il jure d’oeuvrer pour le bien de la population, de montrer une constante bonne volonté dans l’exécution de son service, de vaquer assidûment à ses devoirs les dimanches et jours de fête, de maintenir les orgues en bon état, de cultiver les bonnes moeurs et d’éviter les fréquentations et compagnies suspectes... L’installation au poste de Kappelmeister se fait alors très cérémonieusement. Comme professeur Bach occupe le quatrième rang dans la hiérarchie de l’établissement. Son traitement est confortable auquel s’ajoutent les honoraires des mariages et des enterrements. Bach, ainsi assermenté, avait eu parfois des ennuis pour avoir manqué à son serment, soit par une trop longue absence, soit pour avoir été vu, par exemple, à sa tribune en compagnie d’une jeune femme. Il semble d’ailleurs que c’était celle qu’il devait épouser en secondes noces. Cela me rappelle l’histoire plus récente de cette mère de famille allant voir le Curé de la paroisse. " Monsieur le Curé, n’y a-t-il pas un danger dans l’assiduité de certaines choristes à la tribune de notre jeune organiste ? " Et le Curé de répondre " Quel danger, madame ? Ignorez-vous qu’un organiste a les mains et les pieds occupés ! "

Parfois certaines clauses bien étranges faisaient partie de la prise en charge d’un poste de Maître de chapelle ou d’organiste. A Lübeck, en Allemagne du nord, Buxtehude, l’organiste le plus célèbre de l’époque, étant très âgé, cherchait un successeur . Or, la condition inéluctable imposée au successeur était d’épouser l’une des filles du titulaire à qui l’on voulait succéder. Les filles du célèbre Buxtehude avaient déjà pris de l’âge et étaient loin de pouvoir concourir pour un prix de beauté. Ainsi Haendel, qui convoitait cette succession, fit le voyage jusqu'à Lübeck et jugeant sur pièce ne put se résoudre à remplir cette condition et passa son chemin !.. Bach fit de même en dépit de l’admiration qu’il éprouvait pour son grand aîné et pour cet orgue splendide2...

Soixante années après Bach, on retrouve Mozart lui aussi Maître de chapelle. C’est un Maître de chapelle malheureux à Salzbourg. Il est en effet sous les ordres d’un archevêque odieux, semble-t-il d’après ses propres lettres. Il est traité comme le dernier des domestiques. Voici ce que Mozart écrit à propos de ses repas : " Messieurs les deux valets de chambre sont placés au bout de la table. J’ai du moins l’honneur d’être assis avant les cuisiniers... On fait de grossières et stupides plaisanteries mais personne n’en fait avec moi parce que je ne dis pas un mot et quand je suis obligé de dire quelque chose, je parle toujours avec la plus grande gravité. Dès que j’ai fini, je passe mon chemin... " L’archevêque en outre prétendait se réserver à lui seul des services qu’il payait chichement... Un jour, les rapports déjà très tendus entre l’archevêque et son Maître de chapelle subirent un crescendo redoutable. Une scène éclata entre eux à l’issue de laquelle Mozart quitta son poste. Il rapporte lui-même cette scène violente et plutôt honteuse pour l’archevêque : " Tout d’une haleine il se mit à me dire que j’étais le plus débauché qu’il connut, que personne ne le servait plus mal que moi... Impossible de placer un mot ; cela marchait comme un incendie. Il m’a appelé gueux, parasite, crétin. A la fin, lorsque mon sang fut par trop en ébullition je lui dis : Ainsi votre Grandeur n’est contente de moi ? Quoi ? Est-ce que l’on veut me menacer ? Crétin ! Voilà la porte, je ne veux plus rien avoir à faire avec un pareil misérable ! " Et c’est ainsi que fut chassé ce Maître de chapelle qui s’appelait Mozart et qui écrit alors à son père : " Je n’ai plus le malheur d’être au service de l’Archevêque de Salzbourg. " C’est pourtant à ce service que Mozart nous laissa tant de chefs d’œuvre de musique religieuse...

LE DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

Revenons en France. Victime des bouleversements causés par la révolution, la musique religieuse se trouve en quelques années totalement ruinée. Ce qui constituait les moyens d’existence et de rayonnement des Maîtres de chapelle, des organistes et des Maîtrises avait disparu, c’est à dire fondations, privilèges, bibliothèques, tout avait disparu. De même que le bronze des cloches avait servi à fondre des canons, le plomb des tuyaux d’orgue avait servi à fondre des balles de fusil. Quand vint le Concordat, puis le moment de renouer la tradition, la plupart des Maîtres de chapelle, leur enseignement, leurs oeuvres avaient disparu.

Sous l’Ancien régime, on comptait en France plus de quatre cents Maîtrises importantes. Bien après la révolution, vers 1810, l’Etat commença à accorder des allocations à quelques-unes d’entre celles qui avaient subsisté. En 1813, Napoléon ratifia pour les seules Maîtrises des cathédrales une subvention de 12.000 francs qui fut réduite peu à peu. En 1832, cette subvention n’était plus que de 5.000 francs. Le nombre des Maîtrises subventionnées fut peu à peu encore abaissé sous la république, puis, lors de la loi de Séparation, toute subvention fut annulée. Il y a, je crois une vingtaine d’années que le Ministère des Affaires Culturelles accorde à nouveau une subvention plutôt symbolique. Pour ma part, à l’église de la Madeleine, je perçois la somme de 1.000 francs par an !...

Cependant, durant tout le XIXe siècle, au fur et à mesure que les subventions diminuaient, la restauration de la musique sacrée s’accentuait grâce au talent et à l’ardeur d’excellents Maîtres de chapelle. Parmi ceux-ci, ou même ces organistes, citons principalement César Franck, Théodore Dubois, Charles-Marie Widor, Camille Saint-Saëns, Charles Gounod, Gabriel Fauré, Vincent d’Indy etc...

Permettez-moi de m’attarder quelques minutes sur mes prédécesseurs les plus célèbres à la Madeleine. Saint-Saëns n’y fut pas Maître de chapelle, mais organiste durant près de vingt années, il a néanmoins composé plusieurs oeuvres pour les choeurs de la Madeleine, entre autre son célèbre Oratorio de Noël. N’oublions pas que Saint-Saëns était considéré de son vivant comme notre plus grand musicien. Lorsqu’il mourut, en 1921, on lui fit à la Madeleine des obsèques nationales3.

Théodore Dubois, un peu oublié de nos jours, fut Maître de chapelle à la Madeleine4. Il y fut également organiste. C’est ainsi qu’il demeura plus de trente années dans cette église. Jusqu’à une époque récente, on maintenait le souvenir de ce compositeur qui fut ensuite directeur du Conservatoire de Paris, en faisant exécuter, à la Madeleine, chaque année l’une de ses oeuvres principales, Les sept Paroles du Christ5.

Notre-Dame de Paris. (Cl. M.B.)
Notre-Dame de Paris ( photo Michel Baron )

Les Maîtres de chapelle
de Notre-Dame de Paris
BENET av. 1405 - ?
Arnulp GRÉBAN av. 1450 - 1455
Antoine BRUMEL 1498 - 1500
Louis VAN PULAER 1507 - ap. 1527
Mathieu SOHIER 1540 - 1547
N. PAGNIER ? - 1550
Raymond de LA CASSAIGNE av. 1575 - ?
Claude LEKEU 1577 - ?
Abraham BLONDET ? - 1614
Jacques DUMOUSTIER 1614 - 1622
Jacques DUMOUSTIER 1624 - 1625
Henri FRÉMART 1625 - 1640
Jehan VEILLOT 1640 - 1643
François COSSET 1643 - 1646
Valentin de BOURNONVILLE 1646 - 1653
Pierre ROBERT 1653 - 1663
Jean MIGNON 1664 - 1694
André CAMPRA 1694 - 1700
Jean-François LALOUETTE 1700 - 1727
François PÉTOUILLE 1727 - 1730
Jean-Baptiste DULUC 1730 - 1733
Louis HOMET 1734 - 1748
Antoine GOULET 1748 - 1761
Denys DEMONGEOT 1761 - ?
François GUICHARD ca 1770 - ?
Jean-Baptiste DUGUÉ av. 1773 - 1793
Jean-François LESUEUR 1786 - 1787
GUILLEMINOT du Gué 1788 - 1793
DOINEAU 1802
Pierre DESVIGNES 1802 - 1827
Paul BIENAIMÉ 1827 - 1830
Joseph POLLET 1831 - 1872
Auguste KIESGEN 1873 - 1876
Charles VERVOITTE 1876 - 1884
abbé Charles GEISPITZ 1884 - 1905
abbé Alphonse RENAULT 1905 - 1925
chanoine Louis MERRET 1924 - 1959
chanoine Jehan REVERT 1959 - 1991
Après la retraite du chanoine Revert (31 août 1991)
mise en place de l'association "Musique Sacrée à Notre-Dame de Paris" (MSNDP)
dont le directeur est ès fonction maître de chapelle de la cathédrale
Michel-Marc GERVAIS 1991 - 1993
Jean-Michel DIEUAIDE 1993 - 2004
D.H.M.

L’un de mes plus célèbres prédécesseurs fut Gabriel Fauré, qui resta à la Madeleine de 1877 à 1905, soit près de trente ans. C’est cette grande et fidèle amitié entre Saint-Saëns et Fauré qui conduisit ce dernier jusqu'à la Madeleine. Pour cette église, Fauré composa beaucoup de musique religieuse, en particulier son requiem devenu si célèbre. Ce requiem, encore à peine achevé, Fauré en réserva la primeur pour la Maîtrise de la Madeleine à l’occasion d’obsèques solennelles. Or, aussitôt la cérémonie terminée, le Curé de la Madeleine fit appeler son Maître de chapelle et lui dit : " Qu’est-ce donc cette messe des morts que vous venez de faire chanter ? Mais, répondit Fauré, c’est un requiem de ma composition. Voyons Monsieur Fauré, rétorqua le Curé, nous n’avons pas besoin de toutes ces nouveautés, le répertoire de la Madeleine est assez riche, contentez-vous en ! " Et l’auteur dut attendre plusieurs années avant de redonner son œuvre dont on connaît le succès.

Il est évident que les curés ne sont pas toujours compréhensifs. César Franck, à Sainte-Clotilde, s’était également fait remettre à sa place : " Monsieur Franck, lui dit un jour son Curé, je reçois des plaintes à propos de vos morceaux ou de vos improvisations. Pourtant, répondit Franck, je suis professeur d’orgue au Conservatoire, je dois savoir jouer, je joue de l’orgue à ma manière. Précisément mon cher, répondit le Curé, changez de manière, c’est cela changer de manière !... " Saint-Saëns, lui aussi s’était vu reprocher par un vicaire de la Madeleine, de jouer de la musique trop sérieuse ( il avait en effet remis Bach à l’honneur) et de ne plus jouer, comme son prédécesseur, des transcriptions d’airs d’opéra.6

Une autre histoire, vraie également, dans laquelle cette fois c’est un ministre d’état7 qui est en cause. Lorsque Fauré mourut en 1924 (il avait déjà quitté la Madeleine et était devenu directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris), on demanda au ministre des Beaux-Arts d’accorder des obsèques nationales, comme pour Saint-Saëns trois ans plus tôt. Le ministre répondit : " Fauré ? qui est-ce ?... "

DE NOS JOURS

Entre 1920 et 1950 ou 1960, il y eut une pléiade d’excellents musiciens Maîtres de chapelle mais souvent peu connus du public, ces musiciens s’étant cantonnés exclusivement dans la musique liturgique, n’ayant guère abordé le concert et ne cherchant nullement par ailleurs à se faire connaître du public moyen. Cette remarque va de pair avec une certaine scission, un certain décalage entre la musique religieuse et la musique profane.

Qu’en est-il aujourd’hui des Maîtres de chapelle ? Comme je le disais en commençant cette causerie, l’espèce se fait rare, surtout en France, plus rare encore depuis les réformes intervenues dans la liturgie catholique, réformes mal comprises, mal interprétées souvent volontairement par un clergé totalement incompétent8. On retrouva certaines idéologies envahissant le domaine de la musique sacrée : celle-ci est classée au rang des trésors incompréhensibles aux oreilles du peuple (que l’on sous-estime évidemment et que l’on se refuse dès lors à éduquer), trésors aussi faisant tâche dans une église qui se veut l’église des pauvres et des prolétaires, étant entendu que ceux-ci seulement peuvent être de vrais chrétiens. D’ailleurs parallèlement, pour supprimer ou simplifier un certain décorum, on assista à un véritable bazardage du mobilier et d’objets du culte, de valeur parfois. Les antiquaires moyens ou modestes en ont été souvent les bénéficiaires chez qui on trouvait des ciboires transformés en lampes, des tabernacles aménagés en bar et d’innombrables statues de toute époque.

Il va sans dire que l’abandon de la musique dans beaucoup d’églises, la disparition de nombreuses Maîtrises ou chorales entraînèrent la mise à pied des Maîtres de chapelle qui ne sauraient se voir réduits à diriger des chaises vides et une musique qui n’en est pas une... Ainsi qu’il ne saurait être question, dans une entreprise, de laisser à son poste le directeur ou le chef d’un service qui n’existe plus...

Oui, actuellement les Maîtres de chapelle ne sont pas légion ! Il en demeure encore en province dans quelques cathédrales ou quelques églises importantes : encore leur rôle et leur situation sont-ils souvent réduits et ne sauraient être comparés à ceux de leurs aînés. A Paris, dans plusieurs paroisses importantes, l’organiste assure également les fonctions réduites du Maître de chapelle. A Notre-Dame de Paris, à Saint-Eustache, à Saint-Louis des Invalides, à la Madeleine, le poste a été conservé à peu près dans son intégralité et avec l’intérêt artistique qui doit s’attacher à cette fonction.

Les Maîtres de chapelle
de l'église de la Madeleine à Paris
M. PETERS avril 1842 à avril 1844
Hyacinthe TREVAUX mai 1844 à octobre 1850
Louis DIETSCH octobre 1850 à février 1865
Hyacinthe TREVAUX mars 1865 à octobre 1868
Théodore DUBOIS novembre 1868 à mars 1877
Gabriel FAURÉ avril 1877 à mai 1896
Augustin CHÉRION mai 1896 à mars 1904
Achille RUNNER mars 1904 à 1938
Jean de VALOIS 1938 à 1965
Guy PERNOO 1965 à février 1967
Joachim HAVARD DE LA MONTAGNE mars 1967 à novembre 1996
Philippe MAZÉ depuis décembre 1996
D.H.M.

Pour ma part ces fonctions englobent la responsabilité et la direction de tout ce qui concerne la musique dans cette église de la Madeleine9. Cette église a su demeurer aussi un temple de la musique qui accueille constamment des foules nombreuses et cosmopolites. Musique pour les offices particulièrement le dimanche, mais aussi en semaine, avec des Choeurs composés de professionnels et d’amateurs et avec le concours de deux organistes, musique pour les concerts avec ou sans orchestre, selon les cas, qui me donnent beaucoup de satisfactions artistiques et aussi parfois beaucoup de soucis matériels et financiers. Et ceci dans un cadre admirable et très attachant, dans une ambiance très sympathique et avec l’aide d’un Curé et d’un clergé très favorables à l’art tel qu’il n’en existe plus guère aujourd’hui !

Du point de vue organisation de la profession, à coté d’un syndicat s’adressant davantage aux chanteurs et à quelques organistes, il existe l’Union des Maîtres de Chapelle et Organistes. Cette U.M.C.O. est actuellement un peu en sommeil mais elle a dépensé durant plusieurs dizaines d’années une très grande et salutaire activité tant sur le plan social que sur le plan artistique. L’actuel Président d’honneur est Henri Busser, cet alerte centenaire, membre de l’Institut que l’on a pu voir tout dernièrement à la télévision et que je seconde en qualité de Secrétaire général10.

Joachim Havard de la Montagne,
Maître de chapelle de l’église de la Madeleine

Quelques maîtres de chapelle ou organistes,
premiers professeurs de musiciens célèbres
Hyacinthe TRÉVAUX, La Madeleine, Paris Léo DELIBES (1836-1891)
Henri LAMBERT, cathédrale de Versailles Augusta HOLMÈS (1847-1903)
Clément LORET, St-Louis-d'Antin, Paris André MESSAGER (1853-1929)
Auguste BAZILLE, Ste-Elisabeth, Paris Claude DEBUSSY (1862-1918)
Gustave VINOT, Ste-Catherine, Honfleur, Erik SATIE (1866-1925)
Eugène GIGOUT, St-Augustin, Paris Claude TERRASSE (1867-1923)
Jules STOLTZ, St-Leu-St-Gilles, Paris Albert ROUSSEL (1869-1937)
Henri HESS, cathédrale de Nancy, Florent SCHMITT (1870-1958)
Aloys KUNC, cathédrale de Toulouse, Henri BUSSER (1872-1973)
Louis AMIEL, collégiale, St-Félix-Lauragais Déodat de SÉVERAC (1872-1921)
Adolphe DESLANDRES, Ste-Marie-des-Batignolles, Amédée GASTOUÉ (1873-1943)
Léon SAINT-RÉQUIER, St-Gervais, Paris Louis DUREY (1888-1979)
Robert-Ch. MARTIN, St-Michel, Le Havre Arthur HONEGGER (1892-1955)
Jules HAËLLING, cathédrale de Rouen, Emmanuel BONDEVILLE (1898-1987)
Marcel LAMBERT-MOUCHAGUE, St-Louis, Bordeaux Henri SAUGUET (1901-1989
Henri LETOCART, St-Pierre, Neuilly-sur-Seine, André FLEURY (1903-1995)
Abbé THÉODAS, ND de Clignancourt, Paris André JOLIVET (1905-1974)
Georges LOTH, Petits Chant. à la Croix de Bois Yves BAUDRIER (1906-1988)
Charles MAGIN, Sacré-Cœur, Nancy Gaston LITAIZE (1909-1991)
D.H.M.
__________

1) Conférence de Joachim Havard de la Montagne donnée le 14 décembre 1972 au Rotary d'Argenteuil (Val-d'Oise).... [Toutes les notes en bas de pages sont de la rédaction de Musica et Memoria. M. Denis Havard de la Montagne est l'auteur des tableaux illustrant le texte.] [ Retour ]

2) Johann Mattheson refusa également. Finalement, c'est l'organiste Johann-Christian Schieferdecker, qui lui succéda en août 1707... et épousa l'une des 7 filles de Dietrich Buxtehude ! Ce dernier d'ailleurs, qui avait recueilli la succession du célèbre organiste Franz Tunder en avril 1668 à Sainte-Marie de Lübeck, avait déjà dû se plier à cette coutume. Ainsi le 3 août 1668, il avait épousé Anne-Margareta Tunder... [ Retour ]

3) Saint-Saëns avait joué lui-même à la Madeleine les obsèques de Charles Gounod, le 26 octobre 1893. En 1921, lors de ses propres obsèques, Henri Dallier partagea les claviers du grand-orgue avec Eugène Gigout. L'orgue de choeur était tenu par Jules Weyer et la Maîtrise dirigée par Achille Runner. [ Retour ]

4) Théodore Dubois (1937-1924), élève de Marmontel, A. Thomas, Bazin et de François Benoist au Conservatoire national de Musique de Paris, 1er Prix de Rome en 1861, fut professeur d'harmonie, puis de composition dans ce même établissement avant d'en prendre la direction en 1896. Il avait été également accompagnateur aux Invalides, puis Maître de chapelle de Ste-Clotilde et enfin de la Madeleine de 1868 à 1877, avant de recueillir la succession de Saint-Saëns dans cette même église en 1877. [ Retour ]

5) Ce magnifique Oratorio pour choeur, soli, orgue et orchestre, composé en 1867, hélas totalement oublié de nos jours a été depuis donné à deux reprises en concert par les Choeurs et l'Ensemble Instrumental de la Madeleine, placés sous la direction de Joachim Havard de la Montagne : le 22 mars 1983 et le 17 avril 1984. [ Retour ]

6) Alfred Lefébure-Wély. C'est lui notamment qui avait joué les obsèques de Frédéric Chopin, le 30 octobre 1849 à la Madeleine [ Retour ]

7) François-Albert (1877-1933), agrégé de lettres, journaliste, ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts du 14 juin 1924 au 16 avril 1925. Il sera ensuite ministre du Travail et de la Prévoyance sociale du 31 janvier au 15 décembre 1933. [ Retour ]

8) Rappelons que ce texte a été écrit en 1972, voilà près de 30 ans, quelques années seulement après le grand chambardement liturgique de Vatican II. [ Retour ]

9) En 1996 la Madeleine est la seule paroisse de Paris à conserver un Maître de chapelle, un titulaire du grand-orgue et un accompagnateur qui soient distincts et professionnels. En dehors de Notre-Dame où le directeur de l'association MSNDP exerce de facto la charge de Maître de chapelle, les autres églises parisiennes ont, au fil des années, soit purement et simplement supprimé la fonction de Maître de chapelle, soit l'ont remplacée par un simple animateur de chants ou encore la font exercer, réduite à sa plus simple expression, par le titulaire du grand-orgue ou l'organiste-accompagnateur ! En province seules quelques paroisses ont encore leur Maître de Chapelle : le Père Marcel Godard à la Primatiale de Lyon, l'abbé Jean-Marie Rolland à la cathédrale de Dijon, Pierre Mavromatis à celle de Bordeaux, Robert Pfrimmer à la cathédrale de Strasbourg, Philippe Debat à Monaco... Le métier de Maître de chapelle est sinistré. On les compte presque de nos jours sur les doigts d'une main. Dans quelques années, cela ne fait aucune doute, il aura hélas totalement disparu ! [ Retour ]

10) L'UMCO, association du type Loi 1901 fondée en octobre 1912, bien que non dissoute officiellement est en sommeil de nos jours. Sa dernière Assemblée Générale date du 13 juin 1972. Son bureau était alors composé de 15 membres : Henri Busser (Président), Félix Raugel et Elisabeth Brasseur (Vice-Présidents), Joachim Havard de la Montagne et François Tricot (Sécrétaires), Louis-Pierre Lefresne (Trésorier), Michel Chapuis, Georges Cathelat, Norbert Dufourcq, Marie-Louise Girod, Jean-Claude Henry, André Musson, Odile Pierre, chanoine Jehan Revert, Edouard Souberbielle. Rappelons que cette association professionnelle qui eut son heure de gloire, notamment au début des années 1960 lors des réformes conciliaires, eut entre autres pour Président Charles-Marie Widor (1922 à 1937) puis Henri Busser (à partir de 1937). Elle compta parmi les membres de son Comité tous les grands noms de la musique religieuse, tels que Jules Meunier, Amédée Gastoué, Henri Letocart, D.C. Planchet, Louis Vierne, Félix Raugel, Bernard Loth, Henri Nibelle, Georges Renard, Maurice Duruflé, André Fleury, Gaston Litaize, Marcel Dupré, Auguste Le Guennant, Amédée de Vallombrosa, Jean-Jacques Grünenwald, Joseph Noyon, Jeanne Demessieux, Jean Fellot... [ Retour ]

 


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