HENRI MULET
(1878 – 1967)


Henri Mulet en 1936
Henri Mulet en 1936
( photo X... ) DR
25 janvier 1932, lettre autographe signée de Henri Mulet adressée à Bernard Loth, Secrétaire de l’Union des Maîtres de Chapelle et Organistes
( coll. DHM ) DR


Né le 17 octobre 1878 à Paris, décédé le 20 septembre 1867 à Draguignan, Henri-Gabriel Mulet est le fils de Gabriel Mulet, né en 1855 à Montluçon (Allier), maître de chapelle de la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre. Celui-ci, qui dirigeait la Maîtrise dès l’inauguration de la basilique en juin 1891, est notamment l’auteur d’un Nouveau recueil de cantiques au Sacré-Coeur : transcrits et arrangés à 3 et 4 voix suivi des litanies du Sacré-Coeur avec répons harmonisés à 4 parties, paru à Paris en 1889, d’une Cantate à Jeanne d’Arc (1894) et d’un Tantum ergo pour choeur et grand orchestre (1900).  La mère de Henri, Blanche Gatin (née en 1850), épousée en 1877 à Paris, était pianiste et son oncle, Firmin Gatin (né en 1842), trompettiste à Paris, avait obtenu un 2e Prix de trompette en 1869 au Conservatoire National Supérieur de Musique. En 1905, ce dernier résidait 44 rue Durantin à Paris XVIIIe. La grand-mère maternelle de notre musicien était une Duhoux d'Hauterive (1819-1874), issue d'une vielle famille vosgienne comportant plusieurs branches dont celle du Général de division Charles-François Duhoux de Gorhey (1736-1799), l'un des chefs royalistes de l'Insurrection du 13 vendémiaire an IV, et celle du Général vendéen Pierre Duhoux d'Hauterive (1746-1794) et sa sœur Marguerite (1750-1794), épouse du Général vendéen  Maurice Gigost d'Elbée (1752-1794), tous trois victimes des Guerres de Vendée et fusillés par les Républicains à Noirmoutier en 1794.

Henri Mulet entra très jeune au Conservatoire de Paris où dès 1891, à l'âge de 12 ans, il décrochait une 2ème médaille de solfège des instrumentistes dans la classe de Paul Rougnon, avant d'obtenir plus tard plusieurs autres récompenses : 1er prix de violoncelle 1893 (classe de Jules Delsart), 1er prix d'harmonie 1896 (classes de Raoul Pugno et de Xavier Leroux) et 2ème prix d'orgue 1897 (classe de Widor et de Guilmant). Plus tard, il semble avoir abandonné le violoncelle pour se consacrer uniquement à l'orgue. Il fit en effet une carrière d'organiste et de pédagogue. C'est ainsi qu'il enseigna l'orgue à l'Ecole Niedermeyer avant la Grande Guerre puis à la Schola Cantorum (1923-1931) et enfin à l'Ecole César-Franck (1931-1937). Domicilié à Paris VIe (84 rue Bonaparte) puis à Triel (Yvelines), où il possédait une agence de location, il se retira en 1937 dans le Midi, à Draguignan (Var) et tint un commerce de jouets, tout en touchant l'orgue de la cathédrale!

Henri Mulet a été organiste des églises parisiennes Saint-Pierre-de-Montrouge (1897-1901), Sainte-Marie-des-Batignolles (ca 1900-ca 1910), Saint-Roch (orgue de choeur, 1901-1910)  et Saint-Philippe-du-Roule (orgue de chœur, 1911 à 1922, puis titulaire du grand orgue 1922 à 1937) et enfin de la cathédrale de Draguignan (1938-1958). Il avait également vainement concouru le 23 mars 1906, aux côtés d’Émile Aviné, Joseph Boulnois et Joseph Bonnet, pour la succession d'Henri Dallier au grand-orgue de Saint-Eustache. C'est Bonnet qui décrocha le poste.

Il laisse une œuvre essentiellement tournée vers la musique religieuse, bien qu'il ait également composé des pages symphoniques et quelques pièces pour le piano. Charles Tournemire, cité par Félix Raugel, le décrivait ainsi : " Henri Mulet, étrange et grand artiste, épris d'idéal mystique, improvisateur calme et religieux. Artiste de "la grande époque" des Maîtres du Moyen Age, ce qui, chez lui, ne saurait exclure le sens de la compréhension de l'art actuel. Penseur mystérieux..." Dans son oeuvre pour l'orgue, il défend ardemment la tradition symphonique et écrit dans l'esthétique du XIXe siècle. Parmi son catalogue, qui comporte moins d'une trentaine d'opus, citons plus particulièrement, pour l'orgue : Méditation religieuse (1896, Leduc) ; Prière (1902, Leduc) ; Offertoire funèbre (1911) ; le Carillon-Sortie (1911, Schola Cantorum) qui est sa pièce la plus connue. Il s'agit d'une sorte de toccata écrite dans le style brillant de Widor, Gigout ou Boëllmann ; 10 Esquisses Byzantines pour grand orgue (1914-1919, Leduc), inspirées par le style néo-byzantin de l'église du Sacré-Coeur de Montmartre et qui sont encore parfois données en concerts, notamment aux Etats-Unis. Pour la musique religieuse vocale, notons : un Ave Maria (chœur à 3 voix égales) et un Laudate Dominum pour chœur à 3 voix d'hommes et orgue (1951). Mentionnons encore, pour orchestre : Dans la Vallée du tombeau "Souvenir de Lombardie" (1908), Fantaisie pastorale pour orchestre (1911) et le poème lyrique pour voix et orchestre L'Aigu bruissement écrit sur des paroles de Leconte de Lisle. N'oublions pas enfin : Danse persane pour piano, 2 Noëls pour hautbois et piano, et des pièces pour voix et piano : Soleils couchants, Les Deux étoiles, Le Dernier des Maoris... On lui doit aussi un écrit intitulé : Les tendances néfastes et antireligieuses de l’orgue moderne, suivi d’une étude sur les mutations et les mécanismes rationnels de cet instrument (Paris, au bureau d'édition de la Schola, 1922, in-4°, 23 p.)

Henri Mulet était marié depuis le 12 juillet 1910 à Paris à Isabelle Rochereau.

Denis Havard de la Montagne
(septembre 2003 – juillet 2014)


 


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