Le Panthéon des musiciens

D'août 1998 à juin 1999

Ilva Palmina LIBAGUE - Wanda TOSCANINI - Gérard GRISEY - Rolf LIEBERMANN - Jeanne-Marie DARRÉ - Milosz MAGIN - Eliane RICHEPIN - Yehudi MENUHIN - Bidu SAYAO - Micheline LAGACHE - Charlotte LACOME d’ESTALENX - Jacqueline CHOPY - Robert Jef MARTHOURET - Maria STADER - Vyron BELLAS - Nicole COCHEREAU - Lina DACHARY

Dans le courant de la troisième semaine d’août 1998, la soprano italienne Ilva Palmina LIBAGUE est décédée à l’âge de 66 ans, à Palerme. Elève au Conservatoire Guiseppe Verdi puis à l’Ecole de la Scala, à Milan, elle avait rapidement connu le succès dans son pays, avant de se faire connaître en Allemagne de l’Ouest puis en Angleterre. Prima donna du festival de Glyndebourne en 1957, elle fut comblée d’honneurs quelques années plus tard pour son interprétation à la Scala du rôle-titre dans la Béatrice de Tende de Bellini. On la verra par la suite à Vienne, Buenos-Aires, Aix-en-Provence, Chicago, New-York et Paris. Comédienne de grand talent, elle était recherchée par le public.

Au début du mois de septembre 1998, Wanda TOSCANINI, la fille du célèbre chef italien, devenue madame Vladimir HOROVITZ en 1933, est morte dans son appartement de Manhattan à l’âge de 90 ans. Elle avait étudié le piano et le chant dans sa jeunesse, mais aurait plutôt voulu chanter l’opérette. C’est pendant qu’Horowitz faisait ses débuts à New-York avec Toscanini qu’elle en tomba amoureuse. Durant leur cinquante-cinq ans de mariage, c’est elle qui veilla jalousement sur la tranquillité de son mari, le protégeant contre les indiscrétions des journalistes. On raconte qu’elle était aussi aimable qu’une porte de prison ! Ils n’eurent qu’une fille unique qui se suicida et fut enterrée à Milan.

En novembre 1998, c’est l’un des fondateurs du mouvement " spectral " et de l’ensemble de musique contemporaine, Gérard GRISEY, qui nous quittait à la suite d’un accident cérébral. Agé seulement de 52 ans, il était né à Belfort, le 17 juin 1946, et était rentré en 1965 au CNSM de Paris. Premier prix d’harmonie (1967) dans la classe d’Olivier Messiaen, il avait également travaillé avec Henri Dutilleux et Etienne Marie, puis s’était rendu à Darmstadt afin de suivre les cours de Stockhausen, Ligeti et Xenakis. Passionné par l’électronique et initié à l’acoustique, il s’était spécialisé dans la spatialisation de la musique. Nommé professeur de composition au CNSM de Paris en 1986, on lui doit de la musique pour orchestre, de la musique vocale et de la musique de chambre, mais c’est principalement son cycle Les Espaces acoustiques (1974-1985) qui caractérise sa musique où se marient habilement les instruments et l’électronique.

Le 2 janvier 1999, c’est " une grande figure du paysage musical international " qui s’est éteinte dans une clinique parisienne en la personne du compositeur suisse Rolf LIEBERMANN. Né à Zürich le 14 septembre 1910, il avait fait son droit à l’Université de sa ville natale, tout en étudiant la musique en privé avec José Berr. Après s’être perfectionné dans la direction d’orchestre auprès de H. Scherchen à Budapest, il fut nommé producteur à Radio Zürich (1945-1950) puis directeur de la section orchestre de la Schweizerische Rundpruchgeselleschaft à Zürich (1957-1959), avant de devenir intendant à l’Opéra de Hambourg (1959-1973). Mais c’est surtout en 1973 lorsque Marcel Landowski et Hugues Gall, à la demande de Jacques Duhamel, alors ministre de la Culture de Georges Pompidou, le convinrent de devenir administrateur général de l’Opéra de Paris que le public français fit sa connaissance. Sous sa présidence les Choeurs de l’Opéra devinrent l’un des meilleurs du monde et ce fut un véritable festival de vedettes qui défila durant les 7 ans où il occupa ce poste. L’on put ainsi découvrir notamment Teresa Berganza, Placido Domingo, Ruggero Raimondi... La période Liebermann à l’Opéra de Paris vit de grands succès, même si ceux-ci ouvrirent souvent la voie à la contestation : La Bohème de Puccini mise en scène par Menotti, le Faust de Jeorge Lavelli et Les Contes d’Hoffmann de Patrice Chéreau sont les exemples mêmes de ses succès qui lui valurent pas mal d’ennemis tant les mises en scènes étaient emblématiques, du moins au premier abord ! Rappelé en 1985 à son ancien poste à l’Opéra de Hambourg, il y resta durant trois années. Deux de ses anciens disciples occupent actuellement des postes importants dans la vie musicale : Hugues Gall, administrateur de l’Opéra de Paris depuis 1975, et Gérard Mortier, qui s’occupe depuis 1991 du Festival de Salzbourg. Comme compositeur, Rolf Liebermann fait preuve d’un langage expérimental où se mêlent plusieurs courants parfois même contradictoires, du moins d’apparence, tels le néoclassicisme français et le dodécaphonisme viennois. C’est ainsi qu’il laisse de la musique pour orchestre et 4 opéras, dont son dernier La Forêt qui lui fut commandé par Hugues Gall en 1986.

Jeanne-Marie Darré
Jeanne-Marie Darré
Le Guide du Concert, 6 novembre 1953 )

Le 26 janvier 1999 s’est éteinte Jeanne-Marie DARRÉ, une virtuose du piano ancienne professeur au Conservatoire de Paris. Agée de 93 ans, puisque née dans les Ardennes à Givet, le 30 juillet 1905, Jeanne-Marie Darré était devenue dès l’âge de 10 ans élève de Marguerite Long et d’Isidor Philipp au CNSM. Elle recevait également dans cet établissement l’enseignement d’Eva Sautereau (solfège) et de Jean Gallon (harmonie). Munie d’un 1er Prix de piano en poche (1919) elle se produisait devant le public parisien dès 1920 et était engagée quelque temps plus tard chez Lamoureux, alors dirigé par Paul Paray. Pianiste prodige, elle donnera des concerts dans le monde entier, avant d’enseigner au Conservatoire de Paris, puis à l’Académie internationale de Nice et de donner des cours d’interprétation à Ithaca aux Etats-Unis. Ardente défenderesse du grand répertoire français, elle créa également de nombreuses œuvres de grands compositeurs de son temps : Sonatine de Noël Gallon, Prélude et Toccata pour piano et orchestre de Rabaud, ou encore Fantasia Iberica pour piano et orchestre de Grovlez.

C’est au début du mois de mars 1999, au cours d’une tournée à Tahiti, qu’est mort d’une crise cardiaque un autre grand pianiste, le polonais Milosz MAGIN. Né à Lodz le 6 juillet 1929, c’est à l’Ecole supérieure de musique de Varsovie qu’il avait obtenu son diplôme de piano en 1954, avant de décrocher celui de composition trois années plus tard., tout en étudiant également le violon, le violoncelle et la direction d’orchestre. Dans les années 1960 il enregistre l’œuvre intégrale de Chopin, puis, installé à Paris, enseigne au Conservatoire Rachmaninov et à l’Université musicale internationale de Paris. Créateur du concours biennal de piano portant son nom, il est l’auteur de nombreuses œuvres pour son instrument et a dirigé l’International Chamber Orchestra.

Le 9 mars, le monde du piano était à nouveau en deuil avec la disparition à l’âge de 88 ans d’Eliane RICHEPIN née PRADELLE, pianiste virtuose. Ancienne élève d’Alfred Cortot, de Marguerite Long et d’Yves Nat au Conservatoire de Paris, elle avait mené une impressionnante carrière mondiale, donnant plus de 1200 récitals et près de 700 concerts avec orchestre ! Elle avait fondé un concours d’interprétation à Montevideo, avant de créer, en 1972, l’Université musicale internationale de Paris. Ses obsèques ont été célébrées le 13 mars en l’église d’Auvers-sur-Oise. En 1938, elle s’était présentée au Concours de Rome, l’année même où Henri Dutilleux décrocha le Grand Prix.

Tout a déjà été dit sur Yehudi MENUHIN, " le violoniste le plus populaire du siècle ", militant de la paix, qui s’est éteint à Berlin le 12 mars 1999, à l’âge de 82 ans. Que rajouter de plus ?, les médias ont longuement commenté cette disparition. Henri Dutilleux soulignait sa générosité, Marcel Landowski son culte de l’amour, Jacques Chirac sa " lumière du cœur ", Lionel Jospin sa croisade au service de l’humanité, Tony Blair la joie qu’il apportait aux personnes, et Catherine Trautmann ses dons hors du commun qui lui permettaient de porter son art à un point de perfection rarement égalé. Retraçons ici simplement les grandes lignes de sa vie : né le 22 avril 1916 à New-York, de parents russes émigrés, il s’installe enfant à San Francisco où ses sœurs, les pianistes américaines Yaltah Menuhin et Hephzibah Menuhin verront le jour. Il étudie le violon avec Sigmnud Anker, puis avec Louis Persinger alors violon solo de l’Orchestre symphonique de San Francisco. Ses débuts en public datent de février 1924 à Oakland ; il n’a alors que 7 ans ! En 1926 il donne un récital à New-York et le 6 février 1927 fait ses débuts en Europe avec Paul Paray et l’Orchestre des Concerts Lamoureux à la salle Pleyel à Paris. C’est dans cette ville qu’il perfectionne son art auprès de Georges Enesco. Ce sera ensuite une carrière internationale qui le conduira dans toutes les grandes capitales. Anobli par la reine Elisabeth II en 1965, fait citoyen d’honneur en 1970 par la communauté suisse de Saanen, docteur honoris causa par la Sorbonne en 1976, grand officier de la Légion d’honneur en 1986, Sir Yehudi Menuhin, qui avait fondé sa propre école de musique en Angleterre à Stoke d’Abernon (1963), s’intéressait également à l’art, la politique, la psychologie et la philosophie. C’est ainsi qu’il embrassa la cause des religions orientales et pratiquait le yoga. Il dérangea quelque peu les Israéliens en donnant des concerts en faveur des réfugiés palestiniens, et les Russes lorsque à l’occasion d’un discours prononcé dans un congrès de musique, il parla des droits de l’homme ! Durant la guerre il avait donné plus de 500 concerts au profit des forces alliées et de la Croix-Rouge.

Créateur de plusieurs œuvres de musiciens contemporains (Bartok, Bloch, F. Martin, Panufnik ou encore Berkeley) il a sorti de l’oubli le Concerto pour violon de Schumann et surtout le Premier Concerto de Mendelssohn. Après avoir longtemps joué sur un Stradivarius de 1733, il a ensuite acquis un autre Stradivarius de 1714 (le Soil) et un Guarnerius del Gesu de 1742. On lui doit plusieurs écrits : Variations sans thème (1972), Violon et alto (1975) et une autobiographie : Voyage inachevé (1977). Parmi les nombreux ouvrages ou articles qui lui sont consacrés signalons le Yehudi Menuhin et Georges Enesco de Bernard Gavoty (Genève, 1955).

Son fils, Jeremy Menuhin, né le 2 novembre 1951 à San Francisco, est également un pianiste renommé. Ancien élève notamment de Nadia Boulanger il même une carrière individuelle.

Laissons à présent la parole à Yehudi Méhuhin lui-même pour clore cette brève esquisse biographique : " Je persiste à penser que le musicien est quelqu’un à qui l’on peut s’en remettre pour dispenser de l’apaisement à son prochain ". Cette pensée extraite de son Voyage inachevé résume parfaitement toute la philosophie de sa vie !

Informations sur le concours Bidu SAYAO " Le rossignol brésilien " Bidu SAYAO, interprète privilégiée de Villa-Lobos qui lui dédia son admirable Bachianas brasileiras n°5, est mort à la mi-mars 1999. Agée de 96 ans, cette soprano brésilienne vivait dans le Maine, aux Etats-Unis, où elle s’était retirée depuis la fin des années 1950. Née à Niteroi, près de Rio de Janeiro, le 11 mai 1902 elle était venue terminer ses études en France auprès du ténor Jean De Reszké, pour lequel Massenet avait écrit Le Cid en 1885. Grâce à lui elle deviendra une admirable interprète du répertoire français. Se produisant dans le monde entier (Rio de Janeiro, New York, Rome...) elle restera longtemps une gloire du Met. C’est le public français qui l’appréciait beaucoup, notamment dans Lakmé, qui l’avait surnommée " le rossignol brésilien " . Son tempérament dramatique et sa voie chaude et naturelle étaient légendaires...

Dans le courant du mois de mars 1999 Micheline LAGACHE, organiste honoraire du bel orgue Kern de la basilique Notre-Dame des Victoires (Paris II) nous a quittés. Née en juillet 1920, elle avait été élève de Marcel Dupré au Conservatoire de Paris et obtenait un 1er Prix en 1946. Elle avait également reçu de précieuses leçons de Jean Langlais. Tout en poursuivant une carrière d’interprète et d’improvisateur, Micheline Lagache succédait au début des années 1950 à Jules Fleurdeau aux claviers des grandes orgues de l’ancienne église du couvent des Augustins de la place des Petits-Pères. En 1987 elle se retirait, tout en conservant quelques suppléances notamment à la basilique Saint-Denis. Guy Morançon, cotitulaire depuis 1974 et Frédéric Desenclos, nommé en 1987, se partagèrent alors les claviers, puis fut nommé dernièrement Henri de Rohan-Czermak. Professeur d’orgue au CNR de Nantes et à celui du quatorzième arrondissement parisien, elle laisse le souvenir d’une excellente pédagogue et d’une musicienne de grande classe. On se souvient entre autres de sa belle prestation dans le Messie de Haendel, le 24 mai 1973 à l’église de la Madeleine, avec l’Ensemble choral Contrepoint et l’Orchestre de chambre de l’ORTF placés sous la direction de Jean-Gabriel Gaussens, avec notre ami Francis Bardot assurant la partie de ténor... Ses obsèques se sont déroulées le 25 mars en l’église Saint-Pierre de Montrouge, sa paroisse.

Le 6 avril 1999 est morte Charlotte LACOME d’ESTALENX, née SAMARAN en 1915. Fille de l’archiviste paléographe et historien Charles Samaran (1879-1982) et petite-fille du flûtiste Paul Taffanel (1844-1908), considéré comme le fondateur de l’école française de flûte traversière, elle avait effectué ses études musicales au Conservatoire de Paris, où elle était entrée en 1926 dans la classe de solfège de Samuel-Rousseau (1ère médaille en 1927). En 1943, elle tenta le Concours de Rome, mais échoua à l’épreuve de fugue. Pierre Sancan, Claude Pascal et Marcel Bitsch en furent cette année les lauréats. Par la suite, Charlotte Samaran enseigna le solfège au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. On lui doit ainsi un petit ouvrage pédagogique de 28 pages, intitulé : Douze leçons de solfège à changements de clés sur les sept clés avec accompagnement de piano (Paris, R. Baudouin, 1959). Elle avait épousé Jacques Lacome d’Estalenx (Le Houga, 1925 – Paris, 1989), auteur de musiques de films et de 5 Pièces baroques pour deux guitares (Billaudot), et arrière-petit-fils de Paul Lacome d’Estalenx. Né le 4 mars 1838 au Houga (Gers), ce dernier avait fait ses études musicales auprès de Don José Puig y Albuside, organiste de la cathédrale d’Aire-sur-L’Adour (Landes) avant de s’installer à Paris lorsqu’une opérette de sa composition fut primée dans un concours ouvert par les Bouffes-Parisiens. C’est ainsi qu’il vécu dans la capitale, tout en se rendant plusieurs mois par an dans son Béarn natal. Critique musical au Ménestrel et à la Revue et Gazette musicale de Paris, il a composé des opérettes représentées à Paris : Jeanne, Jeannette et Jeanneton, Le beau Nicolas, Madame Boniface, Myrtille, les Quatres filles Aymon qui lui permirent de se faire un nom dans ce domaine. Mais on lui doit aussi des compositions pour instruments à vent, un trio pour piano et archets, des valses, des mélodies, plusieurs pièces pour piano, ainsi que des psaumes pour une ou plusieurs voix, avec orgue ou piano. Décédé le 12 décembre 1920 au Houga, Paul Lacôme d’Estalenx avait également tenu durant une quarantaine d’années l’orgue de son village natal.

Le 16 avril 1999 le Carnet du jour du Figaro mentionnait, de la part de M. et Mme Claude Roland-Manuel le décès d’une certaine Jacqueline CHOPY survenu le 10 avril dans sa 80e année. Bien que n’étant pas musicienne, la défunte mérite sa place dans notre obituaire... puisque sa famille est liée avec celle de l’illustre César FRANCK ! En effet, Jacqueline Chopy était une nièce de Jean Chopy, l’époux de Thérèse Franck (1882-1971), professeur de piano, la propre petite-fille de César.

Quant à Claude Roland-Manuel, qui annonçait ainsi le décès de sa belle-sœur dans les colonnes du Figaro, il est le fils unique du compositeur et musicographe ROLAND-MANUEL (1891-1966), élève d’Albert Roussel et de Vincent d’Indy à la Schola et surtout fervent disciple de Maurice Ravel. Ce dernier, après avoir découvert l’Abbaye de Solesmes grâce à Maurice Brillant et composé dans un esprit liturgique très libre cette œuvre magnifique que sont Les Benedictiones, déclarait un jour à son amie Hélène Jourdan-Morhange " Si j’écrivais de la musique sans commandes, je n’écrirais jamais que de la polyphonie vocale. C’est pour moi la plus belle musique. "

Le 24 avril 1999 est décédé Robert Jef MARTHOURET. Sous la signature de Robert Jef, cet excellent musicien passionné de liturgie a écrit de nombreux cantiques, parmi lesquels Tu es mon berger, Jour du Seigneur et Pain véritable (voir les variations dans le numéro 19 de la revue Préludes)...

A la fin du mois d’avril 1999 c’est Maria STADER, l’une des voix de soprano les plus pures que l’on ait jamais eu l’occasion d’entendre, qui disparaissait à Zürich à l’âge de 88 ans. Orpheline, adoptée par une famille suisse, cette soprano était née à Budapest le 5 novembre 1911 et avait effectué ses études musicales à Karlsruhe, Zürich, Milan et enfin à New-York. Lauréate du Concours international de Genève en 1939, elle fit ensuite une brillante carrière de concertiste aussi bien en Europe, qu’en Amérique du Sud et même en Extrême-Orient. En 1969 elle quittait la scène pour se consacrer à l’enseignement, notamment au Conservatoire de Zürich. Ses interprétations de Mozart restent célèbres. Sa voix lumineuse lui permit également de briller dans nombre de Cantates de Bach. Elle avait épousé le chef d’orchestre Hans Erismann.

Le 28 avril 1999 dans sa résidence de la région parisienne, le pianiste d’origine turque Vyron BELLAS nous a quittés, âgé de 82 ans. Après avoir débuté ses études musicales dans sa ville natale, à Istanbul, il était venu s’installer en France peu avant la guerre afin de se perfectionner auprès d’Yves Nat. Son allure romantique était connue de tous et après avoir mené une longue carrière internationale, il s’était retiré de la scène depuis plusieurs années.

Quinze ans après la mort de son mari, Nicole COCHEREAU, née LACROIX, s’est éteinte le 16 mai 1999. Elle résidait alors à Orléans chez son fils, Jean-Marc, chef d’orchestre et directeur de l’Ecole nationale de musique de cette ville. Pianiste, excellente musicienne, après avoir fréquenté le Conservatoire national supérieur de musique de Paris où elle obtint notamment des prix d’écriture, elle épousa le 2 juin 1949 Pierre COCHEREAU, alors titulaire de l’orgue de St-Roch. Elle suivit toute sa vie durant la carrière internationale de son mari et enseigna dans les différents conservatoires que celui-ci dirigea (Le Mans, Nice...)

Au début du mois de juin 1999 Lina DACHARY, la reine de l’opérette d’après-guerre s’en est allée. Soprano basque, née en 1922, elle avait fait ses débuts à l’Opéra-Comique en 1945 en créant Malvina de Reynaldo Hayn. Presque aussitôt elle se dirigeait vers l’opérette en reprenant à l’Empire La Belle de Cadix aux côtés de Luis Mariano. Le public parisien se souvient de son triomphe en 1953 au Châtelet dans L’Auberge du cheval blanc. Offenbach était son auteur préféré et on lui doit l’enregistrement d’une centaine d’opérettes, parmi lesquelles l’on peut citer la Vie parisienne d’Offenbach, La Fille de Madame Angot de Lecocq, La Toison d’or de Lopez...

Denis Havard de la Montagne

 


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