Documents relatifs à l’histoire des orgues des anciennes colonies françaises
de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe siècle



Il est difficile d’établir une histoire précise des orgues installés dans les colonies françaises au cours des XIXe et XXe siècles, notamment en raison du manque d’archives – certaines ont disparu lors des troubles liés aux conflits qui ont précédé l’indépendance des territoires ou à la suite de ceux-ci -. Toutefois, il est possible de trouver, au gré des circonstances, quelques articles de périodiques qui font mention de ces instruments à tuyaux. Le mélange qui suit vient en partie compléter les notices consacrées aux orgues d’Outre-Mer, à ceux de Tunisie et du Maroc et donne un premier aperçu de l’implantation d’autres instruments dans les différents continents. Que le lecteur n’attende pas un travail exhaustif. Ses apports éventuels, historiques ou techniques sont les bienvenus.

ALGERIE

On trouve une histoire des orgues d’Algérie sur ce site : https://orguedz.wordpress.com/

Aussi, ne nous pencherons-nous pas plus avant au sujet des instruments de ce pays.

CAMEROUN

Yaoundé, chapelle du grand séminaire

Il n’est pas question d’un orgue véritable ici, mais cet extrait d’article montre la volonté des missionnaires d’assurer une liturgie digne dans les colonies et l’établissement d’un mobilier cultuel proche des habitudes occidentales. Annales de la propagation de la foi, numéro de mai 1932, p. 118 : « Tous les Pères en surplis, avec le clergé indigène, prennent place aux stalles. L’orgue, disons plus exactement un modeste harmonium, joue une Marche nuptiale de Grosjean – (c’est bien les noces d’argent) – pour signifier que le pontife arrive. »

CHINE

Concession française de Shanghai, église Saint-Joseph

Cette église, bâtie en 1860-61, « possède un orgue, qui est l’œuvre d’un de nos frères coadjuteurs ». (Annales de la propagation de la foi, tome 39, 1867, p. 373).

DAHOMEY (actuel BENIN)

Bohicon, église

Dans le périodique Le Phare du Dahomey du jeudi 18 mars 1937, on apprend que « Le lundi de Pâques, 29 mars, il y aura à Bohicon la cérémonie de la pose de la première pierre de l’église de Bohicon. […] Le Révérend Père Huchet, l’organiste au merveilleux doigté, tiendra les orgues ».

Ouidah, cathédrale

On lit dans la revue Le Phare du Dahomey de mai-juin-juillet 1934, page 9, que « Peu à peu, on put doter la cathédrale de fonts baptismaux, d’un orgue, de vitraux et plus récemment encore d’une magnifique chaire, œuvre du R.P. Neu. »

CONGO

Cathédrale de Brazzaville

Article extrait des Annales coloniales du 9 juin 1914 : « Moyen Congo. Mgr Augouard, évêque du Congo français, présidera jeudi prochain, à Nogent-le-Rotrou, l’inauguration du grand orgue destiné à sa cathédrale de Brazzaville et qui lui est offert par ses amis du Perche. L’orgue sera tenu par M. Sergent, organiste de Notre-Dame-de-la-Croix, à Paris. »

GABON

Libreville, cathédrale

En tribune trône un orgue dont le buffet fait penser aux réalisations Haerpfer-Erman des années 1960. Il s’agit en fait d’un instrument construit en 1962 par Verschueren (opus 543). Cet orgue à traction mécanique possède la composition suivante :

Manuel 1 (56 notes) : Montre 8’, Roerfluit 8’, Octaaf 4’, Fluit 4’, Doublet 2’, Mixtuur II-IV rgs.

Manuel 2 (56 notes) ; Bourdon 8’, Dulciana 8’ (c), Gemrshoorn 4’, Nazard 2 2/3’, Nachthoorn 2’, Schalmei 8’.

Pédale (30 notes) : Subbas 16’, Octaaf 8’, Gemshoorn 4’.

ILES MARQUISES

Hatiehu

Orgue ou harmonium ? Impossible à déterminer. Annales de la propagation de la foi, mars 1891, tome 63, p. 360 : « Au son bruyant de notre orgue (barbare, assurément), le prêtre fait son entrée solennelle. […] Une petite maîtrise entonne un Kyrie de Dumont. »

INDOCHINE FRANCAISE

Saïgon, cathédrale

L’instrument mentionné était-il un harmonium ou un orgue ? Voici une anecdote rapportée dans le numéro du 24 septembre 1899 de La Liberté des colonies :

« Le jour des obsèques de M. Guérin, propriétaire du Saïgon-Hôtel, […] M. Roumisch […] alla trouver le curé de la cathédrale pour lui demander l’autorisation de jouer quelques morceaux pendant le service. […]

- Mais, est-ce qu’il y a des femmes dans votre orchestre ?

- Il n’y a pas « des femmes », mais seulement Mme Roumisch, ma femme, qui tiendra l’orgue.

- Oh ! Alors, c’est impossible. J’ai déjà été grondé (sic) à ce sujet par Monseigneur. […] Monseigneur n’est pas d’avis de laisser monter des femmes à l’orgue. […]

La religion de ces bons pères admet les femmes à la messe, à la confession et surtout à la quête mais pas à l’orgue, c’est-à-dire à un endroit où personne ne les voit ! »

LIBAN

On trouve une dizaine d’instruments à tuyaux au Liban. Voici quelques précisions à propos de certains d’entre eux (cf. http://www.solfestival.org/ et http://decouverte.orgue.free.fr/facteurs/roethinger.htm)

Beyrouth, basilique Notre-Dame de la Médaille miraculeuse, Achrafieh

Orgue construit par Walcker en 1955 et récemment restauré et augmenté. Les transmissions sont électriques.

Composition : Grand-Orgue (61 notes) : Bourdon 16’, principal 8’, flûte creuse 8’, viole 8’, octave 4’, flûte 4’, quinte 2 2/3’, principal 2’, fourniture IV/VI rgs, trompette en chamade 8’.

Récit expressif (61 notes) : Principal-violon 8’, bourdon 8’, viole d’orchestre 8’, éolienne 8’, voix céleste 8’, principal-violon 4’, flûte 4’, octave 2’, quinte 1 1/3’, cymbale IV/VI rgs, hautbois 8’, chalumeau 4’.

Pédale (30 notes) : Soubasse 16’, bourdon 8’, cello 8’, octavebasse 8’, choralbasse 4’, flûte 4’, fourniture IV/VI rgs, fagott 8’, trompette 8’, chalumeau 4’, clairon 4’.

Tir. I et II, acc II/I en 16, 8 et 4, I en 4, II en 16 et 4, trémolo II.

Beyrouth, American University, assembly hall

Orgue construit par Marcussen en 1972. Transmission mécanique pour les notes, tractions électrique, pneumatique, mécanique des registres.

Composition : Positif (56 notes) : Gedact 8’, Spitzgamba 8’, Prinzipal 4’, Traversflöte 4’, Valdflöte 2’, Sesquialtera II rgs, Mixture IV rgs, Dulzaine 16’, Oboe 8’.

Grand-Orgue (56 notes) : Prinzipal 8’, Rhorflöte 8’, Octave 4’, Gedactflöte 4’, Siptzquinte 2 2/3’, Octave 2’, Mixture VI rgs, Trompette 8’.

Echo (56 notes) : Gedact 8’, Rhorflöte 4’, Prinzipal 2’, Blockflöte 2’, Quinte 1 1/3’, Zimbel II rgs, Regal 8’.

Pédale (30 notes) : Subbasse 16’, Prinzipal 8’, Gedact 8’, Quinte 5 1/3’, Octave 4’, Nachthorn 2’, Mixture VI rgs, Fagott 16’, Trompette 8’.

Tir I. II et III, acc II/I, III/II, tremblants I et III.

Beyrouth, église du Sacré-Cœur, Collège des Frères, Gemmayzeh

Orgue construit par la Manufacture Debierre-Gloton, de Nantes, en 1935 et récemment restauré. Transmissions électro-pneumatiques.

Composition : Grand-Orgue : (56 notes) : Bourdon 16’, montre 8’, bourdon 8’, flûte harmonique 8’, salicional 8’, prestant 4’, quinte 2 2/3’, trompette 8’.

Récit expressif (56 notes) : Cor de nuit 8’, flûte 8’, gambe 8’, voix céleste 8’, octave 4’, nasard 2 2/3’, doublette 2’, tierce 1 3/5’, trompette harmonique 8’.

Pédale (30 notes) : Soubasse 16’, bourdon 8’, basson 16’.

Tir. I et II, acc. II/I en 16 et 8, I en 4, appel I, appel anches, tremolo II.

Beyrouth, église Saint-Joseph, pères Jésuites

Cette église construite en 1875 possède un orgue malheureusement endommagé durant les événements qui ont jalonné la guerre civile de 1975-1990 et par les intempéries. Une restauration est envisagée.

Beyrouth, cathédrale Saint-Louis des Capucins

Le buffet date de 1868 et l’orgue qu’il contient remonte à 1938. (cf. http://www.musimem.com/robilliard.htm)

Un nouvel orgue est en construction.

Beyrouth, église franciscaine, Hamra

Un orgue est présent dans cette église conventuelle inaugurée en novembre 1937.

Beyrouth, église nationale évangélique, Riad El Solh

Ce lieu de culte possède un orgue à transmissions mécaniques, à deux claviers, dont l’un est expressif. Il a été construit par la maison Rieger en 1998. Sa composition est la suivante :

Hauptwerk (56 notes) : Principal 8’, Holflöte 8’, Octav4’, Spitzflöte 4’, Flachflöte 2’, Mixtur IV rgs (1 1/3’), Trompete 8’.

Oberwerk (56 notes) : Holzgedackt 8’, Gamba 8’, Rohrflöte 4’, Principal 2’, Quinte 1 1/3’, Sesquialtera II rgs, tremblant.

Pédale (30 notes) : Subbass 16’, Principal 8’, Gedackt 8’, Choralbass 4’, Fagott 16’.

Deddeh, Collège des Frères (Tripoli)

Orgue Roethinger construit vers 1960. Transmissions électriques, sommiers à gravures. Composition :

Grand-Orgue (56 notes) : Montre 8’, bourdon 8’, prestant 4’, doublette 2’, plein-jeu IV rgs, cromorne 8’.

Récit expressif (56 notes) : Cor de nuit 8’, dulciane 8’, voix céleste 8’, principal 4’, quarte de nasard 2’, sesquialtera II rgs, cymbale III rgs, trompette 8’.

Pédale (30 notes) : Soubasse 16’, flûte 8’, quintaton 4’.

Tir. I et II, acc. II/I, annulateur anches, appel tutti.

Maaysrah, Couvent Saint-Elie

Orgue construit par la manufacture Tamburini en 2014. Les transmissions sont électriques.

Composition : Grand-Orgue (61 notes) : Principale 8’, dulciana 8’, flauto 8’, ottava 4’, decimaquinta 2, ripieno II rgs (1 3/5’), tromba 8’.

Positif (61 notes) : Flauto 8’, viola gamba 8’, flauto 4’, sesquialtera II rgs, flautino 2’, voce celeste II rgs 8’.

Pédale (32 notes) : Bordone 16’, gran quinta 10 2/3’, bordone 8’, basso 8’, ottava 4’, tromba 8’.

Tir I et II en 8, tir I en 4, acc. II/I en 16, 8 et 4, I et II en 16 et 4, tremolo II, plein-jeu I, forte général.

Cet orgue proviendrait de l’église Saint-Maron de Tripoli.

Mosbeh, Couvent Notre-Dame de Louaizé

Orgue construit par la Manufacture Tamburini en 1963. Les transmissions sont électriques.

Composition : Grand-Orgue (61 notes) : Principale 8’, flauto 8’, voce umana 8’, ottava 4’, decimaquinta 2’, vigesimanona 1 3/5’, vigesimaseconda, tromba 8’.

Récit expressif (61 notes) : Bordone 8’, viola 8’, voce celeste 8’, flauto armonico 4’, nazardo 2 2/3’, flautino 2’, flauto in XVIIa 1 3/5’, piccolo 1’, oboe 8’.

Pédale (32 notes) : Subbasso 16’, bordone 8’, basso 8’, ottava 4’, fagotto 16’, tromba 8’, clarone 4’.

Tir I et II en 8 et 4, acc. II/I en 16, 8 et 4, I et II en 16 et 4, annulation unisson I et II, tremolo II, crescendo.

MADAGASCAR

L’inventaire historique et technique des orgues de Madagascar est très compliqué à établir. Voici, toutefois, quelques éléments.

Un orgue à cylindres se trouvait à Madagascar dans la maison du roi de Menabe (sud-ouest de l’île) autour de 1850, instrument offert par la maison de commerce de Bourbon (information apportée par les missionnaires in Annales de la propagation de la foi, tome 22, 1850, p. 424-425).

Il est également fait mention d’un instrument dans une église des petites îles de Madagascar (Sainte-Marie, Mayotte, Nosy-Be) : « Les chants retentissent avec accompagnement de l’orgue touché par quelqu’un des anciens élèves » (Annales de la propagation de la foi, 1864, tome 36, p. 400)

Antsiranana (Diego-Suarez), cathédrale

Dans le tome 43 du périodique Les Missions catholiques, 1911, p. 245, on apprend : « Le 15 avril dernier, à 4 heures du soir, a eu lieu l’inauguration de la cathédrale de Diego-Suarez. […] Arrivé devant la tribune, l’évêque bénit l’orgue d’où se répandent alors des flots d’harmonie ».

Imerinkasinina, église évangélique

Un orgue de 13 jeux sur deux claviers et un pédalier a été posé en 2003 par Gustav Stenmann.

Tananarive, cathédrale d’Andohalo

On lit, dans le numéro du 8 août 1923 de L’Information de Madagascar et ses dépendances : « Le vieux Tananarive et l’histoire de Madagascar. _ La cathédrale, pose de la première pierre le 8 mai 1873 […] inauguration des orgues le 18 décembre 1890, en présence de la Reine, du Premier Ministre, des dames d’honneur, des officiers du palais, du Résident Général Bompard, de votre serviteur etc. »

Information un peu hors-cadre, il est vrai, car en 1890, Madagascar était sous protectorat français (passe sous le statut de colonie française de 1897 à 1958).

Dans les Annales de la propagation de la foi, janvier 1900, tome 72, p. 156 : « Service funèbre à Tananarive. _ […] Les chants furent exécutés par les élèves des écoles de la Mission dirigées par les Frères et accompagnés par le grand orgue. »

Le site internet de la cathédrale (http://www.cathedraleandohalo.com/) donne quelques précisions sur la composition (assez originale) de l’instrument :

Grand-Orgue (56 notes) : Bourdon 16’, principal 8’, bourdon 8’, prestant 4’, doublette 2’, cornet 5 rgs, bombarde 16’, trompette 8’, clairon 4’.

Récit expressif (56 notes) : Flûte harmonique 8’, viole de gambe 8’, flûte 4’, tierce 1 3/5’ (1 1/3’ d’après le site internet), hautbois 8’.

Pédale (30 notes ?) : Flûte 32’.

Tir. I et II, (acc. II/I ?), trémolo récit.

Toujours d’après le site internet, l’orgue aurait été construit par le frère Elie Colin, « un astronome doublé d’un don de musicien ». L’iconographie présente une console en fenêtre ainsi qu’un buffet avec deux tourelles latérales et un petit buffet de positif de dos. Les tuyaux de la flûte 32’ sont postés de part et d’autre du grand buffet.

Tananarive, église Saint-Vincent-de-Paul

On trouve dans cette église un orgue Merklin-et-Kühn de 1966 comptant 14 jeux répartis sur deux claviers et un pédalier.

Tananarive, église réformée

Un orgue de deux claviers à transmission électrique (Manufacture Casavant ?) est en tribune de ce temple. Il provient peut-être du temple du palais de la Reine dans lequel un orgue avait été construit en 1880, sans jeu d’anche ni jeu ondulant (cf. Françoise Raison-Jourde, Bible et pouvoir à Madagascar, Karthala, 1991, p. 559)

Temple Fjkm d'Amparibe Famonjena

Ce lieu de culte possède un orgue à transmission électrique.

MAROC

Meknès (salle paroissiale de Notre-Dame-des-Oliviers)

On trouve, remisé dans un coin de cette salle polyvalente, un rudimentaire buffet d’orgue avec des tuyaux de montre répartis en trois plates-faces. Il n’y a pas de console apparente et l’instrument semble en ruine. Les dimensions du meuble inclinent à penser que cet orgue n’a jamais pu renfermer plus de deux ou trois jeux.

Port-Lyautey (Kenitra)

Il est fait mention de l’instrument de l’église du Christ-Roi dans Le Maroc catholique de juin 1937, p. 174 : « Malgré ses vastes proportions, notre nouvelle église s’est avérée trop petite pour l’assistance des grands jours.

Aux accents de l’orgue, tenu avec maestria par M. Dupuis, le cortège des 120 communiants, formé depuis le presbytère, fait son entrée dans la maison de Dieu. »

Rabat (Cathédrale Saint-Pierre)

Dans Les Annales coloniales du 13 septembre 1927, on lit : « Cathédrale de Rabat. […] Le R.P. Colombié, curé de Saint-Pierre, a acheté en France de superbes grandes orgues.

Ces grandes orgues seront installées dans la tribune de la maîtrise. Leur voix puissante rehaussera l’éclat des cérémonies et s’étendra sur tout le Maroc, lorsque certaines cérémonies religieuses seront radio-diffusées. »

Un article sur la paroisse Saint-Pierre, paru dans Le Maroc catholique (octobre 1937, p. 265), évoque l’instrument de la cathédrale : « […] boiserie d’orgue due à l’artisanat marocain […] Le R.P. Curé s’ingénie à trouver de l’argent […] Aussi joue-t-il de l’orgue ou plus exactement fait-il en jouer. A Rabat, on a l’âme et l’oreille musicienne et on assiste volontiers aux concerts religieux, surtout lorsqu’ils sont de choix. »

Tanger (église Saint-François)

Un orgue de 20 jeux répartis sur deux claviers manuels et un pédalier a été posé dans cette église par la manufacture Famiglia Organaria Mascioni en 1956.

SENEGAL

Dakar, cathédrale

Dans le périodique Les Missions catholiques de 1929, tome 69, p. 296, on lit : « Inauguration de la cathédrale de Dakar. _ […] En 1926, les tribunes étaient terminées : c’est une galerie de plus de 6 mètres de large qui court sur les bas-côtés, s’élargissant au-dessus du porche, à l’endroit où se trouveront l’orgue et la maîtrise. »

L’orgue a effectivement été posé. Il fut inauguré le 23 novembre 1936. « Chaque fois que le Dr Schweitzer faisait escale à Dakar, il allait à la cathédrale vérifier si l’orgue était toujours là et n’avait pas été remplacé par un orgue électronique » (Joseph Roger de Benoist, Histoire de l’Eglise catholique au Sénégal, Karthala, 2008, p. 344).

Cet orgue (si l’on prend en compte les goûts du Dr Schweitzer, peut-être construit par Haerpfer) a été remplacé par un orgue Allen de la gamme Elite, doté de 4 claviers. Un buffet assez élégant avec de véritables tuyaux de montre a été posé sur la tribune. Cet instrument a été inauguré le dimanche 5 août 2012.

TOGO

Palimé, église

Annales de la propagation de la foi, tome 95 ; 1923, p. 42 : « Enfin, lentement, nous approchons de l’église. Les cloches s’ébranlent, comme pour une grande solennité, l’orgue se fait entendre et c’est au chant du Te Deum que nous pénétrons dans le gracieux sanctuaire de Palimé, revêtu de ses ornements de fête. »

Lomé, Cathédrale

Il semble qu’un premier instrument était placé dans ce sanctuaire consacré en 1902. L’orgue actuel, de la manufacture allemande Klais (opus 1306), est imposant. Il a été inauguré le 14 janvier 1966. Il compte trois claviers, 36 jeux (2572 tuyaux). C’est le cardinal Döpfner, archevêque de Munich qui a offert cet instrument comme cadeau pour le sacre de Mgr Dosseh, archevêque de Lomé (cf. Yves Marguerat et Tichtchékou Pelei, Si Lomé m’était contée…, Presses de l’Université du Bénin, p. 28). L’instrument a connu un relevage pour un coût de 10 millions de f. CFA.

Un autre instrument, orgue de chœur de 7 jeux sur deux claviers, a également été construit pour la cathédrale par Klais en 1968 (opus 1418).

La cathédrale a subi un incendie dévastateur au début de l’année 2017.

TUNISIE

Bizerte, église Notre-Dame

L'orgue Mutin-Cavaillé-Coll aujourd'hui disparu a été construit en 1908 et harmonisé par Jean Perroux (cf. Allocution de Marcel Dupré à l'occasion de la remise de la croix de chevalier de la Légion d'honneur à M. Jean Perroux le 21 février 1953, p.9)

Synagogue de Tunis (synagogue Or-Thora de La Hara ?)

Y a-t-il eu un orgue dans ce lieu de culte israélite ? On lit dans les Annales coloniales du 8 avril 1929 : « Un concert vocal accompagné d’orgue convia il y a quelques jours les personnes de toutes les confessions à une synagogue de Tunis. »

Quoi qu’il en soit, lorsque le projet d’édification de la grande synagogue de Tunis (à partir de 1933) se concrétise, le souhait du Consistoire concernant l’installation d’un orgue est patent : « Raphaël Arditti l’exprime lucidement […] Son commentaire est assorti d’une liste d’éléments à réclamer : une sacristie, une salle pour les mariages, une bibliothèque et même un orgue ! Cet instrument, objet de discorde avec les orthodoxes en Europe, était devenu l’image même de la réforme, inspirée des chrétiens. » (Colette et Dominique Jarrassé, « La synagogue de Tunis, le patrimoine d’une communauté », in Information juive, octobre 2010, p. 12)

La grande synagogue de Tunis, achevée en 1938, n’a, semble-t-il, pourtant jamais été dotée d’un orgue à tuyaux.

Olivier Geoffroy
(avril 2017)

 

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