Sur les traces de Geneviève Ravissa,
femme compositeur du XVIIIe siècle

 

 

Depuis plusieurs années nous nous intéressons à un recueil de six Sonates pour clavecin ou piano-forte, écrit par une femme compositeur connue sous le nom de "Madame Ravissa". Nous avons découvert l’existence de ses partitions dans un catalogue des archives " Frau und Musik " (Femme et Musique), à Francfort, et après avoir obtenu des copies auprès de la Bibliothèque nationale d’Autriche à Vienne, nous avons rapidement voulu en savoir davantage sur son auteur quelque peu méconnue. Mais, malheureusement la première page portait seulement l’indication suivante " Madame Ravissa de Turin, Maîtresse de Clavecin et de Chant Italien ".

Grâce à Julie Anne Sadie qui a pu collectionner quelques informations pour " The New Grove Dictionary of Women Composers ", nous avons su en plus que cette Madame Ravissa, de Turin, était une cantatrice et claveciniste italienne, maîtresse et compositrice ayant vécu à la fin du 18ème siècle, qui en outre aurait résidé à Paris de 1778 à 1783 (dates à vérifier), où elle aurait chanté au Concert Spirituel le 25 mars 1778 et publié lesdites Sonates.

Cependant des questions subsistaient sur cette femme compositeur, notamment concernant son identité exacte, son parcours, ainsi que sur le milieu social et musical dans lesquels elle avait vécu ? Ainsi, en 2001, nous nous sommes lancée dans d’importantes recherches sur sa vie et son œuvre, aidée par la Maecenia Fondation de Francfort et l’Institut historique allemand de Paris. Nos recherches nous ont conduite de Turin à Paris, en passant par la Suisse (Neuchâtel, Lausanne) et nous ont révélé l’histoire d’une vie fascinante.

En Suisse c’est Edouard Fallet, Jacques Burdet et Edmond Roethlisberger qui mentionnent  que "Geneviève Ravissa de Turin" a travaillé pendant la moitié de sa vie en Suisse romande comme maîtresse de clavecin et de chant dans des maisons de riches et de nobles. Mais ni Fallet, ni Burdet, ni Roethlisberger ne savent que Madame Ravissa a composé également ces Sonates qui ont attiré notre attention. Mais nous étions déjà fascinée par cette femme et avons rapidement commencé notre enquête!

 

Turin

 

Nos recherches ont débuté à Turin (Italie), la ville où Madame Ravissa est née d’après l’édition de ses Sonates. C'est Marie-Thérèse Bouquet, grande spécialiste de la vie musicale piémontaise, qui a découvert un contrat aux Archives historiques de Turin mentionnant qu’une certaine "Geneviève Ravissa " a donné un concert au Teatro Carignano le 9 juin 1780, la même personne que celle qui avait chanté au Concert Spirituel en 1778.

Teatro Carignano, Turin
Turin, Teatro Carignano
( Photo: Elke Schröder, 2002 )

Après avoir ainsi découvert le prénom de la compositrice, nous avons essayé de trouver son acte de naissance ou de baptême. C’est par quelques détours que nous avons découvert qu’elle avait été baptisée sous l'identité complète de : Geneviève Maria Bernardina Vignola. Au vu de l’année de son mariage en 1764, l’âge de son mari (il est né en 1744) et l’âge indiqué dans deux actes à Lausanne quelques années plus tard1, nous avons pensé qu'elle a dû naître vers 1750. Après avoir recherché vainement dans tous les registres de baptême des paroisses de Turin, nous avons conclu que l’acte devait certainement se trouver dans ceux de la paroisse S. Marco. Hélas, étant donné qu'il n'est malheureusement pas possible de consulter ces registres, nous avons été obligé d'abandonner cette piste!

La famille Vignola à Turin était peu nombreuse à l'époque. Le père de Geneviève, Gioanni, était un homme important. Il travaillait à la Cour comme "Pittore in miniatura"2. En 1784 il portait le titre de"Inspector de S. M." et en 1788 celui de"Inspector aedificioram regi sardina". La mère de Geneviève, Gioanna Battista Colombatta, est morte vers 1780. Seul un frère de la compositrice, Pietro Paolo Ludovico,3 avait survécu.

Si l'on veut rechercher d’éventuels autres artistes musiciens appartenant à cette famille on trouve facilement le nom de Gioanni Vignola (1662-1772) de Naples, mais on ignore à cette heure s’il s’agit d’un parent.

On peut supposer que la profession du père pour la Cour a probablement facilité l’éducation musicale de sa fille. De plus le manque d'informations sur les activités musicales dans les églises nous autorise à penser que Geneviève a pu être éduquée par un des maîtres de la Chapelle royale. En effet, à Turin beaucoup de noms de musiciens sont conservés, mais on n’y trouve que peu de détails sur les élèves, les méthodes d’éducation et les compositions pour clavier. Ainsi, dans l'état actuel de nos recherches il n’est pas possible de connaître les noms des premiers maîtres de la jeune fille. On sait cependant qu'au 18ème siècle les femmes n’avaient pas le droit de jouer de tous les instruments. Geneviève Ravissa pratiquait le chant et le clavecin comme c'était l'usage pour les jeunes-filles.

L’école de violonistes de la ville de Turin est bien connue. Dans toute l’Europe on parlait de Gioanni Battista Somis (Turin, 25 décembre 1686 - Turin, 14 août 1763), son élève Gaetano Pugnani (Turin, 27 novembre 1731 – Turin, 15 juillet 1798), Carlo Giuseppe Valentino Chiabrano (Turin, 12 février1723 - ?) et Gioanni Battista Viotti (Fontanetto da Po, 12 mai1755 – Londres, 3 mars1824). Carlo Giuseppe Antonio Pucci (Turin, 1711 – Turin, 18 mars 1794) était claveciniste de la cour et organiste à la cathédrale. Les frères Gioanni Battista (dates inconnues) et Francesco Maria Concone (Asti, ca 1713 - Turin 12 janvier 1795) entretenaient des instruments à clavier à la cour et à la cathédrale. Ils ont construit un orgue à trois claviers pour la Chapelle Royale en 1761. Un autre musicien très important était Quirinio Gasparini (Gandino, 1721 – Turin, 30 septembre 1778), nommé "Maestro di Capella" en 1760.

C’est dans ce milieu musical très riche que Geneviève a vécu et a été éduquée. Il est fort possible qu’elle a composé la première pièce de ses six Sonates de clavecin durant la période où elle était l'élève d'un des musiciens précités.

Le 14 juillet 1764 Geneviève épousait l’orfèvre Cristofaro Domenico Biaggio Ravizza (ou Ravissa, ou encore Ravissard comme on le trouve écrit en Suisse romande) à la cathédrale de Turin. Fils aîné de Vittorio Ravissa et de Teresa Nigra, né le 12 janvier 1744 à Turin, il avait été baptisé le même jour, son parrain étant Biaggio Antonio Nigri et sa marraine Lucrezia Franca Ravizza . Dans son acte de mariage on relève :

"Matrimonio tra il Signor Cristofaro Ravizza del fu Vittorio e Genoveffa Maria Vignola figlia del Govanni ambi di Torino, celebrato li 14. Juglio 1764 in virtu di lettere di Sua Eccellenza Rma Monsignor Arcivesco Giambattista Rovero Serratis servandis presenti li Signori Gioanni Vignola e Pietro Vignola ed altri ."

Ainsi nous apprenons que le père et le frère de Geneviève étaient les témoins de la mariée.

Acte de mariage de Cristofaro Ravizza et Genovieffa Vignolat
17 juillet 1764, Turin, cathédrale, acte de mariage de Cristofaro Ravizza et Genovieffa Vignolat, Archives de l'Archevêché de Turin, registre des mariages de la paroisse métropolitaine, année 1764
( photo. C. Schweitzer )

Au cours de son mariage Geneviève a donné naissance à au moins quatre enfants, tous nés à Turin et baptisés à l'église métropolitaine : Maria Francesca Margherita, née le 5 mai 1768 à Turin, tenue sur les fonds baptismaux le même jour par Gaspare Ravizza et Margarita Vignola; Francesco Bernardino Maria, né le 11 mai 1770 à Turin, baptisé le lendemain avec pour parrain le père de Geneviève et pour marraine Antonia Negro; Carlo Vittorio Maria, né le 7 novembre 1774, baptisé le même jour (parrain: Carlo Camillo Tamiatti, marraine: Rosa Koffman) et Maria Margarita Clotilda, née le 6 janvier, baptisée le même jour avec pour parrain: Morizio Eligo Borà et pour marraine: Gioanna Margarita Vignola. Quatre années s'étant écoulées entre le jour de son mariage et la naissance de Maria Francesca Margherita, on peut supposer que d'autres enfants ont pu naître durant cette période et espérer trouver d’autres actes de baptême dans les registres de S. Marco. Mais cela peut également être la preuve qu'elle s'était mariée très jeune et attendit quelques années avant d'enfanter.

Pour les années 1766-1767 nous connaissons l'existence, qui reste cependant a être vérifiée, d’une activité musicale de Geneviève à Turin : un certain "Sr Vignola " remplace en effet la " Sra Giacomazzi " malade au Teatro Regio d’après Bouquet. Mais il pourrait s’agir d'une erreur de lecture : "Sra"  au lieu de "Sr". Cette confusion est vraisemblable s’agissant d’une famille peu importante.

Cristofaro, le mari de Geneviève, avait hérité de l’office de son père Vittorio mort le 27 janvier 1761 à Turin (S. Tommaso). L’orfèvrerie était de tradition dans la famille Ravissa. Non seulement l’oncle de Cristofaro, Gaspare Ravissa4, mais encore trois de ses enfants, Ignazio Francesco Domenico (né le 13 avril 1749, baptisé le surlendemain à S. Tommaso), Ottavio Andrea Antonio (né et baptisé le 28 février 1753 à S. Tommaso) et Rosa Maria Elisabetta5 exerçaient ce métier. Cristofaro n’avait pas de fortune. Les dettes dont il avait héritées avec l’office avaient augmenté – les actes notariés nous le montrent – et en 1777 toute la propriété de la famille dut être vendue aux enchères6.

 

Paris

 

Un an plus tard nous retrouvons Geneviève Ravissa à Paris. Elle prenait part à la vie musicale de la capitale française et se fit rapidement connaître grâce à ses talents (d’après le Grove).

Le 25 mars 1778, elle chantait au Concert Spirituel deux airs italiens : Voi ben sapete, oh Dei de Pasquale Anfossi et Chi m’addita d’Antonio Sacchini, le premier avec accompagnement de violon, joué par un certain Mr Chamberani . Il s’agit probablement du violoniste turinois Carlo Chiabrano7. Les familles Ravissa et Chiabrano étaient amie. Nous savons par exemple que la belle-sœur de Carlo Chiabrano, Donna Maria Chiabrand 8, fut la marraine le 13 octobre 1749 à S. Giovanni, de Domenica Lucrezia Cattarina Ravissa (née le 11), la nièce de Cristofaro.

Le Concert Spirituel, fondé par Anne Danican Philidor en 1725, avait lieu au Château des Tuileries en dehors de la saison de l’Opéra. L'interprétation de Geneviève fut un succès et deux jours après on pouvait lire dans le Journal de Paris du 27 mars 1778 (p. 343) :

"L’Air d’Anfossi Voi ben Sapete, oh Dei! & celui de Sacchini Chi m’addita qui ont été chantés avant-hier au Concert Spirituel, font partie de la Collection manuscrite d’Air Italiens, dont on peut se procurer des copies au Bureau du Journal de Musique, rue Montmartre, vis-à-vis celle des vieux Augustins. Cette Collection s’est enrichie tous les jours de tout ce qu’il y a de plus précieux & de plus rare en ce genre."

La même année, en 1778, les Sonates pour clavecin étaient publiées sous le titre complet de : " Six Sonates pour le Clavecin ou le Forte Piano par M.me Ravissa de Turin, Maîtresse de Clavecin et de Chant Italien, Oeuvre I, A Paris au Bureau du Journal de Musique, Rue Montmartre vis a vis celle des Vieux Augustins et chez l’auteur, Rue S t André des Arts vis a vis la rue Gilleœeur, Maison de Mr Milon". Précisons que la rue Gillecœur  s'appelle de nos jours Gît-le-Cœur et que l'adresse indiquée sur cette page de titre correspond au 27 rue Saint-André-des-Arts.

27 rue Saint-André-des-Arts à Paris VIe27 rue Saint-André-des-Arts à Paris VIe
Immeuble (état actuel) 27 rue Saint-André-des-Arts à Paris VIe, où habitait Geneviève Ravissa en 1778. Cet hôtel a été construit en 1640 pour André Duchesne, historiographe du roi surnommé "Le Père de l'Histoire de France", mort tragiquement cette même année, écrasé par une charrette. C'est au XVIIIe siècle qu'a été rajouté ce balcon supporté par une console de pierres
( photos C. Schweitzer )

Nous ne savons si Geneviève s’était rendue à Paris uniquement pour publier ses Sonates. A cette époque Paris était une des villes les plus importantes pour l’imprimerie et l’édition. Mais Geneviève avait certainement des ambitions pédagogiques, du moins au début de sa carrière. Des journaux et almanachs de l'époque nous informent de ses activités de maîtresse de musique. La presse faisait aussi l’éloge de ses qualités et de ses talents. Ainsi nous trouvons dans l’Almanach musical de Paris de 1778 (p.77) cette mention :

"Ces Sonates sont brillantes, & l’on y remarque de ces transitions hardies que les Italiens aiment, & que nos timides Compositeurs n’osent pas se permettre. Le caractere & l’honnêteté de Madame Ravissa, ses talens & le succès des leçons qu’elle donne depuis quelques mois dans cette Capitale, sont desirer à tous ceux qui la connoissent qu’il soit possible de l’y fixer."

Au plus tard à la fin du première semestre de l’année 1780, Geneviève avait quitté Paris. Le journal du Colonel de Polier nous précise qu’elle avait donné un concert à la salle de " La Redoute ", rue du Bourg à Lausanne le 23 février : "Concert de la Ravissa à la redoute 2 £". L’aristocratie ancienne s’assemblait dans cette salle pour six à huit concerts de souscription par an. Par l'intérmédiaire d’un membre de la société de musique de la rue du Bourg il était possible à Jean Henri Polier de participer à un concert.

Nous ne savons pas si Madame Ravissa a donné aussi d’autres concerts pendant son voyage en Italie, mais nous savons qu’elle s’est au moins présentée au Teatro Carignano de Turin le 9 juin 1780 dans le carde d'une série de concerts. C’est une chance que le contrat conclu nous dévoile sa signature personnelle.

En ce temps là Cristofaro travaillait aussi à Turin. Il avait acheté un privilège du roi  pour des "machines pour laver les cendres des orfèvres, batteurs d’or et autres artistes qui emploient or et argent, pour les séparer " qu’il présentera trois ans plus tard à Paris. [Minutier central des notaires, MC/ET/XXX/478-479, A.N. Paris]

 

Neuchâtel

 

Geneviève a déménagé elle-même pour se rendre à Neuchâtel, ville prussienne à cette époque. Il est peu probable que ses enfants l’ont accompagnée. A Neuchâtel, elle obtient une "tolérance d’habitation " le 8 novembre 1780 : " Dlle Ravissa tollerée : La tolérence a été accordée à Dlle Genevieva Ravissa, Italienne, comme Maitresse de Clavecin aux condition qu’elle donne au moins vingt leçon par mois", et entre 1780 et 1790 paye la taxe. Les "rôles de giettes"  mentionnent sa profession de "maîtresse de musique" et "maîtresse de chant".

Apparemment Geneviève enseignait la plupart du temps en cours particuliers. Tous les autres musiciens –masculins sans exception – habitaient dans une rue au centre de l’ancienne ville, la rue des Halles. Le seul recensement de la population du 20 août 1789, qui ne mentionnent pas uniquement les rues et la profession, mais aussi les noms des musiciens, nous informe que Geneviève habitait dans le Quartier du Faubourg, aujourd’hui Faubourg de l’Hôpital. En ce temps là c’était un nouveau quartier pour la population aisée.

Il n’y a qu’une seule mention de la musicienne dans les registres publics : pour la saison de 1781-1782 elle est engagée comme claveciniste dans l’Orchestre de la Société de la Salle de musique. Il s’agissait d’un orchestre d’amateurs doués, complété par des professionnels. La Société de la Salle de musique avait fait construire sa propre "maison du concert " en 1769 et il est surprenant de constater le nombre d’activités qu’on y organisait. Cette maison a également servi de théâtre jusqu'à nos jours. Pour la saison de 1781-1782 M. Bedaulx était le chef d’orchestre, mais ne pouvant assurer la partie de clavecin on eut besoin d’un remplaçant et ce fut Geneviève Ravissa qui fut choisie. Les musiciens professionnels engagés pour cette saison étaient :

"Schwartz pour la Contre Basse, Grunwald pour la Basse, Arnold pour le Basson, Marais pour le Violon, Musita pour le Violon, La Dame Ravizza pour le Clavecin pour le Prix de L. 8.8 par Concert y compris la Répétition, Planschmid pour l’Alto, les 4 Flath pour Clarinette, Corps de Chasse a 6.6 idem. "

Une saison comprenait vingt concerts environ qui commençaient habituellement le lundi à 17 heures. La répétition avait lieu le samedi de 9 à 12 heures. Il est vraisemblable que Madame Ravissa a joué tous les concerts comme basse continue.

Neuchâtel : Maison du Concert
Neuchâtel, Maison du Concert
( photo: Elke Schröder )

Le quartier où Madame Ravissa résidait et également sa liaison avec un certain Frédéric Scheel qui travaillait à la maison Pontalès, nous indiquent que Geneviève entretenait les bonnes relations avec l’aristocratie et il est certain qu'elle devait donner de nombreuses leçons de musique au sein de familles nobles. Le fruit de sa liaison avec Frédéric Scheel fut une fille, Frédérique-Eliza, née le 25 mars 1788 et baptisée le 4 avril 1788 à Cressier, l'une des rares villes possédant une église catholique.

Pendant ces années Geneviève retourne une fois à Paris. Dans les "Tablettes de renommé des musiciens, auteurs, compositeurs, virtuoses, amateurs et maitres de musique vocale et instrumentale, les plus connus en chaque genre pour servir à l’Almanach Dauphin" , publiées à Paris 1785, on peut lire dans la rubrique des "Compositeurs, virtuoses, amateurs et maîtres d’instrumens a cordes et a clavier : Clavecin & Forte-Piano, quelques-uns des plus connues" le nom de :

"Ravissa (Madame), excellente Maîtresse pour le Clavecin, la vocale & le gout du chant."

L’adresse mentionnée est celle de la rue de la Harpe, située non loin de la rue St-André des Arts.

Certificat de conduite délivré le 5 mai 1792 à Geneviève Ravissa
Neuchâtel, certificat de conduite délivré le 5 mai 1792 par les "quatre Ministraux" de la ville de Neuchâtel en Suisse à Geneviève Ravissa (fragment). Archives de la Ville de Neuchâtel, registre des certificats, publications et procurations, années 1792-1800, folio 18
( photo C. Schweitzer )

En 1792 Geneviève quitte Neuchâtel. C’est peut-être la situation politique – en avril la première guerre de coalition 1792-1793 vient de commencer – qui pousse Geneviève à fuir la ville. Le 5 mai elle reçoit un certificat de conduite des " quatre ministraux " de la ville de Neuchâtel dans lequel ils font plus particulièrement  l'éloge de son travail pédagogique:

… et comme témoignage de vérité ne peut être refusé, nous déclarons et attestons que durant tout le tems que ladite Dame Ravizza a demeuré icy elle a exercé ses talens pour la musique avec beaucoup de suffisance & à la satisfaction de tous ceux qui ont profité de son enseignement. C’est avec regret qu’on la voit quitter cette ville où elle était utile et où l’on aurait souhaité qu’il lui eut convenu de rester plus longtems."

La destination du voyage déclaré par Madame Ravissa, mentionné dans ce certificat, est Madrid. Mais, même si elle n’est jamais un jour parvenue à Madrid, elle n'y demeura seulement que très peu de temps.

 

Lausanne

 

A la fin de l’année 1792 Geneviève est présente à Lausanne. Comme à Neuchâtel elle a repris ses activité d'enseignante. Durant l' été 1793 elle reçoit la "tolérance de quatre ans" pour elle et son fils François9 (Francesco Bernardino Maria, né à Turin 1770) par le " Kleiner Rat ", l’Administration de Berne.

Lausanne, 16 juillet 1793, ''tolérance'' de 4 ans accordée à Geneviève Ravissa.
Lausanne, 16 juillet 1793, "tolérance" de 4 ans accordée à Geneviève Ravissa.
Archives de la ville de Lausanne, D 104 folio 70 v.
( photo C. Schweitzer )

Après l’expiration de ces quatre années un renouvellement de la "tolérance" est demandé, ce qui démontre une fois de plus que ses activités de "maîtresse de musique" dans les familles nobles ou notables sont couronnée de succès:

Illustres, Hauts, Puissans et Souverains Seigneurs : Genevieve Ravissa née Vignola de Turin, très humble et obéissante servante de Vos Excellences expose respectueusement ; qu’après avoir exercé pendant un grand nombre d’années à Neuchatel en Suisse la vocation de maîtresse de Musique, et avoir en pendant ce tems l’honneur d’enseigner son art à plusieurs Demoiselles Bernoises, elle fut appelée à Lausanne en 1792 par quelques unes des premières maisons de cette ville. Ses succès ayant répondu aux éspérances qu’on lui avait données, elle sollicita et obtint en Juillet 1793 une tolérance de Vos Excellances pour quatre années, lesquelles étant échues, l’humble exposante vient les supplier delui en accorder le renouvellement, tant pour elle que pour ses enfans, (...)." [Bb 25/28, folio 664, 665, ACV]

Dans un autre document on lit :

" Hochwohlgeborene, gnädige Herren! Da die Dame Ravissa née Rivola von Turin sehr nöthig ist und in den besten Häusern Lektionen giebt: So nehme ich die Freyheit dieselbe mit Einsendung deren Bitschrift zu Verlängerung ihrer Toleranz andurch zu empfehlen. "

[Bb 25/28, folio 663-665, (Onglet baillival Lausanne clos L 210, 498, RM 289.011), ACV]

Le Journal d’Angletine de Charrière de Sévery  nous livre aussi d'autres informations sur son activité pédagogique. La famille Charrière de Sévery était une des familles les plus illustres à Lausanne. Dans son Journal, Angletine décrit non seulement ses leçons de clavecin et de chant10 pendant les années 1795, 1800 et les deux années suivantes, mais aussi les relations sociales, les dîners en commun, souvent pris une autre famille illustre, les Duval de Potteries, les visites réciproques et surtout les nombreux concerts que la musicienne Geneviève donnait dans des salons privés des nobles maisons.

Grâce au recensement de la population de 1798 nous savons que Geneviève habite à cette époque dans le district de Ste-Croix, au numéro 56 de la rue Saint-Jean, deuxième étage11. La maison est alors la propriété de Jean Christian Helmode, un fabricant de pastels connu. Il y habite avec sa femme Sophie Bracaud, cinq enfants et une domestique. La "citoyenne Ravizza", musicienne, partage l’appartement du deuxième étage avec ses enfants Frédérique-Elisa et François, et avec sa domestique Madeleine Bovin de Genève, habitante de Lausanne en 1797.

Les autres résidents de cette maison sont : le citoyen Major Violliome de Lausanne, un rentier, sa domestique Nannette Masson, d’Ecublens et le "maidecin" citoyen Henry Kronauer  avec sa femme et deux enfants, de Winterthur, sans domestique.

François Ravissa, le fils de Geneviève, avait épousé Marianne Albertine Convert, de Neuchâtel, née le 22 mai 1773 et baptisée le 8 juin1773 dans cette ville. Elle mourut lors d'un voyage à Turin le 24 janvier 1797 et François était rentré à Lausanne avec son fils Alphonse âgé de deux mois environ. Cet enfant mourut très jeune à l’âge de 10 mois en 1798 [Eb 71/48, page 111, ACV]. Au cours des années suivantes François travailla comme secrétaire de la Société des Amis de la Liberté à Lausanne12.

Quant à Frédérique-Elisa, la fille de Geneviève, les actes d'état-civil nous apprennent qu’elle s’est mariée le 10 décembre 1804, dans le temple d'Ecublens, à l’age de16 ans avec Juste-Frederick Masson, fils de Jean Rodolph Masson et de Marie Vider, bourgeois d'Ecublens habitant à Lausanne [Eb 52/8, p. 5, ACV]. En observant les noms des habitants de la maison de la rue St-Jean, où demeurait Genviève Ravissa, on remarque le nom de "Masson d’Ecublens". Il est donc probable que les deux familles se connurent ici. Ecublens est une petite ville située près de Lausanne, avec une église catholique13.

Frédérique-Elisa est morte le 12 octobre 1873 à Bex, lieu de séjour des personnes fortunées. Dans son testament elle a institué héritiers ses enfants Carolin Ferret, Rosine Masson et Elise Geiser (née Masson), ainsi que ses petits-fils Charles et Emile Masson, et Adèle Mercanton.

"Le treize octobre, Fr senet, vérificateur des décès, a déclaré que Frédérique Elisa Masson, âgée de quatre-vingt six ans, d’Ecublens, domicilié a Lausanne, fille de Frédérique Ravizza et de Geneviève Vignola, Veuve de Juste Frédéric Masson, est décédé" a Bex, le douze octobre mil huit cent soixante treize, à huit heures du soir." [Registres Etat Civil Décès 1871-1875, ACV Ed 15/12]

Malheureusement nous n'avons pu découvrir le testament de Geneviève Ravissa. A Lausanne elle se faisait appeler "Veuve de Frédéric Ravizza de Turin ", un mélange des noms de son mari Cristofaro Ravissa et de son amant Frédéric Scheel. Bien qu'il soit établi qu'à cette époque la vie d’une femme séparée n’était pas facile, Geneviève semble n'avoir jamais rencontré de difficultés à Neuchâtel. Dans tous les actes lausannois concernant Frédérique-Eliza, son père est nommé "Frédérick Ravissa". Celle-ci n'étant âgée que de quatre ans au moment de son départ avec sa mère de Neuchâtel pour Lausanne, il est possible elle n’ait jamais su le nom de son père biologique?

Après de nombreuses activités Geneviève mourut le 20 février 1807 à Lausanne. Le 22 on l’inhumait au cimetière de Saint-Laurent, près de la rue Saint-Jean. Ce cimetière n’existe plus aujourd’hui. L’acte de son décès est ainsi rédigé :

"Geneviève Vignola, Veuve de Frédéric Ravizza, de Turin Département du Pô, décédée à l’âge de cinquante ans le vendredi 20e Février 1807, a été inhumée le Dimanche 22e Février dit, au Cimetière de Saint Laurent." [Registre des décès de Lausanne 1803-1815, cote EB 71/49, P. 163, Archives de la Ville de Lausanne]

Acte de décès de Geneviève Vignola, veuve de Frédéric Ravizza
Lausanne, 22 février 1807, acte de décès de Geneviève Vignola, veuve de Frédéric Ravizza, décédée le 20.
Archives de la ville de Lausanne, registre des décès,1803-1815, Eb 71/49, p. 163
( photo C. Schweitzer )

Église St-Laurent, Lausanne
Lausanne, église Saint Laurent
( photo: Elke Schröder )

 

 

L’œuvre musicale de Geneviève Ravissa

 

Les Six Sonates pour le Clavecin ou le Forte Piano par M.me Ravissa de Turin, Maîtresse de Clavecin et de Chant Italien, Œuvre I, A Paris au Bureau du Journal de Musique, Rue Montmartre vis a vis celle des Vieux Augustins et chez l’auteur, Rue St André des Arts vis a vis la rue Gillecœur, Maison de M.r Milon, publiées à Paris en 1778, ont un caractère vivant et galant. La compositrice est encore attachée aux traditions des modèles baroques, mais elle est aussi à la recherche de formes nouvelles. Dans l’Almanach musical de Paris 1778 (p.77) sont mentionnées ses "transitions hardis que les Italiens aiment, & que nos timides compositeurs n’osent pas se permettre."

On relève beaucoup d’erreurs dans cette publication et celles-ci se rencontrent davantage vers la fin. Ce n’est guère étonnant si on considère la situation financière de la famille en 1777, peu fortunée à l'époque. Il est vraisemblable que Geneviève a été obligé de rassembler précipitamment l'ensemble de ses Sonates sans pouvoir bénéficier dd temps nécessaire pour effectuer les relectures et corrections d'usage.

Aujourd’hui nous ne connaissons seulement qu'un exemplaire des Sonates. Il est très curieux qu’il se trouve conservé dans la collection privée de l’empereur François II d’Autriche, la "Privatmusikaliensammlung Kaiser Franz II von Österreich". Cette collection, qui contient plus de 10 000 imprimés et manuscrits du 18ème et du début du 19ème siècle, a été oubliée jusqu’en 1933, année où le musicologue Ernst Fritz Schmid l’a retrouvée à Graz, dans la Bibliothèque du "Steiermärkischer Musikverein "14

Dès 1936 la collection de François II se trouve à Vienne, à la Bibliothèque nationale de l’Autriche (Österreichische Nationalbibliothek Wien). L’édition des Sonates de Madame Ravissa porte la cote MS 27.349.15 Malheureusement, selon une note de Madame Ingeborg Birkin-Feichtinger de la Bibliothèque nationale de l’Autriche, le "Catalogo alter Musikalien" ne donne aucune information sur l’époque à laquelle cet exemplaire des Sonates de Madame Ravissa est arrivé dans la collection privée de l’empereur. Comment et par l'intermédiaire de qui Geneviève a pu entrer en relation avec François II reste encore aujourd’hui un mystère. Aurait-elle habité Vienne pendant quelques mois ? Ou encore d’autres personnes n'auraient-elles pu donner ces Sonates à l’empereur ?

Au printemps 2003 nous avons découvert des Sonates à la Bibliothèque nationale de France qui nous posent de nouveaux problèmes non encore résolus à ce jour. En effet, sous le nom de "Madame Vignola" nous trouvons une copie de Trois Sonates pour le Forte-Piano avec Accompagnement du Violon ad libitum  (MS D.11743). Or, ces Sonates présentent des similitudes avec celles de Vienne. Ont-elles été composées à Paris, à Neuchâtel ou à Lausanne – peut-être à l'intention d'un élève particulière? Nous ne le savons!

En tout cas les Sonates de Paris datent bien de la période révolutionnaire et témoignent de la situation musicale durant cette époque . Dans la première des Sonates de 1778, nous trouvons beaucoup de détails typiques de l'interprétation au clavecin. Mais dans les Sonates composées plus tard, qui se trouvent maintenant à Paris, on remarque de nombreux passages pouvant être bien entendu joués au clavecin mais aussi d’autres destinés au piano-forte. Cela prouve que la compositrice connaissait le piano-forte et a composé ces trois Sonates pour cet instrument. Elles sont plus sévères concernant la forme et les motifs, mais on retrouve aussi des transitions hardies, sa marque personnelle. Le violon soutient la flexibilité du piano-forte par un accompagnement dynamique, aux timbres riches. Il est vraisemblable que Geneviève a pu faire connaissance de ce style typiquement parisien lors d’un de ses séjours dans la capitale française.16

Quand on examine les Sonates viennoises et parisiennes on remarque un développement sensible, tout en conservant un style personnel. Si l'on parvenait à retrouver d’autres œuvres de Geneviève Ravissa, on pourrait ainsi mieux mettre en évidence son évolution, ce qui assurément ne manquerait pas d'intérêt.

CLAUDIA SCHWEITZER

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1) L'acte de conduite de 1802 mentionne un âge de 48 ans et l'acte de décès de 1807 celui de 50 ans. [ Retour ]

2) Selon le " Fondi Patenti, Controllo Finanze dell'Archivio di Stato di Torino " il avait reçu un paiement en annuité pour des travaux au "Real Casa " et au château de chasse " Stupinigi ". [ Retour ]

3) Nous le savons par le testament de Gioanni Vignolas de 1784, Insinuazione Torino 1784, Libro 8, p. 98f, AST. [ Retour ]

4) Gaspare Ravissa, frère de Vittorio Ravissa, né vers 1728 mort le 1.2.1787 à S. Dalmazzo (d'après les registres de décès de l' Archivio Storico di Torino), avait épousé le 19.2.1748 à S. Tommaso Margarita Aires, née vers 1728, morte à l'âge de 35 ans le 7.9.1764. [ Retour ]

5) Née le 7.7.1756, baptisée le 8.7.1756, Registri parrocchiali di Battesimo all'Archivio della Parrocchia S. Tommaso Apostolo, morte le 14.4.1810 (prétendu à l'âge de 45 ans), Atti di decesso 1810, Nr.: 1057, Archivio Storico di Torino. [ Retour ]

6) Insinuazione Torino 1777, Libro 5, p. 149f, Vendita mobili di Cristoffaro Ravizza, AST. [ Retour ]

7) Carlo Chiabrano, fils d'une famille de musiciens de Turin, était l'élève de son oncle Gioanni Battista Somis. Le 26.4.1737 il était nommé violoniste de la chapelle royale où il resta jusqu'en 1743. Par la suite il donnait des concerts à la France et à Londres. Au Concert Spirituel à Paris on put l'entendre entre le 8 avril et le 10 juin 1751 au cours de onze concerts restés fameux. On ne trouve pas le nom de Carlo Chiabrano dans les actes notariés concernant la mort de son père en 1774 à Turin. (Voir MGG, Kassel 2000, l'article sur la famille Chiabrano de Marie-Thérèse Bouquet-Boyer). Ainsi nous ne connaissons pas les détails sur sa collaboration avec Geneviève Ravissa. Notes du Professeur Alberto Basso. [ Retour ]

8) Vraisemblablement il s'agit de Maria Anna Boucheron (9.2.1725 - ca 1800), la belle sœur de Carlo Chiabranos et la fille du fameux orfèvre Andrea Boucheron. [ Retour ]

9) Frédérique-Eliza, alors très jeune, n'était pas assujetti à cette tolérance. [ Retour ]

10) Il n'est pas possible de préciser les dates, mais le fait qu'Angletine chante des fragments du Requiem de Mozart lors d'une soirée, après quelques leçons prises avec " La Ravissa " en 1802, peut signifier que Geneviève lui a donné des leçons de chant bien avant. [ Retour ]

11) Malheureusement la disposition des bâtiments a depuis changé, mais il est certain que de nos jours cette filiale du magasin de musique " Hug " est située tout à côté ou même dans l'ancien logement occupé autrefois par Genevieffa Ravissa. [ Retour ]

12) Nous connaissons une lettre du 18.5.1798, signée " François Ravissa ", adressée au " Großer Rat " à Aarau. Voir Johannes Strickler, Actensammlung aus der Zeit der Helvetischen Republik (1798-1803), Band II, Berne 1887, p. 94. [ Retour ]

13) Il y avait peu d'églises catholiques en Suisse réformée. A Neuchâtel, Geneviève Ravissa assistait à la messe à Cressier où Frédérique-Eliza avait été baptisée. [ Retour ]

14) Ernst Fritz Schmid a décrit cette découverte dans un article du " Österreichische Musikzeitschrift " 1970. A la page 598 il écrit : "[Der alte Diener] Reindl führte mich in die Räume des Musikarchivs und öffnete Schrank um Schrank. Sorgfältig aufbewahrt und unberührt stand hier die gesuchte Privatmusikaliensammlung des Kaisers Franz II., Stoß für Stoß in den bunten Originalkartons mit den alten Beschriftungen aus der Zeit des Privatbibliothekars des Kaisers, Jung. Sofort an Ort und Stelle vorgenommene Stichproben nach dem Inventar der abgegebenen Musikalien aus der Wiener Fideikommißbibliothek ergaben, daß alles Gesuchte ausnahmslos vorhanden war. Meine Freude darüber war unbeschreiblich." [ Retour ]

15) Une nouvelle édition de ces Sonates doit être prochainement publiée chez Furore, Kassel et un enregistrement effectué courant 2004 avec Claudia Schweitzer, clavecin, chez Musicaphon, Kassel, Allemagne. [ Retour ]

16) Peter Sühring, Über den ganz besonderen Gout eines Adagios aus Mozarts op. 1, Concerto 181, mars 2003, p. 22ff. Il précise que ce style est une "spécialité parisienne ". [ Retour ]


OUVRAGES ET MANUSCRITS CONSULTES :

- Musiksammlung der Österreichischen Nationalbibliothek Wien", signature MS 27.349.

- Julie Anne Sadie, Rhian Samuel: The New Grove Dictionary of Women Composers, Londres 1994, p. 385.

- Constant Pierre, Histoire du Concert Spiritual 1725-1790, Paris 1975, p. 308.

- Anne Chastel, Étude sur la vie musicale à Paris à travers la presse pendant le règne de Louis XVI, Recherches sur la musique française classique, Paris, Picard, 1976, p. 36-70.

- Aaron I. Cohan, International Encyclopedia of Women Composers, New York 1987.

- Andrea Fabiani, I buffoni alla conqiusta di Parigi, Storia dell’opera italiana in Francia tra „Ancien Régime" e Restaurazione (1752-1815), Turin, Paravia, 1998, p. 78

- Denis Havard de la Montagne, Les femmes et la musique, site Internet de Musica et Memoria, http://www.musimem.com/femmes.htm, p. 3.

- Isolde Weiermüller-Backes, Barbara Heller, Klaviermusik von Komponistinnen vom 17. bis zum 21. Jahrhundert, Staccato-Verlag, Düsseldorf 2003, p. 24/25.

- Edouard Fallet, La Vie musicale au pays de Neuchâtel du XIIIe à la fin du XVIIIe siècle, Leipzig 1935, p. 279 et 281.

- Jacques Burdet, La Musique dans le pays de Vaud sous le régime bernois (1536-1798), Lausanne 1963 (Bibliothèque historique vaudoise XXXIV), p. 481-483.

- Edmond Roethlisberger, Le passé musical de Neuchâtel, Musée Neuchâteloise – Organe de la société d’histoire du canton de Neuchâtel, novembre-décembre 1920, p. 198.

- Schede Vesme, L’Arte in Piemonte dal XVI al XVIII secolo, Volume Terzo, Turin 1968, p. 1094.

- Insinuazione Torino, 1784, Libro 2, p. 1173f, Cestione di Gio. Vignola a Geneviève Ravissa, Archivio di Stato di Torino (AST).

- Registres des baptêmes de Cressier 1755-1803, p. 103, baptême de Frédérique-Eliza Ravissa, 27.4.1788, Archives de l’Etat de Neuchâtel (AEN).

- Bouquet 1968, Rosy Moffa, Storia della Regia Cappella di Torino dal 1775 al 1870, Turin 1990.

- Registri degli Atti di Battesimo della Parrocchia Metropolitana, Comune di Torino, conservati in A.T.T.

- Registri parrocchiali di Battesimo all’Archivio della Parrocchia S. Tommaso Apostolo.

- Marie-Thérèse Bouquet, Guglielmo Barblan, Andrea Della Corte, Mozart in Italia, I viaggi e le lettere, Milan 1956, Conti 25: "Sr Vignola surrogato alla Sra Giacomazzi in occasione della malattia della medema."

- Insinuazione Torino 1764 Libro 3, p. 1420f, Convenzione tra Teresa, e Cristofaro, Madre e figlio Ravizza; 1764, Libro 12, p. 841f, Convenzione tra Gaspare Ravizza e Cristofaro Ravizza; 1769, Libro 8, p. 793f, Vendita di Teresa Ravizza à Giuseppe Benedetto Molines; 1771, Libro 2, p. 33f, Retrovendita di Vittorio Felice Ravissa a favore al vende; 1771, Libro 8, P. 707f, Permutation Cristofaro Ravissa ed Benedetto Molines; 1774, Libro 10, p. 1137f, Vendita di Vittorio Ravissa; 1775, Libro 8, p. 142f, Quittanza di Vincenzo Ravizza a Cristofaro Ravizza; 1775, Libro 9, p. 1261f, Quittanza Sig.ri Giuseppe, e Rosa fratello, e Sorella Ravissa a favore del Sig. Francesco Giacinto Foscal; AST

- Le Journal de Paris du 22.03.1778, p. 322f et du 25.03.1778, p. 335; Mercure de France, avril 1778, p. 163.

- Journal de Jean Henri Pollier de Vernand, P René Monod 95, Archives cantonales vaudoises (ACV), grâce au mention de Pierre-Yves Favez.

- Archivio storico, Divisione Segretaria generale, Sezione Storica dell’Archivio, Inventario degli Atti dell’Archivio Comunale dal 1111 al 1848 N° 5502.

- Biglietti Registro 9 dal 26 Aprile 1779 al 2 Aprile 1784, 7.9.1781; Insinuazione Torino 1781, Libro 6, P. 399f, Permutation Cristofaro Ravizza e Benedetto Molines; Libro 10, P. 625f, Obbligazione di Cristoforo al Banchiere Giusepe Alessio Valsecchi; AST.

- Manuel du Conseil général de Ville, séance du 8 novembre 1780, Archives de la ville de Neuchâtel, N 26, 1779-1784 (note de Mr Olivier Girardbille.)

- Rôles des giettes (de taxe), Archives de la Ville de Neuchâtel.

- Registres de la salle de musique, 1781-, MS A 703, Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel (BPU).

- Registres de Certificats, Publications et Procuration 1792-1800, Certificat pour Dame Ravizza, Archives de la Ville de Neuchâtel

- Ratsmanualen der Stadt, Staatsarchiv des Kantons Bern A II 1012 (RM 426), P. 71.

- Recensement Dérobements 1789, Archives de la ville de Neuchâtel, HH31/1.22.30.

- AE. Série Illégitimes, dos. 26, Archives de l’Etat de Neuchâtel (AEN).

- Journal d’Angletine, P Charrière Ci 33, ACV.

- Archives cantonales vaudoises Lausanne, Ea 14/107-126, ACV.

- Registres des Baptêmes de Neuchâtel, année 1773, AVN.

- Registres de décès de S. Giovanni, année 1797,Archivio Storico di Torino,

- Testament de Frédérique-Eliza Masson du 12.5.1862 (ACV: Bg 13-/30, P. 332), homologué le 21.10.1873 (Justice de Paix du cercle de Lausanne 30.9.1873-22.9.1874 K XIX 29/59, ACV).


REMERCIEMENTS :

- La Fondation Maecenia, Stiftung zur Förderung von Frauen in Wissenschaft und Kultur, Frankfurt/Main .

- L’Institut historique allemand de Paris.

- Madame Irène Minder-Jeanneret du  FrauenMusikForum  (fmf) de Berne pour m’avoir autorisée à consulter ses notes sur Geneviève Ravissa.

- Monp. Giacomo Maria Martinacci, Curia Metropolitana di Torino.

- Mmes Ursula Allendörfer et Catherine Feillon pour leur aide à la traduction en français.


Claudia Schweitzer
Claudia Schweitzer

NOTE SUR L'AUTEUR : Claudia Schweitzer

Studium der Historischen Tasteninstrumente, Schwerpunkt Cembalo, bei Gregor Hollmann, Siegbert Rampe und Glen Wilson, Stipendiatin der Ministerien für Wissenschaft und Kunst in Thüringen und Hessen, der Maecenia-Stiftung Frankfurt sowie des Institut Historique Allemand Paris.

Lehrauftrag für Cembalo und Solokorrepetition an der Hochschule für Musik und Theater in Leipzig und am Musikwissenschaftlichen Institut der Philipps-Universität Marburg. Zahlreiche Konzerte mit den Schwerpunkten J.S. Bach und dessen Umfeld und Werken von Komponistinnen.

Herausgeberin und Übersetzerin Alter Musik und Traktate (Werke von Franziska Lebrun, Christian Cannabich, Peter von Winter, Geneviève Ravissa, Cembaloschule "Les Principes de Clavecin" von M. de Saint-Lambert).


 


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