Église St-Bernard-de-la-Chapelle en 2005
Église Saint-Bernard de la Chapelle en 2005
( © photo Benjamin Intartaglia )

NOTES

SUR LES ORGANISTES
ET MAÎTRES DE CHAPELLE

DE L’ÉGLISE
SAINT-BERNARD-DE-LA-CHAPELLE
À PARIS

 

Un cul de lampe La pendule
Les tuyauxLa consoleLes tuyaux
Les tirants de registres Les claviers
 
Le grand-orgue de l'église St-Bernard-de-la-Chapelle à Paris 18ème (Cavaillé-Coll 1862, buffet néo-gothique).
Vue d'un cul de lampe, de la pendule, de la tuyauterie, des tirants de registres et des claviers.
Photos noir et blanc: © E. Boucher, avec l'aimable autorisation de M. Amaury Rosa de Poullois.
Photo couleur: état de la console en décembre 2005 (© photo Benjamin Intartaglia)

 

Victor VERRIMST , maître de chapelle dans les années 1860. Né le 29.11.1825 à Paris, d’un père belge natif de Lokeren, il fut élève au CNSM où il fréquenta les classes de Chaft (contrebasse), Elwart (harmonie) et Leborne (contrepoint). Attaché à l’orchestre de l’Opéra-Comique, puis à celui de l’Opéra comme contrebassiste, ainsi qu’à la Société des concerts du Conservatoire, on le trouve aussi à la musique particulière de Napoléon III. Il enseigne également la contrebasse au CNSM dès 1853.

Avant d’exercer à St-Bernard, on le trouve à St-Thomas-d’Aquin, au temps où Edmond HOCMELLE tenait les claviers du grand-orgue Clicquot et Joseph Franck, le propre frère de César, ceux de l’orgue de choeur. C’est A. DHIBAUT, celui-la même qui dirigera le choeur lors de l’inauguration de l’orgue de St-Bernard, le 22 janvier 1863, qui lui succédera à St-Thomas au tout début des années 1860.

Compositeur de musique, on doit à Victor Verrimst des pages de musique religieuse, dont une Messe de Requiem, op.17 (Paris, Richault).

Alexis CHAUVET, premier titulaire de l’orgue Cavaillé-Coll de 1863 à 1866. Sa biographie est trop connue pour être reprise ici, rappelons cependant ici quelques grandes lignes. Né le 7.6.1837 à Marines (actuellement Val-d’Oise), décédé d’une phtysie le 28.1.1871 à Argentan (Orne) où il était allé se reposer, il fréquenta le CNSM (1850-1861) et obtint notamment un 1er Prix d’orgue en 1860 dans la classe de Benoist.

Après avoir débuté à l’âge de 11 ans, en 1848, à l’orgue de l’église St-Rémy de Marines, il a exercé dans plusieurs églises parisiennes. C’est ainsi qu’on le trouve à St-Thomas-d’Aquin, Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, St-Bernard-de-la-Chapelle, St-Merry, et enfin son dernier poste La Trinité, où il aura pour successeur Charles GUILMANT.

Il est l’auteur de nombreuses œuvres pour orgue ou pour piano.

Constantin GENET. Né sans doute dans les années 1830, il succède en 1866 à Alexis CHAUVET à St-Bernard-de-la-Chapelle. En 1879 il est nommé à St-Laurent, où Merklin-Schütze a reconstruit quelques années auparavant le grand-orgue. Il restera dans cette église jusqu’en 1898, année ou Charles QUEF le remplacera. Ce dernier d’ailleurs ne fera qu’une brève apparition à St-Laurent puisque dès l’année suivante il est à la Trinité.

LALANDE : Dans les années 1870, c’est un certain LALANDE qui est le maître de chapelle de St-Bernard. Très peu d’éléments biographiques sur ce musicien ont pu être recueillis à ce jour. Néanmoins on sait qu’il était également pianiste et habitait 137, boulevard de Magenta à Paris.

Auguste KIESGEN : Demeurant 12, boulevard de Strasbourg, juste à coté de la salle de théâtre des Menus-Plaisirs située au numéro 14 (actuel Théâtre Antoine), il succède à Constantin GENET en 1879, poste qu’il occupera jusqu’en 1896. Auparavant Kiesgen avait été durant quelque temps maître de chapelle de Notre-Dame de Paris, où il avait succédé au début de l’année 1873 à Joseph POLLET (1806-1883) démissionnaire de son poste le 25 décembre 1872. Trois ans plus tard il était à son tour remplacé au poste de maître de chapelle de Notre-Dame par Charles VERVOITTE, qui venait de St-Roch et avait été récemment nommé délégué du Ministre de l’Instruction publique et des Cultes, Inspecteur de la musique religieuse.

Bien que la nature de la formation musicale de Kiesgen nous soit encore inconnue, on peut raisonnablement penser qu’il avait été formé, comme beaucoup de futurs organistes et maîtres de chapelle de ND à cette époque (POLLET, SERGENT, BIENAIMÉ, SERRE...) à la Maîtrise de cette église.

Paul LECOURT : Ce distingué organiste est resté durant 45 ans à St-Bernard, où il entre en 1892 comme maître de chapelle et organiste de choeur avant de monter au grand orgue 4 ans plus tard pour recueillir la succession d’Auguste Kiesgen.

Né le 25.2.1870 à Blois, sans fut-il quelque peu influencé dans sa future carrière musicale par Adolphe Desse (organiste de St-Nicolas de Blois) ou l’abbé Moreau (organiste de la cathédrale St-Louis de Blois) tous deux éminents musiciens au rayonnement certain qui exerçaient à cette époque. Quoi qu’il en soit, à peine âgé d’une quinzaine d’années, il monte à Paris et rentre à l’Ecole de Musique Classique et Religieuse (Ecole Niedermeyer), où il a pour condisciples notamment Claude Terrasse, Henri Lutz et Victor Letocart. Cet établissement, alors dirigé par Gustave Lefèvre, a formé de nombreux musiciens d’églises en cette seconde moitié du dix-neuvième siècle, parmi lesquels Fauré et Gigout. Au moment où Paul Lecourt le fréquentait Clément Loret y enseignait l’orgue, Gigout le contrepoint, la fugue, le plain-chant et le piano avant de partir en 1885 créer sa propre Ecole d’orgue, d’improvisation et de plain-chant, Alexandre Georges l’harmonie et Jules Stoltz l’improvisation... Il deviendra également élève particulier de Marcel ROUHER, un ancien élève de Massenet et de Franck au Conservatoire de Paris, maître de chapelle de l’église St-Vincent-de-Paul au moment au BOELLMANN tenait le grand-orgue, et futur titulaire de St-Germain-l’Auxerrois.

Pour des raisons médicales, il prend sa retraite en 1937, quitte son appartement du 8 rue de Suez et retourne se fixer avec sa femme à Blois où il décède le 10 avril 1947. En raison de ses loyaux et dévoués services à St-Bernard, il était décoré en 1932 de la Médaille pontificale Pro ecclésia et pontifice, que lui remit solennellement le Curé de la paroisse un dimanche, à la messe d’onze heures et demie. Membre de l’Union des Maîtres de Chapelle et Organiste, présidée à cette époque par Widor, lors d’une enquête effectuée par cette association professionnelle en 1926, il se plaignait du fait que pour les convois de 7ème classe l’organiste était payé la même somme que le chantre : 10 francs, ce qui lui causait un préjudice de 2 francs. Il précisait " Le dommage qui en résultera pour moi est très grand, car c’est la seule classe fréquente à St Bernard... " Cela démontre que les paroissiens de St-Bernard étaient peu aisés. Il mentionnait également " Le service de St-Bernard étant des plus chargés (5 messes tous les dimanches pour vous citer un exemple), je ne peux donc guère compter sur les à cotés. Voyez la situation que l’on me fait, à peine 400 francs par mois tout compris, en occultant les trois quarts de mon temps. "

Compositeur, l’abbé Joubert a notamment publié en 1914 certaines de ses pièces pour orgue dans ses recueils Les maîtres contemporains de l’orgue.

Audio lecteur Windows Media Paul Lecourt, Marche Grand Choeur pour orgue ou harmonium, dédicacée “à Monsieur Marcel Rouher, organiste du Grand orgue de St Germain l’Auxerrois” (in Les Maîtres contemporains de l’orgue, pièces inédites pour orgue ou harmonium, recueillies et publiées par l’abbé Joseph Joubert, vol. 4, Paris, M. Sénart, 1914), fichier audio par Max Méreaux (DR.)

Paul ANDIGNOUX, directeur d’usine, paroissien de St-Bernard et bon organiste, il suppléa dans les années 1930 Paul Lecourt durant sa maladie. Il habitait alors 59, rue du Département dans le dix-huitième arrondissement.

André FLEURY : sa biographie est là encore trop connue pour être reprise ici. Rappelons cependant qu’il est né le 25.7.1903 à Neuilly-sur-Seine et décédé le 6.8.1995 au Vésinet. Elève de son père, puis d’Henri Letocart et enfin de Gigout et de Dupré au CNSM (1er Prix d’orgue en 1926), il a enseigné son instrument à l’Ecole Normale de Musique, au Conservatoire de Dijon et à la Schola. Organiste de Sainte-Pauline du Vésinet, de Sainte-Clotilde, du Sacré-Cœur de Montmartre, de St-Augustin, de l’Ecole St-Nicolas de Buzenval, de la cathédrale de Dijon, de St-Eustache et de la cathédrale de Versailles, il a également tenu le grand-orgue de St-Bernard de 1943 à 1945.

Henri de Chantérac
Henri de Chantérac au grand orgue de St-Bernard
( photo X..., coll. famille de Chantérac ) DR

Henri de CHANTÉRAC : né le 9 décembre 1887 à Paris VIIe, décédé le 7 juillet 1960 à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), il est issu d'une vieille famille du Périgord, les La Cropte de Chantérac. Son père, Jean de Chantérac (1856-1908) avait déjà quelque goût pour la musique ; on lui doit en effet des messes et motets écrits vers 1882. Fondé de pouvoir à la Compagnie Financière (ancienne Banque Le Roy-Dupré), située 5 rue Tronchet, à Paris, Henri pratique également la musique dès son plus jeune âge, jouant habilement du piano et de l'orgue. En outre, il fréquente les tribunes parisiennes, notamment celle de Saint-Etienne-du-Mont, où, à partir de 1927 il remplace parfois le maître de chapelle et organiste accompagnateur titulaire Bernard Loth. Organiste de chœur à St-Bernard, depuis au moins 1928, il succède en 1937 à Paul Lecourt au grand orgue, tout en assurant les fonctions de maître de chapelle. Il va rester dans cette église jusqu'à la dernière année de sa vie, en dehors d'une interruption due à la guerre : mobilisé comme officier de réserve à 52 ans en 1939, il est fait prisonnier avant d'être libéré à Noël 1940.

Il fut un temps en désaccord avec l’Union des maîtres de Chapelle et Organistes, dont il était devenu membre en novembre 1927, au moment de succéder bénévolement à Gaston Singéry à St-Etienne-du-Mont en 1929 (c’est finalement Maurice Duruflé qui sera nommé à ce poste) : jouissant par ailleurs d’une autre situation, on lui reprochait comme organiste de prendre la place d’un musicien professionnel, mais la crise survenue à cette même époque lui avait perdre son emploi de banquier. Cet évènement eut notamment pour effet de lui laisser davantage de temps pour s'adonner à la musique. C'est ainsi que durant toutes ses années passées à St-Bernard, en plus de ses fonctions de titulaire du grand orgue et de maître de chapelle, il collabora étroitement avec l’abbé Levillain, chargé de la Maîtrise et l'assista notamment dans l’animation des groupes paroissiaux et du patronage.

A la fin de la guerre de 1940, un ami célibataire lui avait légué un orgue de salon. Un jeu de soubasse en fut extrait en 1946 pour étoffer l’orgue de chœur de St-Bernard. Une plaque commémorative fut alors apposée sur le buffet ; elle est toujours visible de nos jours.

Abbé Jean LEVILLAIN : La maîtrise paroissiale de St-Bernard, fondée en janvier 1928 avait pour directeur l’abbé Jean Levillain, vicaire, que l’on trouve à ce poste déjà à la fin des années 1930 jusque dans les années 1960. En 1960 il était domicilié 7, rue Saint-Luc dans le dix-huitième arrondissement.

Une enquête concernant les Maîtrises de France diligentée en 1944 par le Comité Professionnel de l’art musical et de l’enseignement libre de la musique (Président : Alfred Cortot) nous renseigne précisément sur l’état de la Maîtrise de St-Bernard et son répertoire en 1943. Composée de voix d’enfants (15 soprani et 8 alti) et de voix d’hommes (7 ténors, 2 barytons et 4 basses) tous bénévoles à l’exception d’un ténor professionnel, la salle de répétition se tenait 53, rue Doudeauville et les activités pédagogiques consistaient en " Technique du chant, solfège pratique et lecture musicale courante ". Le répertoire des cérémonies liturgiques en 1943 était composé principalement de :

1) messes à 4 voix mixtes de Chérion, Noyon, Gounod...

2) nombreux motets du XVI° siècle (Palestrina, Victoria, van Berchem, Croce....)

3) Chorals de Bach, Haendel....

4) motets de musique plus modernes (Beethoven, Gounod, Saint-Saëns...)

5) Faux Bourdons, Hymnes, proses...

Au cours de concerts spirituels donnés avant la guerre de 1939, on pouvait entendre des chants populaires harmonisés ou encore des œuvres anciennes telle la " Bataille de Marignan " de Clément Jannequin.

Le chant grégorien n’était pas oublié au cours des cérémonies religieuses avec l’Introït et l’Alleluia chantés tous les dimanches, ainsi que différentes messes du Kyriale. En 1944, l’abbé Levillain souhaitait réaliser la messe " Simile est regnum coelorum " de Victoria, mais il notait en avril de cette même année : " Le bombardement du 21 avril 1944 risque de disperser bon nombre des membres de la chorale. Aucun projet n’est à retenir présentement. "

Il n’existait pas à proprement parler de règlement intérieur écrit, mais seulement traditionnel : fidélité aux répétitions, assistance à la grand’messe tous les dimanches et aux vêpres des solennités.

Tout cela démontre qu’à cette époque l’activité artistique et musicale était importante à St-Bernard bénéficiant d’une maîtrise de 36 chanteurs qui participait activement à toutes les cérémonies religieuses et se produisait en concert avec un programme de choix. Qu’en est-il de nos jours ? ! ! !

Marie-Madeleine CHEVALIER : A l’époque où Paul Lecourt exerçait, Marie-Madeleine CHEVALIER, future madame Maurice DURUFLÉ (en 1953), tint durant quelque temps le grand-orgue de St-Bernard. C’était au cours des années 1949-1950. Née le 8.5.1921 à Marseille et morte récemment, le 5.10.1999 à Louveciennes, après avoir étudié au conservatoire de Avignon, où elle tint d’ailleurs le grand-orgue de la cathédrale dès l’âge de 11 ans, elle entra en 1945 dans la classe d’orgue de Marcel Dupré au CNSM de Paris et obtint un 1er Prix en 1949. C’est à l’époque de son premier prix d’orgue qu’elle était à St-Bernard. Dès son mariage avec Maurice Duruflé, elle partagea avec lui les claviers de St-Etienne du Mont qu’elle tint seule à partir de 1975 après l'accident de voiture au cours duquel son mari fut gravement blessé. Officier des Arts et des Lettres, elle était encore titulaire de St-Etienne-du-Mont au moment de son décès.

Jesse ESCHBACH ; organiste dans les années 1970-80.

Melle Claude LALOUET : Décédée le 22.2.1989, elle était alors titulaire de St-Bernard depuis quelques années. Excellente violoncelliste et organiste, elle avait obtenu un 1er Prix de violoncelle au CNSM et habitait 67 rue de Chabrol dans le dixième arrondissement. Elle tint, dans les années 1950, quelques orgues de la région parisienne, notamment celui de St-Louis de Villemonble, où elle était suppléante et chanteuse, et celui de la chapelle Sainte-Thérèse des Orphelins d’Auteuil dans le seizième arrondissement. Elle a été inhumée dans le caveau de famille au cimetière de Versigny (Oise).

M. SLAMA : organiste de St-Bernard depuis le début des années 1990, il était aussi à cette même époque remplaçant à l’orgue de la synagogue de la rue Copernic.

Denis HAVARD DE LA MONTAGNE



En 1864
Église Saint-Bernard de la Chapelle en 1864 (B.N.)

 

INAUGURATION DU GRAND ORGUE DE L’EGLISE
SAINT-BERNARD DE LA CHAPELLE-SAINT-DENIS

Jeudi 22 février [1863] a eu lieu la bénédiction et l’inauguration solennelle du grand orgue établir dans la nouvelle église Saint-Bernard de la Chapelle-Saint-Denis par la maison Cavaillé-Coll.

Cette solennité avait attiré un grand nombre d’artistes et d’amateurs, qui remplissaient l’enceinte de cette nouvelle église, l’une des plus élégantes et des mieux et des mieux appropriées au service du culte.

M. L’abbé Véron, grand vicaire, présidait la cérémonie. M. l’abbé Alix, chapelain honoraire de Sainte-Geneviève, a fait une allocution pour la circonstance, et la maîtrise de Saint-Thomas-d’Aquin a chanté plusieurs motets entre les morceaux d’orgue et pendant le Salut.

L’organiste titulaire de la paroisse, M. A. Chauvet, a été seul à faire entendre l’instrument, et nous devons dire tout d’abord qu’il s’en est acquitté avec beaucoup de talent.

Après la bénédiction de l’orgue, l’organiste a ouvert la séance par une toccata et fugue de S. Bach. Cette pièce du grand maître de l’ancienne école, a été fort bien jouée ; mais le public, peu initié à cette grande musique, n’a paru prêter son attention qu’à l’andante joué sur les jeux doux, qui par est d’ailleurs la partie la plus intéressante de cette pièce, dont le finale ne finissait plus.

Après ce premier morceau d’orgue, le chœur a chanté avec beaucoup d’ensemble un Ave Maria, de Schneider.

M. Chauvet a été plus heureux et mieux écouté la deuxième fois dans une fantaisie de sa composition, qu’ il a terminée par une marche religieuse du meilleur style.

M. Alix est monté ensuite en chaire, et, dans une chaleureuse allocution, il a peint à grands talents l’histoire et le rôle de l’orgue à l’église. Il a parlé de la composition de ce merveilleux instrument adopté par l’église comme le plus puissant auxiliaire de la pompe du culte. Il a rendu hommage au savant facteur et à la libéralité de la ville de Paris qui a doté cette paroisse, non seulement d’une superbe église, mais encore d’un bel instrument.

M. Chauvet a joué ensuite une sonate de Mendelssohn, morceau difficile avec pédale obligée, et que peu d’artistes son à même d’aborder avec le talent nécessaire. L’exposition de cette sonate jouée sur le grand jeu, a été d’un bel effet. L’andante sur les voix célestes et les flûtes est délicieux, et il est arrivé fort à propos, alors que la Salut allait commencer. Nous aurions aimé que cette sonate eût fini à l’andante, car la fugue jouée sur les fonds de l’orgue et le finale ont traîné un peu en longueur.

Pendant le Salut, la maîtrise a chanté un Tantum ergo, de Durante, et un Sancta Maria, de Himmel, avec beaucoup de distinction. Les soli chantés par MM. Quesne et Dellers ont été parfaitement dits.

Après la Bénédiction, M. Chauvet a terminé la séance par un grand chœur d’une belle facture, et où l’orgue et l’organiste ont brillé de tout leur éclat.

Cet orgue, commandé par la ville de Paris, est un seize pieds de vingt-six jeux, distribués sur deux claviers et un pédalier complets ; il possède neuf pédales de combinaison et 1,484 tuyaux.

Le buffet d’orgue, composé par M. Magne, l’habile architecte du monument, contient dans sa décoration 87 tuyaux de montre.

Quoique le nombre de tuyaux soit relativement peu important, cet instrument possède néanmoins toutes les qualités qu’on peut désirer dans un grand orgue d’église. Les sons graves et majestueux des pédales contrastent admirablement avec les jeux suaves et célestes de la boîte expressive. Les jeux de fond ont une plénitude de son remarquable ; les jeux d’anches composant le grand chœur joignent à l’éclat et à la puissance une rondeur qu’on rencontre rarement ailleurs.

En résumé, la nouvelle paroisse de Saint-Bernard de la Chapelle n’a rien à envier aujourd’hui aux meilleures églises de Paris.

KRATZ
La France musicale, 8 février 1863

 


Relancer la page d'accueil du site MUSICA ET MEMORIA

© Association Élisabeth Havard de la Montagne
Tous droits réservés

tumblr hit counter