Sigismond THALBERG
pianiste et compositeur
(Genève, 8 janvier 1812 – Naples, 27 avril 1871)

Thalberg (par Grevedon - 1836)
Thalberg par Grevedon, 1836,
lithographie Lemercier
( bnf/Gallica ) DR

Audio lecteur Windows Media Berceuse pour le piano, Le Jardin d'Hiver N° 7 (Mayence, Anvers, Bruxelles, "chez les Fils de B. Schott")
fichier WMA par Max Méreaux (DR.)

 

[par Félix Clément, 1873]

 

Thalberg a été l'un des pianistes les plus remarquables de ce siècle. On l'a avec raison opposé à M. Liszt. Si son jeu était moins original que celui de son célèbre rival, en revanche il était aussi moins empreint de charlatanisme, et il approchait plus de la beauté en ne cherchant pas à s'exonérer des règles du goût, et en se renfermant toujours dans le cadre musical : contrainte heureuse qui ne l'empêchait pas d'être plein d'effets neufs et puissants.

Sigismond Thalberg n'a point reçu de ses parents le nom que son talent a illustré. Il naquit à Genève le 7 janvier 1812, du prince Dietrichstein, grand-chambellan de l'empereur d'Autriche, et de la baronne de W... Le nom de Thalberg est celui d'un domaine appartenant au prince qui assura à son fils une pension pour toute sa vie. Ses premières années se passèrent auprès de sa mère ; puis il fut conduit à Vienne où il commença l'étude de la musique. Il fut l'élève de Sechter et de Czerny. Dès l'âge de quinze ans, il se faisait entendre dans les salons et obtenait le suffrage des amateurs de société. Un an plus tard, il publiait des variations sur des thèmes d'Euryante, de Weber (1828). L'artiste a depuis traité avec quelque dédain les premières productions de sa jeunesse, cependant il n'est pas malaisé de retrouver dans l'essai que je viens de citer, comme dans la Fantaisie sur un thème écossais, et dans l'impromptu sur des thèmes du Siège de Corinthe, le caractère vague encore, mais déjà saisissable, qui a dans la suite distingué son style.

En 1830, Thalberg parcourut l'Allemagne, selon l'usage des virtuoses, et les journaux, qui ont remplacé à notre époque les classiques trompettes de la Renommée, commencèrent à entretenir le monde artistique de ses faits et gestes. Il avait composé un concerto pour piano et orchestre, qu'il fit entendre durant ses pérégrinations, mais cette tentative dans un genre auquel la nature ne le destinait pas, eut peu de succès. C'est pour avoir enrichi la musique de piano de ressources nouvelles que Thalberg mérita d'être placé à côté des maîtres de cet instrument. Une combinaison dont il est l'inventeur est celle qui consiste dans les arpèges traversant le chant proprement dit du grave à l'aigu et de l'aigu au grave. On a beaucoup abusé de ce procédé, devenu vulgaire depuis quarante ans. Il en est ainsi de toutes les trouvailles et l'on peut dire des plus heureuses : Assiduitate vilescunt. Il n'en est pas moins vrai qu'au moment où l'auteur de la Fantaisie sur Moïse se fit entendre à- Paris, il excita l'admiration générale. Ce morceau est resté classique; il a eu pour effet de faire tomber l'air varié auquel la vogue était acquise depuis un demi-siècle et dont M. Henri Herz avait développé les formes d'une manière ingénieuse et charmante, particulièrement dans les variations sur un motif de la Violette. Au point de vue de l'arrangement des thèmes musicaux pour son instrument, Thal-berg a innové en réunissant la mélodie à des traits brillants qui lui servent d'accompagnement. Il a agrandi subitement le cercle des effets qu'on peut produire sur le piano. Virtuose incomparable, il est toujours resté homme de goût, musicien dans le sens, élevé du mot. Il a fait servir ingénieusement des moyens mécaniques, une belle sonorité, une manière d'attaquer la touche avec énergie, mais de très près et sans la frapper, à faire chanter l'instrument avec toutes les nuances dont il est susceptible.

Les morceaux de Thalberg ont été joués sur tous les pianos de l'univers. Tout le monde connaît la Straniera, le Guillaume Tell, la Tarentelle, le Trio pour piano, violon et violoncelle, l'Étude en la mineur, la Ballade.

Thalberg accompagna à Tœplitz l'empereur Ferdinand et joua devant un auditoire de souverains et de princes avec tant de succès qu'on dit de lui alors : « C'est le roi des pianistes et le pianiste des rois. »

Nous ne suivrons pas le célèbre pianiste dans ses excursions triomphales en France (1835), en Belgique, en Hollande, en Angleterre et en Russie (1839). Après avoir promené son talent à travers les diverses capitales de l'Europe, il aborda le théâtre sur le conseil d'imprudents amis ; mais ses opéras italiens : Florinda (1851) et Cristina di Svezia ont été des essais malheureux. La fortune qui lui avait été infidèle au théâtre ne cessa point de le favoriser hors de la scène. A plusieurs reprises, en 1826, 1856 et 1863, Thalberg est allé se faire entendre de l'autre côté de l'Atlantique, et les concerts qu'il a donnés aux États-Unis et au Brésil ont produit d'abondantes recettes.

En 1845, Thalberg épousa une des filles de Lablache, veuve du peintre Bouchot. En 1858, il se rendit à Pausilippe, aux environs de Naples, dans une belle villa que possédait son beau-père. Il s'occupa de la culture de vignobles renommés dont il n'a pas dédaigné de soumettre les produits au jury de l'exposition universelle de 1807.

La plupart des grands ouvrages lyriques ont fourni à Thalberg l'occasion d'écrire d'excellents morceaux de piano. Parmi les dernières productions qu'il a fait connaître lui-même dans une série de concerts donnés à Paris en 1865, on a remarqué les Soirées du Pausilippe.

En 1871, il fut atteint d'une maladie de poitrine ; il se transporta à Naples où il mourut le 27 avril de cette même année.

Thalberg possédait une précieuse collection d'autographes et des partitions manuscrites de Beethoven, Mozart, Weber, Haydn, Bach, Haendel, Rossini et Bellini. Elle fut vendue à Naples et malheureusement dispersée.

Félix Clément
In Les Musiciens célèbres,
Paris, Hachette, 1873, pp. 571-572
(coll. DHM)

 

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[par Amédée Méreaux, 1878]

 

Sigismond Thalberg est, d’après Fétis (Biographie universelle des musiciens), le fils naturel d’un prince et d’une baronne… Il est né à Genève en 1812. Sa mère, après avoir commencé son éducation musicale, le conduisit fort jeune à Vienne pour prendre des leçons d’Hummel. Plus tard il en reçut de Czerny, qui fut son véritable maître. A peine âgé de seize ans, il se montra avec succès dans les concerts, et publia quelques morceaux pour le piano, dans lesquels, du reste, on ne trouve guère le germe des procédés d’exécution qui, développés dans tous ses ouvrages ultérieurs, ont fait son prestige et sa renommée. Comme virtuose, il a rempli un grand rôle dans l’école moderne du piano, et, à ce titre, il a droit à une belle place dans l’estime et dans le souvenir des pianistes, auxquels, en mourant, il lègue de précieux modèles au point de vue du mécanisme instrumental.

Son arrivée à Paris, en 1835, et la sensation de surprise et d’enthousiasme qu’excita son talent, firent une véritable révolution dans le monde musical. Et pourtant, ce qui, dans sa manière, parut si nouveau, ne lui appartenait pas entièrement, et la fascination de son jeu tenait plutôt à la grande largeur de son style et à une irréprochable pureté, qu’à la valeur musicale ou au mérite d’invention des morceaux avec lesquels il passionnait la foule qui se portait à ses concerts.

Le procédé de mécanisme dont Thalberg a fait un si brillant usage consiste à placer le chant dans la partie la plus chantable du piano, le médium, et à entourer ce chant de traits ingénieusement dessinés. C’est un des plus beaux effets qu’on puisse tirer de l’instrument, mais l’honneur en revient à Mendelssohn, qui l’a créé et employé dans presque tous ses ouvrages, notamment dans ses romances sans paroles, dans ses concertos, dans le second surtout, dans ses sérénades avec orchestre.

Thalberg s’est emparé de cette combinaison ; il l’a développée avec beaucoup d’art et en pianiste-virtuose connaissant à fond les ressources essentielles du piano. Il en a fait un système dont, malheureusement, il s’est servi trop exclusivement. Il en résulte dans ses fantaisies une certaine monotonie qui en a usé l’effet.

De plus, ces formules d’exécution, qui, grâce à la magie de sa splendide exécution, parurent tout d’abord d’une extrême difficulté, furent, à l’examen, reconnues abordables, et tous les pianistes-virtuoses se les approprièrent. Thalberg fut dépossédé du monopole de son système, et tout le monde fit du Thalberg, moins pur, moins distingué que le vrai Thalberg ; mais le public n’y regarde pas de si près, et, pour les amateurs, les plagiaires l’emportèrent sur leur modèle : leur imitation était plus facile à exécuter. Aussi , bientôt le faux Thalberg eut de la vogue.

Il n’en reste pas moins à Thalberg l’honneur d’avoir vulgarisé l’invention de Mendelssohn. Ce qui lui a surtout nui et l’a empêché de s’assurer une haute position dans l’art musical, c’est qu’il ne jouait que sa musique, et que, n’ayant jamais approfondi les œuvres des maîtres, il ne pouvait en être le fidèle interprète. Il se borna presque à écrire des fantaisies mondaines sur des motifs d’emprunt, toujours revêtus de ses formules systématiques, et il n’a pu se faire réellement compositeur. Ce n’est que par des œuvres vraiment musicales qu’on s’affirme compositeur, et qu’on acquiert une réputation qui défie les caprices de la mode.

Dans l’œuvre de Thalberg, nous citerons, comme devant rester et méritant d’être travaillées, ses fantaisies sur Moïse, sur la sérénade et le menuet de Don Juan, sur les Huguenots, sur le finale de Lucie, ses deux Caprices, ses douze Études, son étude en la mineur, et son Art du chant appliqué au piano. Dans l’étude de ces ouvrages se trouvent tous les secrets du système et de la manière du célèbre virtuose.

Amédée Méreaux
in Marmontel, Variétés littéraires et musicales…,
Paris, Calmann Lévy, 1878, pp. 136-138,
(coll. Max Méreaux)

 

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[par François-Joseph Fétis, 1867]

 

THALBERG (SIGISMOND) pianiste célèbre, fils naturel du prince H.. D….. et de la baronne de W……, est né à Genève, le 7 janvier 1812. Après avoir passé ses premières années sous les yeux de sa mère, femme spirituelle et distinguée, il fut conduit, fort jeune encore, à Vienne, où commença son éducation musicale. Son biographe allemand dit qu’il reçut des leçons de Sechter et de Hummel ; mais lui-même, dans nos conversations, n’a avoué pour son maître de piano que le premier basson du théâtre impérial. Le même biographe assure qu’un travail infatigable a conduit Thalberg au talent admirable qui fit sa réputation ; mais en ceci encore il est contredit par l’artiste, qui prétend avoir acquis son talent sans effort. Quoi qu’il en soit, ce talent se manifesta de bonne heure, car Thalberg n’était âgé que de quinze ans lorsqu’il commença à fixer sur lui l’attention, dans les salons et dans les concerts. A seize ans, il publia ses premières productions, considérées plus tard par lui comme des bagatelles, mais où l’on voyait l’indication fugitive de la pensée qu’il a développée depuis lors, et qui caractérise son style. Pour quiconque connaît Thalberg comme pianiste et comme compositeur, il n’est pas sans intérêt d’examiner son Mélange sur les thèmes d’Euryanthe (œuvre 1er), sa fantaisie sur un air écossais (op. 2), et l’impromptu sur des motifs du Siège de Corinthe (op. 3). Ces morceaux parurent à Vienne, en 1828. Deux ans après, il fit un premier voyage en Allemagne pour y donner des concerts. Les journaux de cette époque commencèrent à faire retentir son nom. Il avait écrit pour ce voyage son concerto de piano (œuvre 5e) ; mais la nature n’a pas paru avoir destiné le célèbre artiste à une autre spécialité que celle qui lui a fait une immense renommée. En examinant avec attention ce concerto, on voit que ce genre de musique n’est pas le sien ; que les formes classiques le contraignent, et que l’orchestre le gêne. Ses vues se tournaient dès lors vers le développement de la puissance sonore du piano, vers les combinaisons d’effets divers, et surtout vers une nouveauté dont le mérite d’invention lui appartient, bien qu’on ait essayé de lui contester. L’ancienne école des pianistes se divisait en deux catégories principales, savoir : celle des pianistes brillants, tels que Clementi et ses élèves, et celle des pianistes harmonistes, comme Mozart et Beethoven. Chacune de ces écoles se subdivisait en plusieurs nuances qui tendaient à rapprocher l’une de l’autre les deux souches principales ; ainsi, Dussek, guidé par son instinct national, tendait vers l’école harmonique, bien qu’il écrivit incorrectement, et quoiqu’on dût le considérer comme appartenant à l’école des pianistes brillants. Plus tard, Kalkbrenner, un des chefs de cette école, suivit la même direction. D’autre part, Hummel, puis Moschelès, pianistes de l’école harmonique, donnèrent à leurs compositions plus de brillant que Mozart et Beethoven. Mais dans l’une et l’autre école, on remarque que le chant et l’harmonie d’une part, et les traits brillants, de l’autre, sont toujours séparés, et que ces deux parties, qui constituent la musique de piano, n’apparaissent que chacune à leur tour, et dans un ordre à peu près symétrique. Dans les traits brillants des deux écoles, ce sont les gammes qui dominent : les arpèges n’y apparaissent que de loin en loin, et dans des formes à peu près toujours semblables. Dans l’une et dans l’autre école, le virtuose ne se sépare pas du musicien ; la pensée et la forme restent toujours les conditions suprêmes. Vers 1830, il y eut une sorte de révolte des virtuoses contre la domination de la musique : aux conditions de celle-ci succéda la nécessité de briller par la dextérité, et de faire bon marché de la forme et de la pensée, pourvu que l’artiste exécutant eût de quoi faire naître l’étonnement et l’admiration par son habileté. Mais pour que ce programme pût être réalisé, il fallait entrer dans un ordre nouveau de difficultés vaincues, et sortir du domaine des gammes, épuisé par un long usage. C’est dans ces circonstances que s’ouvrit la carrière de Thalberg, et qu’il conçut la pensée de réunir dans un même cadre la mélodie et les traits brillants qui devaient lui servir d’accompagnement. Les formes nouvelles qu’il imagina pour varier les arpèges destinés à cet effet, l’ampleur du son qu’il tirait du piano, et l’adroit usage des pédales, donnèrent une apparence magique à cette innovation, et lorsqu’on entendit l’artiste, dans ses premières exhibitions, jouer quelques uns des morceaux qu’il avait combinés pour le plus grand développement possible des ressources de cette musique d’effet, par exemple la fantaisie sur les thèmes de Moïse, les pianistes virtuoses eux-mêmes se persuadèrent, au premier aspect, que d’immenses difficultés s’y trouvaient réunies ; mais quand Thalberg eut divulgué son secret en publiant sa musique, les procédés de combinaison qui avaient causé tant d’éblouissements parurent fort simples, et l’on fut étonné d’entendre des élèves assez peu avancés jouer cette musique dont les difficultés apparentes avaient produit de si puissantes émotions. Alors tous les pianistes s’emparèrent de ces moyens faciles d’effet, et de ce qui avait été chez l’inventeur une œuvre d’intelligence et de sentiment, les imitateurs firent un lieu commun dont la monotonie incessante finit par amener le dégoût. On ne se contenta pas de s’emparer de la création de Thalberg, car on lui en contesta la propriété. Suivant l’opinion de quelques critiques, il l’aurait empruntée à Beethoven. Quelque soin que j’aie mis dans mes recherches pour vérifier cette assertion, je n’ai rien découvert qui la justifie, à moins qu’on ait voulu parler de l’adagio de la deuxième sonate de l’œuvre 31 : mais ce n’est qu’un effet de croisement de mains. La critique a usé de ses droits à l’égard de l’inventeur de ce style, et a tempéré l’éclat de ses triomphes. Elle lui a aussi reproché de reproduire à peu près les mêmes formes, sinon les mêmes moyens, dans tous ses ouvrages, et d’avoir fait du piano quelque chose d’exceptionnel, en quelque sorte en dehors de la musique. La satiété des retours permanents des mêmes formes et des mêmes procédés a fatigué le goût du public. On ne peut nier qu’il y ait de la monotonie dans ce retour fréquent des mêmes dispositions d’idées, dans ce cadre où la progression de l’effet suit toujours la même voie, et arrive à des résultats à peu près identiques, ou du moins analogues. Ce que Thalberg a ajouté aux ressources du piano est sans doute quelque chose de réel et de très considérable : l’auteur de cette notice a été des premiers à signaler cette innovation et à y applaudir ; mais il n’a pas cru qu’il y ait là de quoi remplir toute une existence d’artiste, et la jeunesse du virtuose lui laissa l’espoir qu’il aurait le temps de se transformer, et qu’il considérerait ce qu’il a inventé, non comme le but de l’art, mais comme un moyen dont il fallait user avec réserve. Si cet espoir ne s’est pas réalisé, l’explication s’en trouve dans la destination que le virtuose s’était donnée. Il n’existe peut-être pas un pianiste qui se soit moins occupé de musique que Thalberg et qui ait moins joué les œuvres des maîtres. Pendant toute sa vie, il n’a eu en face de lui que sa propre personnalité. La musique qu’il s’est faite est la seule qu’il ait joué : cette musique, il l’a faite ce qu’elle devait être pour le virtuose, car c’est uniquement dans les voies du virtuose que son existence s’est écoulée.

Après avoir produit une grande sensation à Paris, en 1835, Thalberg obtint également des succès d’enthousiasme en Belgique, en Hollande, en Angleterre et en Russie, où il était en 1839. Les amis de cet artiste lui avaient persuadé qu’il y a dans sa musique des qualités qui le destinaient à être compositeur dramatique : il crut à leurs prédictions et écrivit, sur un poëme de Scribe traduit en italien, un opéra intitulé Florinda, qui fut chanté au théâtre Italien de Londres, en 1851, par Sophie Cruvelli, Celzolari, Lablache, Sims Reeves et Coletti. Cette faible production, dont rien n’est resté, a disparu presque immédiatement de la scène. En 1855, Thalberg partit pour le Brésil, où il resta environ une année. Dans l’été de 1856, il passa quelques mois à Paris, puis il se rendit dans les Etats-Unis d’Amérique, où il resta plusieurs années et donna une grande quantité de concerts, dont le produit fut très-considérable. De retour en Europe dans l’été de 1858, il alla vivre à Naples dans une propriété qu’il y avait acquise. Après quatre ans de silence, Thalberg a reparu, en 1802, à Paris et à Londres : il y a retrouvé ses anciens succès avec ses anciennes fantaisies, particulièrement sur les thèmes de Don Juan et de Moïse. En 1863, il a fait un nouveau voyage au Brésil. Cet artiste célèbre a épousé une des filles de Lablache.

Après Florinda, Thalberg a écrit un second opéra qui a été joué en Italie sous le titre de Cristina di Suezia et a eu une chute complète. La liste de ses œuvres pour le piano est composée comme il suit : 1° Fantaisie et variations sur des thèmes d’Eurianthe, de Weber, op. 1. 2° Fantaisie et variations sur un thème écossais, op. 2. 3° Impromptu sur des thèmes du Siège de Corinthe, op. 3. 4° Souvenirs de Vienne, douze caprices en forme de valses, op. 4. 5° Concerto pour piano et orchestre, op. 5 (en mi bémol). 6° Fantaisie sur les motifs de Robert le Diable, op. 6. 7° Grand divertissement (en fa mineur), op. 7. 8°Fantaisie sur la Straniera, op. 9. 9° Grande fantaisie et variations sur I Montecchi ed i Capuleti, op. 10. 10° Grande fantaisie et variations sur les motifs de Norma, op. 12. 11° Grande fantaisie et variations sur deux motifs de Don Juan, op. 14. 12° Caprice (en mi bémol), op. 13. 13° Deux nocturnes, op. 16. 14° Deux airs russes variés, op. 17. 15° Divertissement sur les Soirées musicales de Rossini, op. 18. 16° Deuxième caprice, op. 19. 17° Fantaisie sur les motifs de l’opéra les Huguenots, op. 20. 18° Trois nocturnes, op. 21. 19° Grande fantaisie, op. 22. 20° Douze études, op. 26. 20° (bis) Grande fantaisie sur God save the Queen et Rule Britaunia, op. 27. 21° Nocturne (en mi majeur), op. 28. 22° Scherzo, op. 31. 23° Andante (en bémol), op. 32. 24° Fantaisie sur des thèmes de Moïse, op. 33. 25° Divertissement sur les thèmes de la Gipsy, de Benedict, op. 34. 26° Grand nocturne (en fa dièse) op. 35. 27° La Cadence, en forme d’étude, et autres morceaux, op. 36. 28° Fantaisie sur des motifs d’Obéron, op. 37. 29° Romance et étude, op. 38. 30° Souvenir de Beethoven, op. 39. 31° Fantaisie sur la Donna del Lago, op. 40. 32° Deux romances sans paroles, op. 41. 33° Grande fantaisie sur la Sérénade et le Menuet de Don Juan, op. 42. 34° Deuxième grande fantaisie sur les Huguenots, op. 43. 35°Andante final de Lucia de Lammermoor varié, op. 44. 36° Thème original et étude, op. 45. 37° Caprice sur la Somnambula, op. 46. 38° Grandes valses brillantes, op. 47. 39° Grand caprice sur des motifs de Charles VI, op. 48. 40° Fantaisie sur Beatrice di Tenda, op. 49. 41° Fantaisie sur Lucrèce Borgia, op. 50. 42° Fantaisie sur Semiramide, op. 51. 43° Lieder sans paroles (au nombre de neuf, sans numéros d’œuvres). 44° Grande fantaisie sur la Tarentelle de la Muette de Portici, op. 52. 45° Grande sonate en quatre parties, op. 56. 46° Décaméron musical, dix morceaux servant d’étude préparatoire etc., op. 57. 47° Apothéose, grande fantaisie sur la marche triomphale de Berlioz, op. 58. 48° Marche funèbre variée, op. 59. 49° Grande fantaisie sur le Barbier de Séville, op. 63. 50° Souvenir de Pesth, air hongrois, op. 65. La plupart de ces œuvres ont été publiées à Paris, chez Brandus et Dufour, à Vienne et à Leipsick.

François-Joseph Fétis
in Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique,
Paris, Firmin Didot, tome 8 (1867), pp. 207-209

 

NDLR : Le mystère de la naissance de Sigismund-Fortuné-François Thalberg reste entier à ce jour. D'aucuns prétendent que son père était en réalité le comte Moritz von Dietrichstein et sa mère la baronne von Wetzlar, ce que le musicien ne démentit jamais. Mais, d'autres affirment qu'il était en fait tout simplement le fils de Joseph Thalberg, originaire de la ville allemande de Francfort-sur-le-Main, et de Fortunée Stein, de Genève, ainsi que mentionné à l'état-civil suisse.

 

 


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