MICHEL VANÇON
(1951-1989)

Michel Vançon
Michel Vançon
( coll. O. Geoffroy )

Un homme qui ne laissait personne indifférent. Sensible, ouvert aux autres et grand musicien, ses élèves du collège Saint-Sigisbert de Nancy ne l’ont pas oublié.

Écusson du collège St-Sigisbert de Nancy
Écusson du collège
Saint-Sigisbert de Nancy
( coll. O. Geoffroy )

C’est à Châtel-sur-Moselle petite commune des Vosges, près de Nomexy, que Michel Vançon est né le 21 juillet 1951. Très jeune, il fait partie de la chorale paroissiale. La belle église Saint-Laurent, d’un gothique tardif, la qualité des offices tout autant que la grande foi de ses parents ont une influence sur lui. Il envisage de devenir prêtre et entre au collège Saint-Clément de Martigny-les-Bains puis au petit séminaire de Renémont à Jarville. Finalement décidé à répondre à une autre forme de vocation, il termine son second cycle d’études au lycée Saint-Joseph d’Epinal.

Mais le virus de la musique l’avait déjà pris ! Avec l’abbé Guy Ruyer, tout d’abord, qui lui donna ses premières leçons de piano et d’orgue. Après son baccalauréat, il entre en 1972 à la Faculté de sciences économiques de Nancy tout en assurant les surveillances d’études à l’école Saint-Sigisbert où on lui attribue une chambre. Pris de passion pour la musique, il fonde bientôt une chorale dans l’établissement. L’abbé Barbesant, directeur lui confie les classes de sixièmes et cinquièmes pour des cours d’éducation musicale. Il obtient sa licence de musicologie en 1978. Il commence une maîtrise mais ne peut achever son travail car depuis 1980 c’est à tous les niveaux du collège qu’il intervient. Titulaire de prix d’écriture de Conservatoire et bon accompagnateur, sa grande culture musicale et son autorité naturelle et indéniable le placent bien vite parmi les membres les plus respectés de l’équipe pédagogique. Il est un des artisans du Festival International de Chant Choral de Nancy.

Il se marie en 1977 et, peu après, connaît la joie de voir naître ses deux enfants, Geoffroy puis Romaric, à qui il transmettra son amour de la musique.

En 1987, à la suite de nombreuses rencontres avec Noël Lancien, le directeur du Conservatoire tout proche de l’établissement, la première promotion de classes musicales voit le jour. Avec elles, ce sont aussi les premières classes mixtes qui font leur apparition à Saint-Sigisbert. Par convention entre les deux établissements, les élèves sont libérés deux demi journées dans la semaine afin de suivre les cours de formation musicale et d’instrument du Conservatoire.

Hélas, son décès subit le 3 juin 1989 met un terme à son activité sur cette terre. Les deux disques qu’il a enregistrés avec son ensemble vocal Jacques Arcadelt sont un témoignage de son dynamisme de chef.

Désireux de parfaire sa culture, il aimait à retrouver des partitions anciennes et à en faire l'analyse. Puisqu’il fut mon professeur d’éducation musicale, j’ai moi-même le souvenir d’un homme joyeux et d’une force de conviction assez peu commune. Dieu sait si enseigner à des classes de garçons n’était pas une sinécure ! La discothèque variée qu’il utilisait pour ses cours balayait une large période de l’histoire de la musique. Il aimait les bons mots et partait parfois d’un grand fou rire mais savait reprendre la classe lorsque la plaisanterie était terminée.

Laissons le mot de la fin à son ancien directeur le père Barbesant1 :

" J’ai toujours admiré son initiative, son esprit d’entreprise et ses ressources d’action dans les difficultés, en sachant très bien qu’à l’occasion, son audace pouvait aller jusqu’à paraître insolite, je n’oserai dire insolente. Ces manifestations de dynamisme et d’indépendance sont simplement des scintillements d’une très riche personnalité. [...]

Nous garderons de Michel l’image d’un homme généreux et actif, vif, parfois jusqu’à l’impatience, mais sachant s’adapter aux lenteurs de l’apprentissage, un homme dont le visage arrondi n’était complet qu’avec le sourire, toujours soigné, mais surtout un homme qui s’est toujours engagé à fond au service des jeunes : ceux de la DDAS dans une colonie paroissiale, ceux que la musique peut intéresser dans les colonies de l’UFCV, ceux à qui simplement le programme scolaire propose une initiation musicale. Michel a réussi à transmettre à un grand nombre d’entre eux l’amour de la musique. Ceux qui ne l’ont pas suivi dans son enthousiasme ont apprécié sa façon de les écouter et en conviennent volontiers. [...]

La recherche du beau est une forme de recherche de Dieu. L’effort à faire aimer le beau élève les âmes. Michel a poursuivi cet effort dans la Foi, même s’il le faisait de façon implicite. Il nous a sans doute apporté beaucoup ".

Olivier Geoffroy

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1) A la mémoire de Michel Vançon, Bulletin des Anciens Elèves de La Malgrange-Saint-Sigisbert, Nancy, 1989, p. 8. [ Retour ]

 


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