Pierre VIDAL


Pierre Vidal
( photo X..., coll. F. Hocquet ) DR

 

« Il appartenait à cette lignée d’(artistes) qui, chérissant leur art d’un amour fanatique, l’exerçaient avec exaltation et sagacité… Il eût passé pour un saint si la finesse de son esprit ne l’eût fait craindre comme un démon…Son regard vous descendait droit dans l’âme et désarticulait tout mensonge à travers les allégations et les pudeurs. »

Gustave Flaubert

"Riche d’une profonde culture sans laquelle ses découvertes eurent été vaines, ne reculant pas devant la difficulté de la tâche et ne cherchant pas à séduire, Pierre Vidal est de cette race d’artistes exigeants et toujours insatisfaits d’eux-mêmes pour lesquels, au-delà du tuyau, du marteau ou de l’archet, il y a la seule Musique."

(extrait de la préface de : Dominique Merlet, Pierre Vidal à l’orgue Notre-Dame des Blancs-Manteaux à Paris, éd. Stil).

 

Auteur de :

1 - Bach et la machine orgue (1973,) éditions Stil, reçoit le prix de l’Académie du Disque Français pour des enregistrements illustrant le livre (1975).

2 - Bach : les Psaumes ; Passions, images et structures dans l’œuvre d’orgue (1977), éditions Stil.

Ces deux ouvrages figurent dans les bibliographies du dictionnaire de l’Université d’Oxford et de l’Encyclopaedia Universalis.

3 - L’Origine thématique de l’Art de la Fugue et ses incidences (1984). Editions la Flûte de Pan (Paris), réédité avec la gracieuse autorisation de Monsieur Frédéric Monnier.

4 - J.S. Bach. Le secret des compositions libres pour orgue, Editions du Festival International de Musique de Wissembourg.

5 - Un hommage de J.S. Bach à G. Frescobaldi, Editions du Festival International de Musique de Wissembourg.

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Tous les enregistrements de Pierre Vidal sont disponibles aux Editions du Festival International de Musique de Wissembourg (http://www.pierre-vidal.com)

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Pierre Vidal avait accompli l’esthétique de sa lecture musicale avant de découvrir les relations suggestives et descriptives de la musique de Bach : l’audition des ses enregistrements et la lecture de ses livres témoignent de ce long cheminement tout à fait édifiant.

En 1973, il publie un ouvrage : Bach et la machine orgue (proposant une approche musicale de l’instrument) ; remarqué par Jacques Chailley qui rédige un envoi universitaire. En 1983, dans le Dictionnaire Encyclopédique de la Musique (Université d’Oxford), à la rubrique "Bach", Denis Arnold le cite “ in Bibliographie ”.

En 1977, publication de : Bach, les Psaumes ; Passions, images et structures dans l’œuvre d’orgue. Si quelques musiciens avaient personnellement exprimé leur adhésion tant à la thèse qu’à l’argumentation, des réfractaires répandirent des propos d’une telle ineptie que l’auteur, indigné, choisit de se retirer pour un temps dans le silence.

En somme, il s’agissait d’une thèse partant de la personnalité de J.S. Bach organiste. Un simple mémorandum synoptique de sa vie suffit à établir qu’il fut jusqu’à sa disparition, un profond homme de foi ; hormis quelques parenthèses de par sa volonté (sonate, transcriptions) ou de fait, Coethen (orchestre, clavecin), il a toujours été au service de l’Eglise luthérienne, dans laquelle domine le choral.

Dans le prélude de choral, le Musicien doit inclure dans sa polyphonie les différents affects contenus dans le texte littéraire du cantique ; idem dans la cantate. Pourquoi, lorsqu’il s’apprête à élaborer pour l’orgue (préludes, fantaisies, toccatas etc…) pourquoi alors ne pas s’abandonner à sa fantaisie ? C’est qu’il se l’interdit, selon l’indéfectible dualité : orgue-Eglise.

La Bible (qu’il connaît depuis son enfance), miroir de l’Homme, lui offre une infinité de tons rhétoriques, de textes, pour lui roboratifs, qu’il commente mot à mot
(techniquement, ses moyens expressifs ou allusifs sont illimités). Ce qui lui permet de légitimer, d’authentifier ses œuvres.

En 1983, Pierre Vidal enregistre deux microsillons (Studios S.M.), y joignant une plaquette révélant de nouveaux textes bibliques. Un critique a pu écrire : “  Quand l’œuvre est là, peu importe l’historiette ”. Cet aphorisme insane prouve à l’auteur que les temps ne sont pas venus. Mais son euristique demeure, au fond.

Autour des années 1985, vint dans sa classe d’orgue (C.N.R. de Strasbourg) un élève (Olivier Baur), convaincu par ses travaux qu’il assimile peu à peu, jusqu’à s’impliquer soi-même dans la recherche. Au fil du temps, il sut inciter Pierre Vidal à réaliser en collaboration la mise en forme de leurs découvertes.

Francis Hocquet

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"Le secret des compositions libres pour orgue"

 

I. Introduction :

Dépassant les tentatives de reconstitution historique, Pierre Vidal et Olivier Baur nous livrent “ une connaissance intime des ressorts cachés qui ont suscité cette musique ” : Les auteurs insistent sur la profonde connaissance qu'avait J.S. Bach concernant les analogies entre l’art oratoire et poétique et l'art musical. Les arguments, justifiés avec une cohérence et une autorité redoutables, émanent à la fois d’un phénomène apparenté à une osmose de l’esprit et d’une totale objectivité scientifique.

L’objet de ce livre de 300 pages (tome 1) est la pierre angulaire apportée à la compréhension des œuvres de Bach “ telles qu’il les a mises sur papier et qu’il aurait montrées comme il les avait dans la tête. ” (voir nécrologie (1754) de C.P.E. Bach et J.K. Agricola).

II. Suite de 35 pièces d’orgue :

Chaque pièce est précédée du texte biblique utilisé par Bach (extraits scannés de la Bible de Luther-1545).

Suit le texte musical proprement dit, accompagné des paroles concernées.

La présentation est analogue à celle d'une mélodie accompagnée, avec les paroles inscrites sous la musique.

Chaque pièce comporte une analyse musicale précise et commentée.

Les auteurs transcendent le signifiant du langage musical pour en extraire le signifié : ils invitent le lecteur à découvrir les symboles de chaque œuvre analysée et révèlent un aspect oublié de la pensée musicale de J.S. Bach.

III. Très brève présentation des auteurs :

Pierre Vidal explique sa discipline de travail. Pratiquée au quotidien pendant une vie entière par un être d’exception, cette démarche aboutit à une totale imprégnation et à une compréhension stupéfiante des textes musicaux.

Tout au long du livre, Pierre Vidal et Olivier Baur révèlent l’esprit qui anime la passion contenue dans la partition : cette démarche unique est mue par une perception immanente du texte musical.

IV. Réédition de l’origine thématique de l’Art de la Fugue et ses incidences.

F. H.

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Notes biographiques

Pierre Vidal, né le 7 avril 1927 à Clichy (Hauts-de-Seine), autodidacte pour l'essentiel, a été durant 4 ans élève de piano et d'orgue de Marcel Dupré à l'âge de 16 ans, avant de suivre les cours d'harmonie d'Henri Challan au Conservatoire de Paris. Maître de chapelle et organiste de Saint-Jean-Baptiste de Belleville (Paris XIXe), de 1956 à 1970, il a longtemps enseigné l'orgue au Conservatoire de Strasbourg, à partir de 1967, aux côtés de Michel Chapuis, André Stricker et Marc Schaeffer. Installé à Mersuay (Haute-Saône) depuis 2007, il y est décédé le 5 février 2010, sans avoir eu le temps de publier le tome 2 de son ouvrage J.S. Bach. Le secret des compositions libres pour orgue, écrit en collaboration avec Olivier Baur. On lui doit principalement, dans les années 1970, le renouveau de l'interprétation de la musique de Bach. Comme compositeur, il laisse des pages pour son instrument : 2 Petites Etudes (Delatour), 3 Suites (Leduc, Delatour), des Variations canoniques dans le style classique (Delatour) et des Variations sur le Magnificat (Delatour).

D.H.M.

 


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