Emile Damais

(1906-2003)


 

Le Groupe Eurythmie
Les membres du Groupe Eurythmie photographiés en 1947.
De gauche à droite : Emile Damais, José David, Amédée Borsari et Jean Rollin.

( photo X... parue dans Le Guide du Concert, 12 décembre 1947, p. 149 )

 

 

Né à Paris le 4 mars 1906, Emile Damais a poursuivi une grande carrière de musicien. Violoniste, organiste, compositeur, pédagogue, cet artiste a produit de nombreuses œuvres dans des genres variés. Elève de Lucien Capet, il avait rencontré en 1924 Arthur Honegger et Charles Koechlin qui l'avaient encouragé à débuter sérieusement un travail de composition musicale. Il fut, de 1930 à 1939, maître de chapelle et organiste de l'église Saint-Joseph du Havre tout en dirigeant l'orchestre de la ville. Habitant ensuite à Issy-les-Moulineaux, il a enseigné l'histoire de la musique à l'Ecole normale de musique de Paris. Durant la Seconde Guerre mondiale, il fut prisonnier dans un stalag en Pologne et, de même qu'Olivier Messiaen, également prisonnier de guerre en Silésie avait composé son Quatuor pour la fin du temps en captivité, E. Damais écrivit un chant accompagné à l'orchestre, O Nuit au cours de cet exil involontaire. On lui doit aussi une étude sur le compositeur baroque G.-F. Haendel (Haendel, Paris, Classiques Hachette, 1970, rééd.) ainsi que d'autres ouvrages musicologiques (Les Etapes de la pensée musicale, La Revue des jeunes, Paris, 1945 ; ou encore Le Concerto pour piano et orchestre, Paris, Larousse, 1950). Il écrivit également des chroniques musicales pour différentes revues et donna des conférences et causeries sur divers sujets.

 

On trouvera ci-après une liste non exhaustive d'œuvres musicales de ce compositeur ainsi que des extraits de périodiques s'y rapportant.

 

Emile Damais est mort à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) le 8 avril 2003.

 

 

Musique de chambre

 

Petit classique Larousse paru en 1950 sous la direction de Norbert Dufourcq
( coll. Max Méreaux )

-  Nocturnes, piano, 1924.

-  Sonate, pour violoncelle, 1925.

-  Petites Images, piano, 1926.

-  Appassionato, contrebasse et piano, Paris, Eschig, 1951.

-  Quatuor à cordes, 1954.

-  Cinq Divertissements, saxophone alto solo, Costallat, 1946.

-  Petites Phrases, violon et piano.

-  Elégie, piano.

-  Epode, cor et piano.

-  Duo, violoncelle.

-  Contrepoints, flûte et violon.

-  Aquarelles, piano.

-  20 Préludes, piano.

-  9 Elégies, piano.

-  5 Pièces poétiques, piano.

-  5 Pièces brèves, piano.

-  3 Préludes, accordéon.

-  Tantum ergo, ondes Martenot.

-  Deux pièces, ondes Martenot et piano.

-  Interlude, clarinette et piano.

-  Intermezzo, quatuor de bois.

-  Pastorale, flûte.

-  Pièce concertante, alto et piano.

-  Stances, trompette et piano.

-  Suite, percussion et piano.

-  Variations, piano.

 

Oeuvres orchestrales

 

-  Esquisse symphonique, saxophone et orchestre, Paris, Costallat, 1944.

-  3 Chorals, orchestre d'harmonie.

-  Symfonia festiva, orgue et ensemble instrumental.

 

Mélodies pour voix et piano

 

-  Litanies florales.

-  Aurore.

-  4 Poèmes de Paul Eluard.

-  Monodies.

 

Oeuvres vocales sacrées ou liturgiques

 

-  Motets, Paris, Schola Cantorum.

-  O Nuit, Costallat, 1944, texte de Charles Péguy.

-  Passion selon saint Mathieu, créée à Limoges en 1948.

-  Christ ressuscité, Musique et Liturgie n° 1, 1948.

-  Le Chemin de la Croix, texte de Paul Claudel.

-  Chant solennel, solistes et choeur a cappella.

-  Refrains de psaumes pour le recueil 53 Psaumes et un choral du père Gélineau (Paris, Le Cerf, 1955).

-  Refrains d'antiennes pour le recueil 206 Antiennes (Paris, Le Cerf, 1956).

-  Aurore biblique, voix et orchestre.

-  Soleil vespéral, voix et orchestre.

-  Laudate Dominum psaume 116, choeurs et ensemble instrumental.

-  Psaume 145, solistes, choeur et orchestre.

 

Pièces pour orgue

 

-  Interlude, coll. Musique et Liturgie n°6, 1948.

-  Interlude pour Noël, Paris, Schola, 1954.

-  Symphonie paraphrase.

 

*

* *

 

« LE HAVRE

A L'EGLISE SAINT-JOSFPH

M. MERCKEL ; SOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE.

A l'occasion d'une cérémonie religieuse à l'Eglise Saint-Joseph, un programme musical de haute tenue avait été élaboré par les soins de M. Emile Damais, maître de chapelle de cette paroisse, qui comprenait des fragments de la Messe en ut de Mozart, dans laquelle la voix pure de Mme Paillette fit merveille. Chœurs et orchestre sont également à féliciter. Au début de la cérémonie fut exécuté le Psaume 145 de M. Emile Damais pour ténor solo, chœurs, orgue et orchestre. L'œuvre, traitée largement et avec liberté, est empreinte de grandeur. Elle est de plus admirablement orchestrée. Quelques jours plus tôt, M. et Mme Emile Damais avaient donné un récital de Sonates pour piano et violon, auquel j'ai vivement regretté de ne pouvoir assister. »

(L'Art musical, 11 décembre 1936, p. 240)

 

 

« LE CHANT DE LA PASSION EN FRANÇAIS

Tous les curés regrettent que, le dimanche des Rameaux où nos églises reçoivent une assistance si considérable, le chant de la Passion par trois diacres soit exécuté en latin. Les uns le remplacent par une lecture en français du haut de la chaire, qui est intelligible, mais monotone, sans mouvement dramatique. D'autres ont imaginé des sortes de chœurs dramatiques avec intervention de la foule, qui nous font sortir de la liturgie.

Le Centre de Pastorale liturgique a suscité une composition qui ne pourra manquer d'intéresser beaucoup de curés et de maîtres de chapelle : Émile Damais a créé une mélodie simple, où reviennent sans cesse les mêmes formules, conforme à l'inspiration, mais non à la technique grégorienne, mélodie faite pour être chantée avec les paroles françaises.

Pour les interventions de la foule, son œuvre peut être chantée par un chœur à quatre voix mixtes, à deux voix mixtes ou à l'unisson. Ainsi exécutée, la Passion des Rameaux garde son caractère hiératique, mais en devenant directement intelligible, et cela sans une adaptation plus ou moins boiteuse des paroles françaises à la mélodie grégorienne.

La gravure de cette partition coûte très cher. Le C. P. L. et les éditions. Droguet et Ardant, qui se lancent dans cette aventure, aimeraient savoir approximativement sur combien de commandes ils peuvent compter. Les souscripteurs qui auront donné leur nom (au C. P. L. ou aux éditions Droguet et Ardant, à Limoges) bénéficieront d'une remise de 15 sur le prix de vente qui sera alors établi. Ce prix sera de l'ordre de 200 francs par partition complète (il faudrait normalement une partition complète pour chacun des trois diacres ; pour la schola, on éditera des partitions réduites, beaucoup moins coûteuses).

Ne cachons pas que nous attachons une certaine importance à cette tentative. Nous serions heureux si elle pouvait aider à rehausser la solennité et l'émotion des cérémonies de Semaine Sainte dans beaucoup de paroisses françaises.

N. B. — L'exécution de cette Passion en français ne doit alarmer personne : pour que les rubriques soient respectées, il suffit que le célébrant lise de son côté en latin le texte sacré.

(La Maison-Dieu, n° 12, Paris, Le Cerf, 1947, p. 172)

 

 

« E. DAMAIS : La Passion selon saint Matthieu pour trois diacres et chœur, éd. Droguet et Ardant.

Le C.P.L. présente ici un chant de l'évangile du dimanche des Rameaux, du compositeur Émile Damais, qui sera apprécié à sa juste valeur. Il est conçu sur le plan traditionnel : un récitant baryton, le Christ basse, la synagogue ténor ou chœur facultatif. La mélodie, extrêmement simple à chanter, oscille sur les cinquième et sixième modes. Quoique formulaire comme la mélodie grégorienne, elle ne s'interdit pas les inflexions expressives qui soulignent les sentiments du texte. Les réponses de la foule sont facultativement à l'unisson, à deux voix mixtes ou à quatre voix égales. L'harmonisation, le plus souvent verticale, conserve la richesse harmonique modale et sonne parfaitement bien aux voix, malgré ses apparences dissonantes, et ne présente pas de difficulté technique. Sous bénéfice d'un texte ultérieur plus littéraire et plus apte à une belle déclamation, cet essai nous apporte les garanties techniques et la sincérité lyrique souhaitables dans toute composition religieuse. »

(La Maison-Dieu, n° 13, Paris, Le Cerf, 1948, p. 103)

 

Informations collectées par Olivier Geoffroy

(décembre 2020)

 

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