Un compositeur vendéen,
José DAVID (1913-1993)

José David
José David (1913-1993), compositeur
(coll. Madame José David)

Le 21 août 1993, à peine quelques semaines après le drame de la mort à l'âge de 22 ans de son petit-fils Nicolas David survenu le 5 juillet à l'Ile d'Yeu, le compositeur José David, officier des Palmes académiques, était emporté par un infarctus foudroyant. Un simple faire-part dans "le Carnet du jour" du Figaro du 28 août apprenait cette triste nouvelle à quelques privilégiés qui se souvenaient de ce compositeur vendéen, un peu trop oublié de nos jours.

Beaucoup d'entre nous ne connaissent pas ce musicien qui pourtant eut un certain succès après guerre jusque dans les années 1960. Il mérite cependant notre attention, à juste titre d'ailleurs, comme nous le verrons au fil de cette esquisse biographique dont la plupart des éléments avaient déjà été rassemblés il y a une trentaine d'années par Henry Jacqueton, alors président de l'Académie du disque lyrique.

José David est né le 6 janvier 1913 aux Sables-d'Olonne, en Vendée, où son frère aîné Léo David (1911-2002), futur fondateur en 1950 du « Nouch » (groupe folklorique des Sables-d'Olonne) et du Rugby-club sablais ainsi que directeur du Grand Casino, avait vu le jour deux années auparavant. Leur père, Léon (1867-1962), lui-même fils de Léon et de Solitude Bruneteau1, était un chanteur renommé à l'Opéra-comique. Ancien élève du Conservatoire de Nantes, puis de celui de Paris, il avait débuté en 1892 à Paris avant d’entreprendre une carrière internationale. Egalement professeur au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris entre 1924 et 1938, il était le doyen des ténors français. Il fit une belle carrière et eut l'occasion d'être applaudi sur de nombreuses scènes dans bien des rôles de prestige. C'est sans nul doute lui qui communiqua l’amour de la musique à son fils José qui fut très jeune attiré par cet art. Dès l'âge de 16 ans il composait en effet un O Salutaris dédié à son père et édité peu après chez Sénart.

Léon David (1867-1962), de l'Opéra-Comique, père de José David
( Coll. Madame José David )
 
Léon David dans le rôle de Iopas, dans Les Troyens, de Berlioz. Opéra-Comique, Paris, juin 1892
( Coll. Madame José David )
 
Léon David dans Werther, de Massenet
( Coll. Madame José David )
 
Léon David dans le rôle du Prince Dimitri, dans Résurrection, drame lyrique de Frank Alfano. Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, avril 1906
( Coll. Madame José David )
Léon David dans le rôle de Don Luis de Vargas, dans Pepita Gimenez, comédie lyrique en deux actes et trois tableaux d'Isaac Albéniz. Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, janvier 1905.
( Coll. Madame José David )
Léon David dans le rôle d'Almaviva, dans Le Barbier de Séville, de Rossini
( Coll. Madame José David )

En 1933 José David entrait au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il devenait élève d'harmonie de Paul Fauchet, de fugue de Simone Plé-Caussade et de composition d'Henri Büsser. Dans cet établissement il suivait également les cours de Maurice Emmanuel (histoire de la musique) et de Marcel Dupré (orgue). Après le décès de Paul Fauchet en novembre 1937, il passait dans la classe d’harmonie de Jacques de la Presle, Premier Grand Prix de Rome en 1921 et pédagogue renommé.

A cette époque, après son mariage célébré en 1936 en l'église Saint-Germain-des-Prés à Paris, José David résidait à Savigny-sur-Orge dans l'Essonne. En janvier 1941 il déménageait pour demeurer boulevard Saint-Germain à Paris dans le sixième arrondissement, où il restera d’ailleurs jusqu’à son décès. Durant cette même période il donnait des leçons d’orgue et parfois, à la demande de sa famille ou d'amis, tenait l'orgue à l’occasion de mariages ou de cérémonies d’obsèques.

L’enseignement pointu de Marcel Dupré avait fait de lui un bon organiste bien que ses goûts personnels le poussaient davantage vers une carrière de compositeur de musique instrumentale et de scène. Il fut néanmoins durant plusieurs années, à compter de 1940, membre de l'Union des Maîtres de Chapelle et Organistes dont la présidence était à l’époque assurée par Henri Büsser lui-même, son ancien professeur de composition au Conservatoire de Paris. Dès 1937, il écrivait un choeur avec soli "Au large" qui fut exécuté a la Radio sous la direction de Francis Cebron. Sa carrière musicale était à peine commencée qu’il dut l’interrompre à cause de la guerre pour être mobilisé en août 1939. Affecté au 72ème Régiment d'artillerie de Vincennes il fut engagé notamment dans les combats du Luxembourg, de l'Aisne et de la Somme. Sa conduite lui valut la Croix du combattant.

Au lendemain de la démobilisation l'Académie des Beaux-Arts lui décernait le Prix Flameng et en 1945 la SACEM lui attribuait le Prix Joubert destiné à récompenser un compositeur de musique symphonique méritant. Professeur d'enseignement musical de la Ville de Paris, José David a apporté une précieuse collaboration au Traité d'harmonie tonale et atonale de Nicolas Obouhow (Durand, 1947), curieux ouvrage rédigé entièrement dans la nouvelle notation simplifiée, inventée par Obouhow, qui supprime dièse et bémol ! Il mit à profit toute sa science de l'harmonie qu'il avait précieusement acquise au Conservatoire auprès de Paul Fauchet puis de Jacques de la Presle.

En 1965 il était nommé membre du Jury des concours d’harmonie du Conservatoire de Paris puis, deux ans plus tard, professeur de la classe de préparation au professorat.

En avril 1947, en compagnie d'Amédée Borsari, Emile Damais et Jean Rollin, compositeurs de sa génération, José David fonde le Groupe Eurythmie. C'est une date capitale dans sa carrière. Ce groupe, dont le nom à lui seul annonce un véritable programme esthétique, est parrainé à sa naissance par Henri Collet (1885-1951), celui-là même qui, 27 ans auparavant, lança le Groupe des Six dans un article de Comoedia resté célèbre. Servir la musique sans jamais perdre de vue que l'harmonie des proportions et la sensibilité doivent toujours présider à l'élaboration d'une oeuvre d'art, qu'elle qu'en soit l'inspiration, voilà la ligne de conduite que ces quatre compositeurs s'assignent dès la création du Groupe et qu'ils vont suivre durant toute leur vie. Afin de mieux situer la pensée des musiciens du Groupe Eurythmie disons quelques mots sur chacun d'eux :

Le Groupe Eurythmie
Les membres du groupe Eurythmie photographiés en 1947.
De gauche à droite : Emile Damais, José David, Amédée Borsari et Jean Rollin.

( photo X... parue dans Le Guide du Concert, 12 décembre 1947, p. 149 )

Amédée Borsari est né à Paris le 23 décembre 1905 et décédé à Eaubonne (Val-d'Oise) le 21 juin 1999. Elève du Conservatoire national supérieur de musique de Paris il étudie notamment le piano avec Falkenberg et l'harmonie avec Charles Silver avant de devenir élève de direction de Vincent d'Indy à la Schola-Cantorum. Il obtient divers prix musicaux pour ses oeuvres avec son Quintette avec piano (1943), son Premier quatuor (1944) et son Divertissement sentimental (1956). Auteur de musique instrumentale : Prélude pour la mort de Roland; Concerto américain (piano et orchestre); Concerto pour saxophone et orchestre à cordes; 3éme Concerto pour clavecin ou piano et 11 instruments..., et de musique vocale et théâtrale, Amédée Borsari, avec son style limpide, son langage direct et son lyrisme parfaitement maîtrisé s'inscrit dans la pure tradition française.

Emile Damais, né à Paris le 4 mars 1906 et mort le 8 avril 2003, compositeur et musicographe, a été longtemps professeur d'histoire de la musique à l'Ecole Normale de Musique de Paris, alors qu'il habite 5 rue Claude-Matract à Issy-les-Moulineaux. Il écrit dans diverses revues musicales, dont Musique et Liturgie, fondée en 1948, dans laquelle il s’occupe plus particulièrement de la rubrique discographique. Prix Blumenthal en 1946, on lui doit aussi une oeuvre variée de haute tenue avec laquelle il affirme son appartenance à la musique française : une Sonate pour violon; un Quatuor à cordes écrit en 19442 ; une Esquisse symphonique pour saxophone et orchestre ; des Motets publiés par les Editions de la Schola-Cantorum à Paris ; une Passion selon Saint-Mathieu, créée à Limoges en 1948 ; un oratorio sur un texte de Paul Claudel Le Chemin de la Croix pour choeurs mixtes, grand orchestre, soprano solo, ténor solo, basse et récitant, écrit pendant la guerre et donné aux Concerts Pasdeloup en 1946, ainsi que des pièces pour orgue parmi lesquelles un Interlude pour Noël (Musique et Liturgie n° 6, 1948). Emile Damais est également l’auteur de plusieurs ouvrages dont "Les grandes étapes de la pensée musicale" (2 vol., Paris, 1945) et "Le Concerto pour piano et orchestre" (Pans, 1950).

Jean Rollin3, né le 3 août 1906 à Paris, compositeur et musicologue, domicilié à Paris, collabore notamment à la revue Le Guide du Concert et du disque et laisse quelques écrits parmi lesquels on relève "Pour enseigner l'histoire de la musique" (1955) qui remporte à l’époque un vif succès. Ancien élève de Noël Gallon, Pirro et Masson au Conservatoire de Paris, ses compositions, comme ses confrères, se situent bien dans le style de l'école française d'après-guerre : on y trouve des Concertos pour piano et violon (1947), pour violon (1950) ou encore pour contrebasse et orchestre (1951), ainsi que des Symphonies, de la musique de chambre et un opéra Gringoué. Il est mort le 30 août 1977 à Bayeux (Calvados).

Le Groupe Eurythmie, représentatif de la musique française des années cinquante, entre autres manifestations, a fait l'objet d'une exposition à la Bibliothèque Nationale au cours du mois de juin 1951. Sont alors présentés des manuscrits et documents des quatre compositeurs dont le talent avait conquis un large public.

L’oeuvre de José David lui a apporté bien des honneurs comme notamment plusieurs interviews à la radio ou à la télévision française, ainsi qu’à Madrid (1951), au Maroc (Rabat 1952) ou encore à NewYork en 1964. Ses mélodies furent mêmes chantées au Colon de Buenos-Aires (1984). La Ville de Nantes lui décerna en 1938 le Prix Pineau-Chailloux pour l'ensemble de son oeuvre. Des commandes d'Etat nous ont permis d’entendre un Quatuor à cordes en trois mouvements, Etapes (une suite pittoresque en quatre parties pour orchestre, 1961) et un Quatuor à vent écrit en 1986.

Fac-simile affiche concert du samedi 30 octobre 1942 au Palais des Beaux-Arts de Paris, consacré aux oeuvres de 3 jeunes compositeurs : José David, avec ses Impressions de Vendée et ses Quatre mélodies, Georges Friboulet et René Audoui
( coll. J.E. Friboulet/DHM ) DR

Le catalogue des compositions de José David est important et non dénué d’intérêt. On y trouve toujours des pièces écrites avec beaucoup de soin et de goût dans lesquelles on reconnaît rapidement l’habilité du compositeur, sa science de l'harmonie et sa sensibilité naturelle. Marc Pincherle salua un jour de 1947 à propos de La Ballade de Florentin Prunier « ...l'art de David qui cherche moins à surprendre qu'à émouvoir et qui y parvient par des voies très directes... »

Nous ne pouvons donner ici la liste exhaustive des productions de ce musicien, cependant, en dehors des oeuvres déjà citées supra, nommons les plus marquantes qui ont valu du succès a leur compositeur. En premier lieu il faut citer ses Impressions de Vendée, fresque en quatre parties écrites entre 1941 et 1944. Tout comme Guy Ropartz qui fut un chantre de Bretagne, son pays natal, José David lui aussi célébra sa Vendée natale dont il connaissait admirablement tout le folklore. Ses Impressions de Vendée évoquent les quatre aspects géographiques de cette province : Devant les ruines de l'abbaye, Le bocage mystérieux où plane le souvenir, Le marais et ses moulins qui tournent au vent et Face à l'océan. Primitivement écrite pour piano cette oeuvre fut orchestrée par la suite et donnée en première audition dans sa version orchestrale en décembre 1950 à la Salle Gaveau à Paris, sous la direction de Louis Devos. La troisième Impression (Le marais et ses moulins), publiée en 1952 chez Durand, fut jouée à plusieurs reprises au Carnegie-Hall de New-York, à Rome et au Wigmor-Hall de Londres (1951). José David a également harmonisé une dizaine de chansons "Chansons du Pays de l'ouest" enregistrées par les Compagnons du large en 1962 (RCA) qui eurent un grand succès tant auprès des radios françaises qu’étrangères. La ballade de Florentin Prunier, citée ci-dessus, fut écrite sur un poème de Georges Duhamel en 1946. Composée pour voix, violon, violoncelle et piano, elle fut donnée en première audition au Triptyque en 1947 et couronnée au Concours des Jeux Floraux de Touraine en 1953.

Dans l’oeuvre de José David le piano tient une place importante : citons ses vingt Mélodies pour piano et chant, l’Evocation Vespérale (1949, Durand) donnée en première audition à la Radio, Etudes et danse, et un Concerto pour piano et orchestre. Le théâtre était aussi l'occasion pour ce musicien de s'exprimer pleinement. L'une de ses premières oeuvres dans ce domaine fut Le marchand de rêves, une fantaisie musicale en deux actes sur un poème d'Elise Vollène. Elle fut créée en 1942 sur la scène du Théâtre Municipal de la Roche-sur-Yon avant d’être donnée en 1943 à la Salle Pleyel puis en 1959 aux Sables-d'Olonne. Nous trouvons en 1950 Jacquet le Prioux, un ballet en trois tableaux sur un argument de Mag-Vincelot, un vendéen également. Cette oeuvre chorégraphique mériterait largement d'être donnée sur une grande scène nationale. C'est un ballet d’inspiration mystique qui a pour cadre un coin du bocage vendéen tant chanté par José David. Quelques années plus tard il écrivait la musique de scène de la comédie dramatique Le jeu du mourir et des poèmes représentée au Théâtre Récamier en juin 1961.

Partition du Laudate Dominum
Extrait du Laudate Dominum pour 3 voix d'hommes
avec accompagnement de grand orgue, de José David (1960).
Paris, Editions Musicales Ossian.
( coll. Madame José David ) DR

On doit également à ce compositeur prolifique une Symphonie pour grand orchestre et ondes Martenot (1948) divisée en trois mouvement (Tourmenté, Extatique, Enjoué) ; une pièce pour quatuor à cordes ; des oeuvres à 2 et 3 voix ; une Sonate pour piano et violon (1955, Durand) qui fut donnée à la Radio après avoir été jouée au Triptyque en 1946 ; et une pièce pour saxophone intitulée Recueillement. Ancien élève d'orgue de Marcel Dupré, comme nous l'avons vu, il a écrit pour cet instrument un Prélude pour grand orgue et quelques oeuvres de musique religieuse, dont un Laudate Dominum exécuté à l'église Saint-Roch, un Ave Maria avec accompagnement instrumental et une Messe qui d'ailleurs fut chantée à l'église Saint-Germain-des-Prés, le 20 novembre 1993, lors d'une cérémonie religieuse célébrée en sa mémoire.

Pour compléter cette brève biographie ajoutons que José David eut également une activité musicographique certaine. Collaborateur à Musique et Radio et à la Revue du Bas-Poitou, il donna à diverses reprises des conférences sur Ravel, notamment au Salon littéraire du Bon Marché et plus récemment (1978) au grand amphithéâtre de la Sorbonne.

La mort de cet artiste talentueux, comme c'est souvent le cas hélas !, n’a pas suscité de réactions dans la presse et c'est regrettable car on ne peut oublier un musicien tel que José David, qui, de plus, était un homme de coeur doté d'une grande amabilité et surtout, très respectueux des autres. Espérons qu'un organisateur de concerts aura l'intelligence un jour de lui rendre hommage en programmant un concert de ses oeuvres les plus significatives. Mais la mode étant ce qu’elle est on est sans doute pas prêt, à mon grand regret !, de pouvoir redécouvrir ce compositeur auteur d’une musique pleine de sensibilité et de charme! 4

© Denis Havard de la Montagne 5
(1993-2014)

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1) Solitude-Maria-Anna Bruneteau, née le 26 avril 1843 aux Sables-d'Olonne, grand-mère paternelle de José David, était soeur d'Adélaïde-Victoire Bruneteau, née le 17 juillet 1856 dans cette même ville, mariée à Henri-Pierre Bridonneau, grand-mère maternelle de Geneviève Rex dont nous aurons à parler infra. Elles étaient filles de Narcisse-Louis Bruneteau, né vers 1806, maître cordonnier aux Sables-d'Olonne, et de Sophronie-Bonne Berge, née vers 1820. [ Retour ]

2) Donné en première audition à l'Ecole Normale de la rue Cardinet le 1er mars 1947 par la Société nationale. [ Retour ]

3) Nous ne savons s’il existe un lien de parenté avec Ernest Rollin qui fit ses études de composition auprès de Vincent d’Indy à la Schola-Cantorum à Paris et qui est notamment l’auteur d’une Suite pour piano (Eschig), d’une Fuga pour piano (Ed. Mutuelle), d’une Sonate pour violoncelle et piano, ainsi que de Pièces et 2e Suite pour piano et de mélodies. [ Retour ]

4) Depuis la rédaction de cet article en 1993, à notre grande satisfaction la musique de José David est à nouveau jouée, notamment le 28 mars 2008, Salle de l'Echiquier à Pouzauges (85) où l'Orchestre de Vendée à donné sa Symphonie et plus récemment, du 17 au 21 août 2014, avec la création d'un 1er « Festival José David » aux Sables-d'Olonne, organisé par Annabelle Berthomé (violoniste), Magali Goimard (pianiste) et les Amis de la chapelle de Notre-Dame de Bourgenay, auquel était convié Jean-Léo David, fils du compositeur. [ Retour ]

5) Nous remercions vivement Mme José David et le Dr. Jean Hardy, respectivement mari de José David et fils de Geneviève Rex, pour leur précieuse aide dans notre recherche de documentation (novembre 1993, septembre 2002). [ Retour ]

 


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