Georges Hugon

et son œuvre


 

Georges Hugon, 1967
DR.

 

 

Georges Hugon est né à Paris le 23 juillet 1904 et est décédé à Blauzac (Vaucluse) le 19 juin 1980. Elève de Paul Dukas, Jean Gallon et Georges Caussade au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, il obtint en 1921 un premier prix de piano doublé d'un premier prix d'harmonie avant de recevoir le premier prix de composition en 1930. Professeur de solfège puis d'harmonie au conservatoire de Paris, il eut de nombreux élèves, parmi lesquels Philippe Hersant. On lui doit des œuvres pour piano, orchestre, ensembles de musique de chambre. Voici quelques extraits de périodiques relatifs à certaines de ses pièces.

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« Société nationale de musique (12 janvier). — Je ne sais pas du tout pourquoi j'ai dû payer 16 francs pour assister à ce concert. Et il y aura des gens assez calomniateurs pour prétendre après cela que la critique s'achète ! Cette réflexion émise Fermons l'oeil aux présents et l'oreille à la brigue et critiquons.

Les oeuvres que nous avons entendues sont de valeurs inégales, mais aucune n'est indifférente. Celle qui me paraît la mieux construite, la plus homogène, la plus remarquable est le Trio de Georges Hugon pour piano, violon et violoncelle. Malgré son romantisme, c'est une oeuvre personnelle qui dénote chez l'auteur des dons puissants d'équilibre et de rythme. »

(Le Ménestrel, 18 janvier 1929, p. 27)

 

« Au Nord de M. Hugon […] Le poème symphonique de Georges Hugon transpose dans le domaine de la sonorité, avec beaucoup de fidélité et de poésie, les visions que fait naître dans notre imagination le beau poème de Verhaeren et le passage féerique de son vaisseau fantôme tout miroitant d'écailles de sirènes. »

(Candide, 13 mars 1930, p. 13)

 

« Société Nationale de Musique (23 janvier). — Certes, ce fut un concert inégal. Parfois languissant, piétinant. Parfois aussi trop proche du futile. Ou trop peu affranchi de formules fatiguées. Mais qu'importe tout cela, puisque tout d'un coup nous fûmes mis en présence d'une oeuvre véritable, docile aux plus nobles cadences de la nature et de la pensée ?

Cette oeuvre, c'est celle de M. Georges Hugon, Prélude pour quatre Eglogues de Virgile. Quatre églogues et quatre instruments : flûte, clarinette, cor et harpe. Et si le choix de ce nombre « quatre » ne me paraît pas accidentel, c'est que je remarque que les églogues musicalement commentées ne se succédaient pas selon leur ordre traditionnel, mais, première, cinquième et huitième, se parachevaient en la quatrième, celle qui, dédiée à Pollion, annonce le retour des « règnes de Saturne » et, par la naissance de l'enfant qui « recevra la vie des Dieux », l'intégrale renaissance du « grand ordre des siècles ».

Je lis sur le programme que M. Georges Hugon a écrit ces pages pour une exécution scénique des quatre églogues, telles que les traduisit M. Xavier de Magallon. Je n'ai pas assisté à cette exécution scénique et ignore où elle eut lieu. De même que je ne connais encore la traduction de M. de Magallon. Mais, écoutant loin de tout théâtre et de tout souvenir visuel ces lignes instrumentales, qui tantôt viennent si subtilement à la rencontre l'une de l'autre, tantôt si puissamment laissent s'interposer entre elles de soudaines distances presque magiques, j'admirais avec quelle pureté de style M. Hugon est demeuré fidèle à l'art virgilien, — à ses éclats et à ses ombres. Aux grands vers tour à tour flexueux et dominateurs, — avec, à leur sommet, çà et là, cette lueur crépusculaire que lui-même en une langue d'un si émouvant clair-obscur Hugo a évoquée :

« De Virgile parfois, dieu tout près d'être un ange,

Le vers porte à sa cime une lueur étrange. »

(Le Ménestrel, 29 janvier 1932, p. 46)

 

« Société Nationale (11 février) […] Une oeuvre charmante et bien réussie est le Nocturne pour violon et piano de M. Georges Hugon. Le thème en est très doux et très expressif. Exposé d'abord dans le calme, il se prête à un développement, ou plutôt à une métamorphose qui le dramatise, puis il s'apaise de nouveau et la belle impression de nuit limpide qu'il a fait naître au début revient encore une fois. »

(Le Ménestrel, 17 février 1933, p. 70)

 

« Concert Straram (23 février) — Il y a trois ans, M. Walther Straram nous a révélé une oeuvre pleine de promesses, qu'avait inspirée à M. Georges Hugon une page de Verhaeren. L'oeuvre du même auteur qui figurait en première audition au dernier concert permet de mesurer le chemin parcouru par ce musicien particulièrement doué et qui témoigne déjà d'une maîtrise singulière au point de vue de la construction et de l'usage du matériel sonore. Le Ballet de la Reine de Saba évoque l'épisode le plus lyrique de la Tentation de Saint-Antoine de Flaubert : la séduction que, par la puissance de ses sortilèges, la souveraine barbare tente d'exercer sur le vieux solitaire et le triomphe des forces mystiques sur les impulsions sensuelles. Le poème symphonique de M. Georges Hugon, développé avec une vigueur concise, possède une force évocatrice peut-être un peu sèche, mais puissante. Si M. Hugon semble enclin à sacrifier parfois, avec d'ailleurs beaucoup de discrétion et d'intelligence, aux rites déjà anciens de l'atonalité, son oeuvre, qui fait souvent penser à l'Apprenti sorcier et surtout à La Péri, trahit l'influence sans doute inconsciente de la forte personnalité de son maître Paul Dukas. Elle assure à l'oeuvre de M. Hugon une belle unité d'ensemble, une diversité et une richesse d'instrumentation, extrêmement frappantes, que M. Straram et son orchestre surent merveilleusement mettre en valeur. »

(Le Ménestrel, 3 mars 1933, p. 94)

Collecte : Olivier Geoffroy

(mai 2021)

 

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