Jean COURBIN
(1886 - 1976)

Jean Courbin, vers 1955 (© cliché Musica, coll. DHM)
Jean Courbin, vers 1955
( © cliché Musica, coll. DHM ) DR

Jean Courbin est né le 24 juin 1886 à Arcachon (33) au domicile de ses parents, 11 avenue François-Legallais, fils de Guillaume Courbin (maréchal ferrant) et de Marguerite Bassibey. Il débute des études de piano auprès d'un professeur nommé Henry Lieutaud, pianiste, organiste, professeur de musique à l'Ecole Saint-Elme d'Arcachon, compositeur « fin et délicat », qui habite la « Villa Bach ». Après avoir fréquenté l'Ecole des Frères, il obtient déjà à cette époque (années 1900-1905), un vif succès avec ses récitals donnés dans la région bordelaise et se perfectionne auprès de Francis Planté, qu'il considérera toujours comme son véritable Maître. En 1941, racontant quelques souvenirs sur lui, il écrit ces quelques lignes (in L'Information musicale, n° 43, 24 octobre 1941) :

« J'avais seize ans quand j'eus la bonne fortune d'entendre pour la première fois mon maître Francis Planté. J'avais été frappé par l'extraordinaire intelligence de son jeu, l'absolue perfection de sa technique et la vivacité de son interprétation. Quel éclat ! Quelle lucidité ! Quelle vie intense se dégageait de toutes ses exécutions et quelle régularité dans ses traits !

« A partir de cette époque je fus invité à faire un séjour tous les ans à Saint-Avit [Landes] auprès du grand pianiste entouré de quelques musiciens : Henri Duparc, le grand Albeniz, Paul Lacôme qui étaient ses familiers.

« Je n'oublierai jamais l'exécution qu'il nous donna si souvent des oeuvres de Mozart, Beethoven, Chopin et Liszt, exécutions uniques certes, entre autres celles des sonates de Beethoven Aurore et Appassionata, du Concerto en ré mineur de Mozart que je lui accompagnais, du scherzo de la Sonate en si bémol mineur, des Etudes et de la Tarentelle de Chopin, des deux Légendes de Liszt ainsi que des études transcendantes Feux-Follets et Chasse-Neige. Son esprit toujours en éveil était au courant de nos musiques modernes et, avide de nouveautés, il jouait avec la même perfection les Sonates de d'Indy, Paul Dukas, Debussy et l'Ibéria d'Albéniz.

« J'ai pu lire quelques lettres à lui adressées, celles de Clara Schumann, celles de Liszt dans laquelle il lui disait au sujet de ses deux légendes :

« Mon cher Planté,

« Je vous envoie deux opuscules qui n'ont le tort que d'être un peu difficiles, je vous en confie l'exécution certain du succès que votre interprétation saura leur assurer. »

« Son affabilité était exceptionnelle ; il s'intéressait aux jeunes avec un dévouement et un désintéressement inlassables prodiguant ses conseils sans que jamais son intérêt faiblisse. Quel enthousiasme il savait communiquer à son entourage ! Quelle joie quand il avait interprété une oeuvre au gré de ses désirs ! Car très difficile pour lui-même il était rarement satisfait de ses exécutions qu'il voulait toujours parfaites. « Il m'a fallu vingt ans pour jouer cette étude de Liszt, il me faudra encore vingt ans pour la jouer dans le mouvement où elle doit être jouée », me disait-il souvent.

« Sa jeunesse, je dirai presque son espièglerie, son hospitalité si simple et si accueillante et surtout cette impression d'art si profond, si vrai que l'on emportait d'un séjour auprès de lui sont vraiment inoubliables.

« J'aurais tant à dire encore ; il me faudrait des pages et des pages pour pouvoir noter mes impressions, et je dois terminer en disant tout l'intérêt qu'il apportait à l'enseignement, et par de courts extraits d'une lettre qu'il m'écrivait :

« Bien cher ami et brillant disciple,

« C'est pour moi une joie et un orgueil si vraiment j'ai pu vous aider de ma vieille expérience, et c'est de tout mon cœur que je vous crie un satisfecit et bravo bien sincère et affectueux. Je me hâte de vous dire que c'est avec grand plaisir que je donne mon parrainage à votre Ecole et que je signerai vos diplômes.

« Très heureux de savoir que vous avez collaboré avec Reynaldo Haln au Casino de Cannes dans l'exécution du 5e Concerto de Saint-Saëns.

« Je vous attendrai jeudi à Mont-de-Marsan, nous déjeunerons en trio sur le pouce, et serons tout à la musique !

Francis Planté »



Vers l'âge de 20 ans, Jean Courbin monte à Paris et entre à l'École de musique classique, plus connue sous le nom d'École Niedermeyer, alors dirigée par Gustave Lefèvre, et suit notamment les classes de piano Charles de Bériot (fils de La Malibran et aussi professeur au Conservatoire de Paris) et de contrepoint, fugue et composition d'Alfred Marichelle (ancien élève de Delibes, Th. Dubois et Widor au Conservatoire de Paris), obtenant ses prix en 1908 et 1910 (1er prix de piano, 1ère division supérieure). Henri Defosse, Henri Nibelle, André Haillant, Albert Heinrich, Léon Marichelle, Joseph Noyon, Francisque Froment, André Simon, Maurice Linglin, Marius Piard, Robert Fimbel y sont ses condisciples. Peu après, en mai 1911, il est nommé professeur de musique dans la célèbre École des Roches (Verneuil-sur-Avre), où il enseigne jusqu'en 1932. En octobre 1919, il épouse la violoniste Camille Demolins, alors âgée de 30 ans, ancienne élève d'Armand Parent à la Schola-Cantorum où elle avait obtenu un 1er prix de violon en 1910, avec la mention très bien, fille du fondateur en 1899 de cette École des Roches, Edmond Demolins (1852-1907), publiciste, sociologue renommé, et de Juliette Lebaudy (1858-1941). L'année-même de leur mariage, en décembre on les retrouve tous les deux se produisant en concert à à la Salle des Beaux-Arts d'Alger, jouant notamment la Sonate de Schubert, le Poème de Chausson, une Polonaise de Chopin, la Fête-Dieu à Séville d'Albéniz et la Toccata de Saint-Saëns. En 1922, lors de la réorganisation l'École Niedermeyer par Henri Busser chargé de la direction des études musicale, où Courbin enseigne déjà le piano préparatoire depuis de nombreuses années parallèlement à ses cours à l'Ecole des Roches, celui-ci recueille le titulariat de la classe supérieure de piano qu'il va tenir durant une douzaine d'années. A cette époque, la famille Courbin habite au numéro 71 de la rue de Rennes dans le sixième arrondissent parisien (Mme Demolins-Courbin est originaire de ce quartier), où notre pianiste donne déjà des cours et là où va naître leur fils unique Jean-Claude le 23 août 1923. Dans cet immeuble réside également au 6e étage Simone de Beauvoir et sa famille, après leur retour de fortune de la 1ère guerre (ils y resteront de 1919 à 1929). Son succès en tant qu’interprète est déjà bien établi dans la capitale. Le 16 janvier 1922, Louis Crémone note dans Le Figaro : « Le concert donné mercredi dernier, à la Salle Gaveau, par M. Jean Courbin a été des plus brillants. L'excellent virtuose a une prédilection marquée pour nos musiciens modernes ; on ne saurait l'en blâmer, car il les possède à fond. Debussy, Ravel, Albeniz, Darius Milhaud et Manuel de Falla doivent lui garder une vive reconnaissance pour la sympathie qu'il leur témoigne. Avec un art et une intelligence de premier ordre, il sut mettre en valeur les moindres finesses de leurs œuvres à la fois si subtiles et si dangereuse » et le 25 janvier 1925 Jules Casadesus dans La Presse : « M. Jean Courbin sait donner à ses interprétations pianistiques un relief particulièrement saisissant lorsqu'elles touchent au pittoresque ; c'est là qu'il manifeste le plus de personnalité et, à ce titre, il a éclairé les Tableaux d'une Exposition de Moussorgsky de fort attachante manière et enveloppé d'une atmosphère évocatrice, une subtile fresque poétique de M. Maurice Imbert, Une âme vibre au crépuscule. » Puis, il fonde en 1927 rue de Rennes, aux côtés de son épouse, une "École de Musique Jean Courbin", subventionnée par la ville de Paris à partir de 1932. Installée ensuite en 1934 rue de Vaugirard, puis vers 1940, au numéro 80 du boulevard Raspail, cet établissement assure un enseignement complet, depuis les classes préparatoires jusqu'au degré le plus avancé. Tous les instruments, le chant et le chant choral, ainsi que le solfège, l'harmonie, le contrepoint et la fugue y sont enseignés. Il comprend également un orchestre uniquement composé d'élèves. L'enseignement y est confié aux meilleurs maîtres avec la devise : "Maximum de rendement, minimum de travail." Francis Planté, Vincent d'Indy, Edouard Risler (dont le fils fut l'élève de Jean Courbin), Gabriel Pierné, Henri Busser, Yves Nat, Alexandre Gretchaninoff, Ricardo Vines font partie du Comité ou président les divers concours de cette École. On doit aussi à Jean Courbin la création en 1950 à la Salle Gaveau du Concours du meilleur ensemble familial dans le but de développer la musique au foyer. En 1929, Jean-Daniel dans le compte-rendu du 1er concours de cette école qu'il publie dans la revue mensuelle toulousaine L'Archer (n° 5, juillet 1929), entre autres résument parfaitement la philosophie de cet enseignement :

LA MUSIQUE. — A l'Ecole de Musique Jean Courbin...

Développer le sens musical ; s'adresser à la fois au cœur, à la tête et au corps, en utilisant des connaissances même très élémentaires d'harmonie, de transposition et de modulation ; donner, par des mouvements appropriés qui le rendent attrayant, le sens indispensable du rythme, tels sont les buts poursuivis par l'enseignement du grand pianiste Jean Courbin à l'Ecole de Musique qu'il a fondée et qui donnait, fin mai dernier, dans la Grande Salle Gaveau sa première démonstration d'ensemble. Ainsi comprise, la musique est assurément le plus complet des arts, elle les renferme même tous, et ce fut une révélation de voir, par exemple, interpréter rythmiquement des pièces classiques avec mouvements des bras pour la mesure, mouvement des pieds pour les valeurs de notes, pas et dessins rythmiques, exercices respiratoires, attitudes diverses pour aider à comprendre les différences de hauteur de 3 tons de l'accord parfait. Quand je dirai que ces divers exercices sont accomplis simultanément par une trentaine d'élèves de tous âges (certains n'ont pas 5 ans) je n'étonnerai personne en criant au prodige. Les applaudissements et les rappels montrèrent que la salle acclamait les premiers succès de cette école et le mérite en sera partagé par Jean Courbin, par Miss Wryght, professeur de solfège et de rythmique, par Mlle Blanfrain, professeur de gymnastique et interprétation plastique et par toutes les répétitrices. Parmi les 40 élèves de piano qui auditionnèrent au cours de la matinée, je citerai tout spécialement S. Obadia 1, prodige exceptionnel qui compose, exécute, interprète, avec une maîtrise d'année en année plus personnelle et émouvante, J.-P. Cazelles à l'excellent doigté, P. Cosmétados au jeu très pur et profondément sonore, enfin A. Marck qui possède un riche tempérament d'artiste et sût être bellement romantique dans l'interprétation d'une étude de Chopin. » En 1933, J. O. Laparra, dans La Semaine à Paris du 30 juin, rend compte du « Concours de l'Ecole de Musique Jean Courbin » en ces termes, laissant ainsi nettement transparaître la valeur et l’importance de l'enseignement qui y est dispensé :


« L'Ecole Jean Courbin (71, rue de Rennes) est, en dehors du Conservatoire National de la rue de Madrid un des conservatoires les mieux et les plus intelligemment organisés qui soient. Nous avons pu en juger par nous-mêmes en assistant aux concours de fin d'année, brillante conclusion d'études remarquablement conduites.

« On sait que cette Ecole est placée sous le patronage du maître Francis Planté et que le Comité d'études comprend des noms, tels que ceux d'Henri Büsser, Lazare-Lévy, Gérard Hekking, Ricardo Vinès, Georges Migot et Jean Courbin lui-même, virtuose de grande réputation, pour ne pas les citer tous. Un corps professoral ainsi compensé est une assurance d'enseignement musical et de conscience artistique de tout premier ordre.

« Ces quatre journées de concours dont nous n'avons entendu que la partie « piano » nous ont permis d'apprécier deux cents élèves de tous âges ; nous avons pu ainsi juger de la rigoureuse et méthodique progression de cet enseignement, depuis les débutants de dix ou sept ans, jusqu'au diplôme d’honneur de fin d'études. Ce diplôme fut remporté cette année par Mlle Colette Duteillet dont nous avons aimé l'interprétation sensible et musicale et le jeu sans emphase, digne déjà d'une véritable virtuose.

« Nous voudrions insister surtout sur un point, très important, de cet enseignement. Dès le début, on habitue les plus jeunes élèves à développer par eux-mêmes leur sensibilité musicale. On leur apprend très vite à harmoniser sur un thème donné et à transposer dans un ton donné. Voilà qui prouve une rare connaissance de la culture artistique. Et c'est une chose excellente que de donner autant d'importance au développement spontané du tempérament de l'élève qu'à l’influence du professeur. C'est ainsi que nous avons entendu de jeunes élèves exécuter des compositions de leur cru, dont certaines nous ont étonné par le goût et la sensibilité qu'elles révélaient chez leurs petits auteurs.

« Les fruits de cet enseignement sont encore sensibles chez les « grands ». Leur exécution ne comporte aucune faute de goût, leur tempérament d'artiste intact mais bien dirigé et l’interprétation qu'ils nous donnent des musiques les plus variées est exempte de ces recherches trop complexes trop complexes qui faussent souvent complètement le goût et l'intelligence d'un interprète. »

Et en 1958, lors d'un entretien avec Henri Gaubert à propos de son école de musique (in Musica disques), Jean Courbin précise lui-même :

« Avec nous, et avant toute chose, l'élève doit apprendre... la musique. Le choix d'un instrument vient ensuite. Moment très délicat. Au maître de voir, d'observer. Ne pas craindre de revenir sur son jugement premier. Ah ! tu veux toujours des exemples ! Eh bien, je te citerai un de mes élèves, qui réussissait modestement au piano. Je l'ai mis alors au violoncelle. Et, devenu violoncelliste, il vient, tout récemment, d'obtenir un deuxième prix au Conservatoire de Paris ! Pas toujours commode, la pédagogie musicale.
« Ce que je demande à l'élève qui a l'ambition de devenir un professionnel ? D'abord, je regarde ses doigts : ou a une main de pianiste, ou de violoniste. Ensuite, ce qui m'intéresse, c'est l'oreille. Et, aussi l'intelligence. En outre, je ne saurais trop conseiller une solide culture générale. Ce sont là des dons et des qualités indispensables.
« En principe, je ne conseille pas à l'élève d'apprendre plusieurs instruments. Exception faite pour le violon : le violoniste doit savoir jouer un peu de piano. Le chanteur, bien entendu, a tout avantage à connaître bien son clavier. Mais, en règle générale, je considère que l'élève doit travailler, sérieusement et en profondeur, un seul instrument. — Oui, ici, à l'école, nous étudions — avec nos trente professeurs et nos trois cent cinquante élèves — tous les instruments de l'orchestre. »

Parmi ses nombreux élèves, en dehors de ceux précédemment cités, mentionnons encore : Louis Bertholon (né en 1927), 1er prix de direction d'orchestre au Concours international de Besançon (1958) et la même année du Conservatoire de Paris, puis directeur du Conservatoire de Bayonne-Côte basque (1958-1963), de celui de Lyon (1958-1963) et enfin Inspecteur principal à la Direction de la musique (1973-1977), Henri Gaubert (1895- ?), homme de lettres, historien spécialiste de la Révolution et rédacteur en chef de la revue Musica disques qui parut de 1954 à 1966, Henri Gautier, futur lauréat du Concours international de Genève 1951 et de Varsovie 1955, puis professeur de piano au Conservatoire de Genève à partir de 1961, Anne-Marie Oberreit, actuelle professeur de piano à Bruxelles, Georges Rabol (1938-2006), pianiste de jazz, Pierre Béguigné (1908-2009), organiste et fondateur de la Manécanterie des Petits Chanteurs de Versailles, Dorian Prince, pianiste et actuel ambassadeur chef de la délégation de la Commission européenne au Canada, Louis Latourre, poète et metteur en scène.... et un certain François Silly, plus connu sous son nom de scène de Gilbert Bécaud.

Les morceaux de ses Concours, qui se déroulaient en public la plupart du temps à la Salle Gaveau, étaient toujours très recherchés et de haute tenue. Voici ceux de piano du 27 juin 1941, à 13h30 :


PREPARATOIRE I : Sonatine en sol, Premier Mouvement (Premier Cahier des Classiques Favoris p. 4) (Beethoven).

PREPARATOIRE II : Rondo en ut (Premier Cahier des Classiques Favoris, p. 11) (Clementi).

PREPARATOIRE III : Rondo en sol (Premier Cahier des Classiques Favoris, page 68. A la reprise en sol, prendre à la 25e mesure) (Diabelli).

MOYEN I : Scherzetto en la (Panthéon des Pianistes) N° 1421 (Hummel).

MOYEN II : Rondo Final de la Sonate Facile en ut (Mozart).

MOYEN III : Allegro en sol N° 1668 (Panthéon) (Haendel).

SECONDAIRE I : Valse en Fa N° 4 (Chopin).

SECONDAIRE II : Concerto en do mineur (Mozart). Edition Decombes.

VIRTUOSITE : Intermezzo et Final du Carnaval de Vienne (Schumann).

EXCELLENCE : 2e Impromptu en fa dièse et un Mouvement de Concerto au choix (Chopin). Accompagné par un deuxième piano.

EXECUTION-HONNEUR : Méphisto-Valse et un Mouvement de Concerto au choix (Liszt). Accompagné par un deuxième piano . Pianiste virtuose, Jean Courbin a également mené une carrière de soliste et de concertiste qui lui vaut de nombreux succès, tant en France qu'à l'étranger, entre autres à Londres, en Autriche en Roumanie, en Serbie et au Caire. Sa vélocité, notamment dans Debussy, était bien connue. Il fut aussi soliste des Concerts de Monte-Carlo dès le début des années vingt et chargé par le Ministère des Affaires Étrangères d'une mission de propagande de la musique française en Europe centrale en 1924. Il eut également l'honneur de se produire devant le roi et la reine de Roumanie et de jouer sous la baguette de Reynaldo Hahn lors d'un récital en 1927 à la Salle Gaveau, aux Concerts Classiques. A cette même époque (années 1920) il se produit aussi dans la capitale en formation de quatuor avec son épouse, la cantatrice Claire Galeron et le compositeur et pianiste Léon Moreau, notamment le 18 avril 1920 dans la Salle du Lyceum,
Signature autographe de Jean Courbin, mars 1952 (DR.)
Signature autographe de Jean Courbin, mars 1952 (DR.)
Le programme d'un de ses concerts donné à Saintes (Charente-Maritime), au Gallia-Théâtre, en 1941, qu'il avait dû d'ailleurs rejouer plusieurs fois en bis à la demande d'un public nombreux et enthousiasmé, nous démontre, si besoin en était l’éclectisme et l'ouverture d'esprit de notre musicien :

Funérailles (Liszt). Deux Etudes : Tarentelle et Polonaise (Chopin). Jeux d'Eaux (Ravel). Feu d'artifice (Debussy). Polichinelle (Villa Lobos). Bourrée (Saint-Saëns). Au bord d'une source (Liszt). Puerta de Tierra (Albeniz). Doumka (Tchaïkowsky) et Danse Rituelle du Feu (de Falla).


Officier de l'Instruction publique (1938), Chevalier de la Légion d'honneur (1952), Jean Courbin est décédé à Paris dans sa 90e année le 18 février 1976 en son domicile de la rue Raspail et ses obsèques célébrées le 20 février en l'église Saint-Sulpice. Son épouse s'éteignit deux années plus tard, le 21 décembre 1978 à Paris, dans sa 89e année. Leur fils Jean-Claude Courbin, né le 23 août 1923, ancien élève de l’Ecole des Roches, puis de l'Ecole des Hautes Études Commerciales et entré par la suite en 1956 au Commissariat à l'Energie Atomique où il fit carrière jusqu'à sa retraite en 1983, fut un membre très actif de la Société Rétif de la Bretonne dont il fut longtemps Secrétaire et fournit plusieurs communications à partir de 1985 dans leur revue des Etudes Rétiviennes. Il est décédé en 1998 et était le père de 3 enfants : Mme François Sureau, Pierre Courbin (Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Paris-Malaquais, actuellement installé en Thaïlande) et Valérie Courbin. Jean Courbin a laissé quelques éditions ou rééditions pour piano parues à Paris, chez L. Philippo : Jeux d'enfants (1960), A Child's day : la journée enfantine (huit pièces faciles par L. Oulitzky, nouvelle édition revue, doigtée et nuancée par J. Courbin, 1955), L'Hirondelle de L. Daquin (rondeau, nouvelle édition revue, doigtée et nuancée par J. Courbin, 1957), Rigaudon de W. F. Bach (révision de J. Courbin).

Pour terminer cette brève esquisse biographique, laissons une dernière fois la parole à Jean Courbin, dont son apophtegme, bien que datant de 1958, est toujours d'actualité : « la musique doit être considérée comme une branche de la culture générale de l'honnête homme. Même si le sujet est très modérément doué, même si, au départ, il n'a aucune chance de devenir un jour un virtuose, l'étude et la pratique d'un instrument ne peuvent que lui devenir grandement profitables, et cela tant pour l'élargissement de sa sensibilité que pour l'épanouissement de son intelligence. La musique — c'est là mon avis — ne doit pas être considérée comme une « chasse gardée », comme un domaine réservé aux seuls professionnels. Tout homme cultivé devrait y accéder, même si les résultats obtenus sont médiocres. A l'heure où les concerts sont suivis avec frénésie, à l'époque où le microsillon envahit tous les foyers, il est bon, il serait bon que les auditeurs aient tout au moins des notions précises sur cet art qui les enchante. »

©Denis Havard de la Montagne
(octobre 2014)
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1Très certainement Suzanne Obadia, née le 16 mars 1914 à Oran (Algérie), morte en 2012, installée avec sa famille à Paris en 1927. Future élève de Lazare-Lévy et d'Antoinette Veluard (piano), Noël Gallon (contrepoint et fugue), Roger-Ducasse puis Tony Aubin (composition) et Olivier Messiaen (harmonie) au Conservatoire de Paris, elle fit ensuite une brillante carrière de pianiste après la deuxième guerre mondiale tout en enseignant à la Schola Cantorum. On lui doit principalement des pages pour orchestre, pour piano et plusieurs quatuors. Elle était mariée au peintre Louis Joly.

 


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