Les Grandes Orgues d'Ourscamp
L'orgue restauré - L'Abbaye - La Congrégation - Enregistrements et concerts


Abbaye d'Ourscamp, bâtiment dit de Gesvres (1748).
Photo Vision, avec l'aimable autorisation du Père Vincent-Marie, s.j.m.

 
APPEL
( juillet 2002 )

De février à avril 2001, des inondations répétées de l'Oise ont provoqué des mouvements de terrain sous la chapelle dans laquelle se trouve l'orgue. Un affaissement du sol s'étant produit sous son buffet, l'orgue va devoir être démonté, les systèmes électriques refaits et certains tuyaux remplacés. Ces travaux urgents de sauvegarde et de restauration ont un coût estimé à 87.000 € (plus de 570.000 FF). L'Association du Grand Orgue fait appel à votre générosité. Les dons, ouvrant droit à réduction d'impôt pour la moitié de leur montant, peuvent être adressés à : Association du Grand Orgue - Abbaye Notre-Dame - 60138 Chiry-Ourscamp.

CD entregistré sur l'orgue de l'abbaye d'Ourscamp

Nos lecteurs connaissent bien le Père Vincent-Marie, s.j.m., titulaire des orgues de l’abbaye Notre-Dame d’Ourscamp (Oise) depuis 1985. Nous avons plusieurs fois eu l’occasion de parler ici même des concerts proposés par l’Association du Grand Orgue de l’abbaye d’Ourscamp qui milite activement pour la sauvegarde de cet instrument.

Rappelons que cet orgue est sorti des ateliers Roethinger, de Strasbourg, ou il fut construit en 1947/1948. L’année suivante il était inauguré par Jean-Jacques Grünenwald, alors titulaire de l’église anglicane de Neuilly-sur-Seine. C’est le Frère Jean-Baptiste Stahl, qui participa d’ailleurs vivement à la construction de cet instrument, qui en devint le premier titulaire. En 1991, l’orgue étant devenu défectueux, une restauration fut entreprise part le facteur alsacien Christian Guerrier. Elle consistait en : traitement du bois, nettoyage complet de l’orgue et de ses 1916 tuyaux, rénovation et simplification du câblage et de la transmission électropneumatique, installation d’une nouvelle console dotée d’un combinateur électronique permettant la mémorisation de soixante-quatre combinaisons de jeux.

Pour les passionnés d’orgue, voici la composition actuelle de l’instrument de l’abbaye d’Ourscamp :

28 jeux répartis sur 3 claviers manuels de 61 notes ; un pédalier de 32 notes ; 64 combinaisons électroniques ; 2 boîtes expressives pour les claviers II et III ; pédale de crescendo électronique permettant l’enclavement successif des registres de l’orgue par mouvement du pied.


1er clavier      2e clavier      3e clavier
GRAND ORGUE    POSITIF    RÉCIT
( 61 notes )    ( 61 notes )    ( 61 notes )
           
Bourdon16    Cor de Nuit8    Diapason8
Montre8    Flûte douce4    Flûte creuse8
Flûte harmonique8    Flageolet2    Viole de gambe8
Prestant4    Nazard2 2/3    Voix céleste8
Doublette2    Tierce1 3/5    Flûte octaviante4
Cornet5 rangs    Cromorne8    Octavin2
Fourniture5 rangs       Mixture4 rangs
Bourdon8       Basson16
Trompette8
Clairon4
Trémolo
     
PÉDALE        Tirasses I-II-III
      Accouplements P/GO - R/P - R/GO
Soubasse16        Octaves aiguës III / I
Flûte basse16        Un combinateur électronique
Basse8 et 4        Deux boîtes expressives
      Une pédale crescendo

Le Père Vincent-Marie, Serviteur de Jésus et de Marie, titulaire de l'orgue de l'abbaye ND d'Ourscamp, a eu la bonne idée de nous adresser un exemplaire de son CD1. C’est avec intérêt que nous le présentons ici, d’autant plus que nous avons pris beaucoup de plaisir à écouter cet enregistrement de qualité.

Dans un répertoire essentiellement spirituel, le Père Vincent-Marie nous fait voyager à travers les époques avec des oeuvres de Louis Marchand, Jean-Sébastien Bach, Olivier Messiaen et une improvisation de l’interprète.

Louis Marchand2 , on le sait, enfant prodige, génial improvisateur, virtuose du clavecin et de l’orgue qui attirait les foules dans les églises avait un esprit indépendant. Sa vie agitée l’a même mené en exil quelque temps en Allemagne, où il rencontra Bach. Comme bien des musiciens de cette trempe, il était admiré par Rameau, Daquin et Du Mage, il ne prit jamais la peine de noter ses véritables chefs-d’œuvre, ses improvisations. Cependant, il nous reste une cantate, des airs, un opéra, deux Livres de clavecin et des Pièces choisies pour l’orgue, ainsi que 4 autres livres en manuscrit qui seront édités deux siècles plus tard. Le Te Deum interprété ici fait partie du deuxième livre d’orgue. Selon l’usage de l’époque un verset était chanté entre les couplets d’orgue. Ainsi l’hymne compte 31 versets, dont 16 confiés à l’instrument. Hymne de louange par excellence, le Te Deum est chanté dans l’Eglise depuis le Moyen-Age, le jour des solennités. On reconnaît tout de suite l’écriture mélodique, les rythmes vifs et capricieux de l’auteur. L’oeuvre débute par un grand-jeu, pour se terminer par un surprenant plein-jeu, après être passée par toute une série d’autres jeux qui aussi bien sont en parfaite concordance avec le texte que parfois en contradiction ! (récit sur le cornet, trio, récit de cromorne, jeux doux...)

Avec Jean-Sébastien Bach, dont l’œuvre universelle est incontestée, nous arrivons là à l’alpha et l’oméga de l’histoire de la musique. Ce musicien génial essentiellement tourné vers la polyphonie est à la fois la synthèse et l’aboutissement de plusieurs siècles de contrepoint et de diverses tendances musicales, mais également le point de départ d’une nouvelle culture prodigieuse. Comme le souligne si habilement le texte de présentation de la plaquette accompagnant le CD, non signé mais probablement dû à la plume du Père Vincent-Marie, l’œuvre de Jean-Sébastien Bach forme la clef de voûte de l’histoire musicale européenne.

Dans le but de mieux illustrer ce génie polyphonique, dont nous venons de faire état, l’interprète a habillement choisi dix courtes pièces. Mais laissons lui la parole, car il parvient mieux que quiconque à exprimer et décrire admirablement cette musique divine hors du temps :

Comme exemple du génie polyphonique, nous vous proposons tout d’abord la fugue en si mineur BWV 579. Maître en cet art, Bach n’en composa pas moins de 200 fugues toutes aussi séduisantes les unes que les autres...

En écoutant celle-ci, laissez-vous conduire par la grande simplicité du thème, très facile à mémoriser, d’abord seul à l’alto puis accompagné au ténor par un second thème appelé contre-sujet. Progressivement, vous entrerez dans la souplesse mélodique et l’élégance des variations tonales et rythmiques, lesquelles s’enchaînent dans une parfaite pureté jusqu’au point d’orgue de l’accord final, conclusion d’une nouvelle page écrite.

Simples préludes aux cantiques ou vastes méditations très développées, les nombreux chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach sont d’une extrême diversité. Ils sont traités de quatre façons : soit dans leur forme simple à quatre voix, soit dans un style " fantaisie " ou par " imitation " ou encore ornementés de diverses façons.

Trois grands recueils revêtent une importance musicale et théologique particulière : l’Orgelbüchlein, la messe luthérienne et les dix-huit chorals de Leipzig. Avec ceux-ci, nous avons le résumé du langage musical de toute l’œuvre du maître, pour qui l’essentiel est d’harmoniser étroitement la musique avec le texte. Elle se veut à son service pour le décrire et même évoquer par divers procédés symboliques la réalité du mystère qu’il énonce. Le symbolisme des chorals, comme celui de toutes ses oeuvres, est si riche qu’il est un inépuisable sujet d’exégèse.

C’est ainsi que nous pouvons entendre la Fugue en si mineur, sur un thème de Corelli (BWV 579), le Prélude et Fugue en ré majeur (BWV 532), ainsi que plusieurs versions de trois chorals, qui sont des méditations des différents mystères de Dieu célébrées dans la liturgie et destinées à celle-ci :

1) Liebster Jesu, wir sind hier. : " Bien aimé Jésus, nous sommes ici pour entendre ta parole. Dirige nos pensées et nos désirs vers les doux enseignements du ciel afin que nos coeurs soient uniquement attirés de la terre vers Toi ". Quatre versions : BWV 633 et 634, BWV 730 et 7313.

2) Wer nur den Lieben Gott lässt walten. : " Celui qui se laisse guider par le Bon Dieu et met toujours en Lui son espoir trouvera un soutien merveilleux en Lui dans la misère et la détresse. Celui qui a confiance en Dieu, le Très-Haut, n’a pas bâti sur le sable. " Ce Choral est une paraphrase d’un verset du psaume 55. Deux versions : BWV 690 et 691, extraites des chorals divers composés entre 1705 et 1725.

3) Wir glauben all’an einen Gott. : " Nous croyons tous en un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre, qui s’est fait notre Père afin que nous soyons ses enfants.... " Deux versions : BWV 680 et 681 extraites des vingt-et-un chorals pour orgue appelés " Chorals du Dogme " (édités en 1739).

Après Bach, c’est Olivier Messiaen qui nous est proposé. Il est vrai que sa musique est encore mal connue, ou du moins n’est peut-être pas encore comprise dans toute sa spécificité qui lui est propre. Les oeuvres de ce musicien contemporain (1908-1992) ont toutes un caractère commun : la couleur. En effet Messiaen a toujours cru à la correspondance son-couleur et cela se ressent dans son écriture. C’est également un musicien théologien qui réussit à " dépasser le cadre proprement matériel d’une église ", pour transformer une salle de concerts " en un lieu de louange et de prière ". C’est ainsi qu’il déclarait en 1983, lors de la création de son opéra Saint François d’Assise : " Le drame de ma vie, c’est que j’ai écrit de la musique religieuse pour un public qui n’a pas la foi. "

Le Banquet céleste, (composée en 1928), l’Apparition de l’Eglise éternelle (1932) et la méditation Dieu parmi nous extraite de La Nativité du Seigneur (1935)4, interprétées ici, prouvent parfaitement le souci de Messiaen : conduire l’humanité déchristianisée, en perte de fois et des valeurs religieuses et bibliques, vers les mystères essentiels. Ces oeuvres de jeunesse montrent la personnalité du compositeur avec leur caractère sonore si particulier. Un climat contemplatif dû à un tempo extrêmement lent, avec une couleur harmonique originale font que Le Banquet céleste est une pièce " très charmante, tendre, douce et printanière " selon les propres mots du compositeur. La construction de L’Apparition de l’Eglise éternelle (grand crescendo faisant appel à toutes les ressources de l’orgue, suivi d’un decrescendo, le tout dans un mouvement lent, avec des paliers harmoniques) colle parfaitement avec la vision de l’auteur : " musique solide et compacte comme un bloc de pierre " pour évoquer l’apparition et la disparition de l’Eglise éternelle dans une puissante vision cosmique. Dieu parmi nous est une des 9 méditations pour orgue de La Nativité du Seigneur. C’est le premier grand chef-d’œuvre pour orgue de Messiaen. Cette neuvième et dernière méditation chante la gloire du Christ. On y perçoit des rythmes hindous, qui pour l’époque apportait un grand changement dans la musique d’orgue. Trois thèmes successifs sont évoqués : la chute glorieuse et ineffable de la seconde personne de la Sainte Trinité dans une nature humaine (l’Incarnation) ; la communion (thème d’amour) ; et l’allégresse (le Magnificat) traitée comme un chant d’oiseau.

Enfin, cet enregistrement se termine avec une improvisation de l’interprète sur l’Ave Maris stella, qui est la prolongation et la conclusion en Amen final du choix des pièces qui n’ont d’autre but " que d’offrir de la prière pour conduire à la prière ". On voit ici que le Père Vincent-Marie est non seulement un interprète de grand niveau, mais également un improvisateur inspiré qui assimile parfaitement le thème choisi en utilisant une registration correspondant parfaitement au sujet proposé.

Nous ne pouvons qu’inciter nos lecteurs à faire l’acquisition de ce coffret, monument de prières et de recueillement au service d’une belle liturgie devenue bien trop rare de nos jours.

DHM (1997)

L'orgue restauré d'Ourscamp


Abbaye d'Ourscamp, le buffet d'orgue Roethinger
installé dans la chapelle, ancienne infirmerie (XIII° s.)

Photo Vision, avec l'aimable autorisation du Père Vincent-Marie, s.j.m.


 

Numéro de série : CAL 9791
De Grigny, Bach, Boellmann par le Père Vincent-Marie
Notre ami le Père Vincent-Marie, organiste titulaire de l’orgue de l'abbaye d'Ourscamp (Oise) vient de faire paraître chez Caliope un CD (CAL.9791) consacré à son instrument Roethinger (1947), récemment restauré par le facteur Christian Guerrier, avec lequel il nous offre des œuvres de GRIGNY, BACH et BOELLMANN.

Audio lecteur Windows Media Deux extraits du CD Calliope 9791 (De Grigny, Bach, Boellmann, Père Vincent-Marie) :
Nicolas de Grigny (1671-1703), Dialogue sur les grands jeux
Léon Boellmann (1862-1750) : Suite Gothique, Toccata

Mort précocement à l'âge de 31 ans, le 30 novembre 1703 à Reims, Nicolas de Grigny, issu d'une dynastie d'organistes rémois, élève de Lébègue à Paris, fut tout d'abord organiste de l'abbatiale royale de Saint-Denis de 1693 à 1695 avant d'exercer dans sa ville natale. Trop tôt disparu il n'a laissé qu'un 1er Livre d'orgue contenant une messe et les hymnes des principales festes de l'année, publié en 1699 à Paris chez P.A. Le Mercier.

Parmi ces hymnes figure celle de la fête de la Pentecôte Veni creator interprétée ici par le père Vincent-Marie. Mélodiste, harmoniste et polyphoniste de talent, de Grigny a écrit avec ses hymnes une musique somptueuse qui ne fait que confirmer sa place de plus grand maître de toute l'école de l'orgue classique française qu'il partage avec François Couperin, auquel d'ailleurs il rend hommage dans cette gigue fuguée du Duo.

De Jean-Sébastien Bach, l’interprète a choisi en premier lieu 4 chorals : Erbarm dich mein, ô Herr Gott, BWV 721 (Aie pitié de moi, ô Seigneur Dieu) ; Herzlich tut mich verlangen, BWV 727 (Du fond du cœur, j'aspire à une fin heureuse) ; "Christum wir wollen löben schon, BWV 611 (Nous devons maintenant louer le Christ) et le trop célèbre Jésus bleibet meine Freude (Jésus que ma joie demeure), extrait de la Cantate BWV 147. Puis, toujours du même auteur, notre prêtre-organiste nous livre la Fugue en sol majeur BWV 577 en forme de gigue et la Passacaille et Fugue en ut mineur BWV 582, qualifiée de "composition colossale et sublime" par Gilles Cantagrel dans son Répertoire de la musique d'orgue (Fayard, 1991). Assurément l'harmonie subtile du premier choral (BWV 721) renforce la supplication du texte dans un style lent et presque douloureux: c'est une page de toute beauté bien assimilée et jouée avec beaucoup de talent par le Père Vincent Marie.

Avec la Suite Gothique (opus 25) de Léon Boëllmann (1862-1897), publiée en 1895, l'organiste s’attaque ici à une œuvre célèbre composée en cette fin du XIX° siècle par un ancien élève de l'Ecole Njedermeyer où enseigna notamment Gigout. Elle regroupe 4 pièces variées, dont la populaire Toccata en ut mineur qui n'est pas sans rappeler le thème dramatique de la Pièce Héroïque que César Franck composa en 1878 à l'occasion des concerts d'inauguration de l'orgue du Trocadéro.

Enfin, cet enregistrement se termine avec une Improvisation à la mémoire d'Olivier Messiaen où l'auteur et interprète sait parfaitement mettre en valeur toutes les possibilités de son instrument dans un style simple et aérien, non sans rappeler l’écriture colorée du dédicataire.

En résumé le Père Vincent-Marie nous offre avec ce disque une palette musicale variée dans laquelle on retrouve une bonne partie de la littérature de l'orgue, le tout interprété avec goût, finesse et talent. Mais cela ne nous étonne guère de la part d'un homme qui déclare que "offrir de la musique, c'est suspendre le temps pour permettre aux hommes de toucher l'Eternel."

DHM (1993)

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1) CD 2 disques, DPB 1005.2. Enregistrement réalisé en 1995 et 1996 sous la direction technique de Philippe et Bernard Drouard. En vente à l'abbaye Notre-Dame d'Ouscamp, au prieuré Saint-Bernard d'Ottmarsheim (Haut-Rhein) ou encore par correspondance à : Anne-Marie Steinbauer, Association du Grand Orgue de l'abbaye d'Ourscamp, 28 rue du cardinal Saliège, 02100 Saint-Quentin . Chèque à établir à l'ordre de l'Association du Grand Orgue de l'abbaye d'Ourscamp. Prix de vente : 20 Euros le double CD + 2 Euros frais de port. [ Retour ]

2) Louis Marchand (1669 Lyon - 1732 Paris), fils de Jean (organiste à Seurre, Lyon, Clermont-Ferrand et Nevers), neveu de Louis, curé de Pontarlier-sur-Saône mort aux galères en 1694, et de Pierre, organiste à Auxonne, fut principalement élève d'orgue de son père. Il a occupé de nombreuses tribunes : cathédrales de Nevers et d'Auxerre, Jésuites de la rue St-Jacques (actuel collège Louis-le-Grand), de la rue Saint-Antoine, églises Saint-Benoît et Saint-Honoré, couvent des Grands Cordeliers. Il fut également organiste de la Chapelle du Roi, de 1708 à 1714, où il avait succédé à Nivers (4e quartier), laissant à son tour sa place à d'Agincourt. En 1689 il épousait Angélique Denis, la fille de l'organiste et facteur de clavecins Louis Denis, dont il se séparait 13 ans plus tard. [ Retour ]

3) Une erreur d'impression a dû certainement se glisser dans les commentaires de la plaquette de présentation du CD en faisant état des versions 732 et 733. En effet ces chorals ne concernent pas les versets abordés ici, mais respectivement Lobt Gott, ihr Christen allzugleich et Fuga sopra il Magnificat, ce dernier étant une belle fugue sur le Magnificat grégorien, à quatre puis cinq voix. [ Retour ]

4) Pour une analyse plus fine des oeuvres de Messiaen, ainsi d'ailleurs que pour celles de Marchand et de Bach, les lecteurs intéressés peuvent consulter utilement le Guide de la musique d'orgue, ouvrage collectif publié sous la direction de Gilles Cantagrel, Paris, Fayard, les indispensables de la musique, 1991, 840 pages. [ Retour ]

 

L’Abbaye Notre-Dame de l’Assomption
d’Ourscamp (Oise)


Vue d'ensemble de l'abbaye cistercienne Notre-Dame d'Ourscamp (Oise) - RealAudio®

C’est en l’an 641 que Saint Eloi, alors évêque de Noyon (Oise), posa la première pierre d’un oratoire nommé Ourscamp ; oratoire qui fut le germe de cette abbaye Notre-Dame dont nous ne voyons plus aujourd’hui que les vestiges.

Il faut attendre le 10 décembre 1129 pour voir s’établir, à la demande de Simon de Vermandois, évêque de Noyon, une communauté de moines cisterciens, installée par Saint Bernard qui fit, lui-même, le voyage jusqu'à Ourscamp.

Le nombre de religieux augmentant, on réalisa divers agrandissements du monastère et notamment de l’abbatiale successivement en 1154 et en 1254. Pillée et en partie incendiée en 1358, l’abbaye ne se releva jamais tout à fait de ce désastre.

Abbaye d'Ourscamp, l'infirmerie vue des ruines
du chœur (XIII° s.), actuelle chapelle.
( Avec l'aimable autorisation du Père Vincent-Marie, s.j.m. )
Vers 1120, on avait élevé à l’est de l’église abbatiale un bâtiment perpendiculaire à celle-ci, servant d’hôpital et d’infirmerie pour les religieux malades, et mourants, du monastère. C’est l’une des rares infirmeries ou " salles des morts " d’abbayes cisterciennes de cette époque qui soit restée intacte.

Après bien des vicissitudes depuis le départ des moines à la révolution (1792), l’abbaye d’Ourscamp devient successivement hôpital (1797), domaine de plaisance (1803), succursale d’une filature de Senlis (1810), fonderie (1822), manufacture de coton (1824) occupée par les Allemands (1914), et pilonnée par l’artillerie française avant de retrouver se vocation première de lieu religieux, et de centre spirituel en 1941. C’est en effet à cette date, au cœur de l’Occupation, que l’abbaye voyait s’installer la nouvelle congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie (s.j.m.), fondée par le père Jean-Edouard Lamy1 en 1930.

Cette communauté aménagera les lieux et bâtiments restant de façon à les rendre le plus fonctionnel possible pour leur vie conventuelle et apostolique. C’est ainsi que la " salle des morts " fut aménagée en " grande chapelle " avec un maître-autel, des stalles et un orgue2 de style néoclassique construit en 1947-48, dont il est possible d’entendre les sonorités dans les divers enregistrements annoncés ici.

Père Vincent-Marie, s.j.m.

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1) Le père Jean-Edouard Lamy, né le 23 juin 1853 au Pailly (Haute-Marne), décédé le 1er décembre 1931, fut ordonné prêtre en 1886 dans la chapelle des Lazaristes, rue de Sèvres, à Paris. Entré chez les Oblats de St François de Sales, il s'occupa de l'oeuvre de jeunesse à Troyes (Champagne) durant 13 ans et devint "le curé des voyoux". En 1892, après un bref séjour à Guérêt pour se refaire une santé, il est envoyé comme vicaire à Saint-Ouen dans la banlieue parisienne. Là, il s’occupa des catéchismes et développa les patronages. En 1900, le P. Lamy est nommé curé de La Courneuve (alors dans le diocèse de Paris) où il resta jusqu'en 1923 pour se retirer à l’infirmerie Marie-Thérèse. Alors en retraite, il se dédie au pèlerinage de Notre-Dame-des-Bois (qu'il avait fondé en Haute Marne en 1914) et fréquente les cercles d’étude de Jacques et Raïssa Maritain. C'est là qu'il rencontra le comte Paul Biver, qui devait l’aider à fonder la Congrégation. Des jeunes gens se présentèrent, et peu à peu l’œuvre prit corps et reçut une première approbation en 1930 soit une année avant le décès du P. Lamy le 1er décembre 1931. C'est en 1941 que la congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie prit la forme que nous lui connaissons aujourd'hui grâce au comte Biver qui acheta et aménagea pour elle l'ancienne abbaye cistercienne d'Ourscamp (Oise). [ Retour ]

2) Une Association du Grand-Orgue de l'Abbaye d'Ourscamp s'est constituée le 8 août 1989. Elle s'est fixée pour but de mener à son terme, dans les meilleurs conditions, le projet de restauration des orgues et de l'abbaye, leur entretien pour l'avenir en vue des offices religieux et de concerts spirituels. Elle souhaite également permettre la réalisation d'autres enregistrements (cassettes, disques, CD). Toute aide financière est précieuse. Les dons et commandes de disques peuvent être adressés au secrétariat de l'Association : Abbaye Notre-Dame, 60150 Chiry-Ourscamp. [ Retour ]

 

Note sur la Congrégation des Serviteurs
de Jésus et de Marie

Fondée en 1930, et reconnue de droit diocésain en 1948, cette congrégation a pour mission principales l’évangélisation des jeunes, qu’elle accomplit à travers la prière communautaire et personnelles, l’accueil, les retraites prêchées en divers lieux et des accompagnements individuels, fiancé(e)s, jeunes couples et familles, etc... et divers autres missions plus ou moins ponctuelles..

Elle comprend aujourd’hui une quarantaine de religieux. La congrégation, installée depuis 1941 dans l’ancienne abbaye cistercienne d’Oursamp (Oise), entre Noyon et Compiègne, diocèse de Beauvais, a fondé jusqu'à ce jour 2 prieurés : en Alsace www.prieuresaintbernard.org et en Argentine, diocèse de Parana. En 1999, elle voit naître une branche féminine.

Père Vincent-Marie, s.j.m.

Blog du Père Vincent-Marie

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Site internet de l'Abbaye d'Ourscamp : www.abbaye-ourscamp.org
 


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