Le Panthéon des musiciens

De juillet 2012 à décembre 2012

Evelyn LEAR - Marie-Claude THEUVENY-PETIT - GISÈLE DEMONCEAU - René MAILLARD

 

Evelyn Lear
Evelyn Lear
( photo X... ) DR

La grande soprano américaine Evelyn LEAR est décédée le 1er juillet 2012 à Baltimore (USA), à l’âge de 86 ans. Née Shulman le 8 janvier 1926 à Brooklyn (New York), fille d’un immigrant sibérien devenu juriste, et d’une musicienne professionnelle, petite-fille d’un cantor, elle joue du cor dans l’orchestre de jeunes de Tanglewood, dirigé par le très jeune Léonard Bernstein. Mariée en premières noces avec le Dr Walter Lear, un physicien, elle s’installe à Arlington où elle chante à titre amateur dans Down in the Valley, de Kurt Weill. Elle divorce pour se remarier avec le baryton américain Thomas Stewart (décédé en 2006) qu’elle rencontre à la Juilliard School of Music de New York pendant les répétitions de Porgy and Bess.

Evelyn Lear avait débuté en 1959 à l'Opéra de Berlin dans Ariane à Naxos (rôle du Compositeur) et fera une longue et prestigieuse carrière, pendant plus de 50 ans, en assumant la charge de plus de 7 500 concerts et représentations. A Paris, elle se produisit pour la première fois au Palais Garnier, en 1974, dans Les Noces de Figaro (La Comtesse). Elle a aussi beaucoup enregistré, dans ce répertoire qui convenait tellement à sa très belle voix de soprano, large, précise, brillante sans agressivité, celui de Mozart (Cherubin, Susanne) bien sûr, mais aussi celui de Richard Strauss, de Tchaïkowsky, de Verdi, il est vrai dans des rôles moins dramatiques, celui surtout de Bach (la Passion selon Saint Jean avec Karl Richter) avec ce talent pour articuler sans hacher ; sans oublier tout le répertoire de musique de chambre qu’elle a déployé en récitals et en enregistrements avec Thomas Stewart. Un tout petit peu oubliée, voire sous-estimée par certains, elle reste un exemple de ce qu’une soprano intelligente, bien formée, bien conseillée, peut rendre à son public de fraîcheur, d’amplitude, de profondeur, dans le respect strict de la partition mais en recréant à chaque fois, une atmosphère spécifique (La Vilanelle des Nuits d’été de Berlioz, par exemple).

Luc Paraire


Marie-Claude THEUVENY-PETIT (1931-2012)


Gisèle Demonceau, en 1971.
Gisèle Demonceau
( (photo D.H.M. ) DR

La violoncelliste et pianiste Gisèle DEMONCEAU s'est éteinte le 7 octobre 2012 à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), à l'âge de 92 ans. Née le 4 septembre 1920 à Calais (Pas-de-Calais), elle était sortie en 1938 du Conservatoire de Paris un 1er prix de violoncelle en poche (classe de Paul Bazelaire) avec le premier mouvement du final du Concerto Ibérique de Francis Bousquet qui lui avait valu des commentaires élogieux de la presse spécialisée : "véritable musicienne [avec une] sonorité chaleureuse, vibrante […] son interprétation dénota de la personnalité et sa lecture aisée, nuancée, fut d'un grand charme" (Le Ménestrel, 1er juillet 1938). Déja en 1936, année où elle obtenait un 1er accessit avec le finale du Concerto de Widor, on pouvait lire dans la presse que "[sa] lecture a été éclatante et le jeu est plein de charme" (Le Figaro, 18 juin 1936). Au cours de sa longue carrière qui s'ensuivit, elle joua notamment au sein de l'Orchestre Pasdeloup, où elle tint un temps le pupitre de violoncelle solo.

Baignant dans la musique dès son plus âge, ce sont ses parents qui lui donnèrent ses premières leçons de musique :son père, le chanteur Maurice Demonceau, « médaille en vermeil avec la plus grande distinction » du Conservatoire de Verviers en 1912 (classe de Georges Rouault-Marsey), baryton des grands théâtres de Calais, Saint-Omer, Verviers, Liège, soliste des Concerts Touche, alors directeur artistique du casino d'Elisabethville-sur-Seine organisait à la fin des années vingt des concours de solistes chanteurs, et sa mère, Anna Demonceau-Vigneron, était une ancienne élève du Conservatoire de Verviers où elle avait obtenu un 1er prix. En 1931 à l'âge de 10 ans elle était ainsi admise dans la classe préparatoire de violoncelle du Conservatoire de Paris et cette même année, le 11 février à Bayeux (Calvados), elle se produisait déjà en concert aux côtés de sa sœur la violoniste Ghislaine de Monceau alors âgée de 8 ans (future 1er prix en 1937 du Conservatoire de Paris dans la classe de Boucherit) et de leurs parents. En décembre 1933, Salle Gaveau à Paris, lors d'un concert en compagnie de sa sœur Ghislaine "violoniste si remarquablement doué" et de son père, bien qu'âgée de seulement13 ans, la presse musicale remarquait déjà "son jeux expressif [qui] nous révèle de réelles qualités dans le Lamento de Fiorillo-Feuillard et dans le Menuet de Rameau" (Le Monde musical, 31.XII.1933).

En formation de chambre, elle aimait à jouer en trio avec sa sœur violoniste et son autre sœur Sybille Demonceau (harpiste et pianiste, décédée dans un accident de voiture au cours des années soixante). C'est ainsi qu'on avait notamment pu les entendre le 9 juin 1954 au Théâtre Artel de la rue de Clichy à Paris (Leclair, Hérold, Marin Marais, Pugnani, Kreisler, Haendel, Cassa, Francoeur-Kreisler, Tournier, E. Charpentier, Alex Clairmon), le 18 mai 1955 à la Télévision belge, le 5 novembre 1955 salle Debussy à Paris (Glazounov, Méhul, Gretchaninov, Fauré, Turina, Mozart, Chopin, Schubert, Madeleine Boucherit-Le Faure, Gaston Rolland, Max Belliard, A. Clairmon), le 22 janvier 1956 salle du Conservatoire de Paris (Bach, Boucherit-Le Faure, Saint-Saëns) et le 4 mars 1956 à l'Hôtel de Ville de Colombes avec des œuvres de Brahms, Honegger, Marcel Tournier, Henriette Renié, Gaston Rolland, et en 1ère audition en concert Thème et Variations, pour violon, violoncelle et harpe de Gaston Despiau.

Parallèlement à sa carrière de violoncelliste, Gisèle Demonceau enseigna le piano en cours particuliers durant plus d'un demi-siècle et en région parisienne à de nombreux jeunes pianistes en herbe, dont l'auteur de ces lignes qui garde le souvenir d'une grande artiste doublée d'une femme sensible, dévouée, attentive et modeste. Depuis plus de 30 ans, elle était une fidèle adhérente de l'Association Elisabeth Havard de la Montagne après y avoir adhéré dès sa création. Elle a été inhumée dans le caveau familial du cimetière parisien de Bagneux.

Audio lecteur Windows Media Giovanni-Battista Viotti, Prélude pour violon (Ghislaine Demonceau) et violoncelle (Gisèle Demonceau). - Paris, 7 mars 1982 (enregistrement/numérisation D.H.M.) DR.
Audio lecteur Windows Media Luigi Boccherini, 3e mouvement de la Sonate pour violon (Ghislaine Demonceau) et violoncelle (Gisèle Demonceau). - Paris, 7 mars 1982 (enregistrement/numérisation D.H.M.) DR.
Audio lecteur Windows Media Antonio Vivaldi : 3e mouvement du Concerto en ré pour violon (Ghislaine Demonceau); au violoncelle: Gisèle Demonceau; au piano: Joachim Havard la Montagne. - Paris, 7 mars 1982 (enregistrement/numérisation D.H.M.) DR.

Denis Havard de la Montagne


René MAILLARD (1931-2012)

 


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