Les organistes des Antilles au XIXème et au début du XXème siècles

Petite revue de presse

Voir aussi: Les orgues des collectivités et départements français d'Outre-Mer
Voir aussi: Documents complémentaires sur l’histoire des orgues des Antilles françaises


 

 

 

Antzenberger (cathédrale de Fort-de-France, Martinique)

« Distribution des prix du pensionnat des Dames de Saint-Joseph de Cluny, à Fort-de-France. […] Après un chant de circonstance, exécuté avec un rare bonheur par les élèves, sous la savante direction de M. Antzenberger, l'organiste de notre cathédrale, une troupe de jeunes artistes a occupé pendant la plus grande partie de la solennité l'attention des spectateurs. »

(Le Moniteur de la Martinique, 6 décembre 1860, np)

 

« Pendant la messe, M. Antzenberger, l'habile organiste de la cathédrale, a fait entendre le Prélude de Bach traité par lui pour orgue, violons, altos, flûtes et saxophones, dont l'exécution a été admirablement conduite »

(Le Moniteur de la Martinique, 16 août 1870, np)

 

« La distribution des prix au couvent de Saint-Joseph, à Fort-de-France. […]

A vous, Mademoiselle Gabrielle Garnier, l’expression de tous nos remerciements. Oh ! vous avez dit avec une grâce sans pareille « les couplets » à l’amiral Cloué ! — M. Antzenberger, comme auteur de la musique, et vous, comme interprète, tous deux vous avez donné à ces strophes une valeur à laquelle le poète ne s’attendait pas et dont il gardera le souvenir.

Que je vous dise en même temps le plaisir que nous a causé vos brillantes variations sur la Favorite. Vous avez une sûreté d’exécution et un sentiment musical rares à votre âge.

Vous aussi, Mesdemoiselles Marie Doucet et Berthe Anquetil, vous avez droit aux éloges les plus justement mérités par « les couplets » que vous avez, à votre tour, chantés à Mgr Fava. L’œuvre de M. Antzenberger, cette fois encore, a reçu une exécution tout à fait à la hauteur de son mérite. »

(Les Antilles, Saint-Pierre, 4 décembre 1872, np)

 

 

Mlle R. Dangla (église du Fort, Saint-Pierre, Martinique)

« Mademoiselle R. Dangla, pianiste et organiste de la Paroisse du Fort Saint-Pierre a l’honneur d’offrir aux familles ses services comme professeur de piano, de solfège et de chant soit à domicile, soit chez elle. »

(Les Antilles, Saint-Pierre, 3 mai 1890, np)

 

 

Démont (Pointe-à-Pitre et Basse-Terre, Guadeloupe)

« Nos félicitations sans réserve pour la partie chantée, confiée aux chanteurs attitrés de l'Eglise, aux enfants de l'externat des Soeurs de St Joseph, aux jeunes filles du choeur de Jeanne d'Arc. Toutes ces bonnes volontés et ces voix charmantes ont été utilisées à merveille par M. Démont, notre nouvel organiste dont le talent est maintenant acclimaté parmi nous. »

(L'Avenir, Journal de la Guadeloupe, 13 juin 1912, np)

 

« Tout près de nous, à Basse- Terre, […] les deux chantres et l’organiste de la Cathédrale se sont mis en grève. Et ce sont les élèves du pensionnat de Versailles qui les ont remplacés dans leurs tonitruantes fonctions. Les pauvres !

A vrai dire, les causes de cette grève sont assez obscures. Il ne parait pas que ce soit une épidémie de laryngite qui ait sévi sur le chef-lieu. Si tel était le cas, il aurait, fallu pour l’organiste qu'il se soit compliqué d’arthrite aux membres supérieurs. Et la bonté divine serait ainsi mise en défaut.

Je crois donc pour ma part que c’est à la suite de simples mésintelligences avec les ministres du Seigneur que Messieurs les chantres se sont trouvés en rupture de lutrin. Et l’organiste, par esprit de solidarité sans doute et par respect pour Apollon, dieu des rythmes, suivit le geste dont il eût deux fois l’exemple.

Combien de jours durera cette grève ? Comme le prêtre emmuré de Ste Sophie qu’attend le retour de la croix pour achever sa messe, les grévistes de la Cathédrale de Basse-Terre attendent-ils quelque signe du ciel pour reprendre les uns leur pupitre — et l’autre son clavier ?

Et des chantres, de l’organiste et de l’officiant, qui sera le premier à son poste ? »

(Le Colonial, 5 mars 1913, np)

 

« La société musicale « La Sourdine », accompagnée par M. Démont qui tenait l'orgue avec son ordinaire maîtrise s'est surpassée en exécutant plusieurs morceaux de son répertoire. »

(L'Avenir, Journal de la Guadeloupe, 6 novembre 1913, p. 1)

 

 

Marie Devaux (église Saint-Etienne du Centre, Saint-Pierre, Martinique)

« MM. les Professeurs de musique et Artistes de Saint-Pierre, voulant donner un dernier témoignage de sympathie à la regrettée Mlle Marie Devaux, décédée, organiste de l’église St-Etienne du Centre, feront célébrer, pour le repos de son âme, un service funèbre à l’église cathédrale, le samedi 23 décembre courant, à huit heures du matin. Ils en donnent avis aux parents et amis de la Défunte. » (Les Antilles, Saint-Pierre, 20 décembre 1876, np)

 

 

Joret (église du Fort, Saint-Pierre, Martinique)

« Deux autres décès qui ont été vivement déplorés, ceux de M. M. Joret et Emile Pornain, l’un organiste du Fort et l’autre du Mouillage. Nous n’essaierons pas d’expliquer cette coïncidence, mais elle sera remarquée. Ces deux jeunes artistes mourant à si peu d’intervalle l’un de l’autre, presque en même temps, peut-on dire, et privant coup sur coup nos fêtes religieuses de leurs appréciés talents !

Monsieur Joret était bien connu comme artiste. Sa facilité d’exécution était rare, et son goût artistique était d’autant plus remarquable que, pour l’élever à ce point, il n’avait pas eu besoin de fréquenter les hautes études musicales. Malheureusement un corps trop frêle abritait cette organisation artistique. Gravement frappé, il était allé chercher en France le rétablissement de sa santé. Mais le climat d’Europe ne lui fut pas favorable. Peu s’en fallut que son cadavre lui-même ne revînt pas au pays. Joret mourut à quelque distance de la Guadeloupe. Grâce à l’intervention de quelques compatriotes, on consentit à conserver son corps jusqu’à l'arrivée du paquebot à la Martinique. Sa famille a eu ainsi la consolation de revoir ses traits, et ses amis ont eu la satisfaction de rendre à ses restes les derniers devoirs. Nous partageons les regrets qu’a fait naître cette mort.

(Les Antilles, Saint-Pierre, 14 octobre 1885, np)

 

 

Lolliot (église Saint-Etienne du Centre, Saint-Pierre, Martinique)

« Le nom de ce dernier instrument nous remet devant les yeux la physionomie typique de M. Lolliot. C’est un jeune aveugle-né, depuis quelque temps organiste du Contre, et qui vous fait de la musique comme s’il avait quatre z'yeux. Son hautbois, accompagné de la flûte de M. Q. Beandu et du piano touché par Mademoiselle Joséphine Achard, nous a fait savourer une des plus belles pages de Guillaume Tell. »

(Les Antilles, Saint-Pierre, 15 avril 1893, np)

 

 

Amélie Michel (cathédrale de Basse-Terre, Guadeloupe)

« Un Sub Tuum composé pour la circonstance par Mlle Amélie Michel, l'organiste si dévouée de la cathédrale, met une note nouvelle dans notre concert pieux, en même temps qu'un morceau nouveau plein de foi et de piété dans notre répertoire. »

(Echo des Antilles, janvier 1913, p. 302)

 

 

J. Perrin (Fort-de-France, Martinique)

« J. Perrin, ex organiste et chef de musique à Plombières-les-Bains (France), organiste à Fort-de-France, n° 19, Grand Rue, leçons de piano, chant, solfège, accords et réparations de pianos. »

(Le Moniteur de la Martinique, 3 mai 1878, np)

 

 

Charles Pornain (cathédrale du Mouillage, Saint-Pierre et cathédrale de Fort-de-France, Martinique)

« Monsieur le Rédacteur,

Veuillez insérer dans votre prochain numéro la rectification suivante à laquelle j’ai le droit d’attacher une certaine importance.

Vous dites dans votre article sur la Fête-Dieu au Fort, que deux orphéons sont en activité dans notre ville : « L’orphéon municipal et la Société Chorale, dirigée par M. Maurice Zay, avec le concours de MM. Touroul et Pornain. »

L'exacte vérité est que cette Société Chorale porte le litre d’Orphéon de Ste-Cécile, elle est dirigée concurremment et sans subvention aucune, par MM. Touroul, Maurice Zay et Pornain.

Nous espérons donner, sous peu au public, des preuves de notre savoir-faire, grâce à la constance de nos jeunes gens et grâce aussi à notre désintéressement, Recevez, etc.,

Charles Pornain, Organiste de la Cathédrale. »

(Les Antilles, Saint-Pierre, 9 juin 1875, np)

 

 

Emile Pornain (cathédrale de Fort-de-France, Martinique)

« M. Pornain, qui tenait le piano, nous a une fois de plus prouvé que cet instrument est avant tout celui du salon. Ce n’est que là, en effet, qu’il conserve toute sa valeur, parce que dans le salon le musicien n’est pas condamnés en exagérer les effets. Sous les doigts prestigieux de notre jeune artiste, la basse du piano, ainsi ménagé, reste ample et sonore et sa partie supérieure maintient sa finesse et sa délicatesse sans tomber jamais dans l’aigu. M. Pornain a hérité du talent de son père, artiste correct, convaincu et ennemi juré des fumistes. Il était de la bonne école, celle qui dédaigne le délire criard, la violence sans grandeur, en un mot le sédisme tapageur. »

(Les Antilles, Saint-Pierre, 5 mai 1877, np)

 

« Bien regretté aussi a été notre compatriote, Emile Pornain. Il était bon, actif, d’humeur aimable et bienveillant. Il avait de nombreux amis et était estimé de tous ceux qui le connaissaient.

Ceux qui l'employaient rendent à sa mémoire les plus flatteurs hommages. Il dirigeait au nom de la maison Depaz, l’Agence de la Compagnie transatlantique à Saint-Pierre, et dans l'accomplissement de ces importantes fonctions il apporta disent tous ceux qui l’entouraient le zèle le plus grand, l’intelligence la plus éclairée, une affabilité invariable.

Musicien, il faisait honneur à son nom, et perpétuait les traditions de famille. Les paroissiens de la Cathédrale se souviendront longtemps de lui. Il faisait par ses excellentes qualités, le bonheur d’une jeune épouse ; il en était heureux lui-même, et voyait déjà s’ébattre autour de lui un charmant enfant ! .... Et la mort a subitement rompu ces liens si doux ! La coupe dont ces êtres intéressants commençaient à goûter les douceurs a été rapidement soustraite à leurs lèvres. Au foyer naguère si paisible, si heureux la douleur s’est assise eu maîtresse. Si l'expression de nos condoléances peut être de quelque consolation au cœur affligé de la jeune veuve, nous l'offrons avec sincérité et empressement. Nous l'adressons aussi à la mère et aux frères du regretté défunt. Il leur était profondément attaché, et fut, sous ce rapport nouveau exemplaire. Emile Pornain rappelle le fils modèle et le frère sans reproche.

Emile Pornain a succombé à celle maladie impitoyable qui ne pardonne guère à ceux qu’elle a une fois touchés et que la médecine désigne du nom de croup. Il n’y a que quelques jours, il était en parfaite santé. Subitement atteint, il fut immédiatement et intelligemment soigné.

Mais la maladie est parfois plus puissante que l’intelligence, le dévouement et l’art à la fois. Vite, ceux qui environnaient le malade comprirent que les derniers moments arrivaient. Emile, averti demanda le prêtre, reçut, avec piété les sacrements et mourut en chrétien. C’est là une pensée bien réconfortante, un souvenir bien précieux pour les nombreux parents et amis qui lui survivent.

C’est dimanche qu’on enterrait Emile Pornain. »

(Les Antilles, Saint-Pierre, 14 octobre 1885, np)

 

 

Jules Pornain (cathédrale du Mouillage, Saint-Pierre, Martinique)

« Notre jeune professeur, M. Pornain, que nous avons eu le plaisir d'applaudir dimanche, dans une fantaisie brillante de sa composition sur des motifs de la Lucie, a voulu aussi contribuer gracieusement à l'agrément de celte dernière soirée. Il exécutera sur le piano une Etude de Concert, et jouera avec M. Franz Coenen un grand Duo pour piano et violon, sur la romance de Fra-Diavolo, arrangé par Henri Herx et La font. »

(Les Antilles, Saint-Pierre, 7 août 1850, np)

 

« Par autorisation de M. le Maire. Un cours public d'enseignement du chant par M. Jules Pornain est ouvert les mardi et vendredi de sept à huit heures du soir, rue du Précipice, à l'école des Frères de Ploërmel. »

(Les Antilles, Saint-Pierre, 16 septembre 1854, np)

 

 

Rimbaud (église Saint-Etienne du Centre, Saint-Pierre, Martinique)

« Nous apprenons avec plaisir qu’à l’occasion de la fête paroissiale de la paroisse du Fort, M. Rimbaud, organiste, fera exécuter une messe de sa composition. Les dames de la ville et l'orchestre de nos amateurs lui prêteront leurs concours empressés. Les chœurs seront chantés par 90 orphéonistes dont M. Rimbaud est l’habile et persévérant professeur. »

(Les Antilles, Saint-Pierre, 30 juin 1875, np)

 

 

Mère Saint-Edmond (Morne-Rouge, Martinique)

« Comme je sais qu'il désirait avoir une organiste, je mis à sa disposition mère Saint-Edmond. »

(J. D. Levesque, Mère Marie de la Providence, fondatrice des religieuses missionnaires de Notre-Dame de la Délivrande, Toulouse, Privat, 1968, p. 298)

 

 

Inès Collat (1912-1993), (Terres-Sainville, Fort-de-France, Martinique)

A tenu l’orgue Mutin de cette paroisse durant une cinquantaine d’années :
 
« Et nos orgues, nouvellement remises à neuf, inondèrent les voûtes sacrées de Saint-Antoine des flots d'harmonie que Mlle Collat libérait avec maestria".
(Albert Adréa, Conférences, discours, chroniques, sociologie, spiritualité, littérature, 1935 à 1973, Fontenay-le-Comte, 1975, p.368)

 

 

Abbé Edmond Simonet, né en 1850 (Saint-Pierre, Martinique)

« L’harmonium était tenu par Monsieur l’abbé Simonet, curé du Macouba, dont le talent musical est bien connu. »

(Les Antilles, Saint-Pierre, 23 août 1884, np)

 

« Là où se trouve M. l'abbé Simonet, là se trouve aussi la musique : l’harmonie l'accompagne. Parmi les collègues qui l’environnaient, la plupart avaient à lui offrir des voix agréables et exercées. Vite, aidé de l'abbé Bataillé, il organise une messe en faux-bourdon. La petite église est étonnée d'entendre un tel concert, les voûtes sont attentives, les murs prêtent l’oreille ».

(Les Antilles, Saint-Pierre, 22 avril 1885, np)

 

« [Morne-Rouge] M. l’abbé Simonet a fait entendre avec succès les sons du nouvel orgue dont l'installation sera bientôt complètement achevée. »

(Les Antilles, Saint-Pierre, 22 mai 1886, np)

 

« M. L'abbé Simonet, prêtre du clergé de la Martinique, a obtenu un congé de convalescence de trois mois, valable du 25 octobre 1887 au 23 janvier 1888 inclus, pour en jouir à Neufchâteau (Vosges). »

(Le Moniteur de la Martinique, 16 décembre 1887, np)

 

Collecte : Olivier Geoffroy

(octobre 2021)

 

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