Orgues et organistes

Grand-orgue de tribune de la cathédrale Saint-Alain de Lavaur (Tarn)
Grand-orgue de tribune de la cathédrale Saint-Alain de Lavaur (Tarn), construit par Aristide Cavaillé-Coll en 1876 (3 claviers et pédalier, 32 jeux). Titulaire actuel : Jean-Claude Guidarini
( photo Hilaire/Guidarini © )
Composition de l'orgue (fichier .PDF)




La saveur des dissonances
Jean-Pierre Rolland à l'orgue Bénigne Boillot (1768) de l'église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Losne (Côte-d'Or)

Cet enregistrement présente un choix de pièces de compositeurs italiens, anglais, allemands et français, célèbres : Jean-Sébastien Bach, Henry Purcell, Louis Couperin, ou moins connus : de Macque, Cabezon, Cabanilles, Muffat..., dont l'ornementation raffinée et le langage riche en dissonances explorent toutes les possibilités sonores des timbres et du tempérament de l'orgue de Saint-Jean-de-Losne.

CD Hortus 072, paru en 2009
http://shop.editionshortus.com ou promostjean@wanadoo.fr


 

L’ORGUE : SON FONCTIONNEMENT, SES CARACTERISTIQUES

 
 
Grand-orgue de tribune de l'église St-Gervais à Paris. Construit par Thierry (XVIIe), relevé par F.H. Clicquot (1768), Dallery père (1812), Dallery fils (1843) et Gonzalez (1974), cet instrument de 41 jeux, répartis sur 5 claviers et un pédalier, a été touché durant près de 180 ans par plusieurs membres de la dynastie des Couperin. La Manufacture d'orgues Muhleisen, G. Walther et associés de Strasbourg vient d'effectuer un nettoyage de la mécanique et de la tuyauterie (sept.-oct. 2000).

© Photo copyright G. Walther, avec son aimable autorisation.

Pour les Internautes non initiés, voici quelques lignes explicatives du principe général de fonctionnement de cet instrument à vent de dimensions considérables qui est un orchestre à lui tout seul, qu’on appelle l'orgue, et de quelques termes les plus couramment utilisés à son sujet . Mais auparavant rappelons qu’il s’agit d’un instrument fort ancien puisqu’on en attribue l’invention à un certain Ktesibios, un ingénieur vivant à Alexandrie vers le IIIe siècle av. J.C. Sa soufflerie était alors actionnée par un système hydraulique.

Le principe de base du fonctionnement de l'orgue est fort simple en soi : des tuyaux, installés sur un sommier où arrive de l'air propulsé par une soufflerie, produisent des sons (notes). Par un système mécanique (électrique de nos jours) relié à des soupapes, en actionnant une touche d’un clavier ou une pédale, la pression de l'air produite par un moteur est envoyée dans le tuyau correspondant à la note souhaitée. En réalité tout cela est beaucoup plus complexe car il existe de nombreuses combinaisons qui permettent par exemple qu'une note soit composée de plusieurs tuyaux (plein-jeu) ou qu'elle soit jouée par des tuyaux de sonorité différentes appartenant à plusieurs jeux !

En façade, ces gros tuyaux (montre) correspondent à des sons graves.
À l'intérieur, les tuyaux de diverses sortes de jeux, installés sur un sommier. Au fond, les tuyaux de bois à section carrée et fermés par une sorte de bouchon ajustable avec une poignée sont des bourdons.
( Orgue Casavant, St-Laurent de Jonquière, Québec.
Photos Céline Fortin. )

Le jeu (ou registre) est un ensemble de tuyaux, en bois ou en métal, de même timbre. Un orgue contient plusieurs jeux suivant son importance. Ils se divisent en 2 groupes bien distincts : les jeux à bouches : Principal ou montre, flûte, viole ou gambe, quintaton, bourdon... et les jeux à anches : trompette, chalumeau, hautbois, cor anglais, cromorne, douçaine, musette, voix humaine, basson, clairon, clarinette. On indique en pieds la hauteur du tuyau le plus grave d'un jeu. Par exemple un bourdon de 16 pieds signifie que son tuyau le plus grave mesure 5,28 m, soit 16 x 33 cm, le pied valant 33 cm. Le choix d'utilisation des différents jeux est commandé par l'organiste qui a à sa disposition autour des claviers des tirants de registres (sortes de boutons) qu'il n'a qu'à actionner pour appeler le jeu désiré. La partie supportant les claviers s’appelle console. En fonction de la grandeur de l'orgue celui-ci est composé de 2, 3 ou 4 claviers, voire plus parfois, comportant généralement 54 ou 56 touches et même parfois 61 touches, et d’un pédalier le plus souvent de 32 notes. Chaque clavier et le pédalier correspondent à un plan sonore installé dans les diverses parties de l'instrument, nommées : Grand-Orgue (dans le pavillon central), Positif (souvent suspendu sur le bord de la tribune), Bombarde, Récit et Echo. Ceux-ci, qui renferment plusieurs jeux chacun, peuvent bien entendu s'accoupler entre eux et ainsi former de nouvelles sonorités.

Une console à quatre claviers. À gauche, les nombreux tirants de registres, souvent disposés en quinconces. Au-dessus du pédalier, les commandes des mémoires et les pédales d'expression du récit, du positif, et du crescendo.
( Orgue Casavant, Saints-Martyrs canadiens, Québec.
Photo Céline Fortin.  )
À droite du clavier, les tirants de registres, particulièrement volumineux sur cet orgue à transmission mécanique.
( Orgue Karl Wilhelm, Loretteville, Québec.
Photo Céline Fortin. )

Au vu de ces quelques explications rapides tout le monde peut aisément saisir l'importance du travail considérable que doit fournir l’organiste pour " diriger " une telle machine, mais également le facteur d'orgues pour construire un instrument si compliqué et surtout réaliser une parfaite coordination de tous ces jeux qui peuvent comporter des milliers de tuyaux mesurant de quelques centimètres à plusieurs mètres de hauteur. Sans oublier leur accord, car ils doivent tous sonner dans une parfaite harmonie. C'est tout l'art du facteur d'orgues!

D.H.M.


© Michel Grau
© Michel Grau
Dérivés de labyrinthes représentant des orgues et la musique d'orgue, par © Michel Grau
grau.club.fr )

 


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