Prix de Rome 1860-1869

Émile PALADILHE - Adolphe DESLANDRES - Isidore LEGOUIX - Théodore DUBOIS - Théodore SALOMÉ - Eugène ANTHIOME - Louis BOURGAULT-DUCOUDRAY - Adolphe DANHAUSER - Jules MASSENET - Charles CONSTANTIN - Gustave RUIZ - Victor SIEG - Charles LENEPVEU - Émile PESSARD - Alfred PELLETIER-RABUTEAU - Eugène WINZTWEILLER, Antoine TAUDOU

1860

Émile PALADILHE (1844-1926)

Émile Paladilhe (1844-1926)
( coll. DHM )
Émile PALADILHE (1844-1926), Prix de Rome à l'âge de 16 ans en 1860, auteur notamment des opéras Le Passant, L'Amour africain, Diana, d'un drame lyrique sacré Les Saintes-Marie-de-la-Mer, et de plusieurs Messes et autres oeuvres de musique sacrée. Il succède en 1892 à Ernest Guiraud à l'Institut de France.

Biographie d'Émile Paladilhe (page spécifique).
Catalogue chronologique des oeuvres d'Émile Paladilhe.

Adolphe DESLANDRES (1840-1911)

Adolphe Deslandres
( photo X... )

" Homme d’une beauté exceptionnelle, grand, les cheveux d’un blanc argenté, une grande barbe, les joues fraîches et rouges, comme de nombreux Français qui mènent une vie digne et modérée, de grands yeux bruns de braise, étincelants à mesure qu’il parle ", voilà le portrait que Fannie Edgar Thomas, critique musicale du journal The Musical Courier de New-York, dressait d’Adolphe Deslandres dans son article du 6 juin 1894.1

" Homme de talent ", Adolphe-Edouard-Marie Deslandres est né le 22 janvier 1840 dans le village des Batignolles-Monceau alors qu’il n’était pas encore absorbé par Paris.2 Son père, Laurent, pianiste et organiste, était à cette époque maître de chapelle de l’église Sainte-Marie des Batignolles, où il restera d’ailleurs en fonction durant une cinquantaine d’années entre 1829 et 1880. Celui-ci avait été le premier musicien à exercer dans la toute nouvelle église paroissiale des Batignolles construite en 1828 par les soins de Charles X et de la duchesse d’Angoulême, une fille de Louis XVI. Agrandie une première fois en 1834 (chœur et deux chapelles latérales), cette église, due à l’architecte Lequeux, a trouvé sa forme définitive actuelle en 1851 avec l’ajout des deux bas-côtés. Elle a la forme d’un temple grec. Son fronton triangulaire est soutenu par quatre colonnes d’ordre toscan. Laurent Deslandres (1813-1880) eut la douleur de perdre deux de ses enfants, alors qu’ils étaient également promis à une brillante carrière musicale. L'aîné, Jules-Laurent Deslandres, né le 15 août 1838 aux Batignolles, élève du Conservatoire de Paris où il obtenait un 1er prix de contrebasse en 1855, était entré en 1859 dans l'orchestre de l'Opéra de Paris et "possédait une jolie voix de ténor, qu'il utilisait pour chanter à Sainte-Marie des Batignolles". Mais, la mort l'enleva le 1er août 1870 à l'âge de 31 ans. Le cadet, Georges-Philippe Deslandres, né le 5 mai 1849, avait, tout comme son frère aîné, rejoint le Conservatoire de Paris, où il était rentré en 1868 dans la classe d’orgue de César-Franck . Deux années plus tard il en ressortait muni d’un deuxième Prix. Devenu organiste et compositeur, principalement de musique religieuse, il est hélas décédé à Paris, le 12 octobre 1875, tout juste âgé de 26 ans, après avoir été quelque temps organiste accompagnateur à Sainte-Clotilde, Saint-Vincent-de-Paul et Sainte-Marie des Batignolles.

Eglise Sainte-Marie des Batignolles, avant 1851
( Dessin X..., paru dans la plaquette «Centenaire de l'école Sainte-Marie des Batignolles, 1878-1978» )
Eglise Sainte-Marie des Batignolles, après son agrandissement de 1851
Fragment partition Ave Maria pour soprano ou ténor, avec accompagnement d'orgue, par Adolphe Deslandres "Maître de chapelle et organiste du Grand Orgue de Ste Marie de Batignolles, chanté par Mlle Cl. Deslandres dans la Chapelle du Palais de Versailles", publié dans le supplément de L'Illustration, 9 mai 1903
( coll. D.H.M. )

Adolphe Deslandres quant à lui, intégra tout jeune le Conservatoire de Paris et suivit notamment les classes de Leborne (contrepoint et fugue) et de François Benoist (orgue). Premier Prix d’orgue et également de fugue en 1858, il se présentait au Concours de Rome l’année suivante et remportait, ex aequo avec Paladilhe, une mention honorable pour sa cantate Bajazet et le Joueur de flûte. Il concourrait à nouveau en 1860 et cette fois-ci obtenait le premier Second Grand Prix, derrière son ami Paladilhe. Le sujet de la cantate était cette fois-ci Ivan IV. Peu de temps après, en 1862, il était nommé organiste de l’église Sainte-Marie des Batignolles, où son père dirigeait la Maîtrise. Il jouait ici sur un instrument des frères Stoltz qui semble avoir fonctionné jusqu’en juillet 1912. Il y avait également un orgue de chœur construit par Merklin en 1880, que le curé de la paroisse, l’abbé Leblanc, à l’occasion de travaux exécutés dans son église en 1911, donna à l’église St-André-d’Antin.3

Compositeur fécond, Adolphe Deslandres a produit un grand nombre d’œuvres chorales et instrumentales, ainsi que des pages de musique religieuse. Gounod appréciait particulièrement son opéra-comique Dimanche et Lundi et assista même à sa première représentation à l’Opéra-Comique (1872), où fut également donné en 1884 un autre opéra-comique de sa composition : Le Baiser. D’autres opéras, représentés à l’Alcazar d’hiver eurent un certain succès : Le Chevalier Bijou (1875) et Fridolin (1876). L’oratorio Les Sept Paroles du Christ, pour baryton solo et chœur, avec accompagnement de violon-solo, violoncelle, harpe et orgue, sur des paroles d'E. de Laboulaye (exécuté dans la Chapelle du Palais de Versailles en 1883), ainsi que la cantate Sauvons nos frères, pour voix seules, chœur et orchestre, sont des œuvres marquantes que le compositeur affectionnait particulièrement, ainsi d’ailleurs que son remarquable Stabat Mater à 4 voix, soli, chœurs, orgue et orchestre, qui fut donné en 1885 et en avril 1897 à la Chapelle du Palais de Versailles. Parmi ses pièces religieuses, citons encore une Messe de Saint-André, exécutée à Notre-Dame et dans la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, une Messe Solennelle en mi bémol pour solistes, chœur, orchestre et orgue, qui fut jouée à St-Eustache pour la Fête de Sainte-Cecile le 24 novembre 1885, un recueil de vingt-quatre cantiques pour les principales fêtes de l’année, une Invocation à Marie... et des pages pour orgue : Offertoire et Communion, Offertoire pour grand orgue... On lui doit également un Air de ballet pour piano, des Etudes de concert en staccato, un Scherzo pour grand orchestre qui fut donné au Palais du Trocadéro en 1880 où obtint un vif succès, quatre Méditations pour violon, violoncelle, cor, harpe, orgue et contrebasse, une Ode à l’harmonie, de nombreuses mélodies : Feuillets d’album, la Barque brisée (chant funèbre patriotique), La Vierge aux fleurs, la Nativité...

Prix de l’Institut, Officier d’Académie, Officier de l’Instruction Publique, Adolphe Deslandres a été durant longtemps un compositeur à succès, tant dans le domaine profane que religieux. Il est mort à Paris, le 30 juillet 1911. En son temps, ce musicien fut considéré comme un "remarquable compositeur", son talent souple et varié ayant atteint son complet épanouissement", ce que la presse se plaisait à souligner. La "Revue des Beaux-Arts et des Lettres" du 1er avril 1899 écrivait notamment : "M. Deslandres possède le don d'orchestration à son plus haut degré de perfection... Bien qu'il ait un très volumineux et très riche bagage de musique religieuse, il ne s'est jamais, pour cela, éloigné du genre profane qu'il élève : il reste mélodique comme les maîtres qu'il a toujours aimés et vénérés : Mozart, Gounod, etc... Ses compositions sont claires : toutes ses pages sont d'une inspiration féconde et la science couronne ses richesses intellectuelles." Quand à la revue "Gil Blas", on pouvait lire dans son numéro du 9 juillet de la même année : "Adolphe-Edouard-Marie Deslandres n'est pas seulement un excellent maître de chapelle, doublé d'un virtuose religieux: il est compositeur et ses oeuvres, si fécondes, obtiennent dans les milieux mondains le même succès qu'à l'église, car il sait varier sa forme. Sa musique, s'inspirant du sujet, atteint les plus hauts sommets de l'art et se plie aux caprices gracieux du poème."

Clémence Deslandres, "cantatrice de grand style, douée d'une fort belle voix", interprétait souvent les oeuvres de son frère Adolphe, notamment dans des solennités musicales religieuses ou des concerts de charité. C'est ainsi qu'elle chante en juin 1895 dans la basilique du Sacré-Coeur de Paris le Chant populaire à Jeanne d'Arc, paroles de Mgr Le Nordez ; en juin 1896, ainsi qu'en 1897 et en 1898 dans la même église l'Hymne au Sacré-Coeur avec violon, harpe et orgue ; le 28 avril 1899 au Trocadéro La Bannière de Jeanne d'Arc écrite pour solo et chœur ad lib., paroles de Ch. Desgranges, accompagnée par la Musique de la Garde Républicaine dirigée par Gabriel Parès (oeuvre redonnée peu après en mai 1899 à Notre-Dame de Paris, avec accompagnement de 20 trompettes, 10 trombones et grand-orgue).

Denis HAVARD DE LA MONTAGNE

Audio lecteur Windows Media Adolphe Deslandres, La Guirlande de roses, grande valse brillante pour piano (Paris, F. Gauvin, éditeur). Partition dédiée “à Mme Henri Gillet”, l’épouse du parolier des deux opéras comiques en un acte d’A. Deslandres Dimanche et Lundi, et Le Baiser, respectivement donnés le 21 octobre 1872 à l’Athénée et 3 juin 1884 à l’Opéra-Comique. Fichier audio par Max Méreaux (DR.)

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1) Fannie Edgar Thomas, née à Chicago en 1848, a habité Paris durant 7 ans à partir d'octobre 1893. Elle a écrit de nombreux articles sur les organistes parisiens qu'elle envoyait à son journal The Musical Courier de New-York. Une trentaine d'entre eux ont été traduits de l'américain par Claude Maisonnat et publiés en français, avec une présentation et des annotations par Agnes Amstrong dans la revue La Flûte harmonique, publication de l'Association Aristide Cavaillé-Coll , dans les numéros 53/54 (1990), 55/56 (1990), 57/58 (1991) et 75/76 (1998). [ Retour ]

2) C'est le 1er janvier 1860 que furent annexées à Paris onze communes avoisinantes : Vaugirard, Grenelle, la Villette, Belleville, Auteuil, Passy, Batignolles-Monceau, Montmartre, la Chapelle-Saint-Denis, Charonne et Bercy. La superficie de la capitale passait de 3402 hectares à 7802 et sa population de 1 053 262 habitants à 1 667 841. Avec les quartiers des Ternes, La Plaine-Monceau et les Epinettes, le village de Batignolles-Monceau formera le 17ème arrondissement. [ Retour ]

3) L'orgue de tribune actuel construit par Mutin-Cavaillé-Coll date de 1923 et a eu notamment pour titulaire Joachim Havard de la Montagne de 1948 à 1996. [ Retour ]

Isidore LEGOUIX (1834 – 1916)

Le paradoxe de ce compositeur, ainsi que le décrit si bien Hugo Riemann dans son Dictionnaire de musique [2e édition française, révisée par Georges Humbert, Lausanne, Libraire Payot & Cie, 1913] est que "l'allure de ses opérettes est trop distinguée pour convenir aux goûts de la masse", ce qu'avait déjà remarqué Pougin en 1881 et consigné en ces termes [Biographie universelle des musiciens] : "M. Legouix est un artiste aimable, instruit, distingué, qui n'a que le tort de respecter l'art qu'il exerce, et qui aurait réussi aussi bien et peut-être mieux que d'autres s'il avait voulu se lancer dans le champ de la musique grotesque et prétendue bouffe, si fort en honneur depuis vingt ans."

Fils aîné de l'éditeur et libraire musical Onésime Legouix (1809-1867) et de Colombe Daubrée, Isidore-Edouard Legouix est né à Paris le 1er avril 1834. Le commerce de son père, qu'il avait ouvert au début du règne de Louis-Philippe Ier, était situé au numéro 4 de la rue Chauveau-Lagarde, dans le huitième arrondissement parisien. Cette librairie musicale, après le décès de son fondateur, fut continuée par son fils cadet Gustave Legouix, né à Paris le 29 février 1844, mort à Montfermeil le 24 août 1916, puis par le fils de ce dernier, Robert Legouix. En 1960, soit près de 130 ans après sa fondation, ce magasin, à l'enseigne "Libraire Musicale R. Legouix ", subsistait toujours à la même adresse (Place de la Madeleine). 1

Admis au Conservatoire de Paris en 1847, Isidore Legouix obtient un 1er prix de solfège en 1850, un 1er prix d'harmonie en 1855 (classe de Reber) et l'année suivante un 2d accessit de contrepoint et fugue. Après avoir suivi la classe de composition d'Ambroise Thomas, il concourt en 1860 pour le Prix de Rome et décroche une mention honorable avec la cantate Le Czar Ivan IV, sur des paroles de Théodore Anne, également auteur du texte de l'opéra Marie Stuart de Niedermeyer (1844). Legouix se présente à nouveau l'année suivante au Concours de Rome, mais échoue. Il abandonne alors ses études au Conservatoire, travaille à la librairie musicale familiale, et se livre à la composition, plus particulièrement à la musique de scène. Mais à cette époque, fin du Second Empire – début de la IIIe République, la concurrence est rude dans le domaine de l'opérette qui fait courir les foules. Hervé, Offenbach, puis Lecocq, Audran, Planquette, Varney se partagent les succès aux Bouffes-Parisiens, au Théâtre des Nouveautés, à celui de la Gaîté ou encore aux Folies-Dramatiques. Mam'zelle Nitouche, La Fille du tambour-major, L'Oiseau bleu, Les Cloches de Corneville, Rip, Le Grand Mogol, Les Mousquetaires sont quelque-uns des triomphes qui tiennent l'affiche durant longtemps, largement amplifiés par l'Exposition Universelle de 1889 (mai à novembre, 25 millions de visiteurs) durant laquelle la musique règne et qui, par ailleurs, voit la construction de la Tour Eiffel. Auteur d'une quinzaine d'ouvrages, Isidore Legouix n'atteindra jamais la notoriété, même si quelques-unes de ses opérettes rencontrèrent un succès très éphémère :

  • Un Othello, opérette en 1 acte, paroles de Charles Nuitter et Alexandre Beaumont, Théâtre des Champs-Elysée, décembre 1863 (O. Legouix).

  • Le Lion de Saint-Marc, opéra-bouffe en 1 acte, paroles de Charles Nuitter et Alexandre Beaumont, Théâtre Saint-Germain, 24 novembre 1864 (O. Legouix).

  • Ma Fille, opérette en 1 acte, Delassements-Comiques, 20 mars 1866.

  • Malborough s'en va-t-en guerre, opéra-bouffe en 4 actes, écrit en société avec Georges Bizet, Léo Delibes et Emile Jonas (l'acte 3 est de Legouix), paroles de Paul Siraudin et William Busnach, Théâtre de l'Athénée, 15 décembre 1867.

  • Le Vengeur, opéra-bouffe en 1 acte, paroles de Charles Nuitter etAlexandre Beaumont, Théâtre de l'Athénée, 20 novembre 1868 (O. Legouix).

  • Deux portières pour un cordon, pochade musicale en 1 acte, écrit en société avec Florimond Hervé, Charles Lecocq et G. Maurice, sous le pseudonyme unique d'Alcindor, paroles de MM. Lefebvre et Lucian, Palais-Royal, 19 mars 1869 (L. Bathlot, puis Dentu, 1897)

  • L'Ours et l'amateur de jardins, bouffonnerie en 1 acte, paroles de William Busnach et Auguste Maquet, Bouffes-Parisiens, 1er septembre 1869 (O. Legouix).

  • Les Dernières Grisettes, opéra-bouffe en 3 actes, Théâtre des Fantaisises-Parisiennes à Bruxelles, 12 décembre 1874.

  • Le Mariage d'une étoile, opérette en 1 acte, paroles d'Eugène Grangé et Victor Bernard, Bouffes-Parisiens, 1er avril 1876 (O. Legouix).

  • Madame Clare, somnambule, "folie" en 1 acte avec airs nouveaux, Palais-Royal, mars 1877.

  • La Tartane, opérette.

  • Quinolette, opérette en 1 acte, paroles de Mac-Nab, publié dans la revue Le Magasin des Demoiselles.

  • La Clef d'argent, opéra-comique 1 acte, paroles d'Alexandre Beaumont, publié dans la revue Le Magasin des Demoiselles.

  • Après la noce, opérette en 1 acte (G. Legouix).

  • La Fée aux genêts, opéra, paroles d'Eugène Adenis (Hennuyer, c. 1909).

  • Une nouvelle Cendrillon, opérette en 1 acte, paroles d'Eugène Adenis (Hennuyer).

L'Univers musical, 24 décembre 1863
L'Univers musical, 24 décembre 1863

La presse musicale de l'époque reçut différemment les représentations des oeuvres d'Isidore Legouix. C'est ainsi que pour Un Othello "L'Univers musical" du 24 décembre 1863 le présente comme "un jeune compositeur plein de talent et d'esprit" et que la "France musicale" du 3 septembre 1869, pour L'Ours et l'amateur de jardins, écrit que "la petite partition de M. Legouix est charmante et vive". Mais ce même journal rapportait quelques mois auparavant (11 avril 1869) que les Deux portières pour un cordon est "une pièce, qui n'est, faut bien le dire, qu'un prétexte à l'exhibition de trois excellents comiques de ce théâtre, c'est qu'on y voit deux portières qui se disputent un cordon, et un fabricant de robinets, qui est le mari de l'une d'elles."

On doit également à Isidore Legouix quelques pages pour piano (Idylle, La Japonaise, Schzerzo...), des mélodies (Les Braconniers, La Petite curieuse, Les pauvres amoureux...) publiées par son père (O. Legouix) ou par l'éditeur parisien Hennuyer, ainsi qu'un opéra-comique en 1 acte, en anglais (adaptation de H.B. Farnie), intitulé The Crimson scraf (l'Echarpe cramoisie), joué à Londres dans les années 1870 et publié chez J.B. Cramer and Co et chez Metzler. Par la suite, cette oeuvre a fait l'objet d'une transcription pour piano par le compositeur américain Théodore Moëlling (New-York, W.F. Shaw, 1878).

Marié en 1900 à Boulogne-sur-Seine avec Aurélie Grégoire, Isidore Legouix s'est éteint le 15 septembre 1916 dans cette ville où il s'était installé depuis plusieurs années, trois semaines après la mort de son frère cadet Gustave.

Denis Havard de la Montagne
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1) Il est utile de souligner que le patronyme Legouix, peu courant, se rencontre principalement dans la Basse-Normandie, or, l'on sait l'histoire curieuse des éditeurs, libraires et marchands d'estampes originaires du Cotentin qui se fixèrent à Paris durant la première moitié du XIXe siècle. La Maison Garnier Frères, fondée en 1833 par deux frères, Auguste et Hippolyte Garnier originaires de la Manche, en est un exemple connu. Mais, à cette heure, nous ignorons encore si Onésime Legouix était lui aussi originaire de cette région. [ Retour ]


1861

Théodore DUBOIS
Théodore Dubois, détail d'une héliogravutre P. Le Rat, Paris.
Théodore DUBOIS
héliogravure de P. Le Rat, Paris
( collection D.H.M. )

(page spécifique)

Théodore SALOMÉ (1834-1896)

Théodore Salomé, 1834-1896.
( photo X..., fin XIX° siècle )
Très en vogue durant la seconde moitié du dix-neuvième siècle avec ses compositions parfois souvent qualifiées d’exquises, Théodore Salomé est totalement retombé dans l’oubli de nos jours ! Ces pièces pour piano, aux noms charmants et si évocateurs, figuraient au " Panthéon des pianistes " publié par l’éditeur parisien Henry Lemoine au début du XXème siècle : Aubade op. 38, Berceuse, op. 36, Le Bocage, op. 51, Danse mauresque, op. 34, Fleur d’Aragon, op. 35, Rose de mai, op. 33, Tante Aurore, op. 32, Vieille Chanson, op. 31... Quelques fragments symphoniques de sa composition furent également exécutés par la Société Nationale de Musique en 1877 et avaient soulevé l’intérêt des spécialistes qui trouvèrent là d’excellentes choses annonçant un brillant avenir à son auteur. Mais Théodore Salomé, bien que visiblement doué pour la composition préféra cependant se consacrer entièrement à ses activités d’organiste et de maître de chapelle plutôt que d’exploiter sa veine créatrice.

L'église de la Sainte-Trinité, à Paris
( gravure de E. Therond, vers 1880 )

Né à Paris 5e ancien le 20 janvier 1834, fils d'Henri Salomé, corroyeur et de Jacqueline Bouvarel, Théodore-César Salomé reçut sans doute ses premières leçons de musique de la part de son père, qui, en plus de ses activités professionnelles, tenait l'orgue de l'église Notre-Dame de Louviers (Eure) où il s'était installé au début des années 1840. Il fit ensuite toutes ses études musicales au Conservatoire de Paris, sous la direction de François Bazin, pour l’harmonie et l’accompagnement, d’Ambroise Thomas, pour la fugue et la composition, et de François Benoist, pour l’orgue. Il décrocha là plusieurs récompenses honorables : un deuxième accessit d’harmonie en 1855, l’année suivante un deuxième accessit d’orgue, puis en 1857 un deuxième prix d’harmonie et d’orgue, ainsi qu’un troisième puis un second prix d’harmonie en 1858 et 1859. Son cursus musical fut couronné par un premier Second Grand Prix de Rome en 1861, la même année où étaient également récompensés Théodore Dubois, Eugène Anthiome et Charles Constantin.

En 1863, l’architecte Théodore Ballu, qui avait déjà élevé l’église Sainte-Clotilde et reconstruira l’Hôtel de Ville de Paris dix ans plus tard, débuta l’édification de l’église de la Sainte-Trinité sur la place d’Estienne-d’Orves, toute nouvellement ouverte et située dans le neuvième arrondissement parisien. Bénie en novembre 1867, elle ne sera consacrée qu’en 1913, la veille de la première guerre mondiale ! Cavaillé-Coll installa dans cette nouvelle église un grand orgue de 46 jeux répartis sur 3 claviers et un pédalier, qui fut inauguré le 16 mars 1869 par Saint-Saëns, Franck et Widor. A la même époque ce facteur construisait également un orgue de chœur de 12 jeux (2 claviers et pédalier). Théodore Salomé, qui occupait déjà le poste d’organiste accompagnateur depuis quelques années sur un orgue provisoire, en fut le premier titulaire. Après une trentaine d’années d’exercice dans cette église, il se retira en 1895, laissant les claviers à Claude Terrasse plus connu d’ailleurs pour ses opérettes (Monsieur de la Palisse, Le Mariage de Télémaque, Cartouche...) que pour ses activités d’organiste liturgique !

Remplaçant parfois au grand orgue Alexandre Guilmant lorsque celui-ci partait effectuer ses célèbres tournées aux Etats-Unis, Théodore Salomé accompagna toujours les offices religieux avec beaucoup de talent et de savoir-faire. Ses compositions religieuses étaient parfois chantées par la maîtrise de la Sainte-Trinité, composée alors d’une vingtaine d’enfants et d’une dizaine de chanteurs professionnels, sous l’habile direction de leur maître de chapelle Emile Bouichère. La Trinité, bien qu’assez austère, faisait partie à cette époque des plus importantes églises de Paris. C’est là d’ailleurs que furent célébrées, le 5 juin 1875, les obsèques de Bizet en présence de 4000 assistants.

Parallèlement à ses activités d’organiste, notre Prix de Rome fut également quelque temps répétiteur de solfège au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, professeur de musique au Collège Rollin1, ainsi que maître de chapelle au Lycée Saint-Louis2.

Théodore Salomé a laissé des pages pour son instrument très appréciées, parmi lesquelles on relève un recueil de Dix pièces pour orgue en deux volumes et un autre de Douze pièces pour orgue, publiés chez Leduc. Le volume 3 des Maîtres parisiens de l’orgue au XX° siècle (1936) contient également Deux Canons, op.21, numéros 1 et 3 de cet auteur. Il s’est éteint à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) le 19 juillet 1896, laissant une veuve, Céleste Condrot (épousée le 24 septembre 1867 à Verneuil-sur-Seine) et un fils : René Salomé, né en 1870, licencié ès-lettres, domicilié à Saint-Germain-en-Laye en 1896.

Denis HAVARD DE LA MONTAGNE

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1) Le Collège Rollin, fondé en 1822 rue Lhommond, fut transféré en 1878 dans des bâtiments neufs au numéro 12 de l'avenue Trudaine (IX°) et fut rebaptisé à cette occasion Lycée Jacques-Decourt. La musique tenait une place importante dans cet établissement. On y trouve notamment un orgue de 20 jeux construit en 1893 par le facteur Suret qui sera entièrement restauré au cours des années 1970. [ Retour ]

2)Le Lycée Saint-Louis, construit en 1814 sur l'emplacement de l'ancien Collège d'Harcourt, qui, rappelons-le avait été fondé en 1280 par Robert d'Harcourt avant d'être démoli en 1795, est situé 42 boulevard Saint-Michel, dans le sixième arrondissement parisien. Charles Gounod a été l'un de ses élèves. Plusieurs musiciens de renom ont précédé Théodore Salomé dans ses fonctions de maître de chapelle : Hippolyte Monpou, Félix Danjou et Julien Martin [ Retour ]


Salomé : 12 pièces nouvelles pour orgue
Salomé : 12 pièces nouvelles pour orgue - Berceuse
Théodore Salomé, Audio lecteur Windows Media Berceuse pour orgue, extrait de Douze Pièces nouvelles pour orgue ou piano-pédalier, op. 59, Paris, Alphonse Leduc, 1894, page de couverture et premières mesures
( Coll. Max Méreaux. Fichier audio par Max Méreaux ) DR

Eugène ANTHIOME (1836-1916)

Eugène Anthiome vers 1870
( photo Pierre Petit )

Premier professeur de piano au Conservatoire de Paris de Maurice Ravel lorsque celui-ci entra à l’âge de 14 ans en 1889 dans sa classe préparatoire, Eugène Anthiome a principalement écrit des opérettes et des pages légères pour piano, parmi lesquelles deux Préludes pour piano, en ut majeur et la majeur, dédicacé le premier " A mon ami Ph. Bellenot " et le second " A ma fille Jane Barret de Beaupré " (Paris, E. Fromont, 1911). Même s’il n’a été qu’un simple maillon dans la culture pianistique du père du trop célèbre Boléro, ce compositeur méconnu peut se targuer d’avoir participé indirectement au renouveau de la technique du piano que Ravel imposa en 1902 avec ses Jeux d’eau : retour à la virtuosité et ingéniosité des combinaisons.

Breton de naissance et de cœur, puisqu’il s’inspira souvent de sa Bretagne natale dans ses compositions, Eugène-Jean-Baptiste Anthiome est né le 19 août 1836 à Lorient (Morbihan) où ses parents, artistes lyriques, obtenaient quelque succès. Entré au Conservatoire de Paris dans la classe d’harmonie d’Elwart, il obtenait un second accessit en 1856 avant de rejoindre la classe d’orgue de Benoist et celle de fugue et de composition de Carafa. En 1861 il se présentait au Concours de Rome avec la cantate Atala qui lui valait un deuxième Second Grand Prix et deux années plus tard il était nommé professeur accompagnateur de déclamation lyrique et répétiteur d’étude du clavier au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, avant d’être titularisé professeur de piano quelques années plus tard. Il effectuera une grande partie de sa carrière dans cet établissement qu’il ne quittera qu’en 1901.

Anthiome : Chant d'Avril
Fragment partition de la mélodie Chant d'avril d'Eugène Anthiome, sur une poésie d'Armand Lafrique, publiée dans le supplément de L'Illustration, 11 avril 1903
( Coll. D.H.M. )

L’œuvre d’Anthiome n’a pas fait date dans l’Histoire de la musique, mais néanmoins son catalogue ne manque pas d’un certain intérêt, ne serait-ce que par la diversité des sujets abordés. En voici les principaux ouvrages :

Mélodies : Berceuse, paroles de E. Tourneur (1868), Chanson de Nemorin, paroles de Florian (1873), Chansons d’Estelle, paroles de Florian (1873), A un ange, poésie d’Alphonse Boeul (E. Fromont, 1893), Six mélodies bretonnes : Vos binious les gas, Les gas d’Islande, Dors mon gas ; Hardi les gas, Fileuse, Carillon, poèmes de Paul Barret (E. Fromont, 1900)...

Musique de chambre : Grand trio en mi bémol pour piano, violon et violoncelle (Benoit, 1873), Air de ballet pour violon et piano (C. Alard, 1877), Fantaisie romantique pour violon et piano (A. Michel, 1889), Menuet favori de Mme de Maintenon, pièce de clavecin reconstituée par E. Anthiome (Crevel, 1896), Fugue en sol majeur pour piano (E. Fromont, 1899), Six pièces pour clavecin (E. Fromont, 1901-1905), Allemande, pièce pour clavecin (E. Fromont, 1904)...

Musique de théâtre : Semer pour récolter, opéra-comique en un acte, paroles de A. di Pietro et C. Demeuse, représenté aux Fantaises-Parisiennes le 6 mai 1866 (H.L. d’Aubel, 1866), Le dernier des Chippeways, opérette en un acte représentée le 3 février 1876 aux Folies-Bergères, Don Juan marié, la leçon d’amour, opérette en un acte (Escoffier, 1878), Le roman d’un jour, opéra-comique en 3 actes représenté en 1884 à l’Opéra-Populaire de la rue de Malte (Masson Laffrique, 1884), Un orage espagnol, opérette en un acte (1887)...

Musique symphonique : Sommeil et triomphe de Bacchus, scène mythologique pour orchestre (Bathlot-Joubert, 1893), Concerto en ut mineur, pour piano et orchestre (E. Fromont, 1898)...

On doit également à Eugène Anthiome, décédé le 24 juillet 1916 à Versailles, un ouvrage pédagogique intitulé L’Art du piano, méthode pour les commençants (Paris, Lissarague, 1880).

Bon nombre de ses compositions sont restées à l’état de manuscrits, parmi lesquelles on remarque de nombreuses mélodies et chansons, une Grande marche funèbre pour orchestre, écrite à la mémoire de Meyerbeer (1864-66), un oratorio La naissance du Christ, avec accompagnement de flûte, violon, violoncelle, orgue et piano, une cantate Les noces de Prométhée écrite pour l’Exposition de 1867, et une Cantate sacrée tirée des Ecritures Saintes pour orgue (1895).

Denis HAVARD DE LA MONTAGNE

Catalogue, par Anthare de Schuyter.

1862

Louis BOURGAULT-DUCOUDRAY (1840-1910)

Louis Bourgault-Ducoudray (1840-1910),
Grand Prix de Rome 1862,
professeur d'histoire de la musique
au Conservatoire de Paris
( photo Touranchet )
Louis Bourgault-Ducoudray
vers 1862)
( photo Ruck, Musica )


Audio lecteur Windows Media Louis Bourgault-Ducoudray, Contemplation sidérale pour piano, 5ème pièce du recueil Esquisses d’après nature publié à Paris en 1905 par Emile Leduc. Nouvelle édition avec signature autographe du compositeur in Musica, supplément au n° 52 de janvier 1907, avec en commentaire “Morceau de moyenne difficulté d’interprétation, d’un sentiment très élevé.” (coll. et numérisation Max Méreaux). Fichier audio par Max Méreaux (DR.)

Voyage à Paris en 1866

 

Page de couverture de la Théorie de la musique, par Danhauser, édition revue et corrigée par H. Rabaud. Paris, éditions H. Lemoine, 1929
( coll. B.H.M. )
Adolphe DANHAUSER (1835-1896)

Adolphe Danhauser. Photo Berger, Paris, ca 1890.
( BNF Richelieu )
Né le 26 février 1835 à Paris et décédé le 9 juin 1896, Adolphe-Léopold Danhauser est encore très connu des jeunes musiciens en herbe de part sa Théorie de la musique, éditée chez Lemoine en 1872 et sans cesse rééditée depuis ce jour. Elève d’harmonie de Bazin et de fugue et composition d’Halévy et de Reber au CNSM, Danhauser obtint un premier Second Grand Prix de Rome en 1863. Il se livra ensuite fort jeune à l’enseignement et après avoir été répétiteur d’une classe de solfège au CNSM en devint rapidement titulaire (classe des élèves chanteurs). En août 1875, il fut également nommé inspecteur de l’enseignement du chant dans les écoles de la ville de Paris. On lui doit la musique du drame musical en un acte avec chœurs Le Proscrit, représenté le 31 décembre 1866 à Auteuil par les élèves de l’Institution Notre-Dame des Arts, un opéra en trois actes : Maures et Castillans, ainsi qu’un recueil de 12 chœurs à trois voix égales intitulé Soirées orphéoniques. Si sa Théorie de la musique connut un grand succès et fut éditée dans plusieurs pays (Italie, Espagne, Portugal), il en est de même pour son autre ouvrage pédagogique : Questionnaire... Appendice, paru en 1879. Ces deux ouvrages sont toujours disponibles de nos jours chez l’éditeur Lemoine  (17, rue Pigalle, 75009 Paris) !

Denis HAVARD DE LA MONTAGNE
(notice provisoire)



1863

Page de garde de la mélodie Pensée d'Automne écrite par Massenet sur une poésie d'Armand Silvestre. Cette pièce pour chant et piano est dédicacée à la soprano américaine Sibyl Sanderson (1865-1903) pour laquelle l'auteur écrivit Esclarmonde (1889) et Thaïs (1894). Paris, Au Ménestrel, éditions Heugel et Cie
( coll. DHM )
Jules MASSENET (1842-1912)

Jules Massenet (1842-1912), Grand Prix de Rome 1863,
professeur de composition au Conservatoire de Paris,
compositeur de musique théâtrale, membre de l'Institut,
photographié en 1910 devant sa propriété à Egreville
( photo Ruck )

Né le 12 mai 1842 à Montaud (Loire), décédé le 13 août 1912 à Paris, Jules Massenet, initié à la musique par sa mère, a effectué ses études musicales au Conservatoire de Paris, où il est entré en 1853. Élève d'Adolphe Laurent (piano), de Bazin et de Savard (contrepoint), de Benoist (orgue), de Reber et d' Ambroise Thomas (composition), il obtient le 1er Grand Prix de Rome en 1863 avec la cantate David Rizzio... Bien qu'on lui doit des pages instrumentales et vocales, parmi lesquelles des mélodies, des oratorios et de la musique religieuse, c'est le théâtre qui l'attira plus particulièrement. Parmi ses nombreux opéras, citons plus particulièrement Manon (Opéra-Comique,1884), Werther (Vienne, 1892), Thaïs (Opéra,1894) et Le Jongleur de Notre-Dame (Monte-Carlo,1902). Considéré comme l'héritier de Gounod, son style puissant lui a permis de réussir pleinement, en raison d'un sens inné du théâtre et de ses solides connaissances musicales. Successeur de Bazin à l'Institut (1878), il professe la composition au Conservatoire de Paris et compte parmi ses élèves bon nombre de musiciens de grande valeur : Gustave Charpentier, Alfred Bruneau, Charles Koechlin, Florent Schmitt, Henri Rabaud, Paul Vidal, Gabriel Pierné, Max d'Ollone, Georges Enesco, Ernest Chausson, Guy Ropartz...

D.H.M.
Articles sur une page spécifique: Massenet
Autre article: Massenet et l'Opéra de Monte-Carlo


Méditation de Thais, de Massenet, page couverture
Méditation de Thais, détail de la page de couverture
Première page de la Méditation de Thaïs (Massenet)
Page de couverture, détail de la couverture et premières mesures de la Méditation extraite de la comédie lyrique en 3 actes Thaïs, composée en 1892 et créée à l'Opéra de Paris le 16 mars 1894, sur des paroles de Louis Gallet d'après Anatole France
( transcription pour piano seul, Au Ménestrel/Heugel, 1922, coll. DHM )


 

Pour WINDOWS XP et Lecteur Windows Media La Méditation, Marie-Pascale Gobeil (violon) et Céline Boisvert (piano),
30 mars 2006, Conservatoire de musique de Saguenay, Québec (Canada)

Vidéo (pour Windows et Lecteur Windows Media): Michel Baron
Problème de vidéo? Il vous faut probablement accepter l'exécution d'un contrôle Active-X (voir en haut de la fenêtre). Sinon: Cliquez ici!

La Bibliothèque nationale du Québec propose en ligne seize enregistrements anciens de pièces vocales de Massenet : http://www4.bnquebec.ca/musique_78trs/mc254.htm



Charles CONSTANTIN (1835 – 1891)

Chef d’orchestre, violoniste, compositeur, Charles Constantin fut un rival de Massenet au Concours de Rome. Tous deux, élèves de composition d’Ambroise Thomas, décrochèrent la même année (1863) un prix à cette prestigieuse institution : Massenet le 1er Grand Prix, Constantin le 2e Grand Prix, après une mention honorable obtenues les années précédentes (Massenet en 1862 et Constantin en 1861). Par la suite, ils firent carrière dans le théâtre, le premier comme compositeur, le second comme chef d’orchestre et directeur, mais autant Massenet est à l’honneur de nos jours, autant Constantin est ignoré de tous.

Bien que né à Marseille le 7 janvier 1835, au domicile de ses parents situé 14 rue Thiars, Titus Charles Constantin est issu d’une famille savoyarde. C’est son père Jean, exerçant la profession de chapelier, qui s’était installé dans la capitale phocéenne quelques années avant son mariage célébré le 14 août 1830 avec une marseillaise, Marie Bourrely, fille d’un marchand de vin. Jean Constantin, né à Lyon le 21 avril 1797, était fils d’André Constantin, également chapelier de son état, originaire de Bonneville en Savoie… Ne pratiquant pas la musique les parents Constantin l'apprécient néanmoins et font effectuer à leur jeune fils ses premières études musicales avec l’apprentissage du violon. Monté à Paris par la suite, il entre au Conservatoire de musique et de déclamation et en juin 1858 est admis dans la classe de composition d’Ambroise Thomas, où il est rejoint en novembre 1860 par Massenet. Au bout de quelques années, il se présente en 1861 au Concours de l’Institut avec la cantate Atala (paroles de Victor Roussy) et remporte la mention honorable. L’année suivante, il se représente, mais échoue dès la première épreuve de fugue. De nouveau candidat en 1863, sa cantate David Rizzio (paroles de Gustave Chouquet), exécutée à l’Institut le 29 juin par Mlle Baretti (soprano), MM. Léon Duprez (ténor) et Petit (baryton) lui vaut cette fois le second Grand Prix. Dès lors commence pour lui une carrière de chef orchestre et de directeur de théâtre. Le peintre et directeur de la Société nationale des Beaux-Arts Louis Martinet l’engage comme chef d’orchestre dans sa nouvelle salle de spectacles le Théâtre des Fantaisies-Parisiennes, situé 26 boulevard des Italiens à Paris et inauguré le 2 décembre 1865. Arthur Pougin, continuateur de la Biographie universelle des musiciens de Fétis, nous livre quelques détails intéressants quant à la place éminente que Constantin tint dans ce théâtre :

"… c'est à son influence, à son action intelligente, à ses goûts réellement artistiques, qu'on dut de ne pas voir verser ce théâtre dans l'ornière de l'opérette prétendue bouffe, alors si fort à la mode, et qu'on le vit au contraire s'engager résolument dans la voie du véritable opéra-comique, accueillant à bras ouverts les jeunes compositeurs, mettant au jour d'intéressantes traductions d'opéras étrangers, tels que Voie du Caire, de Mozart, la Croisade des Dames, de Schubert, il Campanello, de Donizetti, Sylvana, de Weber, et enfin reprenant d'adorables chefs-d'œuvre du vieux répertoire français, dont l'Opéra Comique semblait ne plus se soucier : les Rosières, le Muletier, d'Hérold ; le Déserteur, de Monsigny ; le Sorcier, de Philidor ; le Nouveau Seigneur du village, le Calife de Bagdad, la Fête du village voisin, de Boieldieu, etc., etc. Avec un orchestre incomplet, des chœurs insuffisants, un personnel de chanteurs très secondaires, mais auxquels il savait communiquer sa flamme et son ardeur, M. Constantin, qui ne ménageait ni son temps ni sa peine, obtenait des résultats surprenants au point de vue de l'exécution, et attirait l'attention générale sur ce petit théâtre, dont il était en réalité le moteur et le soutien."

Devenu "quatrième théâtre lyrique", le Théâtre des Fansaisies-Parisiennes emporte un vif succès, mais sa salle de 400 places est à présent trop exiguë et l’oblige à déménager tant la foule des parisiens qui s’y rue à chaque représentation est importante. C’est ainsi que Martinet s'installe dans la salle de l’Athénée (17 rue Scribe), récemment libérée, afin d'y poursuivre ses activités sous la nouvelle appellation de Théâtre lyrique de l’Athénée (avril 1869). La guerre de 1870 interrompt ses triomphes encourageants, en grande partie dus à la direction artistique de Charles Constantin qui a su élargir son répertoire avec de "véritables grands opéras, sérieux ou bouffes, tels que les Brigands, de Verdi, les Masques (Tutti in maschera), de M. Pedrotti, le Docteur Crispin, des frères Ricci."

Coupure de presse (Casino de la rue Cadet)
1871 : bref compte-rendu des concerts du Casino de la rue Cadet à Paris
L'Europe Artiste, 3 décembre 1871 ) D.R.

Une fois les hostilités terminées, Constantin est engagé par Daudé au Casino de la rue Cadet (n° 18), dès sa réouverture le 20 septembre 1871, comme directeur musical ; les bals étant alors dirigés par Olivier Métra. Dans cette grande salle de bals et de concerts, fondée en 1859 par Pelagot, il doit assurer la direction de 3 grands concerts par semaine (mardi, jeudi, samedi) au cours desquels on peut entre "de grandes œuvres de toutes les écoles, exécutées par un orchestre hors ligne", à l’instar des Concerts Pasdeloup. Renouvelant totalement le répertoire, il donne l’occasion au nombreux public présent d’entendre des chefs d’œuvre anciens et modernes de toute nature : oratorio, symphonies, marches, ouvertures, sonates…Bien que son passage au Casino-Cadet soit de courte durée, sa direction est soulignée dès le début par la presse ; un journaliste de L’Europe Artiste écrit en effet dans le tirage du 29 octobre 1871 : "Nous avons entendu un orchestre qui ne le cède à aucun autre sous le rapport de l’ensemble et de la délicatesse des nuances. Les solistes sont de premier ordre", ajoutant que M. Constantin "est un musicien d’infiniment de sentiment.", et dans celui du 5 novembre suivant : "le Casino, si brillant pendant nombre d'années, s'est vu tout à coup délaissé, grâce à une administration transitoire dont les fautes échappent a notre indulgence. Aujourd'hui, M. Daudé, l'ancien administrateur, a repris courageusement le gouvernail en main. Il a su grouper autour de lui des artistes d'un mérite incontestable et incontesté, sous la direction du jeune et éminent Charles Constantin. Aussi le Casino n'a pas tardé a reprendre ses anciennes splendeurs, tout en devenant l'un des premiers orchestres de Paris où figurent les célébrités du jour. Chaque samedi, les œuvres de nos grands compositeurs y sont interprétées d'une façon magistrale. La partie vocale est confiée à de célèbres chanteurs, parmi lesquels j'ai cru reconnaître une partie du personnel de l'Opéra. Avec de tels éléments, le succès n'est pas douteux. Déjà les dilettantes ont repris avec empressement le chemin du Casino..."

Après un nouvel engagement de quelques mois à l’Athénée (1872-1873) jusqu’à sa fermeture arrivée en décembre 1873 (réouvert en juin 1874, sous la direction de Noël Martin, mais ne sont alors joués exclusivement que le drame intime, la comédie et le vaudeville), Constantin est appelé par Hippolyte Hostein pour diriger l’orchestre dans son nouveau Théâtre de la Renaissance, qu’il vient de construire 20 boulevard Saint-Martin. Inauguré le 8 mars 1873 (salle de 750 places), on peut alors y entendre des comédies, des drames, des vaudevilles, ainsi que des opérettes et des opéras-comiques. Parmi eux citons La Famille Trouillat, opérette bouffe de MM. Crémieux et Blum avec une musique de Léon Vasseur qui est "vive, fraîche, accorte" et comporte "des mélodies charmantes", ainsi que "des chœurs fort réussis" [L’Europe Artiste, 20 septembre 1874] et Giroflé-Girofla, opéra bouffe en trois actes, paroles de MM. Vanloo et Leterrier, musique de Charles Lecocq (11 novembre 1874). Trois années plus tard, en janvier 1876, il succède à Adolphe Deloffre, récemment décédé, à la tête de l’orchestre de l’Opéra-Comique, mais l’expérience est écourtée par l’arrivée d’un nouveau directeur, Léon Carvalho : celui-ci ne renouvelle pas son contrat et nomme à son poste Charles Lamoureux (septembre 1876) ! Parallèlement à ses activités de direction au Théâtre de la Renaissance, Constantin effectue également une saison au Théâtre Italien de la Salle Ventadour à sa réouverture le 8 octobre 1874.

Charles Constantin nommé à l'Ordre du Christ du Portugal
1878 : annonce de la nomination de chevalier de l'Ordre du Christ par le roi du Portugal
L'Europe Artiste, 21 juillet 1878 ) D.R.

Mais, de santé fragile, Charles Constantin quitte Paris, continuant cependant de diriger des orchestres. On le trouve en effet quelque temps au Théâtre du Capitole de Toulouse, puis "premier chef d’orchestre" au Théâtre royal San Carlos de Lisbonne. Le journal L’Europe Artiste du 5 mai 1878 apporte des détails sur le répertoire en vogue à cette époque dans la capitale portugaise  : "Lisbonne. Les représentations de la troupe française d’opéra comique marchent à souhait. Elles ont commencé par le Songe d’une nuit d’été d’Ambroise Thomas, où le ténor Dereims et sa femme, Mme Devriès-Dereims, ont été fort applaudis. Zampa, avec Lhérie et Mengal, le Domino noir, le Pré aux clercs, Mignon, Si j’étais roi, Fra Diavolo, ont été donnés ensuite. Le public, plus habitué à l’opéra italien qu’à ce genre aimable et élégant, s’y est fait pourtant sans peine ; l’aristocratie et la cour donnent l’exemple de l’assiduité. L’orchestre, sous la direction de M. Charles Constantin, marche fort bien…" Celui-ci, qui "reçoit des ovations sans nombre" de la part du public portugais, après "une brillante saison musicale au Don Carlos" est nommé en juillet 1878 chevalier de l’Ordre du Christ par le roi Louis 1er. Cette même année, de retour en France "l’habile maestro" est engagé par le Casino de Royan comme directeur artistique et chef d’orchestre. Là, "M. Constantin, qui est non seulement un grand artiste, mais encore un excellent organisateur, nous donne des opéras comiques, montés et chantés avec un goût digne d’éloges." On peut en effet y entendre de brillants concerts, mais encore assister à des représentations théâtrales très prisées, notamment les Trois Parques (Vilhem), les Dragons de Villars, la Traviata, le Maître de Chapelle, Galathée… Il s’y produira durant chaque saison estivale jusqu’à son décès arrivé 13 ans plus tard. A cette même époque, il s’installe à Pau et est engagé comme chef d’orchestre du Théâtre, poste qu’il occupera également jusqu’à sa disparition. C’est le 26 novembre 1878 qu’il donne son premier concert dans cette ville

Officier de l’Instruction publique, Charles Constantin est mort à Pau le 27 octobre 1891, en son domicile de la "Maison Pellanne", 7 place Gassion. "Chef de l’orchestre municipal", alors âgé de 56 ans, il était veuf de Blanche Victoire Legendarme. C’est l’organiste Pierre Lespine (né vers 1829), domicilié à Pau, qui effectue la déclaration de décès le même jour, en compagnie d’Antonin Four, secrétaire de la Mairie de Salies-de-Béarn.

Signature de Charles Constantin
Signature autographe de Jean Constantin (né en 1797 à Lyon) apposée sur l'acte de naissance de son fils Titus Charles en 1835 à Marseille
( D.R. )

Bien que très pris par ses activités de direction d’orchestres, avec lesquelles il s’ingéniait scrupuleusement à offrir un répertoire varié et d’une valeur réelle, tout en ne négligeant nullement la qualité des interprétations, Charles Constantin ne délaissa jamais la composition. Si ses oeuvres n'ont pas résisté au temps, on lui connaît cependant un ballet en 2 actes, Bak-Bek, représenté au Grand Théâtre de Lyon en janvier 1867, une cantate, Salut, donnée au Théâtre de l’Athénée à Paris, le 15 août 1867, un opéra-comique en 1 acte, Dans la forêt, joué dans ce même théâtre le 2 juin 1872 et plus tard à Pau (Paris, E. & A. Girod), une Ouverture Villageoise et une Scène de pantomime exécutées également à Pau, ainsi que plusieurs autres pages orchestrales écrites pour les divers orchestres qu’il fut amené à diriger au fil de sa carrière, parmi lesquelles des Fantaisies sur la Folie à Rome, sur le Ballo in maschera, sur les Brigands, sur Giselle, sur Faust, sur Mignon…données par l’auteur au Casino-Cadet en 1871, et Rolla (janvier 1872). On lui doit aussi des arrangements pour chant et piano de l’opéra-comique La Jolie parfumeuse et de l’opérette Pomme d’Api d’Offenbach (Choudens), et de l’opéra bouffe Une Folie à Rome de Frederico Ricci (Escudier). Cet opéra avait d’ailleurs été donné sous sa direction, en 1ère audition en France, le 30 janvier 1869 aux Fantaisies-Parisiennes et lui avait valu les éloges de la presse [La France musicale, 7 février 1869].

Denis Havard de la Montagne


Gustave RUIZ (1840 - ca.1878)

Ce musicien nivernais est ignoré des biographes et autres musicologues. On perd sa trace en Italie à la fin des années 1870.

Fils de Ferdinand Ruiz, entrepreneur de travaux publics, spécialisé dans la construction de ponts (notamment ceux de Saint-Thibault-Saint-Satur sur la Loire et de La Celle-Bruère sur le Cher), préfet un temps de la Nièvre (juillet à décembre 1848) et candidat malchanceux aux élections législatives de 1848, Gustave-Raphaël Ruiz est né le 6 mars 1840 à Nevers. On ignore quel maître l’initia à l’origine à la musique. Quoi qu'il en soit, il gagna vers 1855 le Conservatoire de musique et de déclamation de Paris, où il devint notamment l’élève de fugue et de contrepoint de Leborne. En 1863, il se présentait au Concours de Rome et le 4 juillet le jury qui s’était réuni à l’Institut lui décernait une Mention honorable. C’est Massenet qui avait décroché le Grand Prix avec la cantate David Rizzio de Gustave Chouquet. Les exécutants de l’œuvre de Ruiz à l’Institut étaient Mlle de Taisy, de l’Opéra, qui se produisait la même année dans Le Comte d’Ory, ainsi que MM. Colomb et Caron.

A cette époque le Prix de Rome permettait souvent aux jeunes musiciens de débuter brillamment une carrière et surtout, leur faisait découvrir l’Italie aux frais du gouvernement, véritable foyer d’artistes propice à la création artistique. Gustave Ruiz tenta plusieurs fois d’obtenir l’ultime récompense, notamment en 1865 où il prit part au concours d’essai en planchant sur le Chœur des heures et des saisons, extrait du Phaéton de Quinault, mais toutes ses tentatives restèrent vaines. Il se rendit alors en Italie à ses propres frais, et parvint à faire jouer, en avril 1870 au Théâtre de la Fenice à Venise, un opéra de sa composition, en 3 actes et 23 scènes, intitulé Orio Soranzo, sur un livret de Giorgio Tommaso Cimino (Venezia, Tipografia del Commercio, impresa Scalaberni edit.), dirigé par Clemente Castagnari et Domenico Acerbo (chef de chœur), avec les soprani Emilia Leonardi (Bianca Mocenigo) et Erminia Spitzer (Zulema), les ténors Emilio Pancani (Orio Soranzo) et Carlo Fiorini (un Capitaine), le baryton Giuseppe Mendioroz (Masaleno) et la basse Paride Povoleri (Malipieri). Le succès ne fut hélas point au rendez-vous ! Peu après, il projetait d'écrire un autre opéra sur la Conjuration d'Amboise de Gustave Flaubert, mais sans doute ce projet fut-il abandonné. C'est du moins ce qu'il en ressort d'après une correspondance de Flaubert adressée à Philippe Leparfait, datée de 1872, dans laquelle il écrit "… Un protégé de la maréchale Canrobert, M. Gustave Ruiz, m'a demandé la permission de faire un opéra sur la Conjuration d'Amboise, mais je n'en entends plus parler…" 1

A la même époque il demandait au poète et folkloriste Achille Millien (1838-1927), l'un de ses anciens camarades de classe du Lycée de Nevers, de transcrire le drame de Victor Hugo : Marion Delorme, en un poème d'opéra en 4 actes, ce qu'il réalisait. Mais, là encore, nous ne savons si la partition fut finalement écrite.2 Plus tard, le même Achille Millien, souhaitant publier les chansons qu'il avait recueillies dans le Nivernais à partir de 1877, désirait faire appel à son camarade Ruiz pour la notation des mélodies, mais il dut renoncer "le pauvre Ruiz [ayant été] enlevé par la mort en pleine jeunesse" et faisait alors appel au violoniste Jean-Grégoire Pénavaire (1840-1906).

Quelques années plus tard, le 4 décembre 1877, un nouvel ouvrage dramatique, l'opéra seria en 4 actes Wallenstein, sur un livret d'Achille de Lauzières et Enrico Panzacchi d'après la trilogie de Schiller (Bologna, tip. Successori Monti, 1877), était donné au Théâtre communal de Bologne. Mais cette œuvre, chantée par Mme Musiani et MM. Clodio, Souvestre et Novarra, ne rencontra pas à nouveau le succès escompté!

On raconte que la comédienne Alice Ozy, rendue célèbre par les nombreuses liaisons qu'elle entretint avec, entre autres, le Duc d'Aumale, Victor Hugo et son fils Charles, Théophile Gautier, Gustave Doré…, eut certains liens avec Gustave Ruiz. En effet, durant quelques années elle s était plu à se faire appeler Mme Ruiz.3 De son vrai nom Julie-Justine Pilloy, née à Paris le 6 août 1820, décédée célibataire dans cette même ville, le 3 mars 1893, elle était la fille de Jean-Baptiste Pilloy, bijoutier, et de Caroline Ozi, et la petite-fille d'Etienne Ozi (1754-1813), bassoniste et professeur au Conservatoire de Paris.

Gustave Ruiz est probablement décédé peu après l'année 1877, peut-être en Italie où il semble s'être installé?

Denis Havard de la Montagne

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1) Correspondance de Gustave Flaubert, 6ème série, Paris, L. Conard éditeur, 1930, p. 362. [ Retour ]

2) A. Millien, J.-G. Pénavaire, G. Delarue, Chansons populaires du Nivernais et du Morvan, tome 7, Grenoble, Centre alpin et rhodanien d'ethnologie, Ed. Modal, 2002, p. 10. [ Retour ]

3) Catalogue de vente de la Bibliothèque de M. Georges Emmanuel Lang, Paris, 16 et 17 décembre 1925. [ Retour ]


1864

Victor SIEG (1837-1899)

Article nécrologique dans Le Ménestrel (Victor Sieg)
Article nécrologique d'Arthur Pougin, in Le Ménestrel, 16 avril 1899
( coll. D.H.M. ) DR

On sait que Camille Saint-Saëns ne put jamais obtenir une récompense au Concours de composition de l’Institut où il se présenta vainement en 1852 et 1864. Dès 1852, alors âgé de 16 ans, il était en effet monté en loge pour le Concours de Rome, mais il ne fut même pas nommé ! Douze ans plus tard, après avoir écrit notamment une 1ère Symphonie qui força l’admiration de Gounod et de Berlioz, et un admirable Oratorio de Noël, il se présentait à nouveau, mais ne fut pas plus heureux ! Berlioz lui révélera par la suite qu’une cabale avait été montée contre lui ! Cette année-là un seul prix fut décerné à un compositeur totalement inconnu : Victor Sieg.

Originaire d’Alsace, où il était né à Turckheim le 8 août 1837, Charles-Victor Sieg avait baigné dès sa plus tendre enfance dans la musique, puisque son père, Constant Sieg, pianiste et organiste, était également un compositeur de quelque renommée édité à Paris, chez Mackart. On doit en effet à celui-ci, non seulement des ouvrages pédagogiques : Gammes harmoniques ou gammes par accords, dans tous les tons majeurs et mineurs dans les différentes positions, pour piano ou orgue, op.41 (adopté par les Ecoles Normales), 1er Recueil de compositions faciles pour orgue ou harmonium op.51, mais également des pièces religieuses, avec notamment une Messe facile à deux voix, soli et chœurs, op.50, une Marche religieuse à Notre-Dame des Victoires pour piano ou orgue, op.65, une autre Marche solennelle à Sa Sainteté Pie IX également pour piano ou orgue, op.66 ; ainsi que des romances et autres morceaux faciles : Six Romancines pour enfants, Causeries musicales, op.52-61 (10 morceaux de piano), 15 Romances pour la jeunesse...

Après avoir reçu ses premières leçons musicales auprès de son père, Victor Sieg entra au Conservatoire de Paris, notamment dans les classes d’orgue de François Benoist et dans celle de composition d’Ambroise Thomas. Second prix d’harmonie et accompagnement en 1860, puis d’orgue en 1863, il se présenta au Concours de Rome l’année suivante et obtint le premier Grand Prix, bien qu’il eut été reçu le dernier sur cinq lors des épreuves préparatoires. Sa cantate couronnée, Ivanhoë, sur un texte de Victor Roussy, fut exécutée le 18 novembre 1864 à l’Opéra, notamment par le ténor Morère, qui créera quelques années plus tard, en 1867, le rôle-titre de Don Carlos de Verdi, et la soprano de Taisy, qui paraissait à l’époque dans des ouvrages de Rossini : Guillaume Tell, Le Comte Ory et Moïse.

L’année de son Prix de Rome, il fut nommé premier titulaire du grand orgue de la toute nouvelle église Notre-Dame de Clignancourt, construite par l’architecte Lequeux et inaugurée le 29 octobre 1863. Située place Sainte-Euphrasie, avant de devenir place Jules-Joffrin en 1895, dans le dix-huitième arrondissement parisien, cette église paroissiale était destinée aux habitants du quartier de Clignancourt qui jusqu’alors dépendaient de l’église Saint-Pierre de Montmartre. Gabriel Fauré, en 1870, à l’époque de son retour de Rennes, sera durant quelques mois (mars à août) organiste accompagnateur dans cette église de Clignancourt.

Egalement Inspecteur du chant des Ecoles publiques de Paris, il se livra à l’enseignement, mais ne composa guère. On connaît cependant de Victor Sieg quelques pages pour le piano : Compositions pour le piano, divisées en trois recueils : Trois Impromptus, Tarentelle et Caprice-Valse… Nommé officier d’Académie le 12 juillet 1888, Victor Sieg est décédé le 6 avril 1899 "loin de Paris" d'après Pougin, in Le Ménestrel, et le 10 avril 1899 à Paris, d'après d'autres sources.

Denis HAVARD DE LA MONTAGNE


1865

Charles Lenepveu
( photo Henri Manuel ) DR
Charles LENEPVEU (1840-1910)

Charles Lenepveu (1840-1910),
Grand Prix de Rome 1865,
professeur de composition au
Conservatoire de Paris,
élu en 1896 au fauteuil
d'Ambroise Thomas à
l'Académie des Beaux-Arts
( photo Fontaine ) DR



Article et fichier sonore sur cette page spécifique.


1866

Émile PESSARD (1843-1917)

Emile Pessard (1843-1917)
( photo Reutlinger )

Le 1er décembre 1853 à Paris, lorsqu’ouvraient pour la première fois les portes de l’Ecole de musique de Louis Niedermeyer, destinée principalement à rendre le caractère sacré qu’elle avait perdu au fil des décennies à la musique religieuse, avec notamment l’enseignement du plain-chant comme base, une douzaine d’élèves s’y précipitaient, parmi lesquels Emile Pessard. Celui-ci venait tout juste de fêter ses dix printemps. Clément Loret y enseignait à cette époque l’orgue, Louis Dietsch l’harmonie et Niedermeyer le solfège et la composition musicale. Né à Montmartre, le 29 mai 1853, Emile-Louis-Fortuné Pessard, fils d’Hector, employé aux douanes et flûtiste à ses heures, apprit très tôt le piano et la contrebasse. Dès l’âge de 12 ans il composait d’agréables œuvres, même si celles-ci étaient souvent écrites d’instinct ! Après avoir fréquenté quelque temps l’Ecole de Niedermeyer, il entra au Conservatoire de Paris, dans la classe d’harmonie et accompagnement de Bazin, où il obtint un Premier prix en 1862. Devenu ensuite élève de Carafa, dans sa classe de fugue et de composition il se présenta en 1865 au Concours de Rome. Bien qu’il fut reçu premier au concours préparatoire, il ne put obtenir aucune récompense cette année-là. Seul Charles Lenepveu fut couronné avec sa cantate Renaud dans les jardins d’Armide. L’année suivante, il eut plus de chance avec la cantate Dalila qui lui permit de décrocher le premier Grand Prix, seule récompense décernée pour la troisième année consécutive. Elle fut exécutée à l’Opéra le 21 février 1867. Après le traditionnel séjour à Rome de mars 1867 à décembre 1868, il s’installait à Paris et parvint à donner à l’Opéra-Comique (février 1870) un petit ouvrage en un acte, La Cruche cassée, qui remporta un certain succès. Il écrivait par la suite une douzaine d’œuvres théâtrale : Don Quichotte (Opéra, 1874), Le Char, opéra-comique en un acte avec la collaboration d’Alphonse Daudet (1878), Le Capitaine Fracasse, opéra dont le livret est tiré du fameux roman de Théophile Gautier, Tabarin (Opéra, 1885), Tartarin sur les Alpes (1888), Les Folies amoureuses (Opéra-Comique, 1891), Mam’zelle Carabin (Opéra-Comique, 1893), Une nuit de Noël (1893), L’Armée des vierges (1902), L’Epave (1903).


Premières mesures des mélodies d'Emile Pessard, Prière de l'Enfant à son réveil, poésie d'Alphonse de Lamartine,
et Les yeux, poésie de Sully-Prudhomme, parues dans la revue mensuelle La Musique pour tous, Paris, 52 Faubourg Saint-Martin, vers 1910.
( Coll. D.H.M. )

Assurément c’est Le Capitaine Fracasse, en 3 actes et 6 tableaux (Théâtre-Lyrique, 2 juillet 1878), qui fit le plus grand succès de ce compositeur. On pouvait en effet l’entendre à l’Opéra-Comique, au Théâtre-Lyrique, aux Folies-Dramatiques et à l’Opéra-Populaire alors installé au Châtelet. Egalement important compositeur de mélodies, dans lesquelles on reconnaît son écriture légère et parfaitement maîtrisée, on lui doit notamment dans ce domaine un recueil de chansons et mélodies vocales intitulé Joyeusetés de bonne compagnie, la mélodie avec chœur à 3 voix égales : Ne la réveillons pas, et de nombreux autres titres : J’ai dit mon cœur (poésie d’Alfred de Musset), Les yeux (poésie de Sully-Prudhomme), Pourquoi grandir ? (Octave Pradels), Prière de l’Enfant à son réveil (Lamartine), Elle devait m’aimer encore (Th. Maurer), Roses de Noël (Jules Tardieu), Oh ! quand je dors (Victor Hugo), Laissons le lit et le sommeil (Jean Passerat), Le spectre de la rose (Théophile Gautier), Assez dormir, ma belle (Alfred de Musset), Bonjour Suzon (id), Le lever (id.)1.... On raconte qu’un Jour Debussy, alors étudiant, copia de sa main la mélodie de Pessard Chanson d’un fou (Daudet). Quelques temps plus tard, elle était publiée par erreur sous sa propre signature !

Emile Pessard a aussi touché à la musique orchestrale, à la musique de chambre et instrumentale, ainsi d’ailleurs qu’à des pièces religieuses. Citons, parmi sa nombreuse production une Suite d’orchestre, des Pièces et Les Folies amoureuses pour grand orchestre, une Petite Messe solennelle en fa majeur, à 2 voix égales avec orgue ou harmonium, une Messe brève à une voix, un Ave Maria avec accompagnement d’orgue, violon et violoncelle, un quintette Aubade pour instrument à vent (flûte, hautbois, clarinette, cor, basson) écrit en 1882, un Trio pour piano et archets, des Pièces pour piano, une Valse tendre pour piano et flûte...

Si Emile Pessard a été un compositeur fécond, atteignant parfois la notoriété, c’est surtout comme pédagogue qu’il a donné le meilleur de lui-même. Inspecteur du chant dans les écoles communales de la ville de Paris, il fut ensuite nommé en 1881 professeur d’harmonie au Conservatoire supérieur de musique de Paris, où il eut notamment pour élèves Ravel, Gustave Charpentier et Jacques Ibert, tous trois futurs Grands Prix de Rome. Il était également Inspecteur général de l’enseignement musical dans les Maisons de la Légion d’honneur.

Chevalier de la Légion d’honneur en 1879, Emile Pessard est mort le 10 février 1917 à Paris.

Denis HAVARD DE LA MONTAGNE

Audio lecteur Windows Media Emile Pessard, La Tyrolienne, pour flûte avec accompagnement de piano, op. 75, dédiée “A Monsieur Paul Gennaro” (Paris, Leduc) - Fichier audio par Max Méreaux (DR.)
____________

1) Quelques enregistrements anciens (1918-1931) de mélodies d'Emile Pessard, dont Bonjour Suzon, que Léo Delibes mettra également en musique, peuvent être écoutés sur le site de la Bibliothèque Nationale du Québec qui a numérisé ces chansons: http://www4.bnquebec.ca/musique_78trs/mc302.htmRetour ]



1867

Pas de premier prix


1868

Alfred PELLETIER-RABUTEAU (1843-  ?)

Victor Alfred Pelletier, dit Rabuteau, est né à Paris le 7 juin 1843 mais les archives n’ont guère gardé trace de cet artiste, pianiste, violoniste et compositeur, et seules les recherches de Fétis au XIXe siècle et plus récemment d’Alain Melchior (en ce qui concerne les œuvres) nous apportent quelques éléments.

Entré au Conservatoire de musique et de déclamation de Paris, probablement vers 1860, Alfred Rabuteau obtint un 1er prix d’harmonie et accompagnement en 1865 dans la classe de François Bazin et un 1er accessit de contrepoint et fugue l’année suivante dans celle d’Ambroise Thomas. Il était à cette époque violoniste à l’orchestre du Théâtre Déjazet du boulevard du Temple. En 1868 il se présentait au Concours de Rome avec la cantate (scène à 3 voix) Daniel sur des paroles d’Emile Cécile et décrochait le Premier Grand Prix devant Eugène Wintzweiller. Plus tard en 1881, Debussy planchera sur cette même œuvre pour l’examen d’essai au Prix de Rome mais ne sera pas admis. Au début de 1869, il partit à la Villa Médicis pour y effectuer le traditionnel séjour, d’où il envoya notamment à l’Académie des Beaux-Arts, comme le voulait le règlement, un oratorio intitulé Le Passage de la mer rouge. Il fut exécuté en public le 23 mai 1874 au Conservatoire, lors d’une séance d’audition des envois de Rome. Vers la même époque Alfred Rabuteau composait une suite symphonique qui fut jouée aux Concerts du Châtelet d’Edouard Colonne.

Quelques années plus tard, on trouve dans le journal " La Renaissance musicale " du 12 mars 1882 cet avis :

" Deux transfuges parisiens, provisoirement retirés à Nice, M. Rabuteau, prix de Rome, et M. Brun, archéologue, plus connu à la Sorbonne que dans les coulisses des théâtres, viennent de terminer un opéra comique – très gai- en trois actes et cinq tableaux : l’Ecole des Pages. Le sujet est fort original et la musique paraît devoir faire sensation. "

On ne sait si cette œuvre fut jouée par la suite et ce que Rabuteau advint. Néanmoins, il est établi qu’il vivait encore en 1890, année où il envoyait une lettre à Ambroise Thomas, son ancien maître de contrepoint et fugue au Conservatoire de Paris, devenu depuis directeur de cet établissement.

En dehors des œuvres déjà citées, Alfred Rabuteau est également l’auteur d’une autre partition pour le théâtre : Parfum de race, paroles de Fernand Lafargue (Paul Dupont, éditeur à Paris), d’une Sérénade pour violon et piano (Editions E. Lacombe, Paris), de pièces pour piano ( 4 Grandes valses brillantes, L’Escholier, Le Rêve, Naples, Souvenir de Venise " La Giudecca " et un recueil de Dix Pièces pour piano) éditées à Paris chez E. Bertin, E. Fromont, Veuve G. Courleux, Hartmann, et de mélodies sur des paroles d’Emile Max et Eugène Leclerc : Aubade à Clairette, Fanchonette, Prière à Lison (Paul Dupont, éditeur à Paris), d’Edouard Guinand : Barcarolle, Sérénade champêtre (éditions Edouard Jouve, Veuve E. Courleux, Paris), d’Emile-Michelet : 10 Rondels fleuris (éditions E. Fromont, Paris) et du baron de Fauconnet : Rose pastorale (Choudens, Paris)...

D.H.M.

Eugène WINTZWEILLER (1844-1870)

Né en Alsace, à Woerth (Bas-Rhin), le 13 décembre 1844 et fils de Louis, instituteur à Woerth, puis à Soultz, Eugène Wintzweiller a débuté ses études musicales auprès de Joseph Wackenthaler, alors titulaire du grand orgue de la cathédrale de Strasbourg et maître de chapelle. C’est celui-ci qui le recommandera en 1860 auprès de Louis Niedermeyer afin qu’il l’accepte dans son Ecole de musique religieuse, qu’il avait fondée à Paris quelques années auparavant. Wintzweiller reçut dans cet établissement, qu’il quitta en 1863, des leçons de Saint-Saëns à l’époque où il y enseignait le piano. Fauré et Gigout fréquentaient également cette même classe. En juillet 1861, il obtenait un premier accessit de piano et l’année suivante un second premier prix, puis regagnait les classes de Bazin (harmonie et accompagnement), Benoist (orgue) et Ambroise Thomas (fugue et composition) au Conservatoire de Paris. Premier prix d’harmonie et d’accompagnement en 1866, premier accessit d’orgue en 1868, il se vit décerner un Premier Grand Prix de Rome la même année, qu’il partageait avec Alfred Pelletier-Rabuteau. Son séjour à Rome, débuté en janvier 1869, dut malheureusement être interrompu en raison de son état de santé qui s’altérait gravement au fil des mois. Souffrant d’une maladie de poitrine, il dut se résoudre à quitter l’Italie en novembre 1870 et mourut quelques semaines plus tard à Arcachon, où il était aller se faire soigner.

Sans doute était-il de la même famille qu’Alfred Wintzweiller, né le 9 mars 1861 à Hatten (Bas-Rhin), décédé le 2 mai 1931 à Paris VIe, qui, après avoir fait ses études musicales au Conservatoire de Paris, fut durant quarante ans maître de chapelle et organiste de l’église Saint-Germain de Charonne à Paris XXe.

Denis HAVARD DE LA MONTAGNE


1869

Antoine TAUDOU (1846-1925)

Antoine Taudou en 1903
Antoine Taudou
( cliché Pierre Petit, in Musica, 1903 )

Ce musicien est plus connu comme pédagogue que comme compositeur. Une trentaine d’années professeur d’harmonie au Conservatoire de musique et de déclamation de Paris, il compte parmi ses nombreux élèves plusieurs musiciens de grand talent, tels que Louis de Serres, Charles Koechlin, Jacques de la Presle, Aymé Kunc, Joseph Boulnois, Ermend-Bonnal ou encore Francisco Braga pour ne citer que les plus connus. Parmi ses compositions, on lui doit notamment l’illustration musicale de la pièce de théâtre de François Coppée, le Luthier de Crémone, dont la première eut lieu le 23 mai 1876 au Théâtre-Français (Comédie-Française), avec un Prélude pour violon seul. La critique spécialisée de l’époque soulignait d’ailleurs la belle inspiration de cette page d’une haute élévation de style.

Prélude de Taudou
Prélude de Taudou (1ère page)
Fragment du Prélude pour violon seul, composé pour le Luthier de Crémone de François Coppée joué le 23 mai 1876 au Théâtre-Français.
( "Journal de musique", 15 juillet 1876 )

Originaire de Perpignan (Pyrénées-Orientales), où il était né le 24 août 1846, Antoine-Antonin-Barthélémy Taudou gagnait Paris dès l’adolescence pour intégrer le Conservatoire. Il obtenait dans cet établissement une 1ère médaille de solfège en 1863, un 1er prix de violon en 1866, un 1er prix d’harmonie en 1867 et un 1er prix de contrepoint et fugue en 1868. L’année suivante ses études étaient couronnées par un Grand Prix de Rome avec la cantate Françoise de Rimini.

Les événements de 1870 interrompirent le séjour d’Antoine Taudou à la Villa Médicis et celui-ci revient prématurément à Paris, où il gagna sa vie comme violoniste au sein de plusieurs formations. On pouvait ainsi le voir notamment à l’Orchestre du Théâtre de la Porte St-Martin, et de 1872 à 1889 à celui des Concerts du Conservatoire. Il fondait même un " Quatuor Taudou ", avec lequel il se produisait durant quelques années dans la capitale. En 1883, il était enfin nommé professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris, poste qu’il occupait jusqu'à la veille de la Grande Guerre.

En tant que compositeur, on connaît d’Antoine Taudou un Trio pour flûte, alto et violoncelle (Paris, Richault, 1876), un autre Trio pour piano et archets, un Quatuor pour instruments à archet, un Concerto de violon, et plusieurs pièces d’orchestre, parmi lesquelles on relève une Marche-Ballet, un Chant d’automne et une Marche nocturne.

Chevalier de la Légion d’honneur, Antoine Taudou est mort le 6 juillet 1925 à Saint-Germain-en-Laye, non loin de Paris.

Denis HAVARD DE LA MONTAGNE

Mélodie pour piano "Seule!" de Taudou (fichier MIDI sur le site du Dr. Goninet).

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